Ce qui est remarquable : ‘tous’ (médias et politiques en UE) se réjouissent avec lyrisme de la défaite de Viktor Orban, au nom des « valeurs », mais Peter Magyar était il y a encore 2 ans un fidèle d’Orban, qui priori partage donc les orientations politiques fondamentales de son parti, cataloguées illibérales, populistes et d’« extrême-droite »
Mais on applaudi : le premier discours de Peter Magyar prend bien soin d’affirmer qu’il s’engage à ce que la Hongrie soit un allié solide au sein de l’UE et de l’OTAN.
Autrement dit ce n’est pas cette supposée « extrême-droite » qui est tellement honnie, tellement insupportable aux yeux des ‘Européens’, mais uniquement l’opposition aux plans de guerre de l’UE otanisée. L’extrême-droite, ne pose aucun problème, du moment qu’elle est alignée sur l’OTAN
Après cela on peut débloquer les milliards qui ont grevé le budget hongrois, ce qui n’a pas dû aider Orban. Mais ce n’est pas de l’ingérence.
"Péter Magyar a par ailleurs confirmé, dans son discours, vouloir renouer avec l’Union européenne « et ramener à la Hongrie les fonds européens qui lui sont dus ». Pour rappel, 18 milliards d’euros sont pour l’heure gelés, alors qu’ils seraient bien utiles pour renflouer des finances publiques dans le rouge. Ajoutant : « Nous allons redevenir un pays européen. » Et de crier un « Ruszkik haza » (Russes, rentrez chez vous) sans équivoque. « La Hongrie ne doit être le vassal de personne », a-t-il insisté."
(Le Soir)
Quelques infos issues du Wikipedia hongrois https://hu.wikipedia.org/wiki/Magyar_P%C3%A9ter_(politikus)
Depuis le 27 juin 2022, [Peter Magyar] est le PDG de Good Farming Kft., détenue par le Fonds européen de capital-investissement agricole et alimentaire.
Depuis novembre 2023, il est propriétaire et PDG enregistré de LLM Consulting and Investment Co., Ltd., société qu'il a reprise de Dániel Császár, ancien secrétaire d'État adjoint auprès du Premier ministre
En 2021, le couple Magyar a acquis des biens immobiliers dans le 12e arrondissement pour un montant total de 200 millions de forints.
"La Hongrie a choisi l'Europe", "un moment historique" : les réactions après la défaite de Victor Orban et la victoire de Peter Magyar
Parmi les premières à réagir, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué un signal fort envoyé par les électeurs hongrois.
"La Hongrie a choisi l’Europe", a-t-elle déclaré sur X, estimant que "ce soir, le cœur de l’Europe bat un peu plus vite en Hongrie". Elle a également jugé que, par ce vote, "un pays a repris son chemin européen", évoquant un moment charnière pour l’avenir du pays au sein de l’Union.
Une "victoire des valeurs européennes"
Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a félicité Péter Magyar et son parti, Tisza, pour leur victoire. C'est un "moment historique pour la Hongrie et pour l'Europe", salue le Belge. Le président français Emmanuel Macron a lui aussi félicité Péter Magyar, saluant "une victoire de la participation démocratique" et "l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe".
Même tonalité du côté de Madrid, où le Premier ministre Pedro Sánchez a évoqué "la victoire de l’Europe et des valeurs européennes", inscrivant ce scrutin dans une dynamique plus large de consolidation du projet européen.
Le président Zelensky aussi félicite Magyar pour sa "victoire éclatante" aux législatives face à Orban. (...)
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Péter Magyar au défi de l’Histoire qu’il vient d’écrire
Véronique Lamquin, le Soir, 13 avril
C’est une victoire historique. Celle d’un homme, d’abord. Péter Magyar qui, depuis qu’il s’est distancié de Viktor Orbán, voici deux ans, a construit un mouvement, une stratégie, un message. Et les a portés, avec détermination et énergie aux quatre coins du pays.
C’est aussi une victoire porteuse d’espoirs.
D’abord et avant tout pour les Hongrois qui, ce dimanche, ont clairement choisi la voie du changement, promis par le candidat de Tisza. Ce faisant, ils ouvrent un nouveau chapitre de l’histoire mouvementée de leur pays. Viktor Orbán a régné, au total, vingt ans, soit plus de la moitié de l’ère ouverte, en 1989, avec la fin du régime communiste. Si, au début des années nonante, il incarnait l’espoir d’une génération, il s’est mué, depuis 2010, en dirigeant illibéral et leader d’extrême droite, tournant le dos à l’Europe, lui préférant la Russie de Poutine ou les Etats-Unis de Trump. Surtout, l’homme fort du Fidesz a plongé son pays dans le déclin, sociétal, économique, démocratique, démographique… Autant de maux pour lesquels il vient d’être lourdement sanctionné.
Pour l’Union européenne, ensuite, dont les principaux dirigeants, volontairement discrets face aux outrances de Viktor Orbán ces dernières semaines, se bousculaient au concert des félicitations, dimanche soir. Et pour cause : l’un des dirigeants les plus hostiles au projet sort de table, remplacé par un Péter Magyar qui a promis de rétablir une relation normale et constructive avec « Bruxelles », dont Viktor Orbán avait fait l’un de ses ennemis favoris.
Un espoir, enfin, pour la démocratie. En se rendant massivement aux urnes, dimanche, les Hongrois ont apporté la preuve qu’un régime démocratique, aussi malmené soit-il, peut tenir bon. Le défi était pourtant de taille, face à un parti au pouvoir qui a verrouillé les institutions, manipulé le système électoral, mis les médias au pas de sa propagande. Rien de tout cela n’a pu barrer la détermination des électeurs. Au passage, les résultats envoient un signal clair aux dirigeants russe et américain : l’ingérence, masquée ou assumée, ne suffit pas à annihiler la volonté d’un peuple.
Mais cette victoire n’est pas exempte de doutes. Sur certains points, le vainqueur du scrutin s’est montré, au mieux vague, au pire sur la même longueur d’onde que Viktor Orbán durant la campagne. Il ne se distingue par exemple guère du Fidesz sur la question de la migration. Et, sur les enjeux sociétaux, Péter Magyar ne s’est guère étendu en campagne. Autant de raisons pour lesquelles certaines voix qui se sont portées sur lui ont sans doute été dictées par la raison bien plus que la conviction ou le cœur.
La responsabilité de Péter Magyar n’en est que plus lourde, lui qui s’est engagé, en campagne, à unir un pays plus polarisé que jamais. Et a promis « du respect et de la liberté » (traduction du mot-valise Tisza). Les Hongrois lui ont donné le mandat. A lui de s’en montrer digne, à la hauteur de l’histoire qu’il vient d’écrire. [ce sera probablement plutôt évalué à sa bonne disponibilité à bien ‘aider’ l’Ukraine]