La propagande pour la guerre avec la Russie s'intensifie

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Roland Marounek

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Sep 22, 2026, 5:28:39 AM (5 days ago) Sep 22
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https://www.youtube.com/watch?v=EvBfKv6AT4w

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L'OTAN diffuse cet hallucinant clip promotionnel - femmes en avant comme il se doit - où l'Ukraine est déjà membre de fait de l'OTAN. "Slava Ukraini ! Heroyem Slava!" !!!

La promotion de la guerre avec la Russie va s'accélérant follement

transcription:

« L'OTAN, c'est un avenir auquel je peux aspirer, en sachant que nous ne sommes pas seuls. L'OTAN, c'est soutenir nos amis ukrainiens lorsqu'ils en ont besoin.

Slava Ukraini ! Heroyem Slava! ["Gloire à l'Ukraine", la foule réponde "Gloire aux Héros!", soit le rituel fasciste des 1930-40. Dans un clip promotionnel de l'OTAN... ]

L'OTAN, c'est notre avenir : plus forts ensemble. L'OTAN, c'est se protéger mutuellement depuis 75 ans et pour les années à venir. L'OTAN, c'est travailler côte à côte, chaque jour, civils et militaires, pour renforcer notre sécurité. L'OTAN, c'est célébrer nos différences et surmonter ensemble les défis.

L'OTAN, c'est vivre dans une société libre et avoir la possibilité de façonner notre propre avenir. L'OTAN, c'est servir une cause plus grande pour protéger ceux que j'aime le plus. »

La chaîne britannique Sky  diffuse quant à elle une série ‘de simulation politique’ The Wargame, dont le pitch est ‘une attaque de la Russie contre le sol britannique’

https://news.sky.com/video/the-wargame-new-series-looks-at-what-would-happen-if-russia-attacked-the-uk-13589554

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L’OTAN veut de toute évidence cette guerre. Et s’inquiète que la population ne suit pas malgré la propagande panique : cf ci-dessous Ouest-France : l’afflux de cadavres désormais dans des scénarios d’exercices militaires

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War-mania : une « crise sécuritaire » annoncée par les euro-élites qui sèment la panique

Simplicius, 19 septembre 2026
https://simplicius76.substack.com/p/war-mania-security-crisis-announced

Un nouveau cycle d’alarmisme autour d’une guerre mondiale a commencé, alors que l’Europe est plongée dans une frénésie de panique. Les raisons sont multiples.

D’une part, l’Europe est entrée dans une crise politique et économique, et les diversions sont donc plus nécessaires que jamais. Pour que les citoyens puissent supporter les épreuves à venir, il faut leur faire croire que ces épreuves sont absolument nécessaires à leur survie. Pour cela, il n’y a pas de meilleur outil de propagande pour battre le tambour que la BBC orwellienne :

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https://www.bbc.com/news/articles/cmn0jke547r5o

ça commence comme ça :

Le gouvernement souhaite que nous commencions tous à nous préparer à de graves perturbations dans nos vies. Il veut que nous constituions des réserves de conserves et d’eau potable, que nous renforcions notre résilience civique et que nous nous préparions à l’éventualité d’une guerre.

Les travaux ont commencé sur le soi-disant « manuel de guerre » du gouvernement, qui n’a pas été mis à jour depuis des décennies.

Le plus haut gradé de l’armée britannique a tiré la sonnette d’alarme. Le chef d’état-major de la défense, Sir Richard Knighton, a déclaré cette semaine que la menace russe signifiait que la Grande-Bretagne traversait la période « la plus dangereuse » de ses 35 ans de carrière dans les forces armées.

La question tendancieuse est posée en prévision d’une réponse tout aussi tendancieuse, destinée à conditionner les esprits impressionnables et opprimés de la population britannique :

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Dans un acte de « menticide » d’une transparence incroyable, la BBC va même jusqu’à faire intervenir un psychologue pour élaborer le récit parfait destiné à conditionner la conscience collective :

La conviction que nous sommes menacés est essentielle, affirme le psychologue Jim Orford, professeur émérite de psychologie clinique et communautaire à l’université de Birmingham. « C’est ce que j’appelle une pensée simpliste. Pour envisager la possibilité d’entrer en guerre, nous devons penser en termes simplistes. En termes d’ennemis et de héros. Nous devons considérer la Russie comme un ennemi. Les récits sont tous simplifiés.

Il expose ouvertement le plan, une sorte de séance d’hypnose candide destinée à ceux dont l’esprit est facilement influençable ; une véritable leçon de manipulation, sans aucun doute.

Dans un déferlement coordonné de messages, les dirigeants et les institutions européens ont commencé à mettre en garde contre une « crise » majeure qui se profile de plus en plus près :

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La situation sécuritaire en Europe est désormais décrite comme «se détériorant», tandis que les sirènes de la guerre retentissent de plus en plus fort.

À l’unisson, les chaînes françaises commencent à évoquer les préparatifs d’une guerre mondiale (vidéo sur le site)

La plupart de ces agitations ont été provoquées par deux sommets européens qui se sont tenus la semaine dernière : la conférence du Comité militaire de l’OTAN et le nouveau sommet des «Huit des Carpates» organisé par Zelensky, auquel ont participé le Polonais Tusk et d’autres dirigeants.

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https://meduza.io/en/news/2026/09/18/poland-s-prime-minister-says-russia-is-preparing-accidental-drone-and-missile-strikes-on-nato-countries-that-support-ukraine

La nouvelle campagne de guerre psychologique coordonnée s’articule autour d’une opération sous faux bannière qui mettrait en scène des « attaques hybrides » russes contre le soi-disant « flanc oriental » de l’OTAN. Extrait de l’article de Meduza ci-dessus :

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré au Parlement que la Russie prévoyait des frappes « hybrides » à l’aide de missiles et de drones contre les pays qui soutiennent l’Ukraine.

Tusk s’est appuyé sur des évaluations des services de renseignement, rapporte l’agence de presse Reuters. « Il existe un risque réel que des drones ou d’autres types de missiles pénètrent sur le territoire d’un ou plusieurs pays de l’OTAN situés sur le flanc oriental, voire causent des destructions », a-t-il déclaré.

« Ces frappes potentielles seraient, entre guillemets, de nature “accidentelle”, destinées à paralyser ou au moins à affaiblir la détermination des États membres de l’OTAN à invoquer les dispositions pertinentes de l’OTAN en cas d’agression contre un pays membre », a déclaré M. Tusk.

C’est désormais la « peur du jour », alors que les dirigeants européens s’efforcent désespérément de sortir l’Ukraine du feu :

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https://www.politico.eu/article/russia-vladimir-putin-nato-drone-attacks-europe-leaders-warning/

Pendant ce temps, c’est l’OTAN elle-même qui, en réalité, intensifie ses provocations de jour en jour, tout en pointant du doigt la Russie :

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https://x.com/WarMonitor3/status/2101287859441348737

Au cours des quatre derniers jours, les vols de reconnaissance de l’OTAN à sa frontière orientale avec la Russie et Kaliningrad se sont considérablement intensifiés, avec une concentration particulière dans la région de la Pologne et de la Lituanie F24 : - Il semble désormais que les vols de l’OTAN et des avions AWACS E-3A Century allemands soient devenus courants…

La France serait déjà en train de mener des « ripostes » militaires secrètes contre la Russie :

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https://x.com/FaytuksNetwork/status/2101357961540985337

Une source militaire française a déclaré au Monde que la France menait déjà des ripostes militaires conventionnelles non divulguées face aux attaques hybrides russes. À la question de savoir si Paris pouvait riposter militairement sans le rendre public, la source a répondu : « C’est déjà le cas. »

Pratiquement tous les grands médias occidentaux se sont joints au chœur infernal de la propagande belliciste à sensation, bien que la plupart de ces « attaques » soient faussement attribuées à la Russie alors que ce sont à chaque fois des drones ou des saboteurs ukrainiens qui en sont à l’origine — un fait naturellement passé sous silence :

https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!8GM0!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F4943ce13-ea40-46f8-a032-3d618a21daa3_609x670.jpeg

https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-09-17/russia-s-attacks-on-europe-are-getting-more-brazen-and-more-dangerous

C’est la marque classique du génie militaire : lorsque votre pays s’effondre et perd un conflit majeur, comme on prétend que la Russie le fait face à l’Ukraine, la meilleure chose à faire est d’envahir sans tarder la plus grande alliance militaire du monde pour arracher la victoire des griffes de la défaite. C’est ce que les dirigeants européens, de simples marionnettes, vendent au bon peuple crédule ; mais celui-ci achète-t-il?

Poutine affirme que l’Europe se prépare sans cesse à la guerre contre la Russie, et en explique correctement les raisons : détourner l’attention de ses propres crises multiples, comme nous l’avons indiqué précédemment : (vidéo sur le site)

Par une grotesque torsion d’ironie, l’Europe prétend que c’est la Russie qui planifie ces « opérations sous fausse bannière » :

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https://x.com/POLITICOEurope/status/2101317863621480480

L’OTAN est prête à répondre à une éventuelle escalade russe sur le flanc est de l’Europe, a déclaré aujourd’hui le général en chef de l’alliance, l’amiral Giuseppe Cavo Dragone, alors que les avertissements concernant une possible attaque mise en scène par Moscou se multiplient.

Il y a quelques jours, le ministre polonais des Affaires étrangères, le bouffon Sikorski a déclaré que l’Europe vaincrait la Russie « assez rapidement » et facilement si celle-ci tentait quoi que ce soit. Dans ces conditions, on peut se demander pourquoi les Européens se montrent si inquiets.

En réalité, l’Europe est enlisée dans une crise grandissante et a besoin d’un exutoire majeur pour les frustrations et le mécontentement de la population.

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Il faut également prendre en compte le fait que Trump envisage désormais de retirer potentiellement un grand nombre de troupes américaines de ce continent en proie à des conflits et aigris, ce qui a renforcé les théories selon lesquelles les États-Unis, comme toujours, montent sournoisement la Russie contre l’Europe afin de tirer profit de la destruction qui s’ensuivra chez ses rivaux économiques et géopolitiques : https://www.nbcnews.com/politics/national-security/pentagon-weighs-pulling-nearly-third-us-forces-europe-rcna597722

[....]

Suite, plus discutable, sur https://simplicius76.substack.com/p/war-mania-security-crisis-announced

 

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Combat de haute intensité: l’afflux de cadavres désormais dans des scénarios d’exercices militaires

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Des blessés suédois lors de l’exercice Aurora 26. Photo LCpl Brady Hathaway, U.S. Marin Corps Forces, Europe and Africa

Ouest-France, 16 septembre
https://lignesdedefense.ouest-france.fr/combat-de-haute-intensite-lafflux-de-cadavres-desormais-dans-les-scenarios-des-exercices-militaires/

La guerre de haute intensité (ou large-scale combat operations, LSCO) est synonyme de pertes humaines élevées, tant parmi les civils qu’au sein des forces armées. C’est ce que démontre chaque jour le conflit russo-ukrainien dont les bilans sont assurément effroyables, à défaut d’être précis.

Or de nombreuses forces armées ne se sont pas encore adaptées à la réalité chaotique et aux défis multiples des conflits de haute intensité où il faut gérer de lourdes pertes au combat ; ces armées évoluent encore dans le contexte de  guerres à petite échelle et à pertes réduites.

Certaines institutions militaires commencent toutefois à prendre la mesure de l’impact des pertes substantielles sur leur capacité à poursuivre le combat.

Selon le général de division Jean-Pierre Fagué qui s’exprimait dans le numéro 61 (novembre 2025) de la Revue militaire générale, dans un contexte de haute intensité, les pertes seraient massives : « Avec des pics au-delà de 1 500 morts par jour lors de l’exercice sur table WARFIGHTER 25-4, les divisions perdaient en moyenne chaque jour de l’ordre de 500 tués et 1 000 blessés. La  1re division française y a fait face en renforçant et en adaptant le soutien médical (déploiement de Prolonged Field Care aux Role 1, débordage de blessés aux Role 3, évacuations terrestres par bus, etc.) et sa chaîne affaires mortuaires (enfouissement d’urgence, etc.), mais aussi en conduisant une maintenance agressive sur les matériels réparables et l’injection de matériels complets (prépositionnés sur le théâtre) ainsi que des personnels de renfort pour reconstituer ses capacités perdues et poursuivre le combat dans un cadre espace-temps compatible de sa manœuvre (quelques jours à quelques semaines). »

Lors de WARFIGHTER 25-4, sur 9 jours, avec un tel niveau de pertes, la 1re division française qui compte 25000 hommes aurait perdu 4500 tués et 9000 blessés, soit 13500 soldats hors de combat! 54% de ses effectifs!

Le niveau élevé de pertes au combat, même mal quantifiable comme en Ukraine (on estime actuellement à 1200 le nombre de soldats ukrainiens tués ou blessés chaque jour), et les  projections alarmantes des états-majors ont donc poussé les responsables militaires à mieux préparer leurs services de santé et leurs logisticiens aux tâches exigeantes de la récupération des dépouilles et de leur évacuation rapide et digne vers l’arrière.

Des exercices alliant réalisme et véracité et testant la résilience des services de santé ont ainsi été récemment conduits. 

Manœuvres macabres
La Suède, par exemple, a élaboré des plans pour faire face à une surmortalité et à des inhumations de masses en temps de guerre. Sur l’île de Gotland, les autorités ecclésiastiques ont mis en place des procédures permettant d’inhumer jusqu’à 3 000 personnes en cas de conflit; elles prévoient notamment le recours à des sépultures provisoires avant un transfert ultérieur des corps vers leurs paroisses d’origine.

Dans le cadre de la nouvelle « défense totale », les militaires suédois se sont récemment préparés à être confrontés à un afflux massif de corps de soldats morts au combat. Pour la première fois depuis des décennies, l’armée a testé l’ensemble de la logistique funéraire lors du grand exercice militaire Aurora 26 qui a rassemblé 18 000 soldats de 13 pays, entre la fin avril et la mi-mai.

Environ 300 membres des forces armées ont mis en pratique des procédures mortuaires que la Suède n’avait plus testées à une telle échelle depuis 1952. L’Église de Suède (et ses 95 aumôniers militaires), l’administration fiscale, la police, les services de santé et la Direction des ressources humaines des Armées ont également pris part à cet épisode macabre de Aurora 26. Le scénario couvrait toute la chaîne, depuis la collecte des corps sur le champ de bataille jusqu’aux funérailles: récupération et identification des morts, réfrigération des corps, contacts avec les proches et les ambassades étrangères (pour les soldats de pays alliés), notifications au Comité international de la Croix-Rouge (pour les morts ennemis). L’exercice, supervisé par 15 observateurs, se terminait par des inhumations avec les honneurs militaires.

Le réalisme était poussé à l’extrême: de vrais sacs mortuaires ont été utilisés et ces sacs dégageaient une odeur de cadavre ! Et un prêtre a administré les derniers sacrements à des figurants.

Un rapport d’août 2026 publié dans la revue spécialisée « Frontiers in Psychiatry » dresse un bilan détaillé et tire des enseignements d’Aurora 26. Il décrit comment la gestion des morts a été simulée à l’aide de plus de 600 mannequins et sacs mortuaires et quel a été l’impact sur les personnels affectés à la chaîne de traitement des affaires mortuaires. Une affectation temporaire car l’armée suédoise ne dispose pas de structure permanente chargée de ce type de mission.

C’est d’ailleurs l’un des enseignements majeurs d’Aurora 26:  « Une unité spécifiquement formée et dotée de véhicules et d’équipements spécialisés sera en mesure de gérer les opérations mortuaires d’une manière professionnelle, cohérente et digne ». Mais, simultanément, « tous les personnels  militaires devraient être sensibilisés à une manipulation et une gestions des corps ».

C’est ce que préconisent aussi les services de santé de l’armée de Terre américaine: « L’approche en équipe doit inclure des intervenants non médicaux. Ces personnes, qui peuvent avoir une formation médicale limitée, sont souvent les premières à intervenir en cas d’urgence », rappelle une note détaillée du 1er mai 2026 publiée dans l’édition électronique de Pulse of Army Medicine.

Par ailleurs, sensibilisation et formation pourraient réduire le coût psychologique et émotionnel, mais aussi physique, payé par certains des acteurs de la chaîne de traitement des affaires mortuaires. Des symptômes de stress post-traumatique ont d’ailleurs été décelés chez certains des militaires suédois engagés dans Aurora 26, exercice d’un réalisme inédit.

Le bilan suédois met aussi en avant la difficulté fondamentale de respecter la dignité des corps, les procédures et les rites/traditions (des principes éthiques jugés fondamentaux) du fait des circonstances extraordinaires de la guerre et de la férocité des combats sur le front. De telles circonstances empêchent la manipulation respectueuse des restes humains, leur collecte et leur transfert rapide vers l’arrière, l’identification certaine des victimes pour respecter des délais légaux (de 24 heures en France), l’établissement des certificats, les contacts avec la famille du défunt… Autant de responsabilités à assumer pour une gestion efficace et harmonieuse des affaires mortuaires.

Côté français, micro-exercices pour méga-pertes

En France, les attentats de 2015 ont radicalement changé la donne en termes de « prise en charge de nombreuses victimes dans une situation sécuritaire instable pour les primo-intervenants ». Les services publics lancent régulièrement des exercices pour tester l’efficacité de la réponse médicale, policière, logistique… Un tel exercice, simulant un crash aérien, est ainsi annoncé sur la zone aéroportuaire de Rennes au cours de l’automne.

Les armées françaises ont également pris conscience du défi. Désormais, elles aussi effectuent des exercices de « Mass Casualties » (MASCAL). Mais le plus souvent à des échelles réduites, impliquant au maximum quelques dizaines de victimes. En juillet 2022, le personnel de santé déployé au Liban a ainsi pris part à un exercice MASCAL, mettant en scène une vingtaine de blessés.

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En Estonie, en 2023, lors d’un MASCAL des forces françaises. Photo EMA

Le 16 février 2023, à Tapa en Estonie, une équipe médicale et une section du sous-groupement tactique interarmes français ont conduit un exercice de gestion d’afflux massifs de blessés.  À la suite d’une frappe aérienne, des chasseurs alpins ont été mis hors d’état de combattre. Leurs camarades ont mis en oeuvre les mesures de prise en charge d’un nombre important de blessés en situation dégradée: extraction à l’abri, mise en sûreté, triage, prise en charge médicale, gestion des cas d’urgence vitale, avec mise en place des procédures d’évacuation sanitaire. Mais les victimes n’étaient qu’une quinzaine.

Un autre exercice multinational MASCAL a été conduit en mai-juin 2025 lors de l’exercice POLARIS 25 qui simulait des opérations de combat de haute intensité. Vingt-deux blessés au combat ont fait l’objet d’un suivi, dont dix lors d’une évacuation par hélicoptère depuis la frégate multi-missions (FREMM) Bretagne vers le porte-hélicoptères amphibie de la Marine nationale Dixmude. Une fois encore, le nombre de victimes était réduit.

Plus récemment toutefois, le Service de santé des Armées (le SSA) a conduit des exercices où le nombre de victimes était plus conséquent. Lors de l’exercice ORION 26, en avril,  pour tester les capacités de triage et de traçabilité des blessés, ainsi que la résilience globale du SSA, ont été joués des scénarios d’afflux massif, avec plus de 300 blessés sur une même phase de jeu. Lors d’EXOSAN 26, les soignants ont dû faire face à une arrivée de 500 blessés. D’où l’importance des moyens mobilisés en juin : « près de 193 stagiaires français et étrangers, 21 cadets de santé, 260 formateurs provenant de l’Académie de santé des armées , des hôpitaux des armées et des centres médicaux des armées, incluant une compagnie du régiment médical », selon le médecin général inspecteur (MGI) Guillaume Pelée de Saint-Maurice, directeur de l’exercice.

Un constante à énoncer: il n’est fait aucune mention, lors de tous ces exercices, des morts et de la gestion des dépouilles. Or le SSA est inclus dans la « chaîne des affaires mortuaires »; il en est même l’un des deux principaux acteurs. Cette chaîne s’articule autour de trois composantes, médicale pour l’une, administrative pour l’autre et enfin logistique. Une fois le corps sorti du champ de bataille, au SSA de fournir le certificat de décès. Puis, une fois l’identification formelle faite, à la prévôté (la gendarmerie) de rédiger l’acte officiel de décès avant la mise en bière et l’évacuation, phase qui revient au Service du Commissariat des Armées (le SCA) qui confirme la validité du dossier administratif puis assure la mise en oeuvre pratique de la chaîne mortuaire avec ses matériels spécifiques (conteneur frigorifique KC Morgues, conteneurs de transport post-mortem…). C’est le SSA aussi qui gère les commandes annuelles de matériels mortuaires…: soit 1 000 cercueils hermétiques complets, 1 200 sacs de transports de dépouille mortelle et 1 200 sacs de transport post-mortem SSA.

Certes, l’hypothèse d’avoir à faire face à un afflux massif de dépouilles est réduite. Et l’expérience française, fort heureusement, est basée sur des volumes réduits: 9 morts à Bouaké (Côte d’Ivoire) en 2004, 10 à Uzbin (Afghanistan) en 2008 et 13 en 2019, lors de la collision de deux hélicoptères au Mali… Toutefois, la haute intensité n’est pas un concept éthéré. Et il faut donc bien se préparer à des pertes massives et à une saturation des moyens de traitement des blessés et des morts. Et dimensionner les moyens de la chaîne mortuaire.

Or, le constat est sans appel. Tant la Cour des comptes en 2023 que des parlementaires en 2024 ont averti que le SSA était sous-dimensionné dans le cadre de possibles engagements majeurs avec un afflux de victimes et qu’il serait vite saturé si le nombre de patients/corps à traiter dépassait la centaine par jour.

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L’Académie de Santé des Armées a organisé en février 2025, un stage de Mise en Condition de Survie du Blessé de Guerre (MCSBG) .

Comment éviter la saturation annoncée? [en ne continuant pas cette folie, par exemple ??]

Au SSA, on se tourne vers l’IA pour aider au triage et au suivi des blessés (et des morts) en cas d’arrivée massive. L’IA permettra aussi d’assurer la traçabilité numérique des soins effectués et à effectuer entre les soignants du front et ceux de l’arrière.

Le recours au privé est prévu. Il l’est déjà lors du plan Hommage, une fois les dépouilles de retour en métropole, dans le cadre d’un contrat avec OGF. Pour soigner les blessés, les hôpitaux des armées s’avéreront insuffisants; il faudra donc recourir aux structures civiles et à des personnels soignants qui ne seront pas formés nécessairement à la médecine de guerre. D’où une « démilitarisation » préalable des blessures et l’envoi de blessés militaires dans des structures civiles en mesure de traiter leurs pathologies.

Enfin, il est clair que la priorité des acteurs médicaux déployés sur le front sera de privilégier le sauvetage au combat au détriment de la récupération  des dépouilles des soldats tombés au combat. D’où le risque de devoir abandonner des corps ou de les rassembler temporairement dans des fosses communes. Une certitude (au moins une volonté): l’armée française s’interdit toute inhumation permanente de ses soldats à l’étranger. A elle aussi de ne pas pudiquement négliger la chaîne mortuaire mais de préparer ses soldats, soignants ou non, à des rôles exigeants, comme certains d’entre eux l’ont vécu au Rwanda lors du génocide de 1994 et qui ont développé des syndromes de stress post-traumatique.

 

 


Sans virus.www.avast.com
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