TR: La “Conférence Pour la Paix” en l’ absence de la RUSSIE, écartée d’ office, est une vaste fumisterie ! (Roger Romain, 15.6.2024)

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Claudine Pôlet

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Jun 19, 2024, 2:05:05 PMJun 19
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Roger Romain de Courcelles

transmet un article de Christelle Néant, reporter de guerre dans le Donbass depuis début 2016. Après avoir travaillé pour l’agence DONi, elle fonde le site Donbass Insider en 2018, puis participe à la création de l’agence International Reporters en 2023.

 

Vladimir Poutine pose les conditions pour l’ouverture de négociations avec l’Ukraine et l’Occident

Le 14 juin 2024, lors d’une réunion du Président russe avec les cadres du ministère des Affaires étrangères, Vladimir Poutine a énoncé les conditions qui permettraient l’ouverture de négociations avec l’Ukraine et l’Occident afin de mettre fin au conflit en cours.

Depuis des mois, l’Ukraine et l’Occident essayent d’organiser un simulacre de conférence de paix en Suisse, qui malheureusement pour eux se délite de plus en plus chaque jour. Il faut dire que lorsqu’on refuse d’inviter la deuxième partie au conflit à la table des négociations, cela ne s’appelle pas des négociations mais un monologue (alias une tentative de négocier avec soi-même), pratique habituelle de Kiev dès qu’il faut faire de vrais compromis, à laquelle nous avions assistée il y a trois ans, lorsque l’Ukraine devait négocier le volet politique des accords de Minsk avec la RPD et la RPL (Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk).

Sauf qu’on ne peut pas résoudre un conflit en négociant avec soi-même. Pour réellement mettre fin à un conflit entre pays, il faut que les deux parties au conflit discutent, négocient ensemble et trouvent un compromis acceptable pour les deux parties.

Or la conférence prévue en Suisse ne remplit aucun de ces critères, raison pour laquelle la Chine et d’autres pays refusent d’y assister, comprenant qu’il ne s’agit que d’une tentative d’imposer à la Russie les volontés occidentales, en essayant de faire passer le document issu de ces discussions avec soi-même pour un compromis soutenu par la majorité des pays dans le monde. En clair, une vaste fumisterie, à laquelle de nombreux pays refusent de participer, pour ne pas légitimer ce grand n’importe quoi.

Un jeu occidental dans lequel le Président russe voit clair, comme il l’a déclaré devant les cadres du ministère russe des Affaires étrangères ce 14 juin 2024.

« L’idée est facile à comprendre : attirer par tous les moyens le plus grand nombre possible d’États et, à la fin, présenter l’affaire comme si les conditions et les règles occidentales étaient partagées par toute la communauté internationale, ce qui signifie que notre pays devrait les accepter sans condition. Nous n’avons pas été invités à la réunion en Suisse, comme vous le savez, naturellement. En effet, il ne s’agit pas, en fait, de négociations, mais de la volonté d’un groupe de pays de continuer à pousser sa politique, de résoudre les questions qui affectent directement nos intérêts et notre sécurité à sa discrétion », a déclaré Vladimir Poutine.

Sauf que comme l’a rappelé le Président russe, cela ne marche pas ainsi. Comme il l’a souligné, « sans la participation de la Russie, sans un dialogue honnête et responsable avec nous, il est impossible de parvenir à une solution pacifique en Ukraine et en général sur la sécurité européenne mondiale ».

Vladimir Poutine a aussi souligné les contradictions internes et incohérences du discours occidental.

« En attendant, l’Occident ignore nos intérêts, tout en interdisant à Kiev de négocier, et tout en nous appelant hypocritement à des négociations. Cela semble idiot: d’une part, on leur interdit de négocier avec nous, et on nous appelle à négocier et on laisse entendre que nous refusons de négocier. C’est du délire », a déclaré le Président russe.

Afin de remettre l’église au milieu du village et de replacer la situation actuelle dans son contexte, Vladimir Poutine a rappelé que la Russie a tenté depuis des années de régler les différents problèmes et conflits qui ont émergé par des négociations. Dès 2008, la Russie avait proposé un traité sur la sécurité européenne, qui a été purement et simplement ignoré par les Occidentaux. Lors du coup d’état du Maïdan en Ukraine, en 2014, la Russie a poussé pour des négociations entre Ianoukovitch et l’opposition, et a soutenu la signature d’un accord, sur lequel les garants occidentaux se sont assis alors que l’encre des signatures n’était même pas encore sèche !

Lorsque les nouvelles autorités ukrainiennes issues du coup d’état déclenchent un conflit dans le sud et l’est du pays en votant une loi retirant à la langue russe son statut de langue régionale officielle, la Russie essaye encore une fois d’appeler aux négociations, exhortant la RPD et la RPL à ne pas organiser leur référendum d’indépendance et de plutôt chercher à régler le problème pacifiquement avec les nouvelles autorités de Kiev. En vain.

En septembre 2014, puis février 2015, la Russie pousse pour des négociations entre l’Ukraine, la RPD et la RPL, et la signature des accords de Minsk I et II. Malgré tous les efforts de la Russie, l’Ukraine, avec le soutien des Occidentaux sabotera les négociations au sein de la plateforme de Minsk, jusque fin 2021 où Kiev déclare ouvertement qu’elle n’appliquera pas les accords signés. Quelques mois plus tard on apprendra de la bouche d’Angela Merkel, puis de François Hollande, que ces accords n’avaient pas vocation à être appliqués et n’étaient qu’une manière de gagner du temps pour réarmer l’Ukraine afin qu’elle puisse reconquérir le Donbass par la force.

Après que les accords de Minsk aient été jetés aux orties, et alors que l’Ukraine accumule troupes et pièces d’armement sur la ligne de front en préparation de sa future offensive contre le Donbass, Vladimir Poutine tente encore une fois de régler le problème avec l’Occident par des négociations, et fait envoyer à l’OTAN une proposition servant de base de discussion, qui devrait permettre de régler à la fois le conflit en Ukraine et le problème des garanties de sécurité en Europe en tenant compte des intérêts des différentes parties. Mais très sûr (trop sûr) de lui, l’Occident balaye d’un revers de main la proposition de négociations de Vladimir Poutine.

Début 2022, alors qu’il était clair que l’Ukraine se préparait à attaquer le Donbass, la Russie a continué à tenter de régler le conflit par la diplomatie jusqu’au dernier moment. Alors même qu’elle reconnaissait les deux républiques populaires du Donbass, la Russie a continué d’essayer de régler la situation de manière pacifique.

« Fin 2021 – début 2022, le processus de Minsk a finalement été enterré, et enterré par Kiev et ses patrons occidentaux, et une frappe massive était à nouveau prévue dans le Donbass. Un groupe important des forces armées ukrainiennes se préparait à lancer une nouvelle offensive sur Lougansk et Donetsk, bien sûr, avec un nettoyage ethnique et d’énormes pertes, des centaines de milliers de réfugiés. Nous étions obligés d’empêcher cette catastrophe, de protéger les gens – nous ne pouvions prendre aucune autre décision (que la reconnaissance de la RPD et la RPL). […] Dans le même temps, nous avons appelé les autorités de Kiev à retirer leurs troupes du Donbass. Je peux vous dire qu’il y avait des contacts, nous leur avons immédiatement dit: retirez les troupes de là, et tout cela se terminera. Cette proposition a été rejetée presque immédiatement, tout simplement ignorée, bien qu’elle ait donné une réelle occasion de clore la question de manière pacifique », a déclaré le Président russe.

Face à ce refus la Russie n’a alors pas d’autre choix et le 24 février 2022 au matin, Vladimir Poutine annonce le lancement de l’opération militaire spéciale, et les objectifs de cette dernière : protéger le Donbass, démilitariser et dénazifier l’Ukraine, et lui imposer un statut neutre. Mais là encore la Russie, et Vladimir Poutine en particulier, n’abandonne pas l’idée de réaliser les objectifs de l’opération militaire spéciale via des négociations.

« Je vous rappelle que dès la toute première étape de l’opération militaire spéciale, notre pays a entamé des négociations avec des représentants du régime de Kiev. Elles ont d’abord eu lieu en Biélorussie, puis en Turquie. Nous avons essayé de transmettre notre idée principale: respectez le choix du Donbass, la volonté des gens qui y vivent, retirez les troupes, arrêtez les bombardements de villes et de villages pacifiques. Rien d’autre n’est nécessaire, les autres questions seront résolues à l’avenir. La réponse a été: non, nous allons nous battre. Il est évident que c’était l’équipe des maîtres occidentaux », a rappelé le Président russe.

C’est d’ailleurs dans le but de pousser l’Ukraine à la table des négociation que les troupes russes se sont approchées de Kiev, comme le rappelle Vladimir Poutine.

« Nos forces se trouvaient effectivement près de Kiev, et les départements militaires et le bloc de sécurité avaient plusieurs propositions d’options pour nos actions ultérieures éventuelles, mais il n’y avait pas de décision politique de prendre d’assaut la ville de trois millions d’habitants, quoi qu’on en dise ou qu’on en spécule. En fait, il ne s’agissait que d’une opération visant à contraindre le régime ukrainien à la paix. Les troupes étaient là pour pousser la partie ukrainienne à négocier, essayer de trouver des solutions acceptables et ainsi mettre fin à la guerre déclenchée par Kiev contre le Donbass en 2014, résoudre les problèmes qui menacent la sécurité de notre pays, la sécurité de la Russie, » a-t-il déclaré.

Et cette méthode marche, puisqu’à Istanbul après de longues négociations, la Russie et l’Ukraine signent des accords réglant ainsi le conflit. Ce document incluait la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine, et son statut neutre (ainsi que l’interdiction d’accueillir des bases militaires et troupes étrangères), trois objectifs clés de l’opération militaire spéciale.

Pour que la fin des négociations se passe dans une ambiance moins tendue, la Russie retire ses troupes de la région de Kiev, convaincue que le plus gros est déjà fait. Une erreur qui mènera à la provocation de Boutcha.

« Le 29 mars 2022, nous avons retiré nos troupes de Kiev, car nous avions l’assurance qu’il fallait créer les conditions nécessaires à l’achèvement du processus de négociation politique. Et que l’une des parties ne peut pas signer de tels accords, comme l’ont dit nos collègues occidentaux, avec un pistolet sur la tempe. D’accord. Cependant, immédiatement, le lendemain du retrait des troupes russes de Kiev, les dirigeants ukrainiens ont suspendu leur participation au processus de négociation, organisant une provocation bien connue à Boutcha et abandonnant la version préparée des accords. Je pense qu’aujourd’hui, il est clair pourquoi cette provocation sale était nécessaire – pour expliquer en quelque sorte le refus des résultats obtenus au cours des négociations. Le chemin de la paix a de nouveau été rejeté », a rappelé le Président russe.

Encouragé par le Premier ministre britannique qui s’est rendu à Kiev à ce moment là, Volodymyr Zelensky pense qu’il est possible de vaincre la Russie sur le champ de bataille avec les armes occidentales, et publie un décret interdisant à quiconque, y compris lui-même de négocier avec la Russie. Une absurdité qui mènera l’Ukraine à la perte de nouveaux territoires et surtout de centaines de milliers de soldats tués ou gravement mutilés, comme de nombreux analystes (dont moi-même) l’avaient annoncé. Plus Kiev attend avant de négocier avec Moscou, plus les compromis à accepter seront difficiles. Un point qu’a souligné le Président russe dans son discours.

En effet, si lors des négociations initiales, l’Ukraine devait récupérer les régions de Kherson et Zaporojié en échange d’une « servitude » (c’est-à-dire laisser un passage terrestre pour la Russie vers la Crimée), maintenant la situation a totalement changé, comme l’a souligné Vladimir Poutine. En effet, depuis ces régions ont participé au référendum d’intégration à la fédération de Russie. Référendum lors duquel la majorité des habitants a voté pour cette intégration. Ces régions ayant intégré la fédération de Russie, il est désormais hors de question de les rendre à l’Ukraine, et comme je l’avais annoncé, chaque délai avant des négociations avec la Russie mènera Kiev à perdre de plus en plus de territoires.

Dès lors, il faut que Kiev et ses patrons occidentaux comprennent bien que les conditions actuelles de négociations proposées le 14 juin par Vladimir Poutine, ne seront plus valables dans un mois ou deux, car la situation aura encore changé, et les conditions seront encore pires pour l’Ukraine.

Voici donc les conditions posées par Vladimir Poutine pour l’ouverture de négociations avec l’Ukraine dans la situation actuelle :
– Retrait total des troupes ukrainiennes des régions de Kherson et Zaporojié, et des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk dans leurs frontières administratives quand elles faisaient partie de l’Ukraine.
– Dès que Kiev se déclarera prête à retirer ses troupes, commencera effectivement à le faire, et qu’elle notifiera officiellement qu’elle renonce à ses projets d’adhésion à l’OTAN, la Russie ordonnera un cessez-le-feu, garantira le retrait sans entrave des troupes ukrainiennes et entamera des négociations immédiatement avec l’Ukraine.
– Ces négociations incluront le statut neutre et non nucléaire de l’Ukraine, sa démilitarisation et sa dénazification, la garantie des droits, des libertés et des intérêts des citoyens russophones en Ukraine, l’acceptation des nouvelles réalités territoriales concernant la Crimée, Sébastopol, la RPD et la RPL, et les régions de Kherson et de Zaporojié en tant que sujets de la fédération de Russie, et la levée de toutes les sanctions occidentales contre la Russie.

Vladimir Poutine a aussi déclaré espérer que cette décision « sera prise à Kiev de manière indépendante, sur la base des réalités actuelles et guidée par les véritables intérêts nationaux du peuple ukrainien, et non sur ordre de l’Occident, bien qu’il y ait, bien sûr, de grands doutes à ce sujet ».

Comme l’a souligné le Président russe, si Kiev et l’Occident refusent c’est eux qui porteront la responsabilité des conséquences de ce choix.

« Aujourd’hui, nous faisons une nouvelle proposition de paix concrète et réelle. Si Kiev et les capitales occidentales la refusent également, comme par le passé, c’est en fin de compte leur affaire et leur responsabilité politique et morale de poursuivre l’effusion de sang. De toute évidence, les réalités sur le terrain et sur la ligne de contact continueront d’évoluer en défaveur du régime de Kiev. Et les conditions d’ouverture des négociations seront différentes », a-t-il mis en garde.

Le Vice-président de la Douma Piotr Tolstoï a par la suite donné son interprétation des propos du Président russe.

«C’est la dernière proposition de paix de notre part. La prochaine proposition sera la capitulation», a déclaré Piotr Tolstoï.

Enfin, si certains analystes pensent que proposer de négocier est une faiblesse, je rappellerai trois choses :
1. La Russie sait ce qu’il en coûte de mener une guerre, une vraie, et ce n’est jamais une preuve de faiblesse que d’essayer d’éviter de perdre plusieurs millions de ses concitoyens pour régler un conflit qui peut se régler autrement. Parce qu’une guerre c’est un aveu d’échec des autres méthodes (politiques et diplomatiques).
2. Cette déclaration de Vladimir Poutine vise à rappeler que contrairement à ce que dit la propagande occidentale, la Russie n’a jamais été fermée aux négociations avec l’Ukraine, comme avec le bloc occidental d’ailleurs. Ce message permet de montrer aux autres pays, qui dit la vérité et qui ment dans cette affaire. Car croire que Vladimir Poutine ignore que l’Occident ne veut de toute façon pas négocier ou respecter les accords signés, c’est être ultra-naïf.
3. Enfin, cet appel à des négociations est surtout pour Vladimir Poutine l’occasion si ce n’est d’essayer de ramener les dirigeants occidentaux sur terre, du moins de faire comprendre aux populations occidentales que leurs autorités, avec leur jusqu’au boutisme, les mènent à la catastrophe.

« En fin de compte, l’égoïsme et l’arrogance des États occidentaux ont conduit à la situation extrêmement dangereuse que nous connaissons aujourd’hui. Nous nous sommes rapprochés de manière inacceptable du point de non-retour. Les appels à une défaite stratégique de la Russie, qui possède les plus grands arsenaux d’armes nucléaires, démontrent l’aventurisme extrême des politiciens occidentaux. Soit ils ne comprennent pas l’ampleur de la menace qu’ils représentent eux-mêmes, soit ils sont simplement obsédés par la croyance en leur propre impunité et en leur propre exceptionnalisme. Dans les deux cas, la situation peut s’avérer tragique, » a souligné le Président russe.

Quand on joue avec le feu nucléaire, les conséquences pour le monde entier peuvent être désastreuses, et il faut se féliciter que le Président russe ait assez de sagesse pour rappeler que dans une telle situation, il vaut mieux s’asseoir à la table de négociations plutôt que d’aller jusqu’au point de non retour à cause d’histoires d’égo mal placé.

Christelle Néant

 

 

 

 

 

 

 

 

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