Tremblement de terre au Venezuela, une aubaine pour les États-Unis ?

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Roland Marounek

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Jun 27, 2026, 4:54:07 AM (6 days ago) Jun 27
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Séismes au Venezuela : comment Donald Trump saisit l’occasion pour renforcer l’emprise américaine sur le pays

Un contingent militaire américain dirigé par un général des Marines a débarqué au Vénézuela, au lendemain du terrible séisme qui a ravagé une partie du pays. Le président Donald Trump annonce avoir "pris le contrôle du Venezuela en moins d’une journée". Depuis l’enlèvement du président Maduro il y a six mois, Washington renforce son emprise sur le pays et ses immenses richesses pétrolières et minières.

Daniel Fontaine et Ghizlane Kounda, RTBF, 26 juin
https://www.rtbf.be/article/seismes-au-venezuela-comment-donald-trump-saisit-l-occasion-pour-renforcer-l-emprise-americaine-sur-le-pays-11748097

Des avions, des hélicoptères, des bateaux, des Marines : dès l’annonce du séisme meurtrier de ce 24 juin, l’armée américaine a mobilisé de grands moyens à destination du Venezuela. Un premier détachement militaire américain est arrivé vendredi à Caracas, avec à sa tête un général des Marines.

Southcom, le Commandement Sud des Etats-Unis, renforce les moyens militaires disponibles pour soutenir les opérations de secours, en réponse à une demande d’assistance des autorités du pays. Le major général des Marines Kevin J. Jarrard supervise les opérations depuis le sol vénézuélien.

Nous avons pris le contrôle du Venezuela en moins d’une journée. Le pétrole coule
Donald Trump

Au même moment, à la Maison blanche, le président Donald Trump annonce que les Etats-Unis ont pris le contrôle du pays : "Nous avons pris le contrôle du Venezuela en moins d’une journée, a-t-il lâché au détour d’un dîner avec des agriculteurs. Le pétrole coule, et nous nous entendons très bien avec eux. Nous allons, d’ailleurs, les aider… Ils ont eu un séisme énorme hier soir, massif, vraiment massif, à Caracas. Mais nous allons les aider."

Ce discours du président américain peut paraître à nouveau décousu, mais en quelques phrases, Donald Trump résume son rapport au Venezuela : le contrôle américain sur le pays, la relation verticale établie avec les nouvelles autorités, l’intérêt pour le pétrole et l’aide américaine.

Thomas Posado, maître de conférences en civilisation latino-américaine à l’université de Rouen, ne pense pas que cette aide soit vraiment au centre des préoccupations de Donald Trump. "Qu’il y ait des secours envoyés pour sortir les victimes des décombres, sans doute. Mais y aura-t-il des aides de plusieurs dizaines de milliards de dollars pour reconstruire ce qui a été détruit ? C’est très peu probable, au vu de la politique de Donald Trump. Il a une politique de prédation, de colonisation des autres territoires. Son récit, c’est que le Venezuela a volé des richesses aux États-Unis. A partir de cette idée-là, qui est complètement mensongère, il est assez peu probable qu’il accepte de financer le redressement du Venezuela. Son but n’est pas d’améliorer la condition de vie des Vénézuéliens, mais d’obtenir davantage de richesses pour les États-Unis."

L’enlèvement de Maduro

Depuis le 3 janvier 2026, les Etats-Unis ont mis progressivement la main sur le Venezuela. Cette nuit-là, l’armée américaine a enlevé le président en exercice Nicolas Maduro pour l’emmener sur le sol américain. Il est depuis lors détenu dans une prison de haute sécurité de Brooklyn.

Depuis la capture de Maduro, c’est sa vice-présidente Delcy Rodriguez qui a pris les rênes du pouvoir en tant que présidente par intérim. Cette transition s’est accompagnée d’un changement de ton diplomatique complet. Dès le 5 janvier, Rodriguez plaidait pour des relations "équilibrées et respectueuses" avec les États-Unis, "fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence".

Delcy Rodriguez récompensée

Les États-Unis ont alors rouvert leur ambassade à Caracas, sept ans après sa fermeture, et levé leurs sanctions contre Delcy Rodriguez, la retirant de leur liste noire.

"Washington a mis en place un procès politique contre Nicolas Maduro, qui est désormais en prison. Et Delcy Rodriguez se voit récompensée de sa collaboration avec une levée des sanctions individuelles à son encontre", résume Thomas Posado.

"Est-ce que Delcy Rodriguez choisit librement de se subordonner à Washington ? Sans doute non. C’est une fille de guérillero qui a été torturé et assassiné. Elle a fait toute sa carrière politique dans l’ombre d’Hugo Chavez et surtout de Nicolas Maduro, dont elle est devenue la vice-présidente. On imagine que si elle choisissait librement, elle préférerait mener une autre politique. Simplement, dans ce cadre contraint, elle se plie visiblement avec beaucoup de zèle aux ordres de Washington. Elle donne du 'cher ami', du 'cher associé' à Donald Trump. On est dans une collaboration active, sans doute pas totalement libre."

La plupart des personnalités du régime Maduro sont restées en place malgré ce changement de cap radical : "Il y a eu quelques phénomènes de purge des gens qui étaient les plus proches de Nicolas Maduro. Ils ont été remplacés par des gens de confiance de Delcy Rodriguez. Mais dans l’ensemble, c’est la même équipe qui a gouverné", constate Thomas Posado.

Une relation de subordination assumée

La relation entre les deux pays "est passée d’une relation extrêmement conflictuelle à une relation de subordination assumée", analyse Thomas Posado. Plusieurs hauts responsables américains ont rendu visite aux nouvelles autorités vénézuéliennes, dont le directeur de la CIA et plusieurs membres du gouvernement de Donald Trump. "Désormais, le gouvernement vénézuélien agit dans le cadre d’une souveraineté extrêmement contrainte par les États-Unis, sous une menace militaire explicite. Donald Trump a prévenu qu’elle pourrait être reproduite en cas de non-obéissance."

Le Venezuela détient les plus grandes réserves de pétrole du monde. Le sous-sol du pays regorge également d’or, de diamant, de coltan et de terres rares. La menace américaine s’accompagne d’une prise de participation dans l’exploitation de ces richesses, observe le chercheur. "Ils s’approprient une grande partie des ressources pétrolières et minières du pays. Visiblement, ils sont prêts à agir comme les parrains. Le Venezuela est devenu une forme de protectorat états-unien, où la gestion des affaires courantes reste dévolue à l’équipe de Delcy Rodriguez. Mais la gestion des matières premières, et visiblement la gestion de crise, tombent sous la responsabilité états-unienne. On a eu des lois sur les hydrocarbures, sur les mines, sur l’électricité qui font la part belle aux entreprises états-uniennes."

On a une dimension expansionniste, impérialiste, offensive, assumée de la part de Washington

Donald Trump renoue avec la vision états-unienne de l’Amérique latine considérée comme la chasse gardée ou l’arrière-cour des États-Unis, une zone d’influence exclusive formalisée dès 1823 par la doctrine Monroe. Cet hégémonisme s’est traduit historiquement par des interventions politiques, économiques et militaires.

"Les États-Unis ont pour objectif de s’approprier des ressources dans une zone géographique proche, appuie Thomas Posado. Donald Trump considère qu’il doit évincer ses concurrents géopolitiques et refonder une tutelle sur la zone latino-américaine. Le Venezuela, qui avait pour principal partenaire commercial la Chine, faisait figure de victime idéale."

"On a une dimension expansionniste, impérialiste, offensive, assumée de la part de Washington, de s’approprier les ressources des pays de ce qu’il considère être sa zone d’influence, conclut le chercheur. Ça fait partie d’une politique globale de Donald Trump de reconstituer une tutelle et de transformer l’Amérique latine à nouveau en arrière-cour des États-Unis."

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Le tremblement de terre au Venezuela, un “test” pour la “doctrine Donroe”

Après s’être vanté de “contrôler” le Venezuela et avoir qualifié sa politique interventionniste en Amérique latine de succès (contrairement à sa guerre en Iran), Trump voit dans le séisme qui a dévasté Caracas et ses environs un “obstacle inattendu” pour Washington, qui entend bien faire de son ancienne arrière-cour un “protectorat économique efficace”.

Le Courrier international, 26 juin 2026
https://www.courrierinternational.com/article/geopolitique-le-tremblement-de-terre-au-venezuela-un-test-pour-la-doctrine-donroe_245754

Nous avons remporté une grande victoire au Venezuela”, avait déclaré Donald Trump le samedi 20 juin, en référence à la mise du pays sous tutelle américaine, depuis la capture de Nicolás Maduro par les forces spéciales des États-Unis en janvier dernier, et à la réorientation des flux de pétrole et d’or vers les États-Unis. “Le Venezuela n’avait jamais connu une telle prospérité”, avait-il ajouté, malgré la crise économique qui n’en finit pas de frapper la population.

Cinq jours plus tard, la “doctrine Donroe”, redéfinissant l’Amérique latine comme l’arrière-cour et principale sphère d’influence des États-Unis, a été mise à mal par les terribles séismes qui ont frappé le Venezuela. À défaut d’un bilan définitif, ceux-ci ont d’ores et déjà fait des centaines de morts et des milliers de blessés, détruits des dizaines d’immeubles et endommagés des centaines d’autres dans les États de Caracas, La Guaira, Miranda, Aragua, Carabobo et Falcón.

Au-delà du drame humain, cet événement est un “obstacle tragique et inattendu dans la campagne de Washington visant à transformer le Venezuela en un protectorat économique efficace”, affirme The New York Times. Et “la reconstruction à venir” permettra de “déterminer si son gouvernement est désormais disposé à soutenir un allié présumé avec des fonds d’aide et des politiques de secours”.

Un “État vassal” des États-Unis

Nous serons là pour nos nouveaux et formidables amis”, avait pourtant commenté Trump aussitôt l’ampleur du drame connue. Mais pour un responsable du gouvernement américain cité par The Intercept, l’offre de Trump est “insuffisante”, le Venezuela étant désormais un “État vassal” des États-Unis. “N’est-ce pas nous qui dirigeons ce pays ?” a-t-il demandé, sous le couvert de l’anonymat et en faisant référence à de précédents propos de Trump. “C’est une obligation qui dépasse le cadre de l’amitié.” D’autant plus que “Trump a semblé suggérer que les États-Unis ont engrangé des milliards de dollars de richesse pétrolière vénézuélienne au cours des six derniers mois”, ajoute le magazine d’investigation américain.

Ces séismes sont ainsi un “test” pour la “doctrine Donroe”, souligne aussi El País América. Alors que l’administration Trump a restreint au maximum l’aide humanitaire à la coopération et démantelé l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) l’an dernier, elle a dû faire une entorse à ses principes pour annoncer, le jeudi 25 juin, l’envoi d’environ 150 millions de dollars d’aide, canalisée notamment par des organismes des Nations unies, jusque-là si vilipendées, selon le communiqué officiel du département d’État.

Le gouvernement américain a également mobilisé des équipes d’intervention rapide, de recherche et de sauvetage, ainsi que des appareils militaires pour le transport des secours et de l’aide humanitaire.

Dans un contexte de besoins humanitaires urgents, le ministère des Finances a enfin dû lâcher du lest. Il a annoncé la suspension, jusqu’au 23 octobre, des sanctions qui limitaient les transactions financières internationales afin de permettre au Venezuela de financier les opérations de secours.

Delcy Rodríguez, qui dirige le pays sous la menace d’être à son tour inculquée par la justice américaine si elle ne se plie pas aux desiderata de l’administration américaine, est désormais “confrontée à la tâche ardue de diriger un effort de sauvetage et de reconstruction d’un État appauvri, vidé de sa substance et autocratique, qu’elle a contribué à créer en tant que bras droit de M. Maduro”, souligne le New York Times.



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M.Galand Pierre

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Jun 28, 2026, 1:42:12 PM (4 days ago) Jun 28
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Pour ceux qui s'en souviennent, il y a eu un terrible tremblement de terre de la même magnitude qui a saccagé Haïti en 2010. Comme aujourd'hui, les États Unis se sont précipités pour apporter l'aide d'urgence.  Bill Clinton, au grand dam des français, s'est décrété chef des opérations de secours. Je vous invite à aller voir le gâchis et la corruption qui en résulte aujourd'hui encore pour le peuple de Haïti.

Que cela ne vous empêche pas d'être solidaire.

Pierre

envoyé : 27 juin 2026 à 10:53
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