A lire, dans Orient XXI :
"Par la voix de Jean-Noël
Barrot, ministre
des affaires étrangères, la France a réclamé, le
11 février 2026, la
démission de la rapporteuse spéciale des Nations unies pour
les territoires
palestiniens, Francesca Albanese, qui aurait déclaré
qu’Israël est « l’ennemi
commun de l’humanité », lors d’un forum à Doha. Le ministre
reprend
l’accusation d’une quarantaine de députés macronistes, bien
connus pour leurs
positions pro-Netanyahou, dont l’inévitable Caroline Yadan.
L’ennui est que
Francesca Albanese n’a jamais prononcé cette phrase. Il
suffit de regarder la
vidéo mise en ligne (sur X) pour le vérifier.
Depuis
son
premier rapport en 2023, elle fait l’objet d’un
harcèlement du gouvernement
israélien et de Donald Trump. Une fois de plus, le
gouvernement français leur
emboîte le pas."
https://orientxxi.info/Palestine-La-boussole-de-Francesca-Albanese
L'attitude de la France vis-à-vis de la Palestine, et plus particulièrement de Gaza :
La France est membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU. Le 17.11.25, elle a voté "oui", pour l'adoption par le Conseil de Sécurité de l'ONU d'une résolution par laquelle il déclare faire sien le plan proposé par D. Trump. Un plan qui aboutit à une forme de recolonisation de Gaza, fomenté de toute évidence en accord avec Israël.
https://press.un.org/fr/2025/cs16225.doc.htm
La France a son propre système de sanctions, lequel fait pression sur les militants pro palestiniens
La France a mis sur pied son propre système de sanctions, en plus de celui prévu par la Charte de l'ONU, et de ceux instaurés par les USA et l'Union Européenne. Elle se donne ainsi le pouvoir sanctionner, c'est-à-dire priver, du jour au lendemain, et ce sans audition préalable, de tous moyens de subsistance, des personnes engagées dans la lutte pour la reconnaissance des droits des Palestiniens, et cela sous prétexte de "lutter contre le terrorisme" :
"Mesures nationales de gel des avoirs
La France dispose de capacités autonomes de désignation permettant d’adopter des mesures nationales de gel des fonds et des ressources économiques, encadrées par le code monétaire et financier (chapitre II du titre VI), et destinées à :
Lutter contre le terrorisme (article L. 562-2) ;
Prévenir la commission d'actes d'ingérence (article L. 562-2-1) ;
Lutter contre le trafic de stupéfiants (article L. 562-2-2) ;
Répondre aux violations des restrictions prévues par les règlements européens de sanctions et les résolutions adoptées dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations Unies (article L. 562-3).
Il s’agit de mesures temporaires de police administrative, d’une durée de six mois maximum à compter de leur publication au Journal Officiel, renouvelable le cas échéant par un nouvel arrêté . Elles sont applicables à toutes personnes physiques et morales en France, y compris les personnes morales intervenant en libre prestation de service depuis un autre pays de l’UE."
https://www.tresor.economie.gouv.fr/services-aux-entreprises/sanctions-economiques
L'agence de presse turque Anadolu Ajansi rapporte, le 9 février dernier, que "Les avocats du militant palestinien Omar Alsoumi ont dénoncé auprès d’Anadolu le renouvellement, en janvier 2026, de la mesure de gel des avoirs visant leur client, qualifiée d’« arbitraire » et de « persécution administrative ».
Selon ses conseils, cette mesure, en vigueur depuis plus de six mois, prive Omar Alsoumi de l’ensemble de ses ressources financières. L’administration aurait notamment bloqué des démarches essentielles, telles qu’une demande de virement destinée à sa mère âgée, qu’il soutient financièrement."
Ils rappellent " que le gel des avoirs constitue l’une des atteintes les plus sévères au droit de propriété, mais également, plus largement, à la vie privée et familiale d’un individu. Ils soulignent qu’une jurisprudence constante impose que de telles mesures soient strictement nécessaires, dûment motivées et proportionnées à un objectif légitime."
"Une pression accrue sur les militants pro-palestiniens"
« Avec un dispositif aussi discrétionnaire, l’État poursuit sa répression en accentuant la pression sur M. Alsoumi », estiment-ils, affirmant que les militants de la cause palestinienne figurent parmi les premières cibles de ce type de mesures en raison de leurs opinions et de leurs activités politiques. Ils dénoncent ainsi une « atteinte grave et historique à la liberté d’expression ».
Enfin, "Les conseils d’Omar Alsoumi indiquent avoir déposé deux recours pour contester ces décisions, sans qu’aucune date d’audience n’ait, à ce stade, été fixée. Selon eux, cette situation aggrave les atteintes portées aux droits de leur client : la durée limitée à six mois de la mesure rend difficile toute contestation effective devant le tribunal administratif et permet à l’administration de la renouveler de manière répétée."
Anodolu Agensi poursuit : "Ces préoccupations ont été relayées par plusieurs organisations de défense des droits humains. Amnesty International a, à plusieurs reprises, critiqué l’usage extensif des mesures administratives antiterroristes en France, estimant que le gel des avoirs, en l’absence de poursuites ou de condamnations, s’apparente à une sanction anticipée incompatible avec la présomption d’innocence. De son côté, la Ligue des droits de l’Homme a alerté sur le caractère déséquilibré de ces dispositifs, qui confèrent à l’administration un pouvoir quasi discrétionnaire de neutralisation financière.
Fin septembre 2025, des rapporteurs spéciaux de l’Organisation des Nations unies ont également interpellé la France sur le recours au gel administratif des avoirs, qualifiant cette mesure de floue et, dans le cas d’Omar Alsoumi, dépourvue de base factuelle. Ils ont mis en garde contre des dispositions juridiques vagues et des sanctions imposées sans enquête ni poursuites préalables, susceptibles de produire un effet dissuasif sur la société civile".
https://www.aa.com.tr/fr/op%C3%A9ration-source-de-paix/france-la-d%C3%A9fense-d-omar-alsoumi-d%C3%A9nonce-un-gel-administratif-jug%C3%A9-arbitraire-/3825218