Les États-Unis soutraitent à l'Allemagne la direction européenne de l'OTAN

7 views
Skip to first unread message

Roland Marounek

unread,
Sep 21, 2026, 4:55:35 AM (10 days ago) Sep 21
to alert...@googlegroups.com

Image

L’homme qu’il fallait :
« L'Allemagne doit, en tant que société, se préparer à la guerre »

Comme le prédisait Pierre Rimbert  dans le dossier du Monde Diplomatique de septembre, le général allemand Carsten Breuer a été nommé à la  présidence du comité militaire de l’OTAN, dans la perspective de la guerre contre la Russie sous-traitée aux « Européens », menée par l’Allemagne.

[...]« L’intérêt des États-Unis consiste à exploiter la position dominante de l’Allemagne dans l’Europe atlantiste », relève alors Brzeziński. Ce projet, qui s’oppose frontalement à celui de Paris d’une plus grande autonomie européenne vis-à-vis des États-Unis, triomphe trente ans plus tard.

Sitôt la Bundeswehr reconstruite, l’Allemagne, qui héberge déjà le commandement des forces américaines en Europe, sera prête à prendre le relais de son tuteur pour endiguer la Russie, voire la combattre. Cette guerre qui vient forme la colonne vertébrale de la stratégie de sécurité nationale publiée en juin 2023. Le général Carsten Breuer, chef d’état-major de l’armée allemande (son prédécesseur a été limogé en 2023 pour avoir douté de la victoire de l’Ukraine), estime qu’il incombe à l’Allemagne de fournir le « liant stratégique » entre les États baltes, ceux d’Europe centrale et orientale, ainsi que ceux de l’Ouest et du Sud : rien de moins que le rôle de pivot militaire du Vieux Continent. Depuis l’année dernière, la Bundeswehr stationne sa Panzerbrigade 45 en Lituanie ; en juin, Berlin et Varsovie ont signé un nouvel accord bilatéral de défense.

Mais la charnière allemande sera solidement enchâssée à un cadre transatlantique : candidat à la présidence du Comité militaire de l’OTAN, le général Breuer pourrait prendre en septembre prochain la tête de la plus haute instance militaire de l’Alliance atlantique. Il y a soixante-douze ans, la France rejetait la Communauté européenne de défense, un projet d’armée continentale sous tutelle américaine destiné à camoufler un modeste réarmement allemand moins de dix ans après la chute du IIIe Reich. Le cauchemar du général de Gaulle est à nouveau sur les rails, piloté cette fois par Berlin.

P. Rimbert, Le retour du refoulé, https://www.monde-diplomatique.fr/2026/09/RIMBERT/69890

A noter que l’AFP, repris par le Soir, abonde pratiquement dans le même sens :

Les Européens « devront s’investir encore davantage dans leur propre sécurité et dans la dissuasion conventionnelle, tandis que les États-Unis étendront aussi leur attention à d’autres régions », [dit le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius].

Sous la pression de Donald Trump, qui veut concentrer les ressources militaires américaines à d’autres régions que l’Europe, notamment en raison de la rivalité avec la Chine, plusieurs pays, dont l’Allemagne, ont accru leurs budgets de défense et approuvé en 2025 l’objectif de consacrer 5 % de leur PIB à la sécurité d’ici à 2035.

L’élection du général Breuer est « aussi un signe de confiance envers l’Allemagne et une reconnaissance des nombreuses mesures engagées par l’Allemagne pour renforcer l’Alliance », estime encore M. Pistorius.

« signe de confiance » du Parrain étatsunien envers le vassal allemand : le désir pour certains  de rejouer la 2de uerre mondiale avec une issue différente, est un puissant incitant.

A relire aussi La renaissance (atlantique) du militarisme allemand (Th Fazi, juillet 2025)
https://arretsurinfo.ch/la-renaissance-atlantique-du-militarisme-allemand/

[...] Le 19 mai [2025], le général Carsten Breuer, haut gradé allemand, a publié une directive présentant une vision globale pour la Bundeswehr, visant à atteindre la « pleine disponibilité opérationnelle » d’ici 2029. Les priorités sont nombreuses et ambitieuses : équiper et numériser toutes les unités, rétablir la conscription, développer des défenses anti-drones et anti-missiles, renforcer les capacités offensives en cyberguerre et en guerre électronique, et même développer des systèmes de défense spatiaux. Le plan prévoit également le renforcement de la participation de l’Allemagne au pool nucléaire de l’OTAN et l’extension de sa capacité de frappe à longue portée.[...]

++++++

Otan : un général allemand élu conseiller de Rutte face à la « menace » russe

AFP, 19 septembre

L’Allemand Carsten Breuer a été élu samedi président du comité militaire de l’Otan, pour succéder mi-2027 à l’Italien Giuseppe Cavo Dragone, annonce Berlin selon qui le général aura la « ligne claire » de faire face à la « menace » russe qui « s’accroît ». [les guillemets, pour une fois, sont d’origine]

« Les cheffes et chefs d’état-major des pays membres de l’Otan ont élu aujourd’hui l’inspecteur général de la Bundeswehr, le général Carsten Breuer, au poste de futur président du comité militaire de l’Otan », a annoncé le ministère allemand de la Défense dans un communiqué.

Elu pour trois ans, ce conseiller militaire du secrétaire général de l’organisation, aujourd’hui le Néerlandais Mark Rutte, est traditionnellement un Européen ou un Canadien, tandis que le commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur), nommé par le président des Etats-Unis, est jusqu’ici [sic] toujours un officier américain.

A la tête de la plus haute instance militaire de l’Otan, le général Breuer aura pour mandat « une ligne claire : la menace, principalement en provenance de la Russie, s’accroît », a commenté le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius dans le même communiqué.

Les Européens « devront s’investir encore davantage dans leur propre sécurité et dans la dissuasion conventionnelle, tandis que les États-Unis étendront aussi leur attention à d’autres régions », ajoute-t-il.

Sous la pression de Donald Trump, qui veut concentrer les ressources militaires américaines à d’autres régions que l’Europe, notamment en raison de la rivalité avec la Chine, plusieurs pays, dont l’Allemagne, ont accru leurs budgets de défense et approuvé en 2025 l’objectif de consacrer 5 % de leur PIB à la sécurité d’ici à 2035.

L’élection du général Breuer est « aussi un signe de confiance envers l’Allemagne et une reconnaissance des nombreuses mesures engagées par l’Allemagne pour renforcer l’Alliance », estime encore M. Pistorius.

Devenue le premier bailleur de l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, l’Allemagne s’estime en première ligne face à Moscou, qu’elle accuse de mener de nombreuses « attaques hybrides », dont des actes d’espionnage, de sabotage ou des cyberattaques.

++++++

Une tranche du bourrage de crâne belliciste auquel sont soumis actuellement les Allemands

« C’est l’ensemble de la société qui doit être impliqué dans la défense »

Le plus haut gradé de l'armée allemande met en garde : « Sans les Allemands, la Bundeswehr est perdue »

Jeanne Plaumann, Bildt, 17/09

Prague – Depuis quatre ans et demi, la Russie mène une guerre contre l’Ukraine. Drones survolant le territoire de l’OTAN, sabotages sur les voies ferrées, attaques contre les câbles de données : la guerre est depuis longtemps plus proche en Europe que beaucoup ne le souhaiteraient. Mercredi soir à Prague, lors de la plus grande conférence européenne sur la défense, le plus haut gradé de l’armée allemande, l’inspecteur général Carsten Breuer (61 ans), a clairement déclaré : La Bundeswehr a besoin non seulement de soldats, mais aussi de technologie – et surtout, c’est l’ensemble de la société qui doit être impliqué dans la défense.

Breuer a commencé par une phrase qu’il présente comme une maxime militaire allemande : « On ne gagne pas les guerres avec des spéculations, on les gagne avec des soldats. » Clausewitz ? Moltke ? Non – cette citation vient du personnage de bande dessinée Captain America. La plaisanterie fait mouche, la salle rit, mais ce que le général dit ensuite est d’une gravité absolue.

Le rythme des avancées technologiques dépasse tout ce qui a été vu jusqu’à présent

« Une stratégie commence déjà à devenir obsolète dès qu’elle est signée », a déclaré Breuer lors du Sommet de la défense de l’IISS. On aime bien appeler cela un « document vivant » – lui, il considère plutôt qu’il s’agit d’un « document en train de mourir en permanence ». La raison : aujourd’hui, la technologie évolue à un rythme qui dépasse tout ce qui a été connu jusqu’à présent. « Lorsque les choses se gâtent, nous ne pouvons plus appliquer nos réflexions actuelles, qui reposent sur la logique actuelle de la paix », explique Breuer. « Nous devons tirer les leçons de l’Ukraine. »

L’Ukraine est une loupe – mais pas seulement pour l’Occident. « La Russie apprend. Elle imite et s’adapte. Elle innove pour contrer nos points forts et les contourner. » La supériorité technologique n’est pas éternelle : « Celui qui mène aujourd’hui peut être l’outsider demain. » Le deuxième avertissement de Breuer visait la foi aveugle dans la technologie au sein du secteur de la défense : « La technologie ne doit pas déterminer ce que nous faisons. C’est à nous de déterminer ce que nous faisons avec la technologie. » La simple admiration pour les nouveaux systèmes ne fait que créer « l’illusion d’un progrès stratégique ».

À la fin, le général a pris un ton presque implorant. L’armée ne peut à elle seule mener à bien ces projets : les menaces hybrides ne peuvent être contrées que par l’ensemble de la société ; en cas de conflit, un renforcement de la défense ne peut fonctionner qu’en collaboration avec l’industrie. Il s’adresse directement à la population allemande : « Sans vous, nous sommes, en tant que soldats, condamnés à l'échec. Mais l'échec n'est pas une option. Car l'échec signifierait que nos sociétés, telles que nous les connaissons, seraient gravement menacées. Nous sommes tous dans le même bateau. »

Contexte : En avril 2026, Breuer avait rédigé la première stratégie militaire de l’histoire de la Bundeswehr – qui s’inscrit dans le cadre de la « conception globale de la défense militaire », destinée à faire de l’Allemagne l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe. Menace principale selon le document : la Russie. À partir de 2029, selon les hypothèses de la Bundeswehr, Moscou pourrait être capable de mener une attaque de grande envergure sur le territoire de l’OTAN.

 


Sans virus.www.avast.com
image003.jpg
Reply all
Reply to author
Forward
0 new messages