Jeffrey Sachs : « Créez le chaos. Poussez les gens dans la rue. Provoquez le bain de sang. Appelez cela "protéger la démocratie" ».
https://x.com/Partisan_12/status/2011105303442702639
« Il s'agit d'une stratégie bien connue. Nous assistons à une opération de changement de régime. L'objectif est d'évincer un autre gouvernement.
Il s'agit d'une guerre absolue d'un type particulier que la CIA et le Mossad ont utilisé à maintes reprises au cours de nombreuses décennies. Le scénario est donc bien connu. Il s'agit de créer le chaos, de faire descendre les gens dans la rue, de provoquer des pertes, puis d'utiliser cela soit pour provoquer un coup d'État en interne, soit, si cela ne fonctionne pas, de dire que vous protégez le peuple et que vous intervenez directement, ce que Trump menace de faire toutes les heures ou presque, ou déclare qu'il est sur le point de faire en ce moment même.
Il s'agit donc d'observer sous nos yeux le fonctionnement d'une opération de changement de régime. Je tiens à souligner qu'il s'agit d'opérations profondément illégales et immorales. Elles prétendent que les États-Unis doivent contrôler qui gouverne les autres pays.
Elles entraînent des pertes massives en vies humaines, des violences, la destruction des économies, une instabilité prolongée et, souvent, une guerre qui dure de très nombreuses années. Et cette guerre peut coûter aux États-Unis des centaines de milliards, voire des milliers de milliards de dollars, comme ce fut le cas en Irak et en Afghanistan. »
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Les médias occidentaux blanchissent les émeutes meurtrières en Iran en s'appuyant sur des ‘ONG’ de changement de régime financées par le gouvernement US
[Western media whitewashes deadly riots in Iran, relying on US govt-funded regime change NGOs]
Par Max Blumenthal et
Wyatt Reed, The Gray Zone, 13 janvier 2026
https://thegrayzone.substack.com/p/western-media-whitewashes-deadly
Alors que des émeutes meurtrières embrasent les villes iraniennes, les médias occidentaux ignorent cette vague de violence choquante et se tournent vers les ONG financées par le gouvernement US pour obtenir des informations. Ce portrait à sens unique a contribué à pousser Trump au bord de l'autorisation de nouvelles attaques US.
Les médias occidentaux ont ignoré un nombre croissant de vidéos montrant des tactiques terroristes déployées à travers l'Iran par des manifestants décrits par Amnesty International et Human Rights Watch comme « largement pacifiques ». Des vidéos récentes publiées à la fois par les médias d'État iraniens et les forces antigouvernementales révèlent des lynchages publics de gardes non armés, l'incendie de mosquées, des incendies criminels de bâtiments municipaux, de marchés et de casernes de pompiers, ainsi que des foules d'hommes armés qui ouvrent le feu au cœur des villes iraniennes.
Au lieu de cela, les médias occidentaux se sont concentrés presque exclusivement sur les violences attribuées au gouvernement iranien. Ce faisant, ils se sont principalement appuyés sur les décomptes de morts établis par des groupes de la diaspora iranienne financés par la National Endowment for Democracy (NED), l'organe du gouvernement étatsunien chargé du changement de régime, et dont les conseils d'administration sont remplis de néoconservateurs convaincus.
La NED s'est attribuée le mérite d'avoir encouragé les manifestations « Femme, vie, liberté » qui ont envahi les villes iraniennes tout au long de l'année 2023 - et qui ont également donné lieu à d'horribles actes de violence ignorés par les médias occidentaux et les ONG de défense des droits de l'homme. Aujourd'hui, la NED est loin d'être le seul acteur du renseignement à chercher à alimenter le chaos en Iran.
L'agence israélienne d'espionnage et d'assassinat connue sous le nom de Mossad a publié un message sur son compte officiel en langue farsi sur Twitter/X , exhortant les Iraniens à intensifier leurs activités de changement de régime, promettant qu'elle les soutiendrait sur le terrain.
"Sortez ensemble dans les rues. Le moment est venu", donne comme instruction le Mossad aux Iraniens. "Nous sommes avec vous. Pas seulement à distance et verbalement. Nous sommes avec vous sur le terrain."
Renverser Téhéran par la terreur
Les manifestations ont commencé en Iran au début du mois de janvier 2026, lorsque les commerçants sont descendus dans la rue pour protester contre la hausse des taux d'inflation provoquée par les sanctions occidentales. Le gouvernement iranien a réagi avec sympathie aux manifestations des bazars, en leur fournissant une protection policière. Cependant, ces manifestations se sont rapidement dissoutes, car une masse infoprme d'éléments antigouvernementaux a saisi l'occasion pour lancer une insurrection violente encouragée par des gouvernements allant d'Israël aux États-Unis - et par le « prince héritier » autoproclamé Reza Pahlavi, qui a qualifié de « cibles légitimes » les travailleurs du gouvernement et les médias d'État.
Le 9 janvier, la ville de Mashhad a été le théâtre de certaines des émeutes les plus intenses, les forces antigouvernementales ayant incendié des casernes de pompiers, brûlé vif des pompiers, incendié des bus, attaqué des employés municipaux, vandalisé des stations de métro et causé plus de 18 millions de dollars de dégâts, selon les autorités municipales locales.
À Kermanshah, où des émeutiers antigouvernementaux ont abattu la petite Melina Asadi, âgée de trois ans, des groupes de militants ont été filmés en train de tirer à l'arme automatique sur la police. Dans des villes allant de Hamedan à Lorestan, des émeutiers se sont filmés en train de frapper à mort des agents de sécurité non armés qui tentaient d’empêcher leurs carnages.
Dans cette ville du centre de l'Iran, des émeutiers ont attaqué un bus public et y ont mis le feu le 10 janvier.
À Téhéran, des émeutiers ont attaqué la mosquée historique d'Abazar et en ont brûlé l'intérieur, tandis que d'autres ont incendié et brûlé des exemplaires du Coran dans la grande mosquée de Sarableh et dans le sanctuaire de Muhammad ibn Musa al-Kadhim au Kuzestan.
Des émeutiers ont mis le feu à un grand bâtiment municipal au cœur de la ville de Karaj, tout en brûlant la place du marché dans le centre de Rasht. À Borujen, des hooligans antigouvernementaux ont incendié une bibliothèque historique remplie de textes anciens au cours d'une nuit de pillage et de destruction.
Aucun de ces incidents n'a suscité de réaction de la part des médias ou des gouvernements occidentaux, même après que le ministère iranien des affaires étrangères a obligé les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne et d'Italie à visionner directement les images des violences commises par les émeutiers.
Selon le gouvernement iranien, plus de 100 policiers et agents de sécurité ont été tués pendant les troubles. Cependant, deux ONG iraniennes basées à Washington et financées par le gouvernement US ont établi le bilan des morts du côté du gouvernement à un chiffre beaucoup plus bas. Ces groupes sont devenus la source privilégiée des médias occidentaux en ce qui concerne les manifestations.
Les lobbyistes du changement de régime fixent l'ordre du jour
Pour évaluer le nombre de morts en Iran, les médias étatsuniens et européens se sont appuyés sur deux ONG basées à Washington et financées par la National Endowment for Democracy (NED) du gouvernement US : le Abdorrahman Boroumand Center for Human Rights in Iran (Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits de l'homme en Iran) et Human Rights Activists in Iran (Activistes pour les droits de l'homme en Iran).
Un communiqué de presse de 2024 de la NED décrit explicitement le Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits de l'homme en Iran comme « un partenaire de la National Endowment for Democracy (NED) ».
Ailleurs, une déclaration de 2021 de Human Rights Activists in Iran indique que le groupe « a élargi son réseau et a décidé de commencer à recevoir une aide financière de la National Endowment for Democracy (NED), une organisation non gouvernementale et à but non lucratif basée aux États-Unis » après avoir été accusé par le gouvernement iranien d'avoir des liens avec la CIA en 2010.
La NED a été créée sous la surveillance du directeur de la CIA de l'administration Reagan, William Casey, pour permettre au gouvernement de continuer à intervenir à l'étranger malgré la méfiance généralisée à l'égard des services de renseignement étatsuniens. L'un de ses fondateurs, Allen Weinstein, a d'ailleurs reconnu que « beaucoup de ce que nous faisons aujourd'hui a été fait clandestinement il y a 25 ans par la CIA ».
Tout en omettant de signaler pas le financement de l'ONG par la NED, le Washington Post et ABC News ont cité le Centre Abdorrahman Boroumand en bonne place dans leur couverture des manifestations iraniennes. Francis Fukuyama, l'idéologue qui a signé la lettre fondatrice du Project for a New American Century - peut-être le manifeste le plus important du néoconservatisme moderne - siège au conseil d'administration du Centre.
Les chiffres de l'ONG « Human Rights Activists in Iran », au nom évocateur, ont circulé encore plus largement, le récent bilan de 544 morts étant cité par des dizaines de médias US et israéliens de tout l'échiquier politique, ainsi que par Dropsite. La société de renseignement Stratfor « ombre de la CIA » a également cité l'ONG dans un article intitulé « Les manifestations en Iran ouvrent la voie à une intervention étatsunienne et/ou israélienne ».

https://x.com/zei_squirrel/status/2011113540166299904
Le nombre exact de victimes des manifestations étant toujours difficile à déterminer, une équipe hétéroclite d'influenceurs en ligne a comblé le manque d'informations par des affirmations exagérées et d'origine douteuse. Parmi ces propagandistes, on peut citer Laura Loomer, la confidente de Trump, suprématiste juive notoire, qui a affirmé que « le nombre de manifestants iraniens tués par les forces du régime islamique s'élève désormais à plus de 6 000 », citant une prétendue « source au sein de la communauté des services de renseignements ».
Le casino numérique Polymarket a également gonflé le nombre de morts, affirmant sans source que « plus de 10 000 » personnes avaient été tuées par « les forces iraniennes [utilisant] des fusils automatiques sur les manifestants » et déclarant faussement que l'Iran avait « perdu presque tout contrôle » de trois de ses cinq plus grandes villes.
Ces derniers mois, Polymarket est devenu célèbre pour avoir permis à des initiés d'abuser de leur connaissance avancée des événements politiques - tels que le récent assaut militaire US sur Caracas et l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro - afin d'engranger des centaines de milliers de dollars. Le « plus grand marché prédictif du monde », comme il se décrit lui-même, a été créé grâce à un investissement majeur du seigneur de guerre de l'IA Peter Thiel, et compte désormais Donald Trump Jr. parmi ses conseillers.
En diffusant des bilans clairement gonflés, les militants du changement de régime et les amis de Trump incitent apparemment le président, notoirement crédule, à lancer un nouvel assaut militaire contre Téhéran.
Dans une évaluation des manifestations datée du 7 janvier, Stratfor a décrit le chaos qui règne dans les rues iraniennes comme une opportunité de guerre séduisante, écrivant : « Bien qu'il soit peu probable que le régime s'effondre, les troubles actuels pourraient ouvrir la porte à Israël ou aux États-Unis pour mener des activités secrètes ou manifestes visant à déstabiliser davantage le gouvernement iranien, soit indirectement en encourageant les manifestations, soit directement par une action militaire contre les dirigeants iraniens. »
Toutefois, le contractant de la CIA a reconnu que « de nouvelles frappes militaires sur l'Iran mettraient probablement fin au mouvement de protestation actuel en conduisant plutôt à une plus grande manifestation du nationalisme et de l'unité iraniens, un schéma observé après les frappes US et israéliennes en 2025 ».
« Prêts à intervenir »
La dernière série de manifestations antigouvernementales en Iran a, comme on pouvait s'y attendre, reçu l'approbation chaleureuse d'une foule de dirigeants occidentaux, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président US Donald Trump.
« Si l'Iran tire [sic] et tue violemment des manifestants pacifiques, comme ils en ont l'habitude, les États-Unis d'Amérique viendront à leur secours », a annoncé Trump. « Nous sommes prêts à intervenir ».
Quelques jours plus tard, Trump a de nouveau menacé l'Iran: « Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer [sur les manifestants] - parce que nous commencerons à tirer aussi ». Puis, le 12 janvier, Trump a décrété que tout pays surpris à commercer avec l'Iran se verrait imposer des droits de douane de 25 % sur les marchandises échangées avec les États-Unis.
Aujourd'hui, Trump réfléchirait à une attaque, envisageant des options allant de la cyberguerre aux frappes aériennes. Toutefois, le rythme des manifestations antigouvernementales semble s'être ralenti et un calme relatif est revenu dans les grandes villes.
Alors que la poussière se dissipe, des millions de citoyens iraniens se déversent dans les rues de Téhéran à Mashhad pour exprimer leur indignation face aux émeutes, dénoncer les éléments étrangers qui ont contribué à déclencher le changement de régime et proclamer leur soutien au gouvernement. Mais dans les salles de presse occidentales, il semble interdit de donner la parole à ces masses de manifestants iraniens.