Le chef de l'OTAN veut que les Européens mènent les guerres des États-Unis

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Roland Marounek

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Sep 25, 2026, 8:48:03 AM (yesterday) Sep 25
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Propos édifiants du Secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte et du représentant permanent des États-Unis auprès de l'OTAN, Matthew Whitaker, au Chicago Council on Global Affairs : https://globalaffairs.org/chicago-council-global-affairs-invites-you-conversation-natos-future-secretary-general-mark.

Les propos prononcés ouvertement par les responsables de l’OTAN eux-mêmes devraient être davantage écoutés, ils balaient les fables propagés par les médias, du style La blague que les Etats-Unis « abandonnent l’Europe », « s’entendent avec Poutine », et tout ce genre de choses.

Ils le reconnaissent eux-mêmes sans détour: les Etats-Unis continue à alimenter la guerre en Ukraine, n’abandonnent nullement « l’Europe » à Poutine, ils préparent la guerre mondiale en assignant le front russe aux Européens.  L’OTAN est un instrument de domination globale sous direction des Etats-Unis. Et la menace russe représente une très bonne affaire pour l’industrie militaire principalement étatsunienne : « l y a également un "dividende de la défense" : plus d’emplois, plus d’innovation, plus d’opportunités dans l’ensemble de l’OTAN, notamment ici, aux États-Unis. »

A relever aussi, pour Mark Rutte, l’Iran, le Yémen c’est « l’arrière-cour de l’Europe », et l’Europe doit « s’en occuper » ! Rutte est nostalgique du bon vieux temps colonial semble-t-il.

Quelques extraits, mais l’ensemble peut aussi être écouté (en français éventuellement) sur https://www.youtube.com/watch?v=DSGJoOd4mEY&t=1s

Mark Rutte : « (..) Pour assurer la sécurité du territoire américain, il faut une Europe sûre, un Atlantique sûr et un Arctique sûr. Les États-Unis sont puissants, mais tout faire seuls n’est ni efficace, ni nécessaire. Vous comptez aujourd’hui 31 alliés au sein de l’OTAN, et ces 31 autres pays démocratiques ont rejoint l’OTAN afin de contribuer à notre sécurité collective.(...)

Les menaces auxquelles nous sommes confrontés sont réelles, et les États-Unis ont des engagements dans le monde entier. Pour que l’OTAN ait un sens, un sens durable pour l’Amérique, les choses devaient donc changer. Et elles ont changé : Lorsque les dirigeants de tous les pays de l’OTAN se sont réunis dans ma ville natale, La Haye, l’année dernière, à l’occasion du sommet de l’OTAN, ils se sont mis d’accord sur un nouvel objectif historique en matière de dépenses. Ils ont convenu que chacun d’entre eux investirait nettement davantage dans sa défense, à hauteur de 5 % du PIB par an. (...)

L’augmentation des investissements dans la défense présente un autre avantage. Il ne s’agit pas seulement de la sécurité qu’elle apporte, de la capacité à dissuader d’éventuels agresseurs et à nous défendre si quelqu’un venait à tester notre détermination. Il y a également un "dividende de la défense" : plus d’emplois, plus d’innovation, plus d’opportunités dans l’ensemble de l’OTAN, notamment ici, aux États-Unis. Rien que l’année dernière, près de 200 000 emplois américains ont été soutenus par les ventes des principales entreprises de défense américaines à l’Europe, ou par celles des entreprises de défense européennes produisant ici, aux États-Unis. Et la demande ne cesse de croître.(...)

Les amis et alliés des États-Unis au sein de l’OTAN jouent un rôle essentiel pour contribuer à la sécurité de l’Europe, de l’Atlantique et de l’Arctique. Cela contribue à assurer la sécurité du territoire américain. Vos alliés fournissent également des bases et une logistique cruciales, permettant aux États-Unis de projeter leur puissance loin de leurs frontières. (...)

Matthew Whitaker : « Je suis absolument convaincu que nous partageons une perception commune, une analyse commune. C’est ce que j’entends au Pentagone, au Département d’État, à la Maison Blanche, au Conseil national de sécurité, partout. Et voici en quoi cela consiste : oui, il pourrait y avoir un problème dans le Pacifique si la Chine venait à s’attaquer à la première chaîne d’îles. Mais il existe également une conviction absolue que, si cela devait se produire, les Chinois forceraient d’abord les Russes, Vladimir Poutine, à nous occuper en Europe. Et cela signifie que nous devons être prêts partout. Les États-Unis ne peuvent pas y parvenir seuls, car ils auront un rôle majeur à jouer dans le Pacifique ; il est donc tout à fait normal que les Européens s’impliquent davantage en matière de défense conventionnelle de l’Europe. Cela ne signifie pas que les États-Unis se désengagent de la défense conventionnelle de l'Europe, mais que les Européens assument une plus grande part de responsabilité, des rôles plus importants, etc. En ce qui concerne la menace pesant sur le territoire de l'OTAN, notre évaluation est que la menace russe est bien réelle et qu'elle s'inscrit dans la durée. (..)

Les Européens consacrent davantage de moyens à l’Ukraine et les États-Unis continuent de fournir à ce pays du matériel vital, financé par les Européens et le Canada, qu’il s’agisse d’intercepteurs pour les systèmes de défense aérienne ou d’autres aides militaires importantes.  (...)

Les États-Unis ont longtemps cru pouvoir mener une guerre sur deux fronts à l'échelle mondiale en s'en sortant tant bien que mal, mais nous nous faisions des illusions. À mesure qu'une vision plus réaliste de la politique étrangère et de la manière de projeter notre puissance s'est véritablement imposée au sein de cette administration, je pense que nous avons pris conscience d'un besoin fondamental de disposer d'alliés plus compétents. (...)Nous avons constaté qu’ils n’avaient pas la capacité de participer à ce que nous attendrions d’eux. Et c’est ce qui, selon moi, a permis au secrétaire général Rutte et à moi-même, ainsi qu’à la direction du président Trump bien sûr, de mettre clairement l’accent sur le renforcement des capacités en Europe, afin d’avoir des alliés plus performants, capables de se hisser au niveau des États-Unis, dotés de chars, de frégates, de soldats et de tout ce dont on a besoin : défense aérienne, F-35, tout ce qui est nécessaire dans le monde moderne pour dissuader et se défendre. [et pas pour attaquer bien sûr !] (...)

Nous n’abandonnons pas l’Europe. Nous demandons simplement aux Européens, qu’ils se mettent à notre niveau et qu’ils nous rejoignent là où nous devons tous être.

 

Mark Rutte : « Nous devons en effet nous assurer que nous pouvons gérer simultanément deux crises, l’une dans le Pacifique et l’autre dans la zone euro-atlantique  (...) les menaces viennent des Russes, des Chinois, de la Russie, de la Chine, de l’Iran, de la Corée du Nord, qui collaborent intensément, partagent leurs connaissances, leurs innovations, etc., non pas pour développer leurs économies, mais pour constituer, en fin de compte, une menace pour nous tous.

 

Matthew Whitaker : « (...)nous avons un processus très rigoureux qui démarre dès maintenant pour un nouveau cycle de quatre ans. Nous commençons par les orientations politiques n° 27, au cours desquelles nous discutons des ambitions de l’Alliance et de chaque membre de celle-ci ; puis ces orientations politiques n° 27  déboucheront sur les objectifs de capacités n° 29, c’est-à-dire ce que chacun doit apporter en cas de conflit, et il s’agit là de capacités matérielles, qu’il s’agisse, par exemple, des satellites, ou encore des moyens ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance), ou encore des F-35 ou des avions ravitailleurs.(...) nous n’allons pas envoyer tous nos porte-avions, par exemple, en Europe en cas de conflit, car nous en aurons besoin ailleurs. Nous avons besoin que nos alliés européens acquièrent davantage de capacités, ou qu’ils engagent davantage de moyens au sein de l’OTAN.(...) fondamentalement, nous avons simplement besoin d’alliés plus performants. Nous avons besoin d’alliés qui disposent de plus de moyens dans leur arsenal, et cela signifie également que ce sont les soldats européens qui constituent l’essentiel de toute force destinée à relever les défis, pour assurer la dissuasion qui, en fin de compte, empêchera le conflit. [sic] (...) C’est à cela que ressemble une OTAN plus européenne, ce qui permet ensuite, évidemment, aux États-Unis de projeter leur puissance partout où nous devons intervenir.(...)

Je pense que l’autre chose que tout le monde doit comprendre, c’est justement que l’une des discussions que nous menons actuellement porte sur la question de savoir ce que les États-Unis retirent de leurs bases en Europe. Et nous nous rendons compte, notamment dans le cadre des exercices « Midnight Hammer » et « Epic Fury », que ces bases nous apportent énormément et qu’elles permettent aux États-Unis de projeter leur puissance au Moyen-Orient, évidemment dans toute l’Europe, mais aussi dans le Pacifique, ainsi que dans ce qu’on appelait autrefois le Proche-Orient. (...)

Je pense que l’autre chose qui, après ça, vous savez, ce que j’appelle le « dividende de paix illusoire », c’est, en toute honnêteté, que le sous-investissement de nos alliés de l’OTAN dans la défense a contribué à affaiblir leurs économies, car ils n’ont pas bénéficié de l’innovation technologique à double usage dont les États-Unis ont tiré profit. Ils n’ont pas bénéficié de cette demande industrielle dont les États-Unis ont réellement profité !

 

Mark Rutte :  (...)l’OTAN, avec ses alliés, constitue une immense plateforme de projection de puissance. Matt l’a déjà mentionné. Cinq mille avions ont décollé de bases européennes pour soutenir l’opération « Epic Fury » depuis le 28 février de cette année. Cinq mille, et ce chiffre date de la mi-avril ; entre-temps, il a probablement beaucoup augmenté, mais ce sont les chiffres dont je dispose depuis le sommet d’Ankara : cinq mille sorties, ce qui est crucial. On pourrait affirmer qu’il aurait été impossible de mener l’opération « Epic Fury » sans l’Europe comme plateforme de projection de puissance pour les États-Unis.

Enfin, maintenant que les Européens dépensent davantage, c’est juste : je partageai l’irritation de Trump à l’égard des Européens qui, disons-le, consacrent leurs dépenses aux retraites et à la protection sociale, tandis que les États-Unis les consacrent à leur défense, et aimeraient bien dépenser davantage pour toutes ces autres causes nobles et louables, mais ne le peuvent pas parce qu’ils ont dû consacrer tant d’argent à la défense. La situation s’équilibre désormais, c’est là l’élément d’équité. !

(...) [L’Iran, la Mer Rouge] c’est l’arrière-cour de l’Europe. Ce n’est pas l’arrière-cour des États-Unis. Je félicite donc le président d’avoir agi ainsi. Il était nécessaire, je pense, d’affaiblir les capacités nucléaires de l’Iran, mais à l’avenir, ce qu’apportera une OTAN plus forte, c’est que les Européens pourront s’occuper de leur propre arrière-cour.

 

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Ce que la chaîne que nous ne pouvons pas écouter en a retenu :

Le chef de l’OTAN veut que les Européens mènent les guerres des États-Unis

Mark Rutte a justifié la guerre américano-israélienne contre l’Iran et a déclaré que les pays européens devraient « s’occuper » du Moyen-Orient à l’avenir

RT 23 septembre 2026

Les pays européens membres de l’OTAN devraient assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité au Moyen-Orient, a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Il a également défendu la guerre américano-israélienne contre l’Iran et a fait valoir que les pays membres européens devraient consacrer moins de moyens aux programmes sociaux et davantage à l’armée.

M. Rutte a tenu ces propos mardi lors d’un événement organisé par le Chicago Council on Global Affairs dans l’Iowa, après avoir été invité à « défendre la cause » de l’OTAN auprès des Américains en expliquant « ce qu’ils ont à y gagner ».

Il a décrit le Moyen-Orient comme « l’arrière-cour de l’Europe » et « pas celle des États-Unis », affirmant que la guerre menée par Washington contre Téhéran était « nécessaire », mais que les États-Unis avaient dû la lancer parce que « d’une manière ou d’une autre, les Européens n’avaient pas les capacités suffisantes pour le faire eux-mêmes ».

« À l’avenir, ce qu’une OTAN plus forte vous apportera, c’est que les Européens pourront s’occuper de leur propre arrière-cour », a déclaré M. Rutte.

La guerre américano-israélienne contre l’Iran, lancée fin février, a provoqué d’importantes frictions au sein de l’OTAN, plusieurs membres européens ayant [officiellement] refusé de soutenir l’agressivité de Washington. L’Espagne a refusé d’autoriser les avions de combat étatsuniens à utiliser ses bases pour cette campagne, s’attirant ainsi les foudres du président US Donald Trump. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont qualifié ce conflit de « ce n’est pas notre guerre », sans pour autant aller jusqu’à condamner les États-Unis et Israël. [et surtout : en permettant matériellement l’agression de produire]

Depuis, Trump n’a cessé d’accuser les alliés européens de ne pas respecter leurs engagements au sein de l’OTAN et a affirmé que l’organisation « n’était pas là quand nous avions besoin d’elle ». En avril, le ministre américain de la Guerre, Pete Hegseth, a déclaré que l’avenir de l’OTAN était incertain et que Washington ne pouvait actuellement pas réaffirmer son engagement en faveur de la défense collective.

M. Rutte a également fait valoir mardi que la répartition des charges au sein de l’OTAN était inéquitable, car les membres européens dépensent massivement « pour les retraites et la protection sociale », tandis que Washington doit consacrer davantage de ressources aux armements mais « aimerait également dépenser davantage pour tous ces autres domaines nobles et louables, mais ne le peut pas car il doit consacrer des sommes considérables à la défense ».

Il a décrit le relèvement de l'objectif de dépenses de défense de l'OTAN de 2 % à 5 % du PIB comme « l'élément d'équité » et comme faisant partie d'un processus d'« égalisation ». Ces remarques interviennent alors que Washington fait pression en faveur d'une réorganisation baptisée « OTAN 3.0 », dans le cadre de laquelle les membres européens augmenteraient fortement leurs dépenses et leur production militaires tout en assumant « la responsabilité principale de la défense conventionnelle de l'Europe ».

M. Rutte a également proposé d’aider à « protéger les États-Unis contre les menaces de la Russie » et de la Chine, et d’empêcher l’Arctique « d’être militarisé par les Russes et les Chinois ».

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré le mois dernier que Moscou souhaitait avant tout « préserver l’Arctique en tant que zone de paix et de coopération » et a accusé l’OTAN de « pousser la région vers la militarisation ». Ses commentaires faisaient suite à la proposition formulée plus tôt cette année par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, visant à consacrer une part accrue des dépenses militaires de l’UE à « des équipements adaptés à l’Arctique ».

 


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