Le cadeau de Starmer à son successeur

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Roland Marounek

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Jul 2, 2026, 5:40:46 AM (19 hours ago) Jul 2
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... pour bien s’assurer de le lier à la guerre programmée.

Le Premier ministre britannique sur le départ a présenté un plan massif de militarisation à outrance, avec la justification bateau usuelle : " la meilleure façon d'éviter la guerre est de s'y préparer" dit-il. Dans la vie réelle, et dans toute l’histoire, c’est plutôt la meilleure façon de préparer une guerre d’agression :  C’est plus réaliste. C’est exactement ce qu’a fait l’Allemagne dans les années 30, tout en clamant ne désirer que la paix. (Cf https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/03/15/26010-20150315ARTFIG00148-adolf-hitler-en-mars-1935-le-peuple-allemand-ne-veut-pas-la-guerre.php)

L’OTAN s’arme massivement tout en hurlant que la Russie veut l’attaquer : la Russie qui peine en Ukraine, qui est en train d’être méthodiquement affaiblie « par l’Ukraine » - avec les armes, les moyens, les renseignements fournis par l’OTAN-, la Russie veut donc attaquer l'alliance militaire « la plus puissante  de l’histoire de l’humanité » comme dit Mark Rutte, dont le budget est de l’ordre de dix fois celui de la Russie en  guerre... Un enfant devrait voir que le scénario ne tient pas la route, et que la menace réelle est inversée. La Russie est en train de voir se concrétiser sa hantise depuis 1945 (voire avant) d'être envahie et détruite par l'Occident, et l'OTAN voit cyniquement se concrétiser l'opportunité de la faire

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Royaume-Uni: sur le départ, Starmer muscle le budget militaire et veut une armée prête au combat en 2030

Drones, dissuasion nucléaire et Royal Navy « hybride » : le Royaume-Uni prévoit de porter son budget militaire à près de 300 milliards de livres (348 millions d'euros) durant les quatre prochaines années pour moderniser les forces britanniques dans un contexte de montée des menaces. Le plan vise à porter à terme les dépenses de défense du Royaume-Uni à 4,2 % du PIB, dépassant les engagements traditionnels de l'OTAN.

RFI avec AFP, 30 juin
https://www.rfi.fr/fr/europe/20260630-royaume-uni-sur-le-d%C3%A9part-starmer-muscle-le-budget-militaire-et-veut-une-arm%C3%A9e-pr%C3%AAte-au-combat-en-2030

Après plusieurs mois de retard en raison de contraintes budgétaires, le Premier ministre démissionnaire Keir Starmer a dévoilé, mardi 30 juin 2026, un plan d'investissement dans la défense depuis le site d'un fabricant de drones dans le Berkshire (sud de l'Angleterre). Malgré son départ prochain de Downing Street, le chef du gouvernement travailliste avait promis de présenter ce plan avant le sommet de l'Otan qui se déroule en Turquie les 7 et 8 juillet.

« Nous devons faire le nécessaire pour affronter résolument ce nouveau monde, assurer la sécurité de notre pays et saisir les opportunités découlant de l'investissement dans notre puissance souveraine », a ainsi déclaré Keir Starmer. « Nous allons transformer nos forces armées en offrant à l'industrie la certitude nécessaire pour investir et en apportant à nos alliés de la clarté sur nos intentions », a-t-il encore insisté. « Cela permettra de dissuader la Russie », assure aussi Keir Starmer, car les autorités estiment très probable une attaque de Moscou sur les pays de l’Otan d’ici 2030, écrit notre correspondante à Londres, Émeline Vin. L’Otan, justement, a salué par la voix de son dirigeant Mark Rutte, « un pas dans la bonne direction ». 

Tirer des leçons des conflits en cours

Tirant les leçons des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, le plan met l'accent sur le développement des drones et des systèmes autonomes grâce à un investissement de 5 milliards de livres (5,8 milliards d'euros) dans des drones de déminage ou encore des drones d'attaque explosifs au faible coût, a détaillé le ministère de la Défense dans un communiqué. Le gouvernement va également mobiliser 63 milliards de livres pour « renforcer la dissuasion nucléaire britannique » et 11 milliards pour reconstituer les stocks de munitions et d'armements. Par ailleurs, Londres s'engage à contribuer à hauteur de 8 milliards de livres au projet de futur avion de combat (Gcap) développé en partenariat avec le Japon et l'Italie.

L'objectif est également de transformer la Royal Navy, qui a récemment montré ses limites au Moyen-Orient, en une marine « hybride », combinant des navires dits autonomes fonctionnant grâce à l'intelligence artificielle avec une flotte plus traditionnelle. Au moins six nouveaux navires de guerre seront construits, assurant l'activité des chantiers navals britanniques pendant des décennies, selon le gouvernement.

Keir Starmer s'est dit « confiant » dans le fait que ce plan permette au Royaume-Uni de se défendre lui-même et d'assumer ses responsabilités envers l'Otan. Les tergiversations autour de ce plan ont aggravé la crise politique qui a mené à sa chute la semaine dernière. Elles avaient préalablement poussé celui qui était alors ministre de la Défense, John Healey, à claquer la porte du gouvernement, suivi par le secrétaire d'État aux Forces armées, Al Carns. M. Healey avait accusé le chef du gouvernement et la ministre des Finances Rachel Reeves de ne pas avoir débloqué les fonds nécessaires « pour défendre le pays en cette période de menaces croissantes ».

Afficher l'unité du gouvernement britannique

Dans une volonté d'afficher l'unité du gouvernement, la ministre était présente mardi avec le ministre de la Défense Dan Jarvis aux côtés de Keir Starmer. Plusieurs autres responsables militaires avaient aussi fait part de leur inquiétude face au risque d'un plan au rabais qui ne permette pas au Royaume-Uni de respecter ses engagements auprès de l'Otan, dans un contexte de fortes pressions américaines. Londres, comme les autres membres de l'Alliance atlantique, s'est engagé à porter son budget militaire à 3,5% du PIB d'ici 2035.

Démissionnaire, Keir Starmer se rendra au sommet de l'Otan mais ne sera plus en poste pour la mise en oeuvre du plan. Son probable successeur Andy Burnham devrait arriver à Downing Street mi-juillet. Le gouvernement a indiqué que le plan avait été retravaillé depuis le départ de John Healey pour donner plus de place aux nouvelles technologies, comme les drones, et moins aux programmes traditionnels et très chers visant à développer à horizon lointain de nouvelles capacités de pointe.

Au total, ce sont 15 milliards de livres (17,3 milliards d'euros) supplémentaires qui ont été débloqués sur quatre ans, environ 2 milliards de plus que le montant qui avait déclenché le départ de John Healey, mais loin des 28 milliards réclamés par l'état-major. Pour les financer, le gouvernement va geler des projets « pas immédiatement vitaux » dans l'énergie et les transports, a indiqué Keir Starmer. Il avait déjà annoncé qu'il rognerait sur le budget de l'aide internationale pour financer la hausse des dépenses militaires.

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Les pires « cadeaux de bienvenue » de Starmer à Burnham 

Politico, 1er juillet 2026
https://www.politico.eu/article/keir-starmer-worst-welcome-gifts-andy-burnham/

(...). Un trou noir dans le budget de la défense

L’une des casse-tête les plus épineux que Starmer alaisseà son successeur concerne le financement des forces armées.

Le Premier ministre sortant avait déjà pris des mesures pour renforcer le budget de la défense à deux reprises : d’abord en réduisant l’aide internationale afin d’atteindre un niveau de dépenses de 2,6 % du PIB, puis en effectuant des coupes dans d’autres ministères pour dégager 15 milliards de livres supplémentaires destinés au Plan d’investissement pour la défense (DIP).

Le DIP est le plan tant attendu de Starmer visant à investir dans les capacités nécessaires pour faire face aux principales menaces pesant sur le Royaume-Uni ; il a déclaré cette semaine que ce plan n’avait été rendu possible que grâce à des décisions « radicales », telles que la suppression des projets de modernisation des réseaux routiers et de transport.

Mais cette stratégie laisse encore plusieurs zones d’ombre auxquelles le prochain Premier ministre devra remédier, notamment en trouvant 4,7 milliards de livres sterling d’économies pour soutenir la défense dans le prochain budget et 10,7 milliards de livres sterling d’économies de gestion au sein du ministère de la Défense d’ici la fin de la législature.

Interrogé sur cette « bombe à retardement » lors de la séance des questions au Premier ministre, Starmer a laissé entendre que les fonds pourraient provenir d’une « marge de manœuvre » du prochain budget — mais son porte-parole n’a pas été en mesure de préciser si toutes les coupes à effectuer dans les différents ministères pour financer le DIP avaient été identifiées.

Burnham a évoqué la nécessité de réduire les dépenses sociales pour financer la défense, mais n’a pas encore donné plus de détails. [semble familier]

La question de savoir comment le Royaume-Uni parviendra à consacrer 3 % de son PIB à la défense — objectif qui, selon John Healey, l’ancien secrétaire d’État à la Défense, doit être atteint d’ici 2030 — et 3,5 % d’ici 2035 reste également en suspens. Le président étatsunien Donald Trump, qui passe depuis des années son temps à critiquer vertement les dirigeants mondiaux qu’il juge trop peu engagés en matière de dépenses de défense, planera comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête

Tout cela laisse M. Burnham et son ministre des Finances face à des calculs budgétaires particulièrement compliqués.

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Starmer à Burnham : « C’est à vous de financer la défense désormais »

L’héritage de Keir Starmer en matière de défense confie à Andy Burnham une tâche peu enviable : trouver des milliards de livres sterling ailleurs.

Politico, 1er juillet 2026
https://www.politico.eu/article/starmer-burnham-your-job-fund-defense-now/

LONDRES — Keir Starmer a publié un plan tant attendu visant à consacrer des milliards de livres à la défense, ce qui pourrait consolider son héritage en tant qu’homme d’État d’envergure mondiale. Ce faisant, il a de fait lié les mains de son successeur.

Le discours du Premier ministre britannique annonçant le lancement du Plan d’investissement dans la défense (DIP) sera probablement la dernière mesure politique majeure qu’il annoncera avant de quitter ses fonctions, Andy Burnham étant pratiquement assuré de prendre la relève à la tête du parti dans trois semaines.

Il a annoncé une enveloppe supplémentaire de 15 milliards de livres sterling pour les forces armées afin de faire face aux menaces les plus graves pesant sur le Royaume-Uni, dont 5 milliards destinés aux systèmes autonomes tels que les drones et les véhicules sans pilote. Le budget de la défense s’élève désormais à près de 300 milliards de livres sterling pour les quatre prochaines années.

Ce montant comprend 1,5 milliard de livres sterling supplémentaires obtenus par le nouveau ministre de la Défense, Dan Jarvis, en plus de la proposition initiale – ce qui a poussé le prédécesseur de Jarvis, John Healey, à démissionner.

Mais des problèmes importants subsistent. Le DIP ne prévoit aucun plan de financement permettant d’atteindre l’objectif fixé par l’OTAN pour le Royaume-Uni, à savoir 3,5 % du PIB d’ici 2035, et ne s’engage pas à en présenter un avant les prochaines élections législatives, prévues en 2029.

Le Royaume-Uni atteindra 2,7 % l’année prochaine, et ce chiffre n’augmentera pas avant 2030.

S’il devenait Premier ministre, Burnham devra utiliser son premier budget pour trouver près de 5 milliards de livres sterling afin de financer les projets de Starmer, et se servir de sa première révision des dépenses pour dégager des milliards supplémentaires afin de tenir la promesse faite par la Grande-Bretagne à ses alliés de l’OTAN.

Starmer a saisi l’occasion pour présenter ce qu’il considère comme ses principales réalisations internationales depuis son entrée en fonction, mettant en avant les coalitions qu’il a contribué à former pour soutenir l’Ukraine et ramener la stabilité au lendemain du conflit avec l’Iran. Il s’est également félicité d’avoir « réalisé la plus forte augmentation soutenue des dépenses de défense depuis les années 1980 ».

Ce faisant, le Premier ministre sortant a en effet mis en lumière ce qu’il estime devoir être les priorités de Burnham sur la scène internationale, allant même jusqu’à exposer sa propre recette pour y parvenir. Mais dans le même temps, il a attiré l’attention sur certaines des profondes frustrations qu’il a connues pendant son mandat au 10 Downing Street, au cours duquel il a réussi à faire remonter la sécurité nationale dans les priorités du Parti travailliste, tout en ne parvenant pas à suivre le rythme de ses alliés britanniques en matière de réarmement.

Andrew Kinniburgh, directeur général de Make UK Defence, a déclaré : « Alors que de nombreux autres alliés européens accélèrent rapidement pour atteindre notre nouvel objectif de l’OTAN avec plusieurs années d’avance, le Royaume-Uni fait traîner les choses. » (...)


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