USA : Le "Bureau de la remigration" conclut des "marchés" avec des pays tiers pour y déporter les victimes de sa politique d'expulsion massive.

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jacotdescombes

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Sep 23, 2026, 2:49:57 PMSep 23
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La RTBF publie, ce 22 septembre 2026, un article consacré à "The Deportation Project", une enquête menée par des journalistes sous l'égide de "Forbidden Studies" .

"Aux Etats-Unis, depuis des mois, l’administration Trump s’organise pour renvoyer les personnes d’origine étrangères arrêtées sur le territoire des USA, mais qui ne peuvent pas être renvoyées dans leur pays d’origine…" – que la plupart ont fui car leur existence y était menacée -    " …vers d’autres pays ailleurs dans le monde." Plus de 70 journalistes d’investigation, originaires d'Europe, d'Afrique, des USA, d'Amérique latine - viennent de publier des enquêtes approfondies afin d'illustrer ce qu'il en est de "cette très controversée politique d’expulsion massive voulue par le président des Etats-Unis. Ils décrivent également la mise en œuvre de cette "stratégie" par un "Office of Remigration" ("Bureau de la remigration"), à coups de millions de dollars."

"Le 17 avril 2026, un avion qui a décollé des Etats-Unis se pose en République démocratique du Congo. 15 personnes débarquent. Ces hommes et ces femmes viennent d’Equateur, de Colombie et du Pérou, trois pays d’Amérique latine. Tous ont plusieurs points communs : ils ont vécu aux Etats-Unis, ont été arrêtés là-bas par ICE, la police américaine en charge de l’immigration et ils ont tous été expulsés manu militari vers ce pays africain où ils n’ont jamais mis les pieds auparavant.. .

… Ce vol vers Kinshasa, c’est un des 105 vols de déportation de personnes arrêtées aux Etats-Unis et expulsées vers des pays tiers avec lesquels les USA ont trouvé un accord, selon la très large enquête menée par le collectif de journalistes d’investigation chapeauté par Forbidden Stories. Son nom : "The Deportation Project"...

"… 5 jours plus tard, le 22 avril, une équipe de télévision de l’agence AFP est autorisée à les rencontrer dans un hôtel proche de l’aéroport, aux portes de la capitale congolaise. Certains acceptent de témoigner, comme Hugo Palencia Roper, un Colombien de 25 ans. Il affirme alors à l’AFP avoir passé 5 mois en détention aux USA avant son expulsion vers la République démocratique du Congo, malgré un statut de protection que lui avait accordé un juge américain. "Lorsque je suis entré aux États-Unis en 2023, on m’avait accordé une protection et une convention contre la torture" assure-t-il.""

Quel prix payer pour mettre fin à cette déportation en RDC ?    

" Demander volontairement son retour vers la Colombie semblait pour cet homme la seule issue possible. A ses côtés, Gabriela, 30 ans, elle aussi originaire de Colombie, glissait alors au journaliste de l’AFP : "Ils nous acculent, parce qu’ils nous disent : Si vous n’acceptez pas le programme de retour dans vos pays vous resterez coincés dans le pétrin, ici au Congo", l’un des cinq pays les plus pauvres du monde, selon la Banque mondiale" .

Des accords de déportation qui ont pour but de "renvoyer les personnes qui ne peuvent pas être renvoyées dans leur pays d’origine pour des questions de risque, de persécution dans ces pays-là, vers d’autres pays, dans des pays dits tiers.""

Il s'agit de l'une des décisions phare de la politique d’expulsion massive menée par le président Trump ; l'enquête révèle les dessous des accords passés par son administration pour échapper aux règles prescrites par le droit international en matière d'expulsion des personnes.. .

Au total, l’enquête identifie au moins 25.400 personnes qui ont été expulsées vers ces pays tiers depuis janvier 2025, dont la grande majorité bénéficiait d’une protection accordée par un juge américain

"La grande majorité a été renvoyée vers le Mexique, mais selon France 24, qui a participé à l’enquête, "au moins 5447 personnes au 31 août 2026 ont été envoyées aux quatre coins du monde par le biais de vols d’expulsion …

"… Les premiers accords comprenaient des vols vers le Costa Rica transportant des migrants de Chine, de Russie, d’Iran et d’Afghanistan, ainsi qu’un vol vers le petit royaume africain d’Eswatini avec des migrants du Vietnam, du Laos, de Cuba et de Jamaïque" précise le Washington Post, ce qui permet de comprendre la mécanique et la logique de cette politique.

Cynisme ? Perversion ? 410 millions de dollars pour "faciliter les accords avec 35 pays"

"Au total, selon l’enquête du Washington Post, qui cite des documents internes encore jamais consultés, l’administration américaine "avait prévu au moins 410 millions de dollars pour faciliter les accords avec 35 pays. Sur cette enveloppe, 81 millions de dollars correspondaient à des paiements directs à 13 gouvernements étrangers".

En 1961, le Président Kennedy avait mis en place l'USAID, l'Agence des Etats-Unis pour le développement international, afin de financer des projets de santé globale, d'aide alimentaire, de prévention des conflits et de développement économique dans plus de 150 pays. L'USAID a été définitivement démantelée par l'administration Trump au début de 2025, ce qui a provoqué une crise humanitaire mondiale majeure – et causé une réduction drastique du budget de nombres d'ONG. Le Président Trump miserait-il sur cette crise pour proposer aux pays atteints par elle de participer à sa politique illégale d'expulsions, en échange de quelques millions ?  

https://www.rtbf.be/article/n-importe-ou-mais-pas-aux-usa-de-nouvelles-enquetes-devoilent-les-rouages-du-bureau-de-la-remigration-de-l-administration-trump-11788769?utm_campaign=RTBF_Info_%2023-09-2026&utm_medium=email&utm_source=newsletter


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