Crise à l’Otan sur fond de lutte anticorruption

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Franco Carminati

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Nov 21, 2025, 11:58:32 AM (9 days ago) Nov 21
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Crise à l’Otan sur fond de lutte anticorruption

Alors que l’agence d’approvisionnement de l’Alliance est empêtrée dans les affaires de pots-de-vin présumés, dont une qui implique un consultant belge, deux de ses responsables ont accusé la patronne de l’agence de brider les enquêtes anticorruption.

La Canadienne Geneviève Machin a partagé avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte (à gauche), puis avec les représentants des 32 Etats membres ses préoccupations quant au comportement de la directrice générale de la NSPA, l’Américaine Stacy Cummings (à droite), et de sa garde rapprochée.La Canadienne Geneviève Machin a partagé avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte (à gauche), puis avec les représentants des 32 Etats membres ses préoccupations quant au comportement de la directrice générale de la NSPA, l’Américaine Stacy Cummings (à droite), et de sa garde rapprochée. - D.R.Info « Le Soir » - 

 

Par Joël Matriche (avec « La Lettre », « Follow the Money » et « Knack »)

Publié le 21/11/2025 à 06:00

 

La directrice générale de l’agence Otan de soutien et d’acquisition (NSPA) – basée au Luxembourg, elle fournit aux membres de l’Alliance des systèmes d’armement et de munition, du carburant… – a essuyé en 2025 de vives et nombreuses critiques, ressort-il de documents internes auxquels Le Soir ainsi que les médias Follow the Money, Knack et La Lettre ont eu accès. Il lui est notamment reproché d’avoir procédé à des nominations arbitraires pour des postes à responsabilité au sein de la NSPA et surtout d’avoir contrarié, voire empêché des enquêtes internes portant sur des soupçons de fraude et de corruption.

 

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Des accusations qui trouvent un nouvel écho alors que, comme l’ont révélé en octobre Le Soir et ses partenaires, des membres anciens et actuels de l’agence – dont un Belge, consultant en armement – sont visés par des enquêtes judiciaires pour corruption et blanchiment d’argent en Belgique, en Roumanie et au Luxembourg. Deux autres dossiers judiciaires, portant sur les mêmes préventions et visant eux aussi des agents et ex-agents de la NSPA, avaient été ouverts aux Etats-Unis avant d’y être refermés sur injonction de l’exécutif, brutalement et de manière inexpliquée.

Les rapports et mémos internes qu’ont pu consulter Le Soir et ses partenaires soulèvent de nouvelles questions sur la capacité de cette agence de l’Otan – dont le budget a quasiment triplé depuis le début de la guerre en Ukraine pour atteindre 9,5 milliards d’euros cette année – à prévenir la fraude et la corruption.

La première alerte a été confidentiellement émise en février 2025 lorsque la directrice des ressources humaines de la NSPA, la Canadienne Geneviève Machin, a partagé avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, puis avec les représentants des 32 Etats membres ses préoccupations quant au comportement de sa directrice générale, l’Américaine Stacy Cummings, et de sa garde rapprochée. « Les affaires impliquant une garantie raisonnable de fraude, de corruption et/ou d’activités abusives ne font pas l’objet d’enquêtes », déplorait ainsi Geneviève Machin dans son courrier. Elle y accusait aussi sa supérieure hiérarchique d’avoir « instrumentalisé des enquêtes » et participé à des « recrutements irréguliers ». « En m’opposant à cela, je suis devenue une cible et je suis soumise à des représailles, y compris une résiliation anticipée de mon contrat », concluait-elle. De fait, quelques heures après avoir confié ses inquiétudes aux pays membres, la responsable en chef des ressources humaines a été suspendue puis a appris que son contrat ne serait pas renouvelé.

Un bureau d’audit extérieur a bien été mandaté pour vérifier les allégations portées par Mme Machin, mais ses conclusions intermédiaires, qui devaient être rendues à la mi-juin, se font toujours attendre.

Un audit interne malmené

Certaines des craintes et appréhensions de Geneviève Machin se retrouvent dans un rapport d’audit, interne celui-là et daté du mois d’octobre. Le Soir et ses partenaires ont également pu en prendre connaissance. Ses conclusions sont tout aussi préoccupantes. Il pointe un manque de mesures au sein de l’agence pour prévenir la fraude et la corruption ainsi qu’un refus de la direction de s’attaquer aux problèmes. Le responsable de cet audit interne, l’Italien Gerardo Bellantone, regrette notamment dans son rapport que sa proposition de questionner le « cadre de lutte contre la fraude et la corruption » pour l’année 2025 ait été balayée d’un revers de la main par Stacy Cummings. Sa suggestion n’a pas davantage été soutenue par le représentant des Etats-Unis auprès de la NSPA, qui y a mis son veto.

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La remise en question des dispositifs antifraude et anticorruption de la NSPA aura-t-elle lieu en 2026 ? Le point devrait être discuté lors d’une réunion du comité de surveillance de la NSPA en décembre prochain. En attendant, le contrat de l’auditeur interne, M. Bellantone, n’a pas été renouvelé.

« La politique de l’Otan est de ne pas commenter les questions internes de personnel », a sobrement réagi Allison Hart, sa porte-parole. En ajoutant que l’Alliance « ne tolère ni la fraude ni la corruption ».

Gerardo Bellantone, la directrice générale Stacy Cummings, les cadres mis en cause par l’ex-DRH Geneviève Machin ainsi que cette dernière n’ont pas donné suite aux sollicitations du Soir et de ses partenaires.

https://www.lesoir.be/712228/article/2025-11-21/crise-lotan-sur-fond-de-lutte-anticorruption

 

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