Le sénateur démocrate Bernie Sanders tente de mobiliser les élus contre la vente d’armes à l’Etat hébreu, alors que de plus en plus d’Américains se montrent critiques envers les guerres ménées par Israël au Moyen-Orient.
Par Piotr Smolar (Washington, correspondant)
Dans le débat américain, aucun pays étranger ne suscite de réactions aussi vives qu’Israël, fracturant chaque camp politique. Un nouveau consensus majoritaire semble se dessiner dans l’opinion publique, qui tarde à se traduire en décisions : la volonté de mettre un terme au statut particulier de cet Etat allié. Mercredi 15 avril, le Sénat devait avoir l’occasion de se positionner sur cette évolution, accélérée par les guerres en série menées par Israël au Moyen-Orient depuis l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023.
Avec ses collègues Chris Van Hollen (Maryland), Jeff Merkley (Oregon) et Peter Welch (Vermont), il veut tenter de bloquer la vente de près de 660 millions de dollars (560 millions d’euros) d’armements. « Compte tenu des destructions horribles que le gouvernement extrémiste d’Israël a infligées à Gaza, à l’Iran et au Liban, la dernière chose que les contribuables américains devraient faire aujourd’hui est de fournir 22 000 nouvelles bombes au gouvernement de Nétanyahou », a noté Bernie Sanders dans un communiqué.
Cette décision, rendue publique ce mardi par Giorgia Meloni, marque aussi la fin de la « relation privilégiée » que la présidente du Conseil italien a longtemps entretenue avec Donald Trump?
Par Silvia BenedettiTemps de lecture: 2 min
Correspondante à RomeLe vent semble tourner pour la politique moyen-orientale du gouvernement de Giorgia Meloni. Lors d’un déplacement à Vérone, ce mardi, la présidente du Conseil italien a annoncé, d’une voix ferme à un groupe de journalistes, que son exécutif allait « suspendre le renouvellement automatique » d’un accord de défense qui lie l’Italie à Israël.
Une annonce inédite et inattendue. Le ministre de la Défense italien, Guido Crosetto, en avait déjà informé son homologue israélien, Israël Katz, par une missive officielle.
Conclu au mois d’avril 2016 et renouvelé tous les cinq ans, ce mémorandum d’entente encadrait la coopération stratégique développée entre la Péninsule et Israël en matière d’accords commerciaux dans le domaine de la défense, notamment la recherche technologique et le renseignement militaire.
Selon des sources israéliennes citées par les médias de l’Etat hébreu, la suspension de cet accord « n’aura aucune incidence concrète ». Cette prise de décision revêt, néanmoins, une dimension politique et symbolique extrêmement significative. Elle marque aussi, en quelque sorte, la fin de l’adhésion inconditionnelle de l’exécutif Meloni aux politiques étrangère et militaire menées par le président américain, Donald Trump, et par son allié Binyamin Netanyahou.
À lire aussi Un premier dialogue sans illusions entre Israël et le Liban
Le revirement était dans l’air. Le ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, à la suite d’une visite au Liban, considéré comme un « pays frère » par Rome, avait, en effet, condamné par un message posté sur X « les attaques inacceptables d’Israël contre la population civile » libanaise. L’Italie avait, par ailleurs, déjà dénoncé à plusieurs reprises les agressions israéliennes ayant visé, ces derniers mois, les Casques bleus italiens déployés dans le sud du pays des Cèdres, dans le cadre de la mission des Nations unies, Finul.
Un virage stratégique qui met aujourd’hui en péril la « relation privilégiée » tissée par Giorgia Meloni avec le locataire de la Maison-Blanche, et qui marque aussi le rapprochement de Rome aux positions de Bruxelles. « Elle ne veut pas nous aider dans cette guerre, je suis choqué… Je croyais qu’elle avait du courage », a déclaré furieux, ce mardi, Donald Trump.
Début du message réexpédié :