Ouest France 17/06/2026
Ce matin dans LA LETTRE on dévoile comment Paris se bat à l’OTAN pour défendre son futur centre français sur l’intelligence artificielle, basé à Rennes. Les US ont décidé de bloquer le projet au Comité militaire de l’Alliance. Washington veut couper la plupart des 30 Centres d’excellence de pour n’en garder que cinq, un par domaine (air, terre, mer, espace, cyber) dans le cadre du « OTAN 3.0 » voulu par Pete Hegseth.
Le projet porté par la France, qui avait été lancé dans la foulée du Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle d'Emmanuel Macron en février 2025, doit conduire à l'installation d’un centre pour l’IA dans la région de Rennes où siège déjà le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER)

Les 12 et 13 mai 2026 s’est tenu, au siège de l’OTAN, à Bruxelles (Belgique), le Salon bisannuel des centres d’excellence (COE)
Comme annoncé il y a quelques jours (voir mon post du 18 mai), un centre d’excellence de l’Otan consacré à IA devrait voir le jour d’ici un an à Rennes.
Sa création n’a pas encore été formellement actée (elle pourrait l’être le 18 juin lors de la réunion à Bruxelles des ministres de la Défense de l’Otan), mais déjà Rennes se met en ordre de bataille pour le lancement de ce centre d’excellence IA qui devrait être opérationnel pour l’été 2027.
Un premier recrutement a été lancé depuis Bruz (siège de la DGA-MI, près de Rennes) par l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (Amiad, à Rennes depuis 2024). « On recrute un pilote pour préfigurer le projet, mettre en place les grandes lignes directrices, contribuer au Program of Work, écrire le mémorandum d’entente opérationnel, recruter l’équipe française », explique Alexandra Le Bouhellec, cheffe de la cellule Rayonnement de l’Amiad, citée par l’agence API.
Une équipe transnationale d’une quarantaine de personnes
Ce 30e centre d’excellence de l’Otan (le 3e en France après celui de Lyon et celui de Toulouse) devrait mobiliser à terme une quarantaine de personnes. Pas seulement des Rennais ou des Français mais aussi des représentants d’autres nationalités, militaires ou civils détachés, en fonction des membres de l’Alliance Atlantique qui auront manifesté leur intérêt pour prendre part au projet (les pays « parrains »). « C’est le principe même du centre d’excellence », rappelle Alexandra Le Bouhellec.
Le futur centre d’excellence de Rennes résulte d’une initiative de Sébastien Lecornu l’été dernier. Alors ministre des Armées, celui-ci avait souhaité la création d’un centre dédié à l’IA de défense. En tant que “pays cadre”, la France s’est donc engagée à mettre au point le concept du centre puis à le concrétiser. Une fois accrédité, les pays membres qui le souhaitent, appelés les pays « parrains », apporteront au centre une contribution financière et mettront à disposition du personnel. Concrètement, cet outil pourra « proposer des formations, des challenges mais aussi des retours d’expérience, des benchmarks, nourrir la réflexion autour de l’IA de défense », précise Alexandra Le Bouhellec.
L’Amiad monte en puissance
L’Amiad compte aujourd’hui 200 employés « et nous serons à terme 300 avec une cinquante de personnes à Palaiseau (91) sur les recherches liées à l’IA et le pôle technique à Rennes », ajoute Alexandra Le Bouhellec. Les équipes techniques sont chargées de présenter des cas d’usage pour les forces armées sur le terrain. Parmi les premiers sujets d’IA déjà opérationnels : la création d’une unité robotique pour coordonner les drones volants et les robots terrestres en situation de combat.