Trump vient-il d'admettre qu'il a perdu la guerre en Iran ?

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Roland Marounek

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Mar 28, 2026, 6:50:46 AM (yesterday) Mar 28
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 Fameux aveux :

« Je pense que l'OTAN a commis une terrible erreur en refusant d'envoyer ne serait-ce qu'un peu de matériel militaire, en refusant même simplement de reconnaître ce que nous faisions pour le monde et en nous opposant à l'Iran.

Je n'ai jamais considéré cela comme très risqué, mais la guerre comporte toujours des risques. Vous savez, il se passe beaucoup de choses étranges et très graves pendant la guerre, mais je n'y ai pas pensé. Je sais à quel point nous sommes formidables, nous sommes de loin la meilleure armée au monde, personne ne nous arrive à la cheville. Je ne pensais pas qu’il y avait un gros risque, mais il y a toujours des surprises en temps de guerre. Ça peut être de très mauvaises surprises. Je veux dire, on perd des guerres. Il faut les gagner.

On perd beaucoup de guerres. On pense qu’un pays va anéantir quelqu’un et c’est lui qui finit par être anéanti. C’est donc toujours risqué. "

Mais je pense qu’une énorme erreur a été commise lorsque l’OTAN n’était tout simplement pas là. Ils n’étaient tout simplement pas là. Cela va rapporter beaucoup d’argent aux États-Unis, car nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l’OTAN, des centaines de milliards pour les protéger. Et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, vu leurs actions, je suppose que nous n’avons plus à l’être, n’est-ce pas ? »

https://x.com/RnaudBertrand/status/2037738797652132302

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L’Iran est sur le point d’avoir le dernier mot

M.K. Bhadrakumar – Le 26 mars 2026 – Source Indian Punchline
https://lesakerfrancophone.fr/liran-est-en-train-davoir-le-dernier-mot

Les guerres sont toujours imprévisibles. L’exemple le plus célèbre est celui d’une autre armada comme celle des États-Unis dans le golfe Persique en ce moment, l’Armada espagnole, une flotte navale de 130 navires envoyée par l’Espagne en 1588, commandée par Alonso de Guzmán duc de Medina Sidonia, un aristocrate nommé par Philippe II d’Espagne pour envahir l’Angleterre, déposer la reine Elizabeth I et restaurer le catholicisme.

Malgré sa force, l’Armada espagnole a été vaincue dans la Manche par une force anglaise plus petite utilisant des bateaux à feu et une meilleure artillerie, puis en grande partie détruite par les tempêtes alors qu’elle battait en retraite autour de l’Écosse et de l’Irlande.

L’armada tant vantée du président américain Donald Trump a plus ou moins la même mission que l’Armada espagnole ; cherchant un changement de régime pour renverser un système de gouvernance islamique, rappelant le leitmotiv tacite d’une croisade. Curieusement, il semble également destiné à une fin misérable similaire, malgré la supériorité militaire écrasante des États-Unis.

Sir Alexander William Younger KCMGUS, ancien chef du MI6, déclarait lundi dans une interview accordée à The Economist que l’Iran avait « pris le dessus » dans la guerre en cours entre les États-Unis et l’Iran.  Sir Alexander a même complimenté l’Iran.

Plus d’un facteur a contribué à ce “changement de paradigme” du Meilleur de la classe se retrouvant en deuxième position. Une mauvaise planification, un manque de stratégie cohérente, une confiance excessive dans la supériorité militaire apparente des États-Unis ; tout cela a joué son rôle dans la défaite de l’attaque contre l’Iran que les deux agresseurs avaient ourdi.

Il est maintenant évident que, aussi incroyable que cela puisse paraitre, à peine 16 jours après le début de la guerre, les forces américaines sont déjà à court de missiles d’attaque au sol ATACMS/PrSM et Israël aura utilisé l’intégralité de ses missiles intercepteurs Arrow d’ici la fin mars.

Le Royal United Services Institute de Londres a publié le 24 mars une analyse/avis d’expert soulignant que la guerre en Iran a pratiquement vidé l’inventaire des “actifs les plus critiques” des États-Unis et d’Israël sans perspective de reconstitution dans un proche avenir en raison des fragilités de la base industrielle de défense américaine.

Les résultats sont un avertissement brutal disant que le conflit s’étant “transformé en une guerre d’usure brutale” dès les premières 96 heures, les inventaires d’intercepteurs à longue portée et d’armes de frappe de précision sont presque épuisés.

Le PDG de Rheinmetall, Armin Papperger, avertissait le 19 mars que les stocks mondiaux étaient « vides ou presque vides » et que si la guerre se poursuivait encore un mois, « nous n’aurions presque plus de missiles disponibles ».

Certes, les Iraniens surveillent de près et cela explique leur position provocante selon laquelle « l’Iran mettra fin à la guerre lorsqu’il le décidera et lorsque ses conditions seront remplies ». Téhéran a averti qu’il continuerait à porter des “coups durs” à travers le Moyen-Orient. Les reportages des médias confirment le fait que l’Iran a rendu dysfonctionnelles les bases américaines dans toute la région. Si ce n’était pas une guerre, il y aurait lieu de se réjouir de voir le provocateur notoire se fait battre par un plus petit que lui.

La rumeur se répand aux États-Unis, malgré les tentatives de dissimulation par l’administration, que « la guerre américaine en Iran fait des ravages croissants sur l’armée américaine, avec des pertes croissantes, des stocks de munitions en baisse, un porte-avions mis à l’écart et de nombreux avions abattus à peine trois semaines après le début du conflit », pour citer The Hill, un journal influent qui circule parmi les législateurs du Congrès américain.

Le rapport ajoute « Au moins 13 militaires américains ont été tués, tandis que 232 autres ont été blessés depuis le début de la guerre américano-israélienne contre Téhéran. De plus, quelque 16 avions américains ont été détruits, le porte-avions USS Gerald R. Ford a été endommagé dans un incendie de buanderie au début du mois et les forces américaines sont en train de manquer rapidement de stocks de défense aérienne et de munitions à longue portée ».

Le commentaire publié par RUSI indique que l’Iran a endommagé au moins une douzaine de radars et de terminaux satellites américains et alliés, ce qui a eu un impact sur l’efficacité de l’interception. De toute évidence, l’utilisation de 10 ou 11 intercepteurs pour intercepter un seul missile iranien ou de 8 missiles Patriot pour descendre un seul drone iranien devient insoutenable.

Il souligne que l’armée américaine est « à environ un mois, ou moins, de manquer de missiles d’attaque au sol ATACMS/PrSM et d’intercepteurs THAAD. Et Israël se trouve dans une situation encore plus précaire, ses missiles intercepteurs Arrow étant susceptibles d’être complètement épuisés d’ici la fin du mois de mars ».

En termes réels, cela implique d’accepter un plus grand risque pour les avions et de tolérer plus de missiles et de drones iraniens endommageant les forces et les infrastructures américano-israéliennes. Les audacieuses attaques iraniennes de cette semaine contre Dimona, la ville nucléaire d’Israël, en sont un exemple frappant.

« Cette précarité … pourrait peut-être expliquer pourquoi le président Trump suggère déjà la fin de la guerre en Iran ; cela prendra des années pour remplacer ce qui a été dépensé en seulement 16 jours », souligne le commentaire. Compte tenu des limites de la base industrielle de défense américaine, « il faudra probablement au moins 5 ans pour reconstituer les plus de 500 missiles Tomahawk déjà tirés pendant la guerre ».

« Pire encore, l’approvisionnement en minéraux de défense essentiels, en terres rares et en matériaux pour fabriquer les armes et les munitions est compliqué par la Chine. La Chine contrôle la majeure partie du gallium et du germanium dans le monde, et Pékin a imposé de nombreux contrôles à l’exportation de minéraux depuis 2023, pour empêcher les États-Unis et leurs alliés d’acquérir ces intrants nécessaires à la base industrielle de défense ».

La « conséquence stratégique » de tout cela est que la poursuite des combats avec l’Iran augmente non seulement le risque pour les forces sur le champ de bataille, mais engendre plus de risques pour la dissuasion et la défense ailleurs, comme « protéger Taïwan et soutenir l’Ukraine ».

De plus, si les États-Unis donnent la priorité au réapprovisionnement de leurs propres stocks, cela ralentit les livraisons aux autres partenaires. Les Alliés signalent déjà leur inquiétude quant au fait que « l’accent mis par les États-Unis sur son propre réapprovisionnement militaire retardera les livraisons d’armes et de munitions pour lesquelles ils ont déjà payé ».

La superpuissance régnante qu’était l’Espagne au 16ème siècle a vu sa puissance s’effondrer après la défaite de son Armada, tandis que l’Angleterre contrôlerait bientôt un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais. L’histoire se répèterait-t-elle suivant un schéma similaire dans notre monde en transition ?

M.K. Bhadrakumar
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Lire également Moon of Alabama « La guerre contre l’Iran. Une exorbitante dépense en munitions + un manque de succès = l’Iran gagne »

https://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-contre-liran-une-exorbitante-depense-en-munitions-un-manque-de-succes-liran-gagne

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Le bluff de Trump face à l’Iran est un « désastre » dont il est seul responsable

L’Iran met en évidence les limites d’une présidence fondée sur le bluff, l’improvisation et les rituels de soumission.

Washington Post, 27 mars

https://www.washingtonpost.com/opinions/2026/03/27/trump-iran-threat-bluff-credibility/

Au cours des années qui ont suivi la présidence de Barack Obama, il est devenu un article de foi que l’une de ses principales erreurs en matière de politique étrangère était la « ligne rouge » syrienne. Il avait déclaré qu’il attaquerait la Syrie si celle-ci utilisait des armes chimiques — mais lorsque des preuves ont émergé indiquant qu’elle avait utilisé ces armes, il a renvoyé la question de l’intervention au Congrès, qui a refusé d’agir. [le problème : Aucune « preuve » n’a jamais émergé que des « services israéliens », autant dire que très probablement l’uilisaion des armes chimiques n’était qu’une opération psy destinée à justifier la guerre... qu’Obama n’a finalement  pas, pour d’autres raisons]

 « Une catastrophe », avait déclaré Donald Trump à l’époque. Une cause de « dommages générationnels et de réputation », avait déclaré le sénateur de l’époque Marco Rubio (R-Floride). Une partie de « un labyrinthe incohérent » de politique étrangère, a fait valoir Pete Hegseth quelques années plus tard. En ignorant la ligne rouge qu’il avait tracée, a expliqué le sénateur Lindsey Graham (R-Caroline du Sud), Obama avait risqué de compromettre la crédibilité des États-Unis à travers le monde.

Le revirement d’Obama sur la ligne rouge ressemble à un modèle de prise de décision prudente comparé à ce dont nous avons été témoins depuis le début de la guerre contre l’Iran. La semaine dernière, le président Trump a publié sur les réseaux sociaux : « Si l’Iran n’OUVRE PAS TOTALEMENT, SANS MENACE, le détroit d’Ormuz, dans les 48 HEURES à compter de cet instant précis, les États-Unis d’Amérique frapperont et anéantiront leurs différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE. »

La suite de l’histoire est bien connue. L’Iran a refusé de se laisser intimider par cette menace et a poursuivi ses attaques et la fermeture du détroit. La réponse de Trump ? faire rapidement marche arrière et annoncer qu’il avait reporté toute action sur les infrastructures énergétiques de cinq jours, affirmant que — soudainement, du jour au lendemain — l’Iran et les États-Unis avaient engagé des « conversations productives » en vue d’une « résolution complète et totale de nos hostilités au Moyen-Orient ». Les Iraniens ont nié que de telles discussions aient lieu. Aujourd’hui, Trump dit qu’il prolonge cette pause d’une semaine et demie supplémentaire.

Il est désormais clair que Trump est évalué selon une courbe. Lorsqu’il dit qu’il va augmenter les droits de douane à 130 %, qu’il va faire sauter le plus grand gisement de gaz iranien ou que « la guerre est pratiquement terminée », aucune de ces déclarations n’a vraiment de sens. Elles pourraient correspondre à la politique américaine ou non, ou bien rester en vigueur pendant un jour ou une semaine avant de changer. Après avoir déclaré que la guerre était pratiquement terminée, le même jour Trump a affirmé que « nous n’avons pas assez gagné » et que « nous ne céderons pas tant que l’ennemi ne sera pas totalement et définitivement vaincu ». Il a déclaré qu’il avait accepté de négocier avec les dirigeants iraniens, mais qu’il n’avait pas pu le faire car ceux-ci ne cessaient d’être tués — bien que ce soit bien sûr sa propre armée (et celle d’Israël) qui se charge de les tuer. Tout est clair ?

Les partisans de Trump prétendent que cette incohérence relève du génie stratégique, qu’il prend les gens au dépourvu. Sauf que cette politique semble changer pour diverses raisons : peut-être que la Bourse chute, ou peut-être que le pays cible couvre Trump d’éloges et lui offre un lingot d’or. Le super-pouvoir de Trump, c’est qu’il est suffisamment flexible pour changer de cap du jour au lendemain et qu’il dispose d’une base qui acceptera tout ce qu’il propose. Autrefois farouchement opposés aux guerres au Moyen-Orient, nombre de ses partisans du MAGA croient désormais en cette guerre au Moyen-Orient avec le zèle des convertis.

Et bien que Trump ait clairement indiqué qu’il souhaitait mettre fin aux hostilités, le problème cette fois-ci, contrairement aux droits de douane, est qu’il ne peut pas arrêter ce qu’il a commencé. L’Iran a son mot à dire. Et il vote actuellement pour continuer à se battre, estimant que, bien qu’affaibli, il dispose d’une puissance militaire suffisante pour nuire à l’économie mondiale, infligeant ainsi des souffrances aux États-Unis.

Pour le monde, la crédibilité américaine n'existe plus ; il ne reste qu'une étrange émission de téléréalité dans laquelle l'acteur principal slalome, se dérobe et se faufile à travers les crises, en espérant que ce qu'il dit aujourd'hui résoudra la crise causée par ce qu'il a dit hier. La veille du jour où il a menacé de détruire les centrales électriques iraniennes, Trump avait affirmé que les États-Unis envisageaient de « réduire progressivement » leurs opérations militaires contre l’Iran et avait laissé entendre que la protection du détroit d’Ormuz n’était pas son problème et pouvait être prise en charge par d’autres nations dont les importations transitaient par ce détroit. À un autre moment, il a déclaré qu’il n’avait pas besoin de l’aide d’un autre pays. Les hommes d’affaires avaient l’habitude de critiquer les administrations précédentes en raison de l’incertitude politique. Aujourd’hui, ils font la queue pour louer Trump alors que son carnaval de chaos secoue les marchés presque chaque semaine.

Trump s’est habitué à jouer avec la puissance colossale des États-Unis, punissant ceux qui ne s’inclinent pas et récompensant ceux qui le font. Ce faisant, il gaspille la crédibilité acquise au fil des décennies pour obtenir des avantages à court terme — parfois au profit des intérêts commerciaux de sa propre famille. Mais en Iran, il semble s’être heurté à un adversaire qui ne joue pas selon ses règles.

 


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