Trump retire 5000 soldats US d'Allemagne! L'Amérique nous abandonne à Poutine?

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Roland Marounek

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May 3, 2026, 10:42:02 AM (6 days ago) May 3
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Pas de panique ! il en restera 33.000 !

Pourquoi diable se plaindre de l’Allemagne, alors que, comme le signale en passant Politico ci-dessous l’Allemagne a fourni un accès total, des bases et des droits de survol sans entrave aux forces étatsuniennes dans le cadre de l’opération Epic Fury ?

La ‘fâcherie’ entre Trump et Merz est plus du domaine de la mise en scène, destinée à faire accepter l’argent englouti dans la dite ‘défense’, accepter les sacrifices sociaux et économiques – puisque l’Ami américain nous abandonne ! Ça fait partie de la préparation de la population à la guerre contre la Russie, prétendument « pour la défense de l’Europe », réellement pour le compte des Etats-Unis.

Le retrait des troupes étatsuniennes correspond exactement au programme suivi : Les États-Unis réorientent leurs forces vers l’Asie et exigent de l’Europe de se préparer à intervenir militairement en Ukraine, contre la Russie : il s’agit juste d’une répartition des tâches.

« on ne renonce pas à ce que l’on contrôle, à ce dont on a besoin et, en fin de compte, à ce qui sert les intérêts étatsuniens » comme dit Miguel Candel ci-dessous (il ne s’agit pas de ‘Trump’, mais des Etats-Unis)

 

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Le retrait de troupes américaines d'Allemagne était « attendu » (Belga)

Le ministre allemand de la Défense a indiqué samedi que le retrait de troupes américaines d'Allemagne, annoncé par Washington, était attendu, et confirmait que l'Europe devait faire plus pour prendre en main sa sécurité.

"Que des troupes des Etats-Unis se retirent d'Europe et aussi d'Allemagne était attendu", a dit le ministre, Boris Pistorius, dans un commentaire transmis à l'AFP par son ministère. "Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilités pour notre sécurité."

L'annonce américaine intervenait après une dispute à distance entre Donald Trump et le chancelier Friedrich Merz au sujet de la guerre en Iran déclenchée par Washington. Le président américain reproche aux Européens un manque de soutien. M. Merz avait suscité la colère du président américain lundi, en jugeant que "les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie" en Iran et que Téhéran "humiliait" la première puissance mondiale. Le locataire de la Maison Blanche avait réagi en disant étudier la possibilité d'un retrait de troupes d'Allemagne.

Puis vendredi, le Pentagone a annoncé vendredi le retrait de quelque 5.000 militaires d'ici à un an.

M. Pistorius a relevé que la présence américaine dans le pays restait "dans l'intérêt" de l'Allemagne et "dans intérêt des Etats-Unis", car ces troupes servent de "dissuasion collective", au moment où les ambitions russes sont vécues comme une menace sur le vieux Continent.

Il relève aussi que les Etats-Unis utilisent leurs bases militaires en Allemagne "pour leurs intérêts en matière de politique sécuritaire en Afrique et au Moyen-Orient". Les installations américaines ont notamment servi pour les opérations en Iran.

Selon M. Pistorius, quelque "5.000 soldates et soldats américains sur près de 40.000" sont appelés à partir, confirmant le nombre annoncé par le Pentagone.

Enfin, le ministre a rappelé que l'Allemagne avait déjà engagé un vaste chantier pour rebâtir son armée, diminuée par des décennies de sous-financement.

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Le ministre de la défense allemand Pistorius minimise la réduction des troupes US et met l'accent sur l'effort de défense européen

« Si nous voulons préserver le partenariat transatlantique, nous devons renforcer le pilier européen au sein de l'OTAN », a déclaré le ministre allemand de la Défense en réponse au projet de retrait des troupes US.

Chris Lunday et Rory O’Neill, Politico, 2 mai 2026
https://www.politico.eu/article/europe-defense-germany-boris-pistorius-us-soldiers/

Le ministre allemand de la Défense a cherché à minimiser l’impact de la décision de Washington de retirer 5 000 soldats du pays, présentant cette mesure comme attendue et s’en servant pour souligner la nécessité pour l’Europe d’assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité [lire ‘guerre’].

« On s’attendait à ce que les États-Unis retirent des troupes d’Europe, y compris d’Allemagne », a déclaré Boris Pistorius samedi, ajoutant que « si nous voulons rester transatlantiques, nous devons renforcer le pilier européen au sein de l’OTAN ».

L’OTAN a déclaré qu’elle « travaillait avec les États-Unis pour comprendre les détails » de la décision du Pentagone de retirer ses troupes. Cette décision de l’administration Trump « souligne la nécessité pour l’Europe d’investir davantage dans la défense », a déclaré la porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, dans un communiqué.

Le président étatsunien Donald Trump avait menacé de réduire les effectifs étatsuniens au milieu d’une querelle publique avec le chancelier allemand Friedrich Merz, qui avait déclaré que les États-Unis étaient « humiliés » par l’Iran.

L'annonce du Pentagone laisserait tout de même environ 33 000 soldats étatsuniens en Allemagne, inversant ainsi le renforcement des effectifs amorcé sous la présidence de Joe Biden.

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré à POLITICO que la présence militaire US en Europe constituait une « contribution significative à la dissuasion et à la défense de l'OTAN » et formait le « fondement de la défense collective pour 23 États membres de l'UE qui sont également alliés » au sein de l'OTAN.

Le porte-parole a ajouté que les pays de l'UE respectaient leurs engagements envers l'OTAN en augmentant leurs dépenses militaires à un « rythme sans précédent ».

Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a déclaré dans un communiqué que le secrétaire étatsunien à la Défense, Pete Hegseth, avait ordonné ce retrait en réponse à la « situation sur le terrain » après avoir examiné le renforcement des troupes US en Europe. « Nous prévoyons que le retrait sera achevé au cours des six à douze prochains mois », a déclaré  Parnell.

Réagissant à l’annonce du Pentagone, le Premier ministre polonais Donald Tusk a déploré la « tendance désastreuse » dans les relations entre l’Europe et les États-Unis. « La plus grande menace pour la communauté transatlantique [est] la désintégration en cours de notre alliance », a déclaré Tusk dans un message publié sur X samedi. « Nous devons tous faire le nécessaire pour inverser cette tendance désastreuse. »

Trump a également menacé de retirer les troupes US d’Espagne et d’Italie, dans le cadre de nouvelles attaques contre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et la dirigeante italienne Giorgia Meloni. Madrid et Rome, tout comme Berlin, ont critiqué la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

S'adressant aux journalistes dans le Bureau ovale jeudi, Trump a déclaré qu'il retirerait « probablement » les troupes étatsuniennes de ces deux pays d'Europe du Sud. Il a déclaré que l'Italie « ne nous avait été d'aucune aide » et a accusé l'Espagne d'être « absolument horrible ». L'Espagne et l'Italie ont toutes deux refusé que les avions militaires US participant à la guerre contre l'Iran utilisent leurs bases.

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US to cut troop presence in Germany ‘a lot further than 5,000,’ Trump says – POLITICO

Au Congrès étatsunien, les présidents républicains des commissions des forces armées de la Chambre des représentants et du Sénat ont déclaré samedi qu’ils étaient « très préoccupés » par le retrait des troupes US en Allemagne. Ils ont également insisté sur le fait que des changements « significatifs » dans la posture étatsunienne en Europe exigeaient « un processus de révision mûrement réfléchi », selon un communiqué conjoint.

« L’Allemagne a pris des mesures en réponse à l’appel du président Trump en faveur d’un meilleur partage des charges, en augmentant considérablement ses dépenses de défense et en fournissant un accès, des bases et des droits de survol sans entrave aux forces étatsuniennes dans le cadre de l’opération Epic Fury », ont déclaré les présidents des commissions, le sénateur Roger Wicker et le représentant Mike Rogers, dans leur communiqué.

« Une réduction prématurée » de la présence militaire étatsunienne en Europe « envoie un mauvais signal » au président russe Vladimir Poutine, ont déclaré Wicker et Rogers dans leur communiqué.

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Il y aura la guerre

L’ALLIANCE ENTRE L’ALLEMAGNE ET L’UKRAINE, NOYAU DE L’ARMÉE EUROPÉENNE

Miguel Candel, https://www.elviejotopo.com/topoexpress/habra-guerra/ 26 avril
traduction (corrigée) : Histoire et Société, https://histoireetsociete.com/il-y-aura-la-guerre/

Il n'est pas facile de réfléchir de manière stratégique dans un monde en proie à de nombreux conflits. La clé : discerner les tendances de fond. La réaction contre l'axe Netanyahu-Trump est si compréhensible que nous ne sommes pas toujours capables de saisir que la politique qu'ils mènent effectivement s'inscrit dans des références claires, nettes, ancrées dans les pratiques politiques US, et que l'arrivée d'une nouvelle administration démocrate n'entraînerait pas de changements substantiels, notamment parce que les puissants lobbies israéliens continueront à conserver leur droit de veto sur la politique d'un pays qui lutte désespérément pour ne pas perdre son hégémonie. Il s'agit du pouvoir mondial et de la manière de le conserver. Sur ce point, il y a peu de différences entre les classes dirigeantes des États-Unis.

Les fronts politico-militaires, les lignes de fracture de l’Ancien Ordre, sont engagés dans des processus complexes de changement, de transformations qui, d’une manière ou d’une autre, tendent à converger vers un affrontement général. L’Ukraine reste au centre de ces enjeux, tout comme le conflit que l’OTAN et la Russie entretiennent ― par l’intermédiation et l’engagement actif du gouvernement de Zelenski. Je garde toujours en mémoire une carte tirée d’un livre de Brzezinski (Le Grand Échiquier. Page 92. Paidós 1998) où l’on voit l’Europe et, en son centre, en forme de chapeau, quatre pays unis. « Vers 2010 ―dit le célèbre géopoliticien polono-américain― la collaboration politique entre la France, l’Allemagne, la Pologne et l’Ukraine, qui concernerait quelque 230 millions de personnes, pourrait évoluer jusqu’à devenir une association qui renforcerait la profondeur stratégique de l’Europe ». Il ajoute plus loin : « L’objectif géostratégique principal des États-Unis en Europe peut se résumer en quelques mots : consolider, par le biais d’un véritable partenariat transatlantique, la tête de pont américaine sur le continent eurasien afin qu’une Europe en expansion puisse devenir un tremplin plus efficace pour projeter vers l’Eurasie l’ordre international démocratique et coopératif ».

Je ne vais pas commenter cela, c’est clair : l’UE et l’OTAN sont des instruments de projection de puissance en Eurasie et ils garantissent l’efficacité de la tête de pont US sur le continent. Sans jamais aborder la question de savoir si ce « tremplin » tient compte des intérêts stratégiques et de l’indépendance nationale de la civilisation-État russe ou si c’est juste considéré comme un obstacle à surmonter.

Beaucoup de choses se sont passées en seize ans. Sans entrer dans les détails, je tiens à souligner que la guerre en Ukraine, quatre ans plus tard, a profondément bouleversé le paysage géopolitique européen et mondial. Premièrement, force est de constater que les événements ne se sont pas déroulés comme prévu : la Russie n’a pas été vaincue, la crise économique et sociale anticipée ne s’est pas concrétisée et le changement de régime attendu semble encore lointain. De plus, les données révèlent une capacité à absorber les sanctions économiques, financières et commerciales, ainsi qu’une intelligence collective surprenante, transformant l’agression en outils pour remodeler le modèle de production et développer le complexe scientifique, militaire et industriel, renforçant les capacités opérationnelles des forces armées et maintenant un consensus social considérable.

Deuxièmement, l’Union européenne, ce vieux protectorat étatsunien, a profondément changé. La rupture avec la Russie a eu des conséquences économiques, commerciales et politiques particulièrement négatives. La dépendance à l’égard de la puissance impériale s’est considérablement accrue et la militarisation de la vie politique et sociale est devenue un nouveau départ, un outil et un moteur pour une nième refondation de l’UE à un moment critique.

Troisièmement, l’Allemagne est contrainte de modifier son modèle de production et de redéfinir son rôle au sein d’une Union européenne en pleine mutation. Sa stratégie semble claire : demeurer un allié indispensable des États-Unis, devenir rapidement une grande puissance politique et militaire et continuer de revendiquer son rôle dominant en Europe, même dans cette nouvelle phase. Ce qui est nouveau, c’est qu’elle veut désormais l’affirmer ouvertement et sans complexe. Wolfgang Streeck parle depuis longtemps d’une Allemagne hégémonique au sein d’un empire européen (néo)libéral ; je pense qu’il y a là beaucoup de vrai là-dedans. Le noyau dur de la sécurité européenne dont parlait Brzezinski (France, Allemagne, Pologne et Ukraine) a considérablement évolué et va encore changer considérablement.

Trump n’abandonnera pas l’OTAN : on ne renonce pas à ce que l’on contrôle, à ce dont on a besoin et, en fin de compte, à ce qui sert les intérêts étatsuniens. Le président poursuivra son jeu de menaces, de tromperies, de mauvais traitements et de mépris envers des alliés toujours bien disposés et dévoués. Ils ne le suivront pas dans toutes ses initiatives, car ils ne le peuvent pas, entre autres parce que les conditions n’ont pas encore été créées pour légitimer auprès des populations les coûts en vies humaines et en ressources des guerres d’agression menées au service des intérêts d’une puissance en déclin. C’est ce que craint Trump , qui espère juste que les autres fourniront les morts et qu’il remportera la victoire. Israël sera toujours là, mais ses engagements sont problématiques : ce pays place systématiquement ses propres intérêts au centre de ses initiatives militaires et sécuritaires et, parallèlement, joue un rôle prépondérant dans la politique intérieure étatsunienne, notamment dans le cercle décisionnel de Trump.

Ce n’est pas difficile à comprendre. Si l’ennemi est la Russie, si l’Union européenne se prépare à une guerre contre Poutine en 2029-2030, s’il existe un plan stratégique approuvé, généreusement financé et mis en œuvre d’ici là par les institutions européennes et coordonné dans les moindres détails avec l’OTAN, alors il y aura une guerre.

Problème : sans les États-Unis, ils ne peuvent pas la gagner ; j’insiste, sans l’alliance atlantique organisée et dirigée par les États-Unis, ils ne pourront pas vaincre militairement la Russie. L’administration étatsunienne actuelle l’a clairement indiqué dès le début, comme en témoignent ses documents fondamentaux et les déclarations successives de ses principaux dirigeants. La priorité des États-Unis est l’Indo-Pacifique et le confinement de la Chine, leur seul rival systémique. L’enjeu est de reconquérir la domination sur l’hémisphère occidental, de redéfinir le rôle de l’OTAN et de rendre l’Europe responsable de la défense de son territoire et des coûts économiques que cela implique.

Les États-Unis, je le répète, ne se retirent pas ; ils resteront là avec leur puissance nucléaire, leurs bases et à la tête de l’alliance militaire.

Le véritable problème pour les classes dirigeantes européennes, y compris espagnoles, demeure la Russie. Soyons clairs : ces classes, représentées alors par le tandem von der Leyen-Borrell, se sont ralliées avec enthousiasme à la guerre par procuration menée en Ukraine contre Poutine. Elles s’y préparaient depuis longtemps, très longtemps, et l’arrivée au pouvoir de Biden a accéléré le processus. Les États-Unis amorçaient un retour en force : d’abord la Russie, puis la Chine. Il fallait défendre « l’ordre international fondé sur des règles », c’est-à-dire la puissance unipolaire étatsunienne comme condition matérielle de sa pérennité. Cette politique a échoué, et l’une de ses conséquences a été le retour de Donald Trump. C’est ce dont on ne tient jamais compte. Le nouveau président l’a affirmé dès le début : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu et il faut lui trouver une issue réaliste.

Pour l’Union européenne, ici et maintenant, la paix passe par la défaite politique et militaire de la Russie. Négocier avec Poutine reviendrait à accepter des conditions déjà acquises sur le plan militaire et consolidées sur les plans politique et économique ; pour l'instant, l’important est de gagner du temps, en exploitant au maximum les faiblesses de plus en plus manifestes de Trump, et d’attendre. Il y a les élections législatives aux États-Unis en novembre, l’issue de la guerre contre l’Iran est loin d’être claire, le système économique et financier international est à bout de souffle et les conséquences d’une crise énergétique pourraient être désastreuses. Il s’agit d’attendre et de voir venir.

Pendant ce temps, l’Union se réarme à un rythme effréné et entreprend une énième refondation vers un pouvoir supranational plus centralisé, moins bureaucratique et plus libéral, avec moins de réglementations environnementales et sociales, un engagement à augmenter substantiellement les dépenses militaires et de sécurité des États membres, au-delà des normes sacro-saintes du « Consensus de Bruxelles », et la garantie du pouvoir du nouveau noyau dur : le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Ukraine.

On dira que le Royaume-Uni n’est pas membre de l’UE, pas plus que l’Ukraine. Nous vivons une période d’exception, marquée par une guerre à durée déterminée. Aujourd’hui, le véritable commandement et la direction politique effective résident à l’OTAN. C’est de là que se planifie la guerre totale et intégrale contre la Russie, ainsi que le prétendu « Schengen militaire », le recours à de nouvelles technologies de contrôle des populations (l’expérience, la technologie et les méthodes israéliennes sont décisives), le développement d’armements de pointe, la guerre cognitive, et l’élaboration d’une doctrine et d’une stratégie militaires unifiées. C’est de là que sont définies les politiques de sanctions (contre la Russie, la Chine et l’Iran), que s’effectue la surveillance des principaux corridors géopolitiques et que sont mises en œuvre les politiques d’allocation des ressources qui affectent, ou pourraient affecter, la capacité opérationnelle de forces armées en pleine transformation.

La récente rencontre entre Zelensky et Merz donne de nombreux indices sur ce qui se fait et ce que l’on veut faire. Pour l’instant, ils ont transformé leur relation en un partenariat stratégique et vont tenter de renforcer leur coordination, notamment sur le rapatriement des travailleurs migrants ukrainiens en âge de combattre. L’Histoire ne disparaît jamais tout à fait et ressurgit chaque fois qu’il y a des réorganisations géopolitiques du pouvoir. Des relations entre Allemands et nationalistes d’extrême droite, voire fascistes, ont toujours existé, jusqu’à hier encore. Rien ne soude plus que la nécessité : Merz et Zelensky sont contraints de s’entendre et ont des intérêts communs importants. Je ne parle pas de quelque chose qui pourrait se produire prochainement, mais de quelque chose qui a déjà été mis en pratique et qui se consolide désormais.

Les rapports de force évoluent au sein de l’UE et de l’OTAN. La domination allemande est particulièrement préoccupante pour la France et la Pologne. Ce sont des vieux problèmes. Macron parle sans cesse, fait la une des journaux, mais son influence réelle s’amenuise. La Pologne aspire à devenir la principale puissance militaire de la région, elle a des comptes à régler avec l’Ukraine et s’efforce de construire sa propre sphère d’influence autour de l’Initiative des Trois Mers. De plus, et ce n’est pas un détail mineur, elle est un allié clé des États-Unis. Les divergences entre les deux factions de droite dure qui se disputent le pouvoir en Pologne ont bien plus à voir avec le rôle des institutions de l’Union européennes dans leur soutien à l’hégémonie allemande qu’avec le niveau d’adhésion aux valeurs suprêmes de l’européisme. Le Royaume-Uni observe et reste, apparemment, en retrait. L'essentiel est garanti : il n'y aura pas d'entente avec la Russie. À partir de là, il s'agit de freiner l'Allemagne, en jouant tantôt la carte polonaise, tantôt ― comme ils le font depuis des siècles ― la carte française, tout en gardant toujours un œil sur les « cousins » étatsuniens, comme le disait le grand John le Carré.

L’Ukraine est depuis longtemps un élément crucial de l’OTAN. Elle a cessé d’être un État souverain bien avant l’intervention militaire russe et constitue désormais l’avant-garde stratégique de l’Alliance. L’Ukraine est de plus en plus dépendante de l’Occident – ​​financièrement, économiquement, commercialement, techniquement et logistiquement ; toutes ses ressources fondamentales sont hypothéquées et elle ne survit que grâce à des prêts et des dons. Le commandement opérationnel est dirigé, organisé et supervisé par l’Alliance par l’intermédiaire d’une myriades de conseillers. Le gouvernement Zelensky est un maillon fondamental et indispensable de la politique de réarmement, contrôlant de fait tous les aspects : conception, formation, essais de nouveaux équipements et arsenaux, et application des nouvelles technologies, notamment l’IA. Vu sous un autre angle, l'Ukraine sert de préparation politico-idéologique, technico-militaire et opérationnelle à la guerre contre la Russie. Ce ne sera pas la première fois qu’un pays joue ce rôle en Europe.

L’Allemagne a besoin d’une alliance étroite avec l’Ukraine. Elle fait face à un problème majeur : sa population et sa jeunesse. L’idée d’entrer à nouveau en guerre, pour l’Europe et l’OTAN, ne semble pas facile à vendre dans un monde marqué par le génocide à Gaza et la soumission inconditionnelle de l’Allemagne à l’Israël de Netanyahou. Une guerre – on n’en parle jamais – dont l’épicentre se situerait en Allemagne, où les premiers à arriver ne seraient ni des chars T-34 ni des T-14 Armata, mais les nouveaux missiles hypersoniques russes équipés d’ogives nucléaires.

On comprend pourquoi l’Allemagne continue à s’humilier devant l’empereur Trump ; on comprend surtout pourquoi le partenariat avec l’Ukraine est nécessaire : main-d’œuvre, soldats, effectifs capables de risquer leur vie pour défendre leur patrie. Certes, ses forces armées ne sont plus ce qu’elles étaient, décimées par les morts, les blessés, les désertions et une population épuisée qui aspire à un règlement rapide. Le noyau dirigeant qui entoure Zelensky a désespérément besoin de se forger un avenir, de signaux clairs indiquant qu’on ne les obligera pas à négocier avec la Russie et que le conflit durera. C’est ce que garantissent les partisans de cette ligne, et plus que quiconque par l’Allemagne. Il n’est pas rare de voir partout le président ukrainien proposer ses forces armées, ses spécialistes et ses drones pour lever le blocus du détroit d’Ormuz, combattre l’Iran, soutenir les milices djihadistes au Sahel, ou encore menacer physiquement Orbán et, plus récemment, Loukachenko.

Du discours sur l’armée européenne, il ne reste que peu, presque rien ; ce n’est plus qu’un symbole vide de sens qui sert à se différencier de Trump, non à s’en séparer ― personne ne le souhaite vraiment, absolument personne. Il légitime le réarmement et ― c’est l’essentiel ― sert de couverture à un nouveau départ pour l’Union européenne. Ce qui est mis en œuvre sous le nom d’armée européenne, ce sont les directives imposées par l’administration étatsunienne : que les Européens prennent en charge leur défense et la financent, qu’ils construisent une base militaro-industrielle commune adéquate, - et que tout cela se fasse dans le cadre de l’OTAN.


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Roland Marounek

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May 4, 2026, 6:08:59 AM (6 days ago) May 4
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Méthode Trump super efficace pour booster la guerre de l’OTAN contre la Russie : les ‘Européens’ « passent à la vitesse supérieure »  « nous devons vraiment renforcer le pilier européen de l'Otan, et nous devons vraiment en faire plus » (K. Kallas) « Les Européens augmentent leurs dépenses de défense » (Macron) » « Nous devons muscler nos capacités militaires ... nous devons accélérer la production d'équipements militaires » (von der Leyen)

 

Les Européens ont "reçu cinq sur cinq" le message de Trump sur la défense, dit le chef de l'Otan

Les dirigeants européens ont "reçu cinq sur cinq" le message de frustration de Donald Trump sur l'Iran, a assuré lundi le chef de l'Otan, Mark Rutte après l'annonce soudaine du retrait de soldats américains d'Allemagne. Bousculés par la décision de Donald Trump de retirer 5.000 troupes américaines d'Allemagne, les Européens ont aussi assuré qu'ils allaient accélérer le renforcement de leurs propres capacités de défense.

RTBF, AFP, https://www.rtbf.be/article/les-europeens-ont-recu-cinq-sur-cinq-le-message-de-trump-sur-la-defense-dit-le-chef-de-l-otan-11718915

Les dirigeants européens ont "reçu cinq sur cinq" le message de frustration de Donald Trump sur l'Iran, a assuré lundi le chef de l'Otan, Mark Rutte après l'annonce soudaine du retrait de soldats américains d'Allemagne. "Les Etats-Unis ont été quelque peu déçus par la réaction européenne face à la situation actuelle au Moyen-Orient", a déclaré le secrétaire général de l'Alliance, à son arrivée à un sommet en Arménie. "Je dirais que, d'après ce que me rapportent tous mes contacts parmi les dirigeants européens, ceux-ci ont bien compris le message des Etats-Unis, ils l'ont reçu cinq sur cinq" et "passent à la vitesse supérieure" sur ce dossier, a-t-il affirmé.

Prendre son destin en charge

Bousculés par la décision de Donald Trump de retirer 5.000 troupes américaines d'Allemagne, les Européens ont aussi assuré qu'ils allaient accélérer le renforcement de leurs propres capacités de défense. Le moment choisi par Donald Trump pour annoncer ce retrait était "une surprise", même si cette décision en elle-même était attendue, a souligné la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas. "Je pense que cela montre que nous devons vraiment renforcer le pilier européen de l'Otan, et nous devons vraiment en faire plus", a-t-elle ajouté en marge d'un sommet de la Communauté politique européenne, à Erevan.

 "Les Européens prennent leur destin en charge, augmentent leurs dépenses de défense et de sécurité et bâtissent leurs solutions communes", a abondé le président français Emmanuel Macron. "Nous avons besoin de plus d'indépendance en matière de défense et de sécurité. Nous devons muscler nos capacités militaires pour nous défendre et nous protéger nous-mêmes", a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ajoutant que "ce que nous devons faire maintenant, c'est accélérer la production" d'équipements militaires.

 

Donald Trump accuse plusieurs partenaires européens de refuser toute contribution militaire ou logistique aux opérations menées par Washington dans le détroit d'Ormuz, contre l'Iran. Il a notamment affirmé la semaine dernière envisager de réduire les forces américaines stationnées en Allemagne après que le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que "les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie" en Iran.

 

De : 'Roland Marounek' via Alerte Otan [mailto:alert...@googlegroups.com]
Envoyé : dimanche 3 mai 2026 16:35
À : alert...@googlegroups.com
Objet : [alerte-otan] Trump retire 5000 soldats US d'Allemagne! L'Amérique nous abandonne à Poutine?

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Roland Marounek

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May 5, 2026, 7:09:55 AM (4 days ago) May 5
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Autre éclairage sur le site www.german-foreign-policy.com/ qui met davantage l’accent sur l’apparent renoncement du déploiement en Allemagne de missile de croisière US ‘nécessaires’ pour détruire « les centres de commandement russes » dans la guerre qui s’annonce

https://www.german-foreign-policy.com/fr/news/detail/10390

extraits :

[...]

Une composante de la logistique militaire mondiale des États-Unis

Aux États-Unis, et même parmi les républicains, cette décision [retrait de 5000 hommes] suscite un mécontentement considérable. Ainsi, les présidents des commissions des forces armées du Sénat et de la Chambre des représentants, tous deux républicains, ont souligné que l’Allemagne avait accordé aux forces armées des États-Unis non seulement des droits de survol pour la guerre en Iran, mais aussi l’utilisation sans aucune restriction des bases militaires états-uniennes situées en Allemagne, notamment celle de Ramstein.[5] Le punir aujourd’hui enverrait un signal risqué.

Mais surtout, ils ont fait valoir que Ramstein en particulier, mais aussi d’autres installations militaires US en Allemagne, comme l’hôpital militaire de Landstuhl, constituaient un élément indispensable de l’infrastructure militaire mondiale des US ; sans elles, il ne serait pas possible de mener des guerres, notamment au Moyen-Orient, comme auparavant.

 De plus, elles offriraient aux forces armées US, en cas de besoin, « une voie alternative » vers la région Asie-Pacifique.

« Les troupes US en Allemagne et en Europe » ne sont « pas là pour protéger les Allemands », a déclaré le général de corps d’armée à la retraite Ben Hodges, ancien commandant en chef des forces terrestres des États-Unis en Europe :« Elles sont là pour les Etats-Unis, pas pour qui que ce soit d’autre ».[6] Quiconque retire des troupes de cette région affaiblit donc avant tout la logistique de guerre des Etats-Unis.

« Neutraliser les centres de commandement »

À Berlin, c’est surtout l’annonce faite par Trump d’annuler le déploiement d’armes US à moyenne portée en République fédérale, prévu pour 2024, qui suscite l’inquiétude. À l’origine, le déploiement de telles armes, notamment des missiles de croisière Tomahawk, avait été prévu pour exercer une pression militaire sur la Russie.

Officiellement, il devait s’agir d’une solution provisoire pour plusieurs années, le temps que l’Allemagne et d’autres pays européens développent leurs propres armes à moyenne portée ayant la portée souhaitée – jusqu’à Moscou.[7] Or, cette solution provisoire semble désormais compromise.

C'est un coup dur, a estimé ce week-end Nico Lange, chef de l'état-major du ministère de la Défense jusqu'en 2022 et aujourd'hui actif au sein de plusieurs think tanks influents : on a cherché une « contre‑menace » contre « les missiles de Kaliningrad qui nous menacent ». On aurait finalement voulu les « obtenir des États-Unis », mais « on ne les obtient pas maintenant ».[8]

Les armes à moyenne portée auraient été classées comme « élément central [s] » du réarmement contre la Russie, grâce auxquelles il aurait été possible de « neutraliser les centres de commandement » russes, selon Christian Mölling, ancien vice-directeur de recherche de la Société allemande de politique étrangère (DGAP), qui met actuellement en place le nouveau groupe de réflexion Edina (European defence in a new age).[9] Si elles n’étaient pas déployées, on se retrouverait « dans une situation assez difficile ».

Moscou à portée de tir

À Berlin, des voix s'élèvent désormais pour demander que le projet appelé « ELSA » soit accéléré autant que possible.

ELSA (European Long-range Strike Approach) a été lancé en juillet 2024 en marge du sommet anniversaire de l'OTAN à Washington par l'Allemagne, la France, l'Italie et la Pologne. Ce projet vise le développement et la fabrication de missiles de croisière ou de missiles hypersoniques d'une portée d'au moins 2 000 kilomètres. L'objectif était de pouvoir remplacer les armes US à moyenne portée mentionnées au début des années 2030 par des missiles propres.[10]

À la mi-février, les ministres de la Défense des quatre pays fondateurs du projet, ainsi que ceux du Royaume-Uni et de la Suède, ont signé une déclaration d'intention visant à formaliser davantage ce projet commun.[11] À terme, cela contribuera à rendre l'Allemagne et l'Europe indépendantes des États-Unis sur le plan militaire.

Cependant, on ne sait pas encore comment combler le vide qui résulte de l'absence de déploiement des armes US à moyenne portée jusqu'à l'achèvement des premiers missiles européens. Selon certaines informations, le ministre de la Défense Boris Pistorius négocierait avec l'administration Trump la livraison de lance-missiles US de type Typhon, capables de tirer des missiles de croisière Tomahawk.[12] Cela maintiendrait toutefois la dépendance vis-à-vis des États-Unis.

 

[5] Shelby Holliday, Michael R. Gordon, Vera Bergengruen: Trump Orders the Withdrawal of 5,000 U.S. Troops From Germany. wsj.com 02.05.2026.

[6] Bertrand Benoit, Daniel Michaels, Michael R. Gordon: Trump’s Threat to Pull Troops From Germany Risks Eroding U.S. Power Projection. wsj.com 30.04.2026.

[7] Voir à ce sujet Moscou à portée de tir.

[8] Keine „Tomahawk”-Stationierung – was das bedeuten würde. [Pas de déploiement de « Tomahawk » – ce que cela signifierait.] tagesschau.de 02.05.2026. Laurent Lagneau: Les États-Unis annulent le déploiement de missiles à longue portée et d’armes hypersoniques en Allemagne. opex360.com 02.05.2026.

[9] „Die Amerikaner reduzieren damit ihre eigene Sicherheit“. [« Les Américains réduisent ainsi leur propre sécurité ».] zdfheute.de 02.05.2026.

[10] Voir à ce sujet Moscou à portée de tir.

[11] Martin Chomsky: Six European nations sign letter of intent to advance long-range strike and defence capabilities under ELSA programme. defence-industry.eu 13.02.202 6.

[12] Laurent Lagneau: Les États-Unis annulent le déploiement de missiles à longue portée et d’armes hypersoniques en Allemagne. opex360.com 02.05.2026.

 

 

De : 'Roland Marounek' via Alerte Otan [mailto:alert...@googlegroups.com]
Envoyé : lundi 4 mai 2026 12:06
À : alert...@googlegroups.com
Objet : RE: [alerte-otan] Trump retire 5000 soldats US d'Allemagne! L'Amérique nous abandonne à Poutine?

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