La guerre mondiale en cours contre la Russie et la Chine

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Roland Marounek

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Apr 29, 2026, 4:43:16 AM (10 days ago) Apr 29
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La Russie semble encore espérer passer un accord avec Trump (Moon of Alabama)

La démolition contrôlée par les États-Unis des exportations énergétiques du Moyen-Orient (Brian Bertelic)

Pirates du XXI siècle : déclaration de Vassily Nebenzia, représentant permanent de la Fédération de Russie à l’ONU

Le front malien de la Troisième Guerre mondiale

 

Le titre de « Moon of Alabama » ci-dessous me semble inexact, et est contredit à l’intérieur de l’article lui-même : « la distinction de Lavrov entre les États-Unis et l’UE/OTAN-Europe en ce qui concerne l’Ukraine est purement tactique.... je suis sûr qu’elle est bien consciente que ce sont les États-Unis qui poussent à une nouvelle agression européenne contre la Russie. » . Le représentant russe aux Nations-Unies semble suivre la même tactique : mettre en accusation l’UE tout en essayant comme il peut d’ignorer leur maître, les États -Unis

Je ne pense pas que la Russie puisse encore se faire la moindre illusion. L’Europe (UE) ne peut rien sans les moyens étatsuniens, mais ses dirigeants sont prêts à endosser avec enthousiasme le rôle de proxy direct dans la guerre mondiale en cours entre les États-Unis et la Russie et la Chine.

 

La Russie semble encore espérer passer un accord avec Trump

Moon of Alabama – Le 27 avril 2026
https://lesakerfrancophone.fr/la-russie-semble-encore-esperer-passer-un-accord-avec-trump

Il est tout à fait évident que les États-Unis utilisent l’Europe et abusent d’elle pour augmenter la pression sur la superpuissance concurrente qu’est la Russie. Mais la Russie s’abstient de reprocher ces actes à Washington. Elle semble s’accrocher à l’illusion qu’un accord peut encore être conclu.

[R]emarques du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, 24 avril 2026

Lavrov décrit « l’Occident » comme étant une menace pour le reste du monde. Mais il fait la différence entre les États-Unis et l’UE pour leurs (prétendues) divergences de politique sur l’Ukraine. Ceci alors que la CIA dirige quotidiennement des drones ukrainiens vers le territoire Russe.

Extraits:

La politique collective de l’Occident constitue la principale menace pour la paix et la sécurité internationales. Nous continuons à l’appeler “collectif”, bien que la partie collective soit maintenant déchirée par des désaccords. Cependant, leur objectif stratégique, nous n’en doutons pas, reste le même et est de dominer par tous les moyens, de continuer à dominer et de préserver leur hégémonie le plus longtemps possible, tout en contenant la croissance de nouveaux centres mondiaux et concurrents dans les pays majoritaires mondiaux d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

Chaque jour, nous observons, en fait, on nous montre en temps réel que pour préserver leur hégémonie et atteindre ces objectifs inconvenants, des sanctions illégales, le pillage, le vol des avoirs souverains d’autres pays, le chantage, les menaces et, bien sûr, l’utilisation de la force militaire sont utilisés, comme nous l’avons vu au Venezuela et maintenant en Iran, tout cela en violation flagrante du droit international.

L’évaluation selon laquelle l’agression non provoquée des Américains et des Israéliens contre l’Iran a gravement déstabilisé la situation au Moyen-Orient n’est qu’une partie de l’histoire, car la situation est en train de se déstabiliser globalement et tous les pays réévaluent leurs perspectives de développement économique, sources d’approvisionnement en énergie, etc. La poursuite du conflit (qui, semble-t-il, est loin d’être terminé) aura les répercussions les plus négatives pour l’ensemble de la communauté internationale, pour la situation économique de la majeure partie de l’humanité et pour la sécurité mondiale.

Utilisation de l’Ukraine par l’UE contre la Russie :

Une guerre contre nous a été ouvertement déclarée. Le régime de Kiev est utilisé comme fer de lance. Cependant, tout le monde est conscient que cette guerre n’est pas soutenable sans les approvisionnements occidentaux en armes, données de renseignement, systèmes satellitaires, formation du personnel militaire, et bien plus encore. …

Afin de justifier sa politique, l’Occident – surtout la bureaucratie internationale de Bruxelles (à la fois l’UE et l’OTAN, qui ne font de plus en plus qu’un), ainsi que Berlin, Paris et, bien sûr, Londres – tentent de diaboliser tout ce qui est russe et parlent ouvertement de se préparer à une guerre contre nous dans un avenir proche.

Les États-Unis comme une bête différente :

La logique des Américains dans les relations avec la plupart des pays (je n’ai entendu personne dire cela dans le dialogue avec nous, et j’espère que je ne le ferai jamais) est que si vous ne faites pas ce que je dis, je vous punirai. En d’autres termes, je ne vous promets rien, mais vous devez me donner ce que je veux ; et si vous ne le faites pas, je vous punirai. Ce n’est pas un équilibre d’intérêts, et certainement pas une conversation honnête.

Le rôle que chacun joue sur l’Ukraine :

Zelensky s’est récemment rendu à Chypre et a rencontré des représentants de l’UE pour discuter des garanties pour son maintien au pouvoir et celui de sa clique, tout en maintenant en place tout ce qui est devenu une autre cause sous-jacente clé de la situation actuelle, à savoir la guerre déclenchée et l’éradication législative de tout ce qui est associé à la Russie : la langue russe dans l’éducation, les médias et la culture, et la destruction de l’orthodoxie canonique. Cela fait également partie de l’agression civilisationnelle de l’Occident contre la Fédération de Russie, car ils ont planifié et commencé à créer des menaces civilisationnelles aux frontières de notre État de l’époque, au centre même du monde russe.

Le même type d’agression civilisationnelle s’est manifesté en encourageant le régime de Zelensky à éliminer tout ce qui est russe et l’Église orthodoxe ukrainienne. Cela fait également partie de l’agression contre nous, contre la Russie en tant que civilisation. C’est ainsi que l’Occident exploite le régime nazi en Ukraine. Quand on nous dit que nous devrions d’une manière ou d’une autre résoudre le problème du Donbass et qu’ils inciteront peut-être Zelensky à faire des concessions ou, peut-être, que la Russie fera des concessions et que tout ira bien. Rien n’ira bien. L’Occident a ouvertement déclaré qu’il développait des garanties de sécurité pour un régime considéré comme une menace à long terme pour notre pays et qui sera utilisé, entre autres, pour d’autres aventures militaires. Ils ont déclaré que tout cela commencerait à l’horizon 2029-2030.

C’est pourquoi nous apprécions le fait que les États-Unis, malgré les spécificités de leurs actions, adoptent la position de décrire publiquement les causes sous-jacentes (avec l’approximation de leur réelle compréhension) et, plus important encore, prennent des mesures concrètes : pas d’expansion de l’OTAN et s’en tenir aux accords conclus lors du sommet de l’Alaska. Bientôt, nous marquerons le premier anniversaire de la réunion d’Anchorage. Au cours de cette période, les Européens – il faut rendre hommage à leur audace – et Zelensky ont beaucoup fait pour pousser les Américains à sortir du cap que nous avions adopté et à poursuivre leurs jeux visant à détruire un concurrent géopolitique.

Je crois que la distinction de Lavrov entre les États-Unis et l’UE/OTAN-Europe en ce qui concerne l’Ukraine est purement tactique.

La Russie espère toujours conclure un accord avec Trump. Mais je suis sûr qu’elle est bien consciente que ce sont les États-Unis qui poussent à une nouvelle agression européenne contre la Russie.

Sinon, pourquoi Elbridge Colby, le sous-secrétaire américain à la Défense pour la Politique, louerait-il les plans du gouvernement allemand pour étendre son armée sinon pour faire la guerre à la Russie:

Le président Trump a déclaré à juste titre que l’Europe devait intensifier ses efforts et que l’OTAN ne devait plus être un tigre de papier.

Grâce aux engagements historiques de La Haye, l’Europe a commencé à le faire.

Mais la clé est maintenant, selon les mots du secrétaire général Rutte, l’action après les mots. Comme l’a dit Rutte cette semaine, « Les systèmes de défense aérienne, les drones, les munitions, les radars, les capacités spatiales, c’est ce qui nous protégera ».

L’Allemagne joue désormais un rôle de premier plan à cet égard. Après des années de désarmement, Berlin se réarme. Le Department of war travaille déjà en étroite collaboration avec les alliés européens, en particulier l’Allemagne, pour accélérer cette transition vers l’OTAN 3.0.

La nouvelle stratégie militaire de Berlin montre clairement la voie à suivre et nous sommes impatients de collaborer étroitement avec l’armée allemande pour la mettre en œuvre. Voici quelques extraits clés:

La stratégie militaire de l’Allemagne représente une voie claire et crédible vers l’OTAN 3.0 : une OTAN dans laquelle l’Europe et le Canada s’engagent à assumer leurs responsabilités au sein de l’Alliance et à la transformer d’un tigre de papier en un puissant moyen de dissuasion et de défense.

Le président Trump a fourni le message clair et cohérent que l’Europe et le Canada doivent entendre. Au Department of war, nous sommes prêts à engager et à aider ceux qui tiennent compte de son message et à prendre des mesures concrètes à une vitesse pertinente.

Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Les Émirats arabes unis quittent l'OPEP : la démolition contrôlée par les États-Unis des exportations énergétiques du Moyen-Orient

Brian Bertelic, 29 avril, https://t.me/brianlovethailand/4801

Les médias occidentaux soulignent l'effet immédiat (temporaire) que cela a eu sur les prix du pétrole, qui ont baissé

Les analystes affirment qu'il s'agit d'une politique étatsunienne visant à limiter les dégâts causés par la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran

C'est vrai dans une certaine mesure : les États-Unis provoquent et gèrent ces dégâts délibérément

Les États-Unis sont désormais engagés dans le même processus progressif et contrôlé visant à dissocier l'Asie des exportations énergétiques du Moyen-Orient, celui-là même qu'ils avaient utilisé pour dissocier l'Europe de l'énergie russe, bon marché, abondante et fiable ;

Le processus visant à couper l'Europe de la Russie a pris des années (et se poursuit encore) et ce processus actuel de démantèlement contrôlé des exportations énergétiques du Moyen-Orient vers l'Asie prendra également du temps – d'autant plus que les États-Unis ont des projets d'exportation de GNL qui sont mis en service ou dont la construction commence aux États-Unis (Alaska, Texas, etc.) – des projets qui, jusqu'à présent, n'avaient AUCUN sens sur le plan économique

C'est pourquoi il pourrait y avoir des pauses temporaires dans la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran, mais jamais de fin, du moins tant que ce processus ne sera pas achevé – mais là encore, renverser la Russie et l'Iran sont également des objectifs américains en soi, qui ne sont pas susceptibles de changer, que cette démolition contrôlée soit menée à bien ou non :

Si l'on relit le rapport de 2019 de la RAND Corporation intitulé « Extending Russia », on constate qu'il explique clairement comment les États-Unis devaient accroître leurs exportations de GNL vers l'Europe, que les sanctions seules ne suffiraient pas à rendre cela viable en temps de paix, et qu'une autre option serait de provoquer une guerre avec la Russie en Ukraine – et nous y voilà...

Les États-Unis répètent aujourd'hui tout ce processus, en le ciblant désormais sur le Moyen-Orient et l'Asie.

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« Pirates du XXIe siècle » : la Russie, la Chine et l'Iran accusent l’Occident au Conseil de sécurité

https://lecridespeuples.substack.com/p/pirates-du-xxie-siecle-la-russie

extrait de la déclaration de Vassily Nebenzia, représentant permanent de la Fédération de Russie à l’ONU.

(...) ce qui se déroule actuellement sur les voies navigables du monde entier ne constitue pas seulement une menace sérieuse pour le commerce international, qui aggrave la crise économique mondiale, mais risque également de provoquer une escalade militaire.

Ce ne sont pas les pirates ni d’autres éléments criminels qui menacent aujourd’hui la sécurité maritime : il s’agit de nouveaux boucaniers du XXIe siècle, à savoir les pays de l’Union européenne qui n’hésitent pas à saisir et à arraisonner des navires marchands, en violation flagrante de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. Ces agissements sapent la sécurité énergétique et alimentaire et créent des problèmes humanitaires pour les pays en développement.

Contrairement aux pirates qui hissent le pavillon noir “Jolly Roger” orné d’un crâne et d’os croisés, les pays occidentaux tentent de masquer leurs actions illégales en invoquant des « mesures coercitives unilatérales » (UCM). Nous rappelons à ceux qui, dans d’autres contextes, se font les champions d’une approche légale que, selon la Charte des Nations unies, seules les sanctions décidées par le Conseil de sécurité sont légitimes. En droit international, la notion de « flotte fantôme » n’existe pas. Tout cela n’est qu’une « feuille de vigne » destinée à dissimuler le fait que l’Union européenne se livre à de purs actes de banditisme en mer. Et nous entendons une fois de plus parler de l’« ordre fondé sur des règles », que les Européens présentent inlassablement comme une pratique internationale.

Rappelons l’évidence : en vertu du droit de la mer, un État côtier ne peut, à sa seule discrétion, arraisonner un navire battant pavillon étranger pour l’inspecter. De telles actions, même dans les eaux territoriales, constituent une violation flagrante du droit de passage inoffensif ; en haute mer, elles portent clairement atteinte à la liberté de navigation. Ce sont là des normes fondamentales du droit international coutumier, consacrées par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. L’inviolabilité de ces normes, tout comme le principe de la compétence exclusive de l’État du pavillon sur ses navires, garantit le fonctionnement stable et prévisible du système du commerce maritime international. La Convention ne prévoit donc qu’une liste limitative de motifs autorisant un État à intercepter un navire à des fins d’inspection tout en exerçant ces droits et libertés.

Les actions des pays de l’UE qui foulent aux pieds les normes du droit maritime international risquent de déclencher un « effet domino » et de paralyser l’ensemble du système mondial du commerce maritime. De surcroît, l’intervention des forces navales de l’OTAN pour arraisonner des navires conduit directement à une escalade militaire.

Monsieur le Président,

Les attaques armées de l’Ukraine contre des navires civils battant pavillon russe ou transportant des ressources énergétiques russes sur diverses voies navigables à travers le monde méritent une attention particulière. Ces attaques constituent une menace directe pour la paix et la sécurité internationales et touchent des marins de nombreux pays, y compris européens.

Ces attaques se multiplient à proximité immédiate des côtes des pays qui soutiennent le régime de Zelensky, ce qui soulève des questions sur leur éventuelle complicité. Elles endommagent l’environnement, causent des pertes économiques aux États côtiers et perturbent les échanges commerciaux entre pays.

Entre novembre 2025 et avril 2026, les seules eaux de la mer Noire et de la mer Méditerranée ont été le théâtre de pas moins de 17 attaques visant des navires commerciaux battant pavillon de divers États, dont la Fédération de Russie, Malte, la Sierra Leone, le Liberia, la Gambie et les Comores. L’attaque terroriste du 3 mars en Méditerranée contre le méthanier Arctic Metagaz, battant pavillon russe, menée à l’aide de bateaux sans équipage et de drones du régime de Kiev, constitue une violation flagrante du droit international. L’explosion qui a suivi a embrasé le navire, qui transportait plus de 100 000 m³ de gaz liquéfié. Aujourd’hui, ce méthanier gravement endommagé dérive en Méditerranée. Compte tenu de sa cargaison et de la présence de fioul de soute, la situation menace de provoquer une catastrophe environnementale, de mettre en danger des vies humaines et d’endommager les infrastructures côtières des États voisins.

Les États riverains, pourtant impliqués malgré eux dans cet incident, se contentent d’exprimer leur profonde préoccupation face à la menace environnementale. Ils n’ont cependant pas eu le courage de qualifier comme il se doit cette attaque contre un navire civil perpétrée à proximité immédiate de leurs côtes.

Autre exemple récent : l’attaque par drone maritime contre le pétrolier Altura, le 26 mars 2026, à seulement 15 milles marins du détroit du Bosphore. Le navire a subi de graves avaries, entraînant une voie d’eau et la perte de propulsion. Au moment de l’attaque, il transportait environ 140 000 tonnes de pétrole brut. On imagine aisément les conséquences catastrophiques que pourrait entraîner une marée noire d’une telle ampleur au large des côtes turques.

Nous nous adressons à tous les États qui respectent la Convention de 1982 et souhaitent éviter une escalade : il est temps de prendre une position ferme, de condamner ces actes et de mobiliser tous les moyens disponibles pour prévenir de tels incidents.

Monsieur le Président,

Nous ne pouvons que constater que les pays occidentaux, qui arraisonnent des navires en violation du droit international et soutiennent tacitement les actes terroristes de Kiev, adoptent une tout autre attitude lorsqu’il s’agit de la navigation dans le détroit d’Ormuz : ils lancent alors des accusations virulentes et infondées contre l’Iran. Il est pour le moins amusant de voir comment les causes profondes de la situation dans le détroit d’Ormuz sont honteusement balayées sous le tapis par tous ces ministres des Affaires étrangères de l’UE assis devant nous aujourd’hui – et ceux qui parleront après eux feront assurément de même. Comment pourraient-ils froisser leur suzerain [américain], même si celui-ci se moque éperdument d’eux ?

Rappelons que la situation dans le détroit d’Ormuz résulte d’une agression non provoquée des États-Unis et d’Israël contre la République islamique d’Iran. Cette agression a non seulement infligé d’immenses souffrances aux populations civiles de toute la région et précipité l’effondrement rapide de la stabilité dans le golfe Persique, mais elle a aussi eu des répercussions majeures sur l’économie mondiale, la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire. Les États du Golfe fournissent au marché mondial un cinquième du pétrole, plus d’un tiers du gaz naturel liquéfié ainsi que des volumes importants d’ammoniac, de phosphates et de soufre.

Lorsque l’odieuse attaque de Jérusalem-Ouest et de Washington a mis le feu à toute la région, on a tenté de faire porter toute la responsabilité à l’Iran, comme si Téhéran avait attaqué ses voisins et bloquait délibérément la navigation dans le détroit d’Ormuz. Or, en temps de guerre, un État côtier attaqué est en droit de limiter la navigation dans ses eaux territoriales pour des raisons de sécurité. Rappelons qu’avant le 28 février – avant que les États-Unis et Israël ne décident d’attaquer l’Iran – il n’existait aucune perturbation sérieuse de la navigation marchande dans le golfe Persique. La question légitime se pose donc : pourquoi avoir déclenché tout cela ? Les réponses sont évidentes : il s’agit, entre autres, du désir de renverser un régime gênant et de pêcher en eaux troubles. Pourtant, nous n’entendons aujourd’hui que des discours sur des menaces imaginaires. Ce sont les peuples et les capitales des pays du golfe Persique, qui sont nos amis, qui paieront le prix de cette aventure.

La Russie plaide fermement pour un cessez-le-feu et un retour au processus politique et diplomatique afin de résoudre les différends existants tout en préservant les intérêts de sécurité de tous les États de la région, sans exception. Nous soutenons les initiatives de nos amis pakistanais. Nous attendons des parties qu’elles respectent strictement le cessez-le-feu en vigueur et qu’elles laissent la diplomatie ouvrir la voie à des accords définitifs. Nous appelons à abandonner la rhétorique belliqueuse et les projets bellicistes visant à rallumer une grande guerre régionale. Un tel scénario ne ferait qu’aggraver les souffrances et le nombre de victimes civiles, saper davantage la stabilité et la sécurité de tous les États de la région, y compris Israël, et ne contribuerait en rien à la réouverture du détroit d’Ormuz.

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Le front malien de la Troisième Guerre mondiale

Éditorial d’Artyom Kouréev, rédacteur en chef de l’African Initiative (agence de presse russe sur l'Afrique)
 https://afrinz.ru/fr/2026/04/le-front-malien-de-la-troisieme-guerre-mondiale-editorial-du-redacteur-en-chef-de-l-african

« Le scénario syrien ne s’est pas répété », « première épreuve sérieuse pour l’Africa Corps », « les Russes se sont retirés de Kidal », « le gouvernement malien a perdu le contrôle du nord du pays » : tels sont les titres contradictoires qui ont fait la une des médias internationaux tout au long du week-end.

Entouré de smartphones et d’ordinateurs portables, l’auteur de ces lignes, en tant que rédacteur en chef du seul média russe consacré à l’Afrique, a passé deux jours à analyser la situation. Une situation, pour le moins complexe, mais très révélatrice de la nature des guerres de l’information contemporaines.

Du côté des djihadistes du JNIM, des communiqués triomphants ont presque immédiatement annoncé la défaite de l’Africa Corps du ministère russe de la Défense et des forces gouvernementales maliennes. Les médias occidentaux ont publié, de manière coordonnée et à l’identique, des images du retrait (d’ailleurs organisé et serein) du contingent russe de Kidal. Pourtant, ces mêmes médias n’ont pas repris les images mises en ligne par l’Africa Corps, qui montrent des tas de cadavres de terroristes aux abords de Bamako, à Kati — une banlieue de la capitale —, ainsi que des djihadistes capturés. Le public interne des néocolonialistes est donc satisfait.

Les Européens se foutent bien des cadavres : l’essentiel est d’avoir réussi à montrer une belle image et à punir le gouvernement malien en place, qui a perdu son ministre de la Défense, le général Sadio Camara, pour avoir coopéré avec la Russie. En réalité, les Maliens ont rapidement maîtrisé la situation après les attaques dans la région de la capitale. Au bout de 24 heures, l’aéroport a repris ses activités, il n’y a pas eu de crise du carburant, et les banlieues de la capitale ont été débarrassées des djihadistes. Qui a gagné ? La réponse est sans équivoque : l’armée malienne et l’Africa Corps. Le scénario syrien ne s’est effectivement pas reproduit.

Mais quant à la suite, la question reste ouverte. Il n’y a que des prévisions :

        Les chefs terroristes et leurs commanditaires se fichent bien de la population. Dans les régions qu’ils ont eux-mêmes ravagées, devenir membre d’un groupe armé est le seul moyen de gagner un peu d’argent, de nourrir sa famille et d’assurer sa sécurité. Soit on est un prédateur, soit on est une proie ;

        Les séparatistes touaregs et le JNIM, selon certains médias, ont lancé le projet « Azawad 2.0 ». Les territoires sous leur contrôle sont extrêmement restreints, tandis que l’armée malienne et l’Africa Corps se regroupent pour lancer une riposte. L’expérience historique montre que les Touaregs et les djihadistes ne peuvent pas coopérer longtemps, quels que soient les efforts des « camarades majors » des services secrets français. Ils sont trop différents ;

        La France et les organisations islamistes radicales internationales continueront d’entraver la stabilisation du Sahel. Aide militaire et financière, instructeurs, soutien médiatique — tout cela, hélas, ne coûte pas cher à Paris. N’importe quel gouvernement français poursuivra cette politique : le modèle néocolonial est trop avantageux pour y renoncer, et ils se battront pour le défendre.

Certes, les pays du Sahel peuvent mener une guerre sans fin contre le terrorisme, mais l’heure est venue de prendre des mesures politiques. Il s’agit notamment d’une éventuelle autonomie supranationale des Touaregs, qu’il faut transformer en force soutenant l’Alliance des États du Sahel, malgré les divergences entre leurs dirigeants et les gouvernements officiels.

Il s’agit également d’une réintégration globale des régions séparatistes — celle-ci implique non seulement un contrôle militaire, mais aussi la création d’emplois et la reconstruction des infrastructures, pour lesquelles Bamako ne dispose pas encore des ressources nécessaires. Il s’agit enfin d’une lutte idéologique pour gagner les esprits de la jeune génération, visant à discréditer totalement les mouvements djihadistes.

Les djihadistes ne pourront pas prendre le pouvoir au Mali ni dans d’autres pays du Sahel. La population d’Afrique de l’Ouest ne souhaite pas vivre selon les lois de l’islam radical ; les terroristes ne bénéficient d’aucun soutien significatif dans les villes ni parmi la population instruite. Mais ils peuvent déstabiliser le pays pendant des années.

La question est de savoir si Bamako sera capable de résoudre de manière globale le problème de la lutte contre les radicaux, non seulement par des moyens militaires, mais aussi économiques et idéologiques, et dans quelle mesure, dans le contexte de la lutte pour un monde multipolaire, le président Goïta et ses collaborateurs pourront compter sur l’aide de la Russie et d’autres alliés.

 

 


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