Pourquoi Donald Trump veut-il imposer une capitulation à l'Ukraine?

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Franco Carminati

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Nov 21, 2025, 11:01:27 AM (9 days ago) Nov 21
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 «  On risque d'entrer dans un conflit de basse intensité, avec des unités indépendantes qui vont se constituer pour commettre des actes de sabotage, qui seront qualifiés de terrorisme. »  => ce n’est pas très difficile d'imaginer à quelles unités il pense

analyse

Pourquoi Donald Trump veut-il imposer une capitulation à l'Ukraine?

Le Président américain, Donald Trump, fait montre d'une instabilité particulière dans ses relations avec le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et sa position sur l'agression russe en Ukraine.

Le Président américain, Donald Trump, fait montre d'une instabilité particulière dans ses relations avec le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et sa position sur l'agression russe en Ukraine. ©REUTERS

Sophie Leroy

 

20 novembre 2025 12:43

Mise à jour à 10:29

 
Les États-Unis ont préparé un nouveau plan de paix pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. Mais celui-ci est très favorable aux ambitions de Moscou et constituerait une capitulation forcée pour Kiev qui s'est toutefois dit prête à travailler de manière "constructive" avec Washington sur le sujet.
 
L'Ukraine a reçu de Washington un nouveau plan ayant pour but de mettre fin à la guerre.
Les éléments de ce plan qui ont filtré ont directement fait rugir les partenaires européens de Kiev. En effet, ils correspondent aux exigences de Moscou. Il est question de cession de territoires et d'armes, ainsi que de réduction des forces armées.
 
L'Ukraine devrait renoncer aux provinces de Donetsk et Lougansk, soit à l'ensemble du Donbass, y compris à des zones qu'elle contrôle encore. Les États-Unis et l'Europe reconnaîtraient le Donbass et la péninsule de Crimée comme territoires russes.

CONSEIL

Kiev devrait diminuer de moitié ses effectifs militaires, pour ne garder que 600.000 hommes, et renoncer à toutes ses armes à longue portéeAucune troupe européenne ne serait autorisée à surveiller le cessez-le-feu, les États-Unis assureraient les garanties de sécurité.

 

Capitulation forcée

"C'est une capitulation forcée, imposée à l'Ukraine", résume Laetitia Spetschinsky, chargée de cours invitée à l'UCLouvain et spécialiste de la Russie. La cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a martelé que "pour qu'un plan fonctionne, il faut que les Ukrainiens et les Européens soient impliqués".
Ce n'est pas la première fois que l'administration Trump brandit une proposition d'accord de paix qui ne correspond en rien aux attentes de Kiev. Des tentatives, jusqu'ici, écartées rapidement. D'autres fois, le Président américain s'est montré très vindicatif à l'encontre du président russe Vladimir Poutine, mais sans suite.
Ces dernières semaines, depuis que Donald Trump a reporté sine die sa rencontre avec son homologue russe, rien ne filtrait à propos d'éventuelles discussions menées par les États-Unis. Mais visiblement, il y en avait, bien marquées du sceau moscovite.

Les gros soucis de Volodymyr Zelensky

On peut s'attendre à des pressions intenses de Washington sur Kiev pour accepter ce plan. L'issue sera-t-elle cette fois différente?
Dans cette guerre, l'Ukraine est en situation difficile avec des troupes qui doivent régulièrement céder du terrain sur le front. Elle est, ces dernières semaines, victime de fortes attaques sur des cibles civiles. Mercredi, l'ouest du pays a été visé par une des opérations les plus meurtrières de l'année. À Ternopil, dans l'ouest, au moins 25 personnes ont été tuées, dont trois enfants, et plus de 70 ont été blessées. Les attaques sur les infrastructures énergétiques, visant à compliquer plus encore les conditions de vie de la population, se multiplient.
Un élément neuf est apparu, qui complexifie davantage la situation pour le pouvoir ukrainien. Un scandale de corruption vient d'entraîner la destitution, par le Parlement, des ministres de l'Énergie et de la Justice.
 
Timing interpellant
 
Un système de pots-de-vin au sein du secteur énergétique aurait permis à des personnalités politiques et à des hommes d'affaires de toucher environ 100 millions de dollars. Le cerveau de ce montage serait le codirecteur du studio de télévision dans lequel Volodymyr Zelensky tournait sa série avant d'être élu. Mais Timour Minditch s'est enfui avant d'être arrêté.
Le chef de cabinet du Président, Andriy Yermak, peu populaire, mais très proche du dirigeant, est aussi montré du doigt. Se peut-il qu'il n'était au courant de rien?Volodymyr Zelensky est donc fragilisé.
Mais le timing et le contexte de ces révélations interpellent. C'est l'agence nationale anticorruption (Nabu) qui a mené l'enquête.
"Cette agence a été imposée à l'Ukraine après 2014, elle est financée par les États-Unis et un programme d'aide européen", précise Laetitia Spetschinsky. "Il semble que les Ukrainiens n'y soient que des exécutants et que le contrôle vienne des États-Unis. C'est donc plutôt étonnant que ce scandale éclate maintenant..."
 
Pourquoi favoriser Moscou?
 
Se pose aussi la question de l'intérêt de Donald Trump à pousser un plan si favorable à Moscou. "Il y a plusieurs théories, analyse la spécialiste de la Russie. Il y a celle de Régis Genté, qui considère que Trump est simplement un contact utile du FSB (l'héritier du KGB, NDLR). Le Président américain, fasciné par les régimes autoritaires, pourrait aussi avoir envie de conclure des accords avec tous les hommes forts de la planète."
Troisième explication, le moteur économique. "Donald Trump voit la possibilité de conclure des deals énormes, avec des accès aux ressources russes, comme il l'a déjà fait avec l'Ukraine."
 
Les risques
 
Le secrétaire à l'Armée américaine Daniel Driscoll et le chef d'état-major Randy George étaient à Kiev et doivent rencontrer le président Zelensky ce jeudi soir.
"Quelles que soient les conditions de capitulation qu'on puisse imposer à l'Ukraine, cet accord sera rejeté par la population, qui a beaucoup souffert. On risque d'entrer dans un conflit de basse intensité, avec des unités indépendantes qui vont se constituer pour commettre des actes de sabotage, qui seront qualifiés de terrorisme. C'est une tendance lourde dans les pays de l'ex-URSS, parce que ces conflits sont existentiels, face au Kremlin qui vise, ici, à annihiler l'identité ukrainienne", alerte Laetitia Spetschinsky.
A Kiev, on s'est dit prêts à travailler de manière "constructive" avec Washington sur le sujet et Volodymyr Zelensky prévoit d'en discuter "dans les prochains jours" avec son homologue américain Donald Trump.
 
 

Le plan de Trump pour l'Ukraine

Voici les 28 points de ce plan, selon le projet de texte examiné et traduit par l'AFP:
  1. La souveraineté de l'Ukraine sera confirmée.
  2. Un accord global de non-agression sera conclu entre la Russie, l'Ukraine et l'Europe. Toutes les ambiguïtés laissées en suspens ces 30 dernières années seront considérées comme réglées.
  3. Il est attendu que la Russie n'envahisse pas les pays voisins et que l'Otan ne s'étende pas davantage.
  4. Un dialogue sera mené entre la Russie et l'Otan, sous la médiation des États-Unis, afin de résoudre toutes les questions liées à la sécurité et de créer les conditions d'une désescalade.
  5. L'Ukraine recevra des garanties de sécurité fiables.
  6. Les forces armées ukrainiennes seront limitées à 600.000 militaires.
  7. L'Ukraine accepte d'inscrire dans sa constitution qu'elle ne rejoindra pas l'Otan, et l'Otan accepte d'inclure dans ses statuts une disposition spécifiant que l'Ukraine ne sera pas intégrée à l'avenir.
  8. L'Otan accepte de ne pas stationner de troupes en Ukraine.
  9. Des avions de combat européens seront basés en Pologne.
  10. Les Etats-Unis recevront une compensation pour la garantie de sécurité. Si l'Ukraine envahit la Russie, elle perdra cette garantie. Si la Russie envahit l'Ukraine, outre une réponse militaire coordonnée et décisive, toutes les sanctions mondiales seront rétablies, la reconnaissance du nouveau territoire et tous les autres avantages de cet accord seront révoqués. Si l'Ukraine lance un missile sur Moscou ou Saint-Pétersbourg sans raison valable, la garantie de sécurité sera considérée comme nulle et non avenue.
  11. L'Ukraine est éligible à l'adhésion à l'UE et bénéficiera d'un accès préférentiel à court terme au marché européen pendant que cette question est à l'étude.
  12. Un puissant paquet mondial de mesures pour reconstruire l'Ukraine, incluant la création d'un Fonds de développement pour l'Ukraine, la reconstruction des infrastructures gazières ukrainiennes, la réhabilitation des zones impactées par la guerre, le développement de nouvelles infrastructures et la reprise de l'extraction de minéraux et de ressources naturelles, le tout accompagné d'un programme de financement spécial élaboré par la Banque Mondiale.
  13. La Russie sera réintégrée dans l'économie mondiale, avec des discussions prévues sur la levée des sanctions, la réintégration du G8 et la conclusion d'un accord de coopération économique à long terme avec les États-Unis.
  14. 100 milliards de dollars d'actifs russes gelés seront investis dans les projets menés par les États-Unis pour reconstruire et investir en Ukraine, les États-Unis recevant 50% des bénéfices de l'initiative. L'Europe ajoutera 100 milliards de dollars afin d'augmenter le montant des investissements disponibles pour la reconstruction de l'Ukraine. Les fonds européens gelés seront débloqués, et le reste des fonds russes gelés sera investi dans un véhicule d'investissement américano-russe séparé.
  15. Un groupe de travail conjoint américano-russe sur les questions de sécurité sera créé afin de promouvoir et de garantir le respect de toutes les dispositions du présent accord.
  16. La Russie inscrira dans la loi sa politique de non-agression envers l'Europe et l'Ukraine.
  17. Les Etats-Unis et la Russie conviendront de prolonger la validité des traités sur la non-prolifération et le contrôle des armes nucléaires, y compris le traité START I.
  18. L'Ukraine accepte de ne pas être un État doté de l'arme nucléaire conformément au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
  19. La centrale nucléaire de Zaporijjia sera mise en service sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et l'électricité produite sera répartie à parts égales entre la Russie et l'Ukraine à 50-50.
  20. Les deux pays s'engagent à mettre en oeuvre des programmes éducatifs dans les écoles et la société visant à promouvoir la compréhension et la tolérance mutuelle.
  21. La Crimée, Lougansk et Donetsk seront reconnues comme des régions russes de facto, y compris par les Etats-Unis. Kherson et Zaporijjia seront gelées le long de la ligne de contact, ce qui signifiera une reconnaissance de facto le long de cette ligne. La Russie renoncera aux autres territoires qu'elle contrôle en dehors des cinq régions. Les forces ukrainiennes se retireront de la partie de la région de Donetsk qu'elles contrôlent actuellement, qui sera ensuite utilisée pour créer une zone tampon.
  22. Après avoir convenu des dispositions territoriales futures, la Fédération de Russie et l'Ukraine s'engagent à ne pas modifier ces dispositions par la force. Aucune garantie de sécurité ne s'appliquera en cas de violation de cet engagement.
  23. La Russie n'empêchera pas l'Ukraine d'utiliser le Dniepr à des fins commerciales, et des accords seront conclus sur le libre transport des céréales à travers la mer Noire.
  24. Un comité humanitaire sera créé pour régler les questions relatives aux échanges de prisonniers, à la restitution des dépouilles, au retour des otages et des détenus civils, et un programme de réunification familiale sera mis en œuvre.
  25. L'Ukraine organisera des élections dans 100 jours.
  26. Toutes les parties impliquées dans ce conflit bénéficieront d'une amnistie totale pour leurs actions pendant la guerre et s'engageront à ne faire aucune réclamation et n'envisager aucune plainte à l'avenir.
  27. Cet accord sera juridiquement contraignant. Sa mise en oeuvre sera contrôlée et garantie par le Conseil de paix, présidé par le président Donald J. Trump. Des sanctions seront imposées en cas de violation.
  28. Une fois que toutes les parties auront accepté ce mémorandum, le cessez-le-feu prendra effet immédiatement après le retrait des deux parties vers les points convenus pour commencer la mise en oeuvre de l'accord.
    bur-jgc-vgu/lgo

 

https://www.lecho.be/dossiers/conflit-ukraine-russie/pourquoi-donald-trump-veut-il-imposer-une-capitulation-a-l-ukraine/10636812.html

 

 

 

Franco Carminati

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Nov 25, 2025, 6:04:26 AM (5 days ago) Nov 25
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Il faut lire l’article (incomplet parce qu’il faut être abonné) ci-dessous, il faut aussi se rapporter au point 14 de la proposition en 28 points de D. Trump (voir l’article encore plus bas).
Si cela devait se concrétiser, nous serions encore un peu plus un des dindons de la farce !


Aide à l’Ukraine : la Commission européenne réfléchit à un emprunt commun au lieu d’une saisie des avoirs russes

Le « plan de paix » de Donald Trump, qui prévoit qu’une partie des actifs de la Banque centrale russe gelés en Europe reviennent à la Russie et aux Etats-Unis, perturbe la réflexion des Vingt-Sept. 

Par Virginie Malingre (Bruxelles, bureau européen)

Publié le 24 novembre 2025 à 21h56, modifié à 08h34 

Depuis la mi-septembre, l’Union européenne (UE) cherche comment poursuivre son aide financière à l’Ukraine en 2026 et 2027, qu’il s’agisse de soutenir son effort de guerre ou de participer à sa reconstruction. « Nous nous [y] sommes engagés », lors de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens du 23 octobre, et « nous tiendrons cet engagement lors du Conseil européen », prévu le 18 décembre, a réaffirmé Antonio Costa, le président du Conseil européen, lundi 24 novembre.

Le débat sur le sujet est en réalité évolutif et les discussions entre les Etats-Unis, les Européens et l’Ukraine, pour amender le « plan de paix » en 28 points de Donald Trump, lui donnent « une tournure différente », reconnaît-on dans l’entourage d’Antonio Costa. Le fait que le président américain envisage qu’une partie des actifs de la Banque centrale russe gelés sur le Vieux Continent reviennent à la Russie et aux Etats-Unis rend « plus compliquée » l’option qui avait initialement les faveurs de la Commission, confie un haut fonctionnaire européen.

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 https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/24/aide-a-l-ukraine-la-commission-europeenne-reflechit-a-un-emprunt-commun-au-lieu-d-une-saisie-des-avoirs-russes_6654682_3210.html



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Le 21 nov. 2025 à 16:09, 'Franco Carminati' via Alerte Otan <alert...@googlegroups.com> a écrit :

 «  On risque d'entrer dans un conflit de basse intensité, avec des unités indépendantes qui vont se constituer pour commettre des actes de sabotage, qui seront qualifiés de terrorisme. »  => ce n’est pas très difficile d'imaginer à quelles unités il pense

analyse

Pourquoi Donald Trump veut-il imposer une capitulation à l'Ukraine?

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Marie-Thérèse Jacot-Descombes

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Nov 25, 2025, 9:36:12 AM (5 days ago) Nov 25
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un peu plus de détails ici : 

"Le plan Trump sur les avoirs russes sidère l’Europe : "Une proposition scandaleuse et irréaliste"

L’idée de « dégeler » ces fonds pour financer une reconstruction pilotée par Washington, avec 50 % des profits reversés aux États-Unis, suscite la fureur des diplomates européens."  
https://www.i24news.tv/fr/actu/international/artc-le-plan-trump-sur-les-avoirs-russes-sidere-l-europe-une-proposition-scandaleuse-et-irrealiste

Voir plan Trump, article 14, ici : 

"14. Les fonds gelés seront utilisés comme suit:

"100 milliards de dollars d’actifs russes gelés seront investis dans les projets menés par les Etats-Unis pour reconstruire et investir en Ukraine. Les Etats-Unis recevront 50% des bénéfices de cette initiative. L’Europe ajoutera 100 milliards de dollars afin d’augmenter le montant des investissements disponibles pour la reconstruction de l’Ukraine. Les fonds européens gelés seront débloqués. Le reste des fonds russes gelés sera investi dans un véhicule d’investissement américano-russe séparé qui mettra en oeuvre des projets conjoints dans des domaines précis. Ce fonds viseraà renforcer les relations et à accroître les intérêts communs afin de créer une forte incitation à ne pas revenir vers un conflit."


Jean de La Fontaine a écrit une fable à propos d'un singe qui tirait les marrons du feu 

Tanguy Henrard

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Nov 25, 2025, 1:38:32 PM (5 days ago) Nov 25
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L'article complet grâce à https://www.removepaywall.com/

Salut à tous! 

Aide à l’Ukraine : la Commission européenne réfléchit à un emprunt commun au lieu d’une saisie des avoirs russes

Le plan de paix de Donald Trump, qui prévoit qu’une partie des actifs de la Banque centrale russe gelés en Europe reviennent à la Russie et aux Etats-Unis, perturbe la réflexion des Vingt-Sept.
Par Virginie Malingre (Bruxelles, bureau européen)
Publié hier à 21h56
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Le président du Conseil européen, Antonio Costa (au centre sur la photo), salue le chancelier allemand, Friedrich Merz, lors du sommet UE-Union africaine, à Luanda, en Angola, le 24 novembre 2025. Le président du Conseil européen, Antonio Costa (au centre sur la photo), salue le chancelier allemand, Friedrich Merz, lors du sommet UE-Union africaine, à Luanda, en Angola, le 24 novembre 2025.
Depuis la mi-septembre, l’Union européenne (UE) cherche comment poursuivre son aide financière à l’Ukraine 2026 et 2027, qu’il s’agisse de soutenir son effort de guerre ou de participer à sa reconstruction. « Nous nous [y] sommes engagés », lors de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens du 23 octobre et « nous tiendrons cet engagement lors du Conseil européen », prévu le 18 décembre, a réaffirmé Antonio Costa, le président du conseil européen lundi 24 novembre.
Le débat sur le sujet est en réalité évolutif et les discussions entre les Etats-Unis, les Européens et l’Ukraine, pour amender le plan de paix en vingt-huit points de Donald Trump, lui donnent « une tournure différente », reconnaît-on dans l’entourage d’Antonio Costa. Le fait que le président américain envisage qu’une partie des actifs de la Banque centrale russe gelés sur le vieux continent reviennent à la Russie et aux Etats-Unis rend « plus compliquée » l’option qui avait initialement les faveurs de la Commission, confie un haut fonctionnaire européen.
La Commission a en effet imaginé un dispositif – « le prêt de réparation » – qui utiliserait ces actifs immobilisés pour prêter 140 milliards d’euros à Kiev. Mais elle n’a pas trouvé les garanties suffisantes à offrir à l’institution financière belge Euroclear, où sont logés la majeure partie des avoirs russes. Elle n’a pas pris la peine, non plus, d’en discuter en amont avec la Belgique, pourtant concernée au premier chef. Conséquence, lors du sommet du 23 octobre, le premier ministre belge, Bart De Wever, a catégoriquement refusé de s’embarquer dans un montage qui pourrait lui coûter très cher. « La Commission a eu une gestion technocratique, a-politique et sans conscience de l’urgence », résume l’eurodéputée (Horizons) Nathalie Loiseau.

Garantir et augmenter les dettes

Depuis, sa présidente, Ursula von der Leyen, a tenté de mieux cadrer le débat, même si jusqu’à peu, elle continuait à dire que le prêt de réparation était la seule solution. Après avoir, enfin, rencontré Bart De Wever, le 14 novembre, elle a publié, le 17 novembre, une note présentant plusieurs options. Elle y reconnaît le risque que le prêt de réparation « puisse être incorrectement perçu comme une confiscation » ailleurs dans le monde, ce qui aurait pour conséquence de briser le modèle économique d’Euroclear, où de nombreux régimes autoritaires déposent leur argent en toute confiance, et pourrait déstabiliser l’euro.
Dans cette note, la Commission européenne évoque une autre piste, qui la verrait emprunter, au nom des Vingt-sept, pour aider Kiev. Avec un inconvénient majeur pour les Etats-membres : devoir garantir ce prêt et donc augmenter leur dette. Désormais, elle assure toutefois que le budget de l’UE pourrait endosser cette charge à hauteur de 90 milliards d’euros. Pour le reste, Kiev, dont les besoins sont estimés à 135 milliards d’euros d’ici à fin 2027, pourrait compter sur des aides bilatérales. « Il faut arbitrer entre d’une part le coût de cet emprunt commun, entre 2 et 3 milliards par an, prévisible, et de l’autre le risque lié au prêt de réparation, imprévisible », résume un diplomate européen.
Les Etats-baltes, les pays nordiques ou encore la Pologne défendent le prêt de réparation, jugeant juste de faire payer la Russie pour les dommages infligés à l’Ukraine. Tout comme Berlin, où le chancelier Friedrich Merz avait repris à son compte le projet de la Commission, de manière précipitée et sans prévenir, dans le Financial Times, le 25 septembre. Dans ce camp, on juge que le plan de paix de Donald Trump renforce l’urgence d’utiliser les actifs russes pour aider Kiev.
D’autres Etats-membres, à commencer par la France, ne veulent pas exclure le recours à un emprunt commun. Mais ils savent que Viktor Orban, en pleine campagne électorale, pourrait y mettre son véto, alors qu’il assure ne plus vouloir aider Kiev. D’autant que le premier ministre hongrois revendique sa proximité avec la Maison blanche comme avec le Kremlin. Dans tous les cas de figure, prévient cette source, « il faudra que les Européens fassent preuve de détermination à garder la main sur les actifs russes. Que ce soit pour aider Kiev ou pour instaurer un rapport de force avec Washington ».
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