Bonjour,
Je vous soumets cet article que j'ai trouvé, il y a déjà dix ans, sur
un site Internet dont le titre, pour le moins provocateur, est :
"Ethique et Toc : médecines douces, psychanalyse... Informations
scientifiques. Divan le terrible."
Il est rédigé par Jean Brissonnet, propriétaire du site
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=26, d'où l'article
est reproduit ci-dessous.
Il faut y lire une citation de Lacan en 1977, mise en exergue à la
tête de sa page d'accueil.
Je pense que nous devons prendre cela en considération, même si
l'argumentation peut nous paraître faible et qui convainc malgré tout
pas mal de gens..., dans notre tâche d'élaboration et d'une certaine
transmission. A propos de réponse à cet article, ce serait intéressant
de trouver l'article cité en annexe signé par J.Proust et P.Fédida.
ICI COMMENCE l'article:
- Le phénomène psychanalytique
- Le monde de la Psychanalyse.
- Les acteurs
- Les raisons d'un succès.
- La psychanalyse est-elle néfaste ?
- Les alternatives
- Faisons un rêve !
- Pour conclure
En annexe:
La psychanalyse a-t-elle fait son temps ?
Joëlle Proust, philosophe et Pierre Fédida, psychanalyste - Une
critique de ce dossier et la réponse
"L'opinion gagne du terrain, selon laquelle la doctrine
psychanalytique est la plus prodigieuse escroquerie intellectuelle du
vingtième siècle ; et un produit condamné avec ça, une voie sans
issue, quelque chose de l'ordre du dinosaure ou du zeppelin dans
l'histoire des idées, une vaste structure d'une conception
radicalement inadaptée et vouée à rester sans postérité."
( Peter Medawar
The limits of science, Oxford University Press, 1985.)
Soyons clairs !
Les psychanalystes pratiquent, ou laissent volontiers pratiquer, un
amalgame qui les arrange. Ils annexent allègrement tout ce qui porte
le préfixe "psy".
A la marche du siècle du 19 mars 1997, par exemple, on présentait un
psychologue écoutant et portant conseil à des RMIstes désorientés, et
une action de "guidance parentale " dans un service de prématurés,
pour louer les mérites de la psychanalyse.
Quelle tromperie !
La psychanalyse est centrée sur l'exploration de l'inconscient et la
résurgence des pulsions refoulées par les techniques de l'association
libre.
C'est cela et seulement cela qui est en cause !
Le phénomène psychanalytique
La psychanalyse est-elle une science ?
Les principales bases qui fondent la psychanalyse Freudienne sont
l'existence d'un inconscient pathogénique et le déterminisme psychique
de la sexualité enfantine. Sur ces bases, irréfutables par excellence,
a été bâti tout un système rationalisé : le ça, le moi, le surmoi, les
pulsions, les phases sexuelles de l'enfant (orale, anale, phallique),
le complexe d'Oedipe, etc.
Mais ce système, pour séduisant qu'il soit est sans intérêt si ses
bases même n'ont pas reçu le plus petit commencement de preuve.
Or, pour Freud, "la science n'est pas une illusion, et ce serait une
illusion de croire que nous puissions trouver ailleurs ce qu'elle ne
peut pas nous donner", et c'est pourquoi il a insisté sur l'aspect
scientifique de la psychanalyse.
Qu'en est-il vraiment ?
Pour être une science, la première condition est épistémologique :
il faut satisfaire au critère de réfutabilité. Celui-ci fut établi par
Karl Popper en étudiant, justement, la psychanalyse avec Adler,
lorsqu'il constata que celui-ci interprétait systématiquement les
rêves qui lui étaient soumis dans un sens qui confortait sa fameuse
théorie du "sentiment d'infériorité".
Exemple simple : si l'on dit "Dieu existe et il ne se montre pas aux
mortels ", c'est irréfutable. Par contre lorsqu'on dit " tous les
merles sont noirs ", la proposition est réfutable, puisqu'il suffit de
trouver le fameux merle blanc. Encore, faudra-t-il vérifier qu'il
s'agit bien d'un merle et que sa couleur est bien naturelle. " Tous
les merles sont noirs " est donc une proposition scientifique, " Dieu
existe " est une croyance.
La seconde condition est méthodologique. Toute science réalise un
retour à l'expérience, pour valider la théorie, l'infirmer ou
l'infléchir. Le principe de la mécanique classique, qui énonce la
relation de la force à l'accélération, n'a pas été démontré "a
priori", mais énoncé et considéré comme valide tant qu'il a permis de
calculer le mouvement des mobiles terrestres, c'est à dire qu'il a été
vérifié "par ses conséquences". La mécanique relativiste n'a pas
infirmé ce principe, mais a précisé son "domaine de validité", en
l'incluant dans un ensemble plus vaste. La mécanique quantique
s'adresse, elle, au microscopique et les physiciens rêvent d'une
"relativité quantique" qui unifierait ces deux domaines dans un
ensemble cohérent.
C'est ainsi qu'avance la science : constatation (ou réflexion),
déduction, expérimentation, à nouveau constatation et ainsi de suite.
C'est ce cycle, jamais achevé, qui seul est constitutif de vérité.
Rien de tel pour la psychanalyse qui procède par étude de cas,
refuse les statistiques, les études contrôlées, et procède
régulièrement à un "retour aux sources" freudien par relecture des
écritures sacrées.
D'ailleurs, Jacques Lacan lui-même disait : " la psychanalyse n’est
pas une science, c’est une pratique". Ce qui ne l'empêchait d'ailleurs
pas d'en rechercher la caution par l'emploi de concepts et de termes
scientifiques, employés généralement à contre sens, comme l'ont si
bien montré A.Sokal et J.Bricmont dans leur livre "Impostures
intellectuelles"(1).
La validité thérapeutique de la psychanalyse justifie-t-elle, au
moins, son principe !
La psychanalyse est-elle une thérapeutique ?
La psychanalyse n'est pas évaluée.
Pour savoir si la psychanalyse est efficace, encore faudrait-il
qu'elle se prête à l'évaluation. Or elle s'y est toujours refusée.
Voyons, à titre d'illustration, comment on étudie un même trouble en
psychanalyse et dans une psychothérapie cognitive. Sujet : le trouble
obsessionnel compulsif (TOC).
Premier tableau : (imaginaire, bien sûr, mais combien réaliste !) :
M. Levacher grand psychanalyste reconnu par ses pairs réunit ses
disciples en séminaire pour leur présenter deux cas de TOC traités par
ses soins. Il parle de M. D et de Mme R (apparemment) guéris après
verbalisation de leurs conflits infantiles (au hasard). L'assistance
écoute avec ferveur. Quelques questions polies seront posées, pour
bien marquer tout l'intérêt qu'on a prêté au sujet.
Puis, tout le monde se séparera sincèrement conforté dans la réalité
de ses croyances. Pas de contrôle a posteriori ! Qui sait si M. D n'a
pas recommencé depuis à se laver les mains six fois par heure ? Qui
sait si Mme R ne s'est pas prétendue guérie pour abréger une cure qui
la ruine ? Qui sait combien de traitements de ce type ont réellement
été menés avec succès ? Personne, et la machine continue de tourner.
Deuxième tableau : (parfaitement réel, celui-là !) :
Une équipe de l'université de Floride décide d'évaluer l'action de
psychothérapies cognitives apparemment actives sur le TOC. On
constate, en imagerie RMN que ce trouble est caractérisé par le fait
que diverses zones du cerveau qui normalement sont indépendantes,
fonctionnent conjointement chez ces malades. Un nombre suffisant de
patients (guéris, non guéris, non malades) seront envoyés à l'équipe
d'imagerie, qui ignore bien entendu à quel groupe ils appartiennent.
Le résultat sera positif, une majorité de patients guéris présentant
durablement une autonomie nouvelle de fonctionnement des zones
cervicales.
Il s'agit là d'un cas particulier, mais qui montre que contrairement
aux affirmations des psychanalystes, l'évaluation est souvent
possible... si on ne la redoute pas et si on a compétence pour la
faire.
Imagine-t-on chose pareille pour un médicament ? Pour obtenir son
autorisation de mise sur le marché (AMM), il doit franchir de
nombreuses épreuves, non pas tant parce qu'on a peur de sa nocivité,
mais surtout pour prouver son efficacité par un essai en double insu
contre placebo. Rien de tel pour la psychanalyse. Et pourtant elle est
aussi, souvent, remboursée par la Sécurité Sociale, quand elle se
déroule en milieu hospitalier, ou qu'elle prend la forme d'une
thérapie analytique pratiquée par un médecin. Les psychanalystes ne
font pas de statistiques. Dans leurs nombreuses grand-messes, ils
décrivent, dans le langage hermétique et alambiqué propre à toutes les
sociétés d'initiés, un ou deux cas significatifs, sans qu'aucun suivi
critique ne vienne vérifier la réalité de leurs dires (généralement
sincères d'ailleurs).
Il faut dire que l'exemple vient de loin !
Hier
La psychanalyse a été édifiée par Sigmund Freud à partir de "cas"
célèbres, le succès thérapeutique justifiant, à ses yeux, la mise en
place d'une théorie généralisante.
"Anna O" constitue le cas princeps qui a été à la base de
l'illumination freudienne. En fait, elle était soignée par le Dr
Joseph Breuer, lorsque Freud était encore étudiant. Il constate que la
guérison est venue lorsque la malade "se remémora, en extériorisant
les affects, à quelle occasion ses symptômes s'étaient d'abord produits
(2)". Le principe de la cure était trouvé ! Freud ajoute : "le
symptôme était balayé et ne reparaissait plus".
La réalité est toute autre ! De son vrai nom Bertha Pappenheim,
"Anna O" n'a jamais été guérie de ses manifestations "hystériques"(3).
Elle a fait plusieurs rechutes et a été soignée dans une maison de
santé, puis au sanatorium de Bellevue à Keuzlingen, où tous les
rapports médicaux, ensuite retrouvés, montrent que "le prototype de la
guérison cathartique(4) ne fut ni une guérison, ni une catharsis"(5).
Jacques Van Rillaer dans "Les illusions de la psychanalyse"(6),
étudie en détail les autres cas. Résumons.
"Emmy von M", femme d'un grand industriel viennois, tout comme
"Dora", l'un des "cinq cas", sont mortes "hystériques" comme elles
avaient vécu(7).
"L'homme aux loups" a fini sa vie dans un hospice, après 15 ans de
psychanalyse auprès de plusieurs praticiens, dans un état complet de
délabrement physique et mental.
"Le petit Hans" qui n'a rencontré Freud qu'une fois, a été
psychanalysé par père interposé. Visiblement, il ne manifestait qu'une
banale peur des chevaux, qui ne justifie nullement le qualificatif de
"névrosé" et disparaît spontanément avec l'âge.
Enfin "l'homme aux rats", obsessionnel et phobique, est mort après
son analyse pendant la première guerre mondiale. Contrôle impossible !
La conclusion s'impose ! Les cas mythiques de la psychanalyse, qui
servent encore parfois de base aux séminaires freudiens, sont de
cuisants échecs thérapeutiques.
D'ailleurs, Jung a écrit à Freud que, dans sa défense de la
psychanalyse, il évitait de mettre en avant les succès thérapeutiques
car "sinon on aura vite fait de rassembler un matériel apte à montrer
que le résultat thérapeutique est très mauvais, ce qui ferait du mal à
la théorie également"(8). Il avait au moins le mérite de la lucidité !
Jacques Lacan, à la fin de sa vie, prenait de plus en plus de
distance avec la clinique et indiquait que la guérison ne vient que
"de surcroît". En 1975 il déclare : "La chose terrible est que
l’analyse en elle-même est actuellement une plaie : je veux dire
qu’elle est elle-même un symptôme social, la dernière forme de démence
sociale qui ait été conçue". D'ailleurs, il dissoudra en 1980 "l'Ecole
freudienne de Paris" qu'il avait fondée en1964, en disant : "j'ai
échoué". Qu'on se rassure, ses disciples ont, malgré lui, entretenu la
flamme !
On ne peut quitter le domaine de la thérapeutique sans évoquer Bruno
Bettelheim qui fut le chantre de la psychogenèse de l'autisme, qu'il
prétendait guérir par la cure(9). On sait maintenant qu'il a menti
délibérément et que ces guérisons n'ont jamais eu lieu. Quant à
l'origine de la maladie, elle est certes multifactorielle, mais le
facteur génétique y est prépondérant. Pour s'en convaincre, il n'est
que de savoir que si un jumeau est autiste, le second l'est aussi dans
9% des cas si c'est un faux jumeau et dans 80% si c'est un vrai
jumeau. On constate, de plus, une association fréquente avec des
maladies génétiques, telles que la sclérose tubéreuse de Bourneville
ou la neurofibromatose. Enfin, on a trouvé chez les autistes une
anomalie du gène H-Ras (10) situé sur le chromosome 11. On est loin
des envolées lyriques de Bruno Bettelheim !
Bon ! Tout cela c'est le passé, où en est-on aujourd'hui ?
Aujourd'hui, La plupart des psychanalystes "raisonnables" admettent
qu'ils ne guérissent pas.
Dans "Le Journal des Psychologues" de novembre 1996, Roland Brunner,
un psychanalyste, écrit : "Il faut oser l'affirmer : ni Freud, ni
Lacan, ni aucun psychanalyste n'a réussi à guérir grand monde…".
Quant à Edouard Zarifian, qui a pourtant commencé sa carrière en
pratiquant la psychanalyse, il affirme : "Une autre revendication de
la psychanalyse est d'être un outil thérapeutique. C'est là que le bât
blesse le plus. Si c'était vrai, depuis près de cent ans, cela
finirait par se savoir... Objectivement, il vaut mieux ne pas être
malade pour entreprendre une analyse…"(11).
Le problème est que les psychanalystes ne font pas de statistiques,
que les études sérieuses sont rares et que l'on ne peut évidemment se
fier aux descriptions de cas merveilleux type Marie Cardinal, sauf à
croire aussi aux vertus de Natrum Murieticum 15 CH. (12)
Donc, faute de pouvoir étudier sérieusement des analysés, H. J.
Eysenck(13) a établi un bilan de patients atteints de névroses sévères
non traitées, et constaté que 64 % d'entre eux retrouvent spontanément
la santé, ou s'améliorent significativement, dans les deux ans qui
suivent le début de la maladie. S'ils avaient suivi une psychanalyse
on aurait donc attribué ce bon bilan à son crédit…
Storr, un analyste, indique de son côté, que "les preuves que la
psychanalyse guérit de quoi que ce soit sont quasiment inexistantes"
et rappelle que l'Association Américaine de Psychanalyse a réalisé une
évaluation de la psychanalyse et a renoncé à sa publication, tellement
les résultats étaient décevants(14).
Quant au psychiatre J.J. Aulas, relatant dans son ouvrage "Les
médecines douces(15)", l'une des rares études faites sur l'efficacité
comparative de diverses psychothérapies d'inspirations analytiques, il
conclut par cette phrase : "Faut-il alors parler de psychothérapies ou
de placebothérapies ?".
Avant d'abandonner le domaine de la thérapeutique il est peut-être
bon de se pencher sur la cure analytique et de s'interroger sur son
innocuité.
La cure
En gros, le principe de la cure consiste à faire resurgir le
"matériel" traumatique refoulé dans l'inconscient grâce à
l'interprétation des associations libres, des rêves etc. La résurgence
dans le conscient provoquerait la catharsis avec, comme conséquence,
la disparition du symptôme.
Bien entendu une telle méthode postule la psychogenèse des troubles
mentaux, sans laquelle elle serait dénuée de sens. Or, on a parlé plus
haut de l'autisme et l'on sait, par exemple, que la concordance de la
schizophrénie chez les jumeaux monozygotes est de 28%(16) et que
toutes les études montrent que les facteurs environnementaux qui
interviennent par ailleurs sont principalement de nature biologique
(problèmes à l'accouchement, carences nutritionnelles, infections,
etc.) et non socioculturelle(17). Ce qui rend caduc l'espoir de
guérison par la psychanalyse.
En un mot, on peut dire que la psychogenèse des maladies aliénantes
est une contre vérité.
Mais, objectera-t-on, il ne manque pas de cas où, un événement
affectif fait plonger un être dans la maladie mentale. Bien sûr !
L'enfant qui pose une main légère sur un rocher branlant dans un
chemin de montagne est-il responsable de sa chute ? Evidemment pas !
Celui-ci aurait dévalé la pente, demain ou dans trois mois, sous
l'action d'une pluie d'orage ou le poids d'un corbeau de passage.
Admettre une certaine influence du milieu est une chose, encore ne
faut-il pas en permanence confondre les effets et les causes ou les
origines avec les facteurs déclenchants.
Lors de la cure, le rêve est, d'après Freud, "la voie royale qui
mène à la connaissance de l'inconscient dans la vie psychique", et son
analyse est donc l'un des pôles de la thérapeutique.
Une étude a été réalisée, au centre du sommeil de Haïfa, sous la
direction de Peretz Lavie, sur des survivants de l'holocauste(18).
Trois groupes ont été constitués.
Dans le premier on a placé des rescapés ayant rencontré de gros
problèmes d'adaptation après la guerre, dans le second des survivants
qui se sont correctement réadaptés et dans le dernier ceux qui n'ont
manifesté aucun traumatisme. Pendant cinq nuits, ces volontaires ont
été réveillés, lors d'un rêve, au cours de la phase de sommeil
paradoxal. Le résultat a été surprenant : les rescapés non
traumatisés ne se rappelaient leur rêve que dans 33% des cas, chiffre
très inférieur à tout ce qui avait été enregistré jusque-là. De plus,
à la différence des autres participants, leurs rêves étaient dépourvus
de références à la Shoah et traitaient de sujets communs dépourvus
d'émotions.
Tout semble donc se passer comme si une espèce de mécanisme d'oubli
les avait protégés et comme si l'aptitude à l'enfouissement des
souvenirs traumatiques constituait un facteur d'équilibre.
Que penser alors de la cure, au cours de laquelle l'analysé, sachant
que son analyste lui demandera de raconter ses rêves, tente de faire
émerger, et conserve précieusement, le souvenir des problèmes passés ?
Cette expérience recoupe d'ailleurs une méthode de traitement de la
dépression qui consiste en une privation artificielle du sommeil
paradoxal.(19)
Le surgissement de la mémoire est-il, comme le prétend le dogme
psychanalytique, profitable au patient ? On est en droit d'en douter !
La psychanalyse est-elle un outil interprétatif ?
Une herméneutique.
En résumé, nous pouvons dire, sans grand risque d'être contesté, que
la psychanalyse n'est pas une science, et que rares sont les
praticiens lucides qui croient encore à ses vertus thérapeutiques.
Doit-elle donc être jetée aux orties ?
Non, répondent les fidèles de l'inconscient, qui ont toujours
réponse à tout, car elle constitue un outil interprétatif
irremplaçable, une nouvelle herméneutique et elle permet le
"développement personnel". Cette dernière expression est d'ailleurs
significative du terrain sur lequel on s'engage alors, car elle fait
partie du traditionnel vocabulaire des "sectes psychanalytiques"(20).
Quant au terme "herméneutique", il désigne le dévoilement du sens
caché, à travers les rêves, les lapsus, le vocabulaire, les actes
manqués etc.…
Aux scientifiques, qui s'étonnent qu'on puisse utiliser comme
modélisation de la vie psychique un échafaudage aux bases
infalsifiables et à l'efficacité nulle, les freudiens répondent que
leur dogme n'est pas accessible aux outils de la science et du
rationalisme. La psychanalyse se situe "ailleurs".
Qu'on nous permette cependant d'apporter quelques éléments de
jugements sur les principaux restes de prétentions du freudisme !
Les associations libres
Sur ce sujet laissons la parole à Michel Lobrot, professeur à
l'Université de Paris VIII :(21)
" On sait que Freud veut retrouver les motifs profonds et
inconscients qui animent le psychisme par la méthode des associations
libres. Or, cette méthode d'analyse est anti-scientifique. Tout
chercheur sait que la mise en évidence d'une corrélation entre deux
phénomènes (la ressemblance entre un couteau et un pénis par exemple)
ne peut tenir lieu de causalité.
La pratique freudienne de "l'herméneutique associative ", qui
consiste à traduire un contenu conscient des rêves ou des actes
manqués en un sens profond et caché, a conduit aux pires
extravagances. Elle introduit la subjectivité du psychanalyste dans
l'analyse."
Le complexe d'Œdipe
C'est l'une des bases fondamentales de la psychanalyse, puisque
Freud écrit : "je m'autorise à penser que si la psychanalyse n'avait à
son actif que la seule découverte du complexe d'Œdipe refoulé, cela
suffirait à la ranger parmi les précieuses acquisitions du genre
humain"(22).
D'après lui, ce complexe est universel et il le rattache à la notion
de "horde primitive".
Au tout début de l'humanité existaient des hordes composées d'un
mâle et de plusieurs femelles et les jeunes mâles étaient menacés de
castration, s'ils tentaient de s'accoupler avec une des femelles. Un
jour, les fils ont tué leur père et l'ont mangé, puis envahis par le
remords ils ont décidé de bannir à jamais le parricide et l'inceste.
Ce fut la fin de l'animalité et le début de l'humanité. De là découle
le désir d'inceste, la peur de la castration et la fameuse envie de
"tuer le père", qui serait, parait-il, en chacun de nous.
Quel beau roman ! Voyons comment il résiste à l'examen.
Dans les hordes de gorilles, qui donnent une assez bonne idée de ce
que devait être la horde primitive, les plus jeunes mâles ne sont
nullement agressés par leur père et ne tentent que très rarement de
s'accoupler avec leur mère(23).
Plus généralement, chez les animaux, l'inceste entre frère et sœur
est rare, du moins s'ils ont été élevés ensemble. Cette constatation
se confirme chez les humains et les enfants des kibboutz israéliens,
par exemple, élevés collectivement dans la plus franche mixité, ne se
sont que fort rarement mariés ensemble.
L'anthropologue Bronislaw Maliniwski a étudié les habitants des îles
Trobriand(24), chez qui le père est doux et affectueux avec ses
enfants, alors que c'est l'oncle qui détient l'autorité. Il observe
que les fils ne manifestent aucune hostilité envers leur père mais
qu'ils s'opposent fréquemment à leur oncle. Ce qui semble montrer que
ce comportement est une simple réaction à leur autorité normative et
non dû à une hypothétique rivalité sexuelle.
Pour en terminer avec l'Œdipe, il faut mentionner une étude réalisée
par deux psychologues allemands, Wilhelm Greve et Jeanette Roos(25).
Ce travail, réalisé avec grand soin dans de bonnes conditions
méthodologiques, montre que les enfants, au stade dit "phallique", ne
manifestent aucune hostilité à l'égard du parent de même sexe et
n'ont, à plus de 80%, jamais manifesté le fameux désir de se marier
"avec papa" ou "avec maman". Gageons que ceux qui restent n'ont fait
que répéter ce qu'ils avaient entendu !
Mais alors, si le complexe d'Œdipe n'est qu'un mythe, on peut
s'interroger sur l'importance du refoulement des pulsions sexuelles,
pivot du freudisme.
Le refoulement des pulsions sexuelles
Pour essayer de tester la validité de ce concept qui sert de socle à
la théorie freudienne, une équipe a mis au point une expérience(26)
qui consiste à présenter à des jeunes gens d'une vingtaine d'années
une liste de mots, qui défile à vitesse constante sur un ordinateur
dans un ordre aléatoire, et à leur demander de les mémoriser. Or, ces
mots peuvent se scinder en quatre groupes. Le premier est constitué de
mots crus, grossiers sexuels ou scatologiques.
Un second groupe comprend des mots neutres (objets…), les deux autres
regroupant les mots positifs (agréables…) et négatifs (violents…). Si
la théorie freudienne de la libido est valable, les mots grossiers à
connotation sexuelle doivent être refoulés dans l'inconscient. Or
c'est exactement le contraire qui se produit, puisqu'ils sont
mémorisés en moyenne à 50%, contre 30% pour les autres.
La théorie freudienne était peut-être vraie dans la société
viennoise du début du siècle, mais elle n'est sûrement pas
universelle !
Précision !
Bien entendu, les éléments fournis ci-dessus ne "prouvent" rien. On
ne saurait réfuter l'irréfutable. Et d'ailleurs, ce n'est pas aux
sceptiques qu'incombe la charge de la preuve.
Les inconditionnels de l'herméneutique affirmeront que tout cela n'a
rien à voir, que c'est beaucoup plus subtil et qu'en fait nous n'avons
rien compris.
Notre opposition, sans nuance, monolithique et péremptoire, est
d'ailleurs la preuve de notre incompétence, voire de nos "résistances"
et il convient d'être "plus nuancé". C'est l'argument habituel du
"relativisme cognitif", à savoir l'idée selon laquelle la science
n'est qu'une "narration" parmi d'autres. Si, par exemple, les
scientifiques affirment qu'au centre de la terre se trouve un noyau à
très haute température, et si un autre groupe, formé de gens
respectables, affirme que notre planète est en réalité creuse et que
son centre est peuplé de timides extraterrestres, les deux théories
sont également "valables".
Qu'on nous permette de ne pas partager cette forme, très
particulière, d'ouverture d'esprit, et de ne pas confondre "discours
obscur" avec "discours profond" !
Qu'on ne nous fasse pas dire pour autant que nous refusons tout
outil interprétatif du psychisme, mais la symbolique freudienne peut
avantageusement être remplacée. Les psychothérapies cognitives,
comportementales ou systémiques exploitent les notions
d'apprentissages, de conditionnement ou de suggestion. A la différence
de la psychanalyse, elles s'appuient sur des expériences
reproductibles ou des observations contrôlables, pratiquent
l'évaluation et un retour fécond à l'expérience. A ce titre, elles ont
leur place dans les sciences humaines. Ce n'est pas parce que la
psychanalyse a pénétré, à la frange, certaines d'entre elles qu'elle
peut en tirer argument pour se valider. La psychanalyse a aussi
infiltré l'astrologie (astrologie jungienne), cela ne justifie ni
l'une ni l'autre.
Le monde de la Psychanalyse
Une idéologie !
La psychanalyse fait recette chez les intellectuels. Il n'est pas un
film ou une pièce de théâtre dont la critique ne passe par la grille
d'analyse freudienne. Dans n'importe quel tableau, le soleil n'est
plus "l'astre du jour" mais "l'image du père" et tout arbre se voit
promu au rang de "symbole phallique". Un jeune homme qui avait
provoqué un débat sur la psychanalyse dans un café philosophique,
indiquait qu'il était excédé de se voir constamment opposer les lieux
communs d'une psychanalyse "réponse à tout".
Chacun a droit à sa part de rêve et de poésie. Tout homme peut
fonder son église et y prononcer les paroles liturgiques sans que la
raison ait à s'en offenser. Il est en chacun de nous une part (plus ou
moins importante) de mysticisme qui a droit au respect et à la liberté
d'expression. C'est pourquoi il n'est pas nécessaire d'épiloguer
longtemps sur cet aspect de la psychanalyse. Chacun y prend ce qu'il y
cherche. Ne résistons pas cependant, avant d'abandonner un domaine qui
a donné lieu à tous les excès, au plaisir de citer Melanie Klein(27) :
"Théâtres et concerts et, en fait, toute représentation où il y a
quelque chose à voir ou à entendre symbolisent toujours le coït des
parents : le fait d'écouter et de regarder symbolise l'observation
réelle ou imaginaire, tandis que le rideau qui tombe représente les
objets qui gênent l'observation, tels que les couvertures, le montant
du lit, etc."
Chers amis du théâtre et cinéphiles impénitents, vous savez
désormais ce que vous cherchez à voir "inconsciemment"… Et puis, ne
discutez pas, ce n'est pas "peut-être" ou "parfois", c'est "toujours".
Fermez le ban !
Une école littéraire.
Le monde de la psychanalyse est essentiellement littéraire. Le verbe
y est roi. L'affirmation bien tournée tient lieu de preuve et la
généralisation hâtive de mode de travail.
Dans une conférence faite le 15 août 1984 devant des psychologues,
médecins et travailleurs sociaux, et reprise dans un livre "Tout est
langage", Françoise Dolto dit : " Un enfant qui est propre très, très
tôt, peut devenir schizophrène. J'en ai connu un qui n'a jamais après
la maternité sali ses couches, jamais. Il est devenu schizophrène : un
enfant qui était né pour être un être remarquable. Ce sont des enfants
qui ... à cause de paroles qu'ils ont entendues trop tôt et qui
dévalorisent leurs relations familiales ou leur sexe, sont bouleversés
de ne pas satisfaire leur dieu ou leur déesse de leur vie fœtale : les
parents qui parlent à l'extérieur... "
On ne peut qu'être atterré devant pareilles affirmations. Que Mme
Dolto ait cru en 1984 à la psychogenèse de la schizophrénie, passe
encore. Mais la méthodologie employée est incroyable : généralisation
à partir d'un cas,
conclusions hâtives et invérifiables (c'est le fait d'entendre
depuis le ventre maternel, de supposées paroles dévalorisantes, qui
entraîne la schizophrénie / un schizophrène est un enfant
remarquable), culpabilisation des parents et des mères en particulier.
Comment les femmes peuvent-elles accepter la psychanalyse qui n'a
cessé de les culpabiliser et de les mépriser ? Tout le monde connaît
les phrases célèbres de Freud : " La femme est un être aux cheveux
long et aux idées courtes " ou encore " Sur le plan social les femmes
n'ont pratiquement pas contribué aux progrès de la civilisation ".
C'est le même qui dans un texte intitulé "la féminité " après avoir
expliqué que la femme était frustrée de manque de pénis et
fondamentalement masochiste concluait : "En dehors de cela, chaque
femme peut être aussi un être humain ". On ne peut être plus
charmant !
Mais le comble du pédantisme et de l'hermétisme littéraire a été
atteint avec Lacan dont "Ecrits " (le seul ouvrage) et la
retranscription du "séminaire " sont proprement illisible pour qui ne
parle pas le "lacanien ". Tirons-en quelques perles :
" L'interprétation doit être preste pour satisfaire à l'entre-pret.
De ce qui perdure de perte pure à ce qui ne parie que du père au pire.
"
" Les mots... peuvent engrosser l'hystérique, s'identifier à
l'objet penis-neid, représenter le flot d'urine de l'ambition
urétrale, ou l'excrément retenu de la jouissance avaricieuse. "
Comprenne qui pourra ! (28)
Les psychanalystes se gargarisent de mots, comme si leur ambition
était littéraire et non thérapeutique. Ils sont d'ailleurs en cela les
dignes descendants de Freud qui, à la fin de sa vie, avouait : " La
psychanalyse n'est rien d'autre que l'interprétation de ma vocation
littéraire en termes de psychologie et de pathologie ".
Une église.
La psychanalyse est une sorte d'église, avec ses évêques, ses petits
diacres et ses fidèles. De l'église, elle a les livres saints, les
schismes et les excommunications. Adler, Young, Lacan, et son éviction
de la Société Française de Psychanalyse avant la création de l 'Ecole
de la cause freudienne en sont des exemples significatifs. De
l'église, elle a les dévots qui regardent les mécréants du haut de
leurs certitudes.
D'ailleurs, dans un numéro spécial du Nouvel Observateur de novembre
1996 consacré aux religions, un article traitait scrupuleusement de la
psychanalyse (au même titre que du Bouddhisme ou de l'Islam) sous le
titre "La psychanalyse, une expérience spirituelle " et l'auteur,
Marie Balmary, une psychanalyste, écrivait :
"Nous sommes des pays en voie de développement spirituel ; des
sociétés parfois si pauvres en relations que certaines personnes nées
dans l'expérience psychanalytique, demeurent dans la psychanalyse
comme seule "religion " possible pour elles"
Et elle concluait : "Vécue comme une expérience d'esprit, la
psychanalyse conduit-elle au Grand Esprit, comme disent les Indiens ?
A chacun de répondre."
Qui sont ces nouveaux croyants ?
Il existe peu d'études sociologiques sérieuses sur cette question.
Cependant, pour qui a eu l'occasion de côtoyer différents milieux, il
apparaît que la répartition n'est pas égale dans les différentes
couches de la société.
Les ouvriers, agriculteurs, commerçants et artisans ont souvent
gardé une vision religieuse traditionnelle, et s'ils ne pratiquent
plus guère, ils continuent à croire au Dieu de leurs ancêtres. La
maladie mentale y est perçue comme une tare, le psychiatre est
consulté en cachette et la psychanalyse appartient à un autre monde.
Paradoxalement, les scientifiques ont souvent gardé la foi. Oh ! Pas
la foi du charbonnier, une foi en un être suprême souvent sans rapport
avec une pratique religieuse. Comme si le scientifique avait fait une
bonne fois pour toute "la part de Dieu " et vérifiait volontiers la
phrase de Pasteur : " Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de
science rapproche de Dieu ". Il faut dire que le physicien qui se
penche sur les abîmes de la physique quantique, ne peut qu'être saisi
de vertige et mesurer la petitesse de "l'humaine condition ". En fait,
les scientifiques fréquentent peu les psychanalystes.
C'est le milieu littéraire et celui des sciences humaines
(journalistes, psychologues, sociologues, éducateurs...) qui forment
les gros bataillons des "convaincus du transfert ". Ceux-là se sont
appropriés la psychanalyse qui forme pour eux une sorte de langage
véhiculaire, un signe de reconnaissance, un mode d'appartenance à un
ensemble qui sans elle perdrait son unité (et pour certains son
pouvoir ). Un rejet des convictions religieuses parentales, une
inclination pour la pensée "de gauche ", une sympathie pour le
mysticisme oriental et parfois même un baba-coolisme attardé, forment
le profil type de l'analysé et/ou analysant.
Une discipline "incontestable ".
Dans les milieux "psy ", la coutume est de se dire à l'écoute des
autres, et d'affecter vis-à-vis de toute chose d'une sereine
tolérance.
La réalité est toute autre ! Le malheureux qui se risque à émettre
une critique, ou même seulement à esquisser un sourire, face à
l'affirmation répétée des dogmes les plus caricaturaux, se voit
immédiatement agressé.
L'argument majeur, dans ce cas de figure, se résume ainsi : " Vous
n'êtes pas analysé, donc vous n'y connaissez rien ! ". Celui qui
conteste la psychanalyse est un imbécile. On l'exclut, on le méprise.
Dans un débat sur la psychanalyse (la marche du siècle le 19/3/97),
une journaliste, Liliane Sichler, coupable d'avoir commis un livre
critique sur les "psy "(29), avait été conviée à jouer le rôle de la
chèvre, l'opposante fragile vouée au sacrifice. Elle fut traitée en
ignorante et finalement exécutée par F Giroud, qui rappela à son sujet
la phrase de Lacan : " La psychanalyse guérit de tout, sauf de la
connerie ! ". Il faut dire que "le maître" précisait à ses adeptes
qu'il ne fallait surtout pas chercher à convaincre les sceptiques, car
ce serait "jeter des perles aux pourceaux ".
Les psychanalystes se déchirent entre eux sur des détails du dogme,
comme les mystiques du moyen âge débattaient du sexe des anges… pourvu
qu'on ne mette pas en cause la réalité de ceux-ci. Les opposants n'ont
droit qu'à l'insulte et au mépris.
Les acteurs
Les analysés
Qui sont-ils ?
Les clients de la psychanalyse ne sont pas également répartis dans
toutes les couches de la société. D'abord, parce que les
psychanalystes font une sélection et n'acceptent en analyse que ceux
qui ont quelque chance, à leurs yeux, d'en tirer profit et surtout de
supporter le choc.
Freud lui-même indiquait que "le Moi avec lequel nous pouvons
conclure un pareil pacte doit toujours être un Moi normal". De plus,
il ne faut pas que les défenses soient trop structurées. Donc, pas de
sujets trop vieux ou malades depuis trop longtemps.
Tout cela a fait dire aux "mauvaises langues" que l'indication type
de la psychanalyse concernait le patient "riche, jeune et bien
portant". Le premier point coulant de source, quand il faut pouvoir
assurer la charge financière de trois séances hebdomadaires, très
souvent payables en liquide. Chacun sait que ce dernier point est
important à cause de la symbolique fécale de l'argent !
Que les mauvais esprits n'aillent surtout pas établir un quelconque
rapport avec un problème de déclaration de revenu ! Ce serait pure
calomnie…
Dominique Frischer, une sociologue, a réalisé l'une des rares
enquêtes sur les analysés(30). Elle a rencontré une soixantaine de
personnes traitées par la psychanalyse, dans des clubs d'anciens
analysés ou par le biais des petites annonces. Ses interlocuteurs
appartiennent presque tous à la classe aisée, il n'y a ni employé ni
agriculteur et un seul est ouvrier. Ce fait est confirmé par d'autres
études qui montrent que ces patients ont pratiquement tous une
profession rentable ou très rentable.
Que pensent-ils ?
Après son enquête, Dominique Frischer indique que "malheureusement
aucun des analysés n'a interrompu son analyse avec la conviction
d'être totalement libéré de ses infériorités ou de ses difficultés
passées, avec la certitude d'avoir remédié complètement à ses manques,
d'être guéri". Malgré cela ils sont très fiers de faire partie d'une
élite, d'une sorte de caste supérieure :
"Vis-à-vis des autres, les analysés éprouvent la tranquille sérénité
de ceux qui portent au front la marque des élus, des voyants, ce signe
invisible par l'intermédiaire duquel se ralliaient les premiers
chrétiens. Car beaucoup d'analysés ont la certitude que le travail
analytique leur confère aujourd'hui une incontestable supériorité"
En effet, ceux qui ont suivi une analyse s'en disent souvent
satisfaits. Le paradoxe est qu'en général, ils ne s'en considèrent pas
guéris pour autant et ils traînent souvent derrière eux dix ou quinze
ans de psychanalyse continue ou épisodique. Les raisons de ce paradoxe
sont de deux ordres.
Le premier c'est qu'on ne peut admettre qu'on a passé tant d'heures
de sa vie, subi tant de souffrances et consacré des sommes qui
auraient permis de faire six fois le tour du monde, pour un résultat
aussi modeste. Personne n'aime se déjuger. Ce qui explique que les
intéressés soient assez "chatouilleux " sur ce sujet.
Le second est que s'est établi durant le long parcourt avec
l'analyste une relation interpersonnelle, qui n'a rien à voir avec le
transfert et autres fatras freudiens, mais qui est le fait de l'écoute
bienveillante dont le sujet est l'objet. Cette écoute ne peut être que
positive, surtout (et c'est souvent le cas heureusement) si l'analyste
a de grandes qualités humaines et si par ses conseils (certains ne
restent pas totalement silencieux), il fait de la psychothérapie
cognitive sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose.
En fait, la psychanalyse est le placebo de l'esprit et comme tout
placebo elle a une réussite moyenne d'au moins 30%. Rien de bien neuf
dans tout cela :
l'église depuis longtemps a inventé la confession, qui ne se
pratique plus guère semble-t-il, ce qui est peut-être dommage, car la
méthode était la même et le résultat identique. De plus, on ne payait
que de " je vous salue Marie " et de quelques bleus aux genoux.
Et puis, quand des analysés disent combien ils ont changé à la suite
de leur démarche, il n'y a là rien d'étonnant. Un homme peut-il rester
immobile pendant dix ou quinze ans face aux réalités de la vie ? En
fait, ils attribuent à l'analyse une maturation qui se serait sans
doute produite naturellement. L'âge, et les obstacles de la vie, sont
en fait les plus sûrs moteurs d'un tel changement.
L'analyse établit même parfois des liens de dépendance de nature
quasi pathologique. Une publicitaire de 65 ans, "Judith", après une
première cure ratée avec Françoise Dolto, en suit une de douze ans
avec un autre analyste. Sans plus de succès. Lorsqu'elle raconte son
histoire(31) elle est à nouveau en analyse depuis seize ans "avec une
star de la psy parisienne". Elle dit :
" Je ne suis plus orpheline. Ma relation avec D... est merveilleuse.
C'est mon père, ma mère, mon mari, mon amant, mais en mieux, en
version professionnelle. Il m'aime, m'écoute, m'admire. En finir ? Je
n'y pense même pas, ce serait trop triste de renoncer à mes "Mille et
Une Nuits". D... est mon Surmoi de rechange, le mien est si faible !
J'ai ma petite place au chaud, près de ses chats, je ne m'en irai
jamais. Mes rendez-vous avec lui sont mes pilules de bonheur, je n'ai
besoin d'aucune autre drogue pour dormir chaque nuit comme un bébé."
Les psychanalystes.
Il faut d'abord préciser que la pratique de la psychanalyse n'est
régie par aucune règle de compétence. On devient psychanalyste comme
on devient guérisseur ou astrologue. Il suffit (en principe) d'avoir
été soi-même analysé.
Encore faut-il distinguer ceux qui ont suivi une analyse didactique
et qui sont des professionnels de la santé (médecins, psychologues),
qui ont décidé à un moment de leur parcours professionnel de se
convertir à la psychanalyse.
Ils ont fait, avec un maître choisi par eux, une psychanalyse rapide
destinée non seulement à leur transmettre une méthodologie, mais
surtout à leur éviter de " projeter " sur leurs futurs patients leurs
propres conflits internes et d'accéder à la fameuse " neutralité
bienveillante " qui est la marque du praticien accompli.
Certains ont fait le trajet inverse. Ayant suivi une analyse à la
suite de problèmes personnels et considérants ceux-ci comme résolus,
ils décident (l'élève ayant toujours envie d'égaler le maître), de
devenir à leur tour psychanalystes. Le problème est qu'ils n'ont pas
toujours la formation initiale adaptée et que, le métier n'étant régi
par aucune règle de capacité, rien ne s'y oppose. Si on désire devenir
psychanalyste, il suffit de se faire graver une jolie plaque en
plastique doré et de la fixer sur son seuil. Nul ne pourra y trouver à
redire. On ne pourrait pas s'installer boulanger (il faut un CAP), ni
infirmier (il faut un diplôme d'Etat ), encore moins médecin (on
risquerait des ennuis avec la justice ), mais on peut être
psychanalyste. On objectera que l'on n'aura pas de clients (il faut
pour être sûr d'en avoir, faire acte d'allégeance à un psychanalyste
surchargé qui vous " refile " son trop-plein de clientèle ), et que
l'on n'obtiendra pas de bons résultats. Le premier point est possible
(quoique, avec un peu de patience), et le second reste à démontrer.
Ceux qui au prix d'une pseudo-formation s'intitulent un jour
psychanalystes, voient souvent justifiés leur (lucratif) engagement
par le fait " qu'il faudra toujours des gens pour écouter ceux qui
souffrent ". C'est là que réside le mensonge, car prétendre que "
l'écoute " est curative en elle-même, fait partie des idées reçues et
nous verrons plus loin qu'il existe d'autres méthodes d'écoute
pratiquées par des professionnels compétents.
Est-il logique que la santé mentale soit confiée à des gens qui,
dans leur grande majorité, ignorent tout de l'anatomie et de la
physiologie de l'organe (le cerveau) sur lequel ils prétendent agir ?
Et puis franchement, imagine-t-on qu'il suffit d'avoir été
tuberculeux pour devenir pneumologue ! Il n'y a qu'en psychanalyse où
un ancien malade fait un bon soignant !
Heureusement, dans la majorité des cas, la psychanalyse est une
sorte d'option supplémentaire choisie par des professionnels de santé.
Les psychiatres…
Un psychiatre, Patrick Lemoine, raconte(32) : "Il me souvient d'un
condisciple qui se sentait très bien dans ses baskets, selon la
terminologie moderne, mais qui voulait absolument être analysé au
début de ses études de psychiatrie. C'était à l'époque presque
obligatoire d'ailleurs. Après avoir vainement recherché ses symptômes
et sa souffrance, il avait finalement conclu qu'un tel désir d'être
analysé constituait en soi un symptôme et que ne pas être encore
analysé le faisait beaucoup souffrir."
Ce temps est heureusement révolu et les internes en psychiatrie
n'ont plus à passer sous les fourches caudines de la psychanalyse. Les
avancées de la neurobiologie et les progrès de la psychopharmacologie
ont convaincu, surtout en milieu hospitalier, la plupart des
psychiatres à abandonner l'usage de la cure analytique. Ce qui ne veut
pas dire que tous aient renoncé au freudisme en tant qu'outil
interprétatif.
…les psychologues…
C'est parmi eux que se sont constitués les gros bataillons des
psychanalystes privés, car la psychanalyse leur fournissait l'outil
curatif qui leur manquait. Certains, aujourd'hui, se sont reconvertis
dans les psychothérapies cognitives, comportementales ou systémiques,
parfois sans le dire trop fort, et sans pour autant négliger l'effet
d'appel et la notoriété que confère encore, aux yeux de certains,
l'étiquette de psychanalyste.
Ils sont en cela les dignes successeurs de Melitta Schmideberg, qui
publiant en 1970 un article sur les échecs de la cure analytique
concluait par ces mots :
"Pour ma part, je me trouve dans une situation inhabituelle. Etant
la fille d'une psychanalyste (Mélanie Klein), j'ai été élevée avec la
psychanalyse. Pendant longtemps, j'ai considéré toute critique comme
un préjugé réactionnaire. Mon mari était un ami personnel de Freud et
de sa famille, et j'ai été amenée à connaître personnellement tous les
grands analystes d'Europe et des Etats-Unis. J'ai publié de nombreux
articles dans des revues de psychanalyse et j'ai été analyste-
didacticien de la Société britannique de Psychanalyse jusqu'au moment
de mon départ pour les Etats-Unis. Je suis cependant devenue de plus
en plus critique envers la théorie et la pratique psychanalytiques
(... ). Ainsi, bien que je me considère encore comme une analyste,
sans doute tant soit peu dissidente, j'en suis venue, depuis longtemps
déjà, à ne plus pratiquer la psychanalyse"
…et les autres.
Ce sont souvent d'anciens analysés qui, après 10 ou 15 ans d'une
psychanalyse qu'ils considèrent comme réussie, ont eu envie de passer
de l'autre coté du divan.
Oublions-les et ne souhaitons à personne le malheur de tomber entre
leurs griffes.
Le syndrome d'Asterix.
La psychanalyse est partout en régression.
Aux Etats Unis, où elle était florissante dans les années soixante,
elle ne survit plus guère que dans les films de Woody Allen. Les
psychanalystes de formation médicale ne l'utilisent que dans quelques
cas très particuliers ou comme complément à leurs prescriptions
médicamenteuses. Les autres ont basculé vers des thérapies
scientifiques. Le phénomène est pratiquement le même dans les pays de
l'Europe du Nord.
La psychanalyse serait-elle en extinction partout dans le monde ?
Non ! Un village d'irréductibles gaulois résiste encore et toujours.
Armés de la potion magique qui leur a été transmise par les druides
Lacan et Dolto, il fait face courageusement aux méchants psychiatres
et à leurs alliés les psychologues comportementalistes.
De plus les psychanalystes pratiquent une technique bien connue des
organisations sectaires : la réassurance par le groupe. Ce n'est chez
eux que séminaires, colloques, formations et groupes de réflexions. On
comprend qu'il faudrait à un psychanalyste lucide une extraordinaire
dose de courage et une remarquable force de caractère pour se
"déconvertir ".
C'en est au point que de nombreux psychanalystes, qui comme nous
l'avons vu n'ont pas de formation médicale ni scientifique, ne peuvent
même pas remettre en question les fondements de leur doctrine et, de
bonne foi, pensent être dépositaires d'une incontestable vérité. Il
faut dire que cette remise en cause les amènerait à scier la branche
sur laquelle leur niveau de vie est assis, ce qui ne favorise pas la
lucidité.
Comment en est-on arrivé là, et pourquoi une croyance de ce type a-
t-elle pu prendre une pareille place dans ce qui devrait être une
discipline scientifique ?
Les raisons d'un succès
Le retard de la neuropsychiatrie.
Si on compare les connaissances acquises dans les médecines du corps
et de l'esprit, la différence est flagrante. Avant 1952 et la
découverte du premier neuroleptique, les connaissances sur le cerveau
sont purement anatomiques et le seul progrès avéré est celui de
l'electo-encephalographie. Quant aux traitements ils se limitent aux
électrochocs. Faute de pouvoir donner une explication biologique de la
maladie mentale, va se développer une tendance " psychologiste " qui
l'attribuera au résultat de conflits entre des forces conscientes et
inconscientes. Dans l'éternelle bataille entre l'inné et l'acquis,
c'est le second qui va provisoirement l'emporter. La psychanalyse
déferle sur le monde, et réduit au silence toute autre forme de
recherche(33).
Pourtant, à partir des années soixante, le développement des
neuroleptiques va apporter un progrès sensible au traitement des
malades. Ceci n'est pas du goût des dévots de la psychanalyse et des
utopistes de l'antipsychiatrie qui, aveugles à leur propre
impuissance, vont vouer aux gémonies les soi-disant " camisoles
chimiques ", dont nul ne peut nier aujourd'hui qu'elles ont libéré les
malades de l'enfermement des asiles.
Entre temps, dans les hôpitaux et les instituts, s'était mis en
place un réseau qui, par cooptations successives, pérennisait la prise
en main de la maladie mentale par les fidèles de l'inconscient, et
encore aujourd'hui les partisans d'un retour à une médicalisation et à
l'utilisation de thérapies basées sur les progrès de la science, ont
parfois du mal à se faire une place dans le dispositif bien verrouillé
des croyants du freudisme.
Le plus grave, c'est que s'est développée dans les milieux médicaux,
sociaux, et pédagogiques, une véritable culture de la psychanalyse.
Ses termes usuels sont passés dans le langage courant et ses axiomes
considérés comme vérités définitives. Le symbolisme psychanalytique
est devenu un outil banal, sans que soit repensée la validité du
concept. Le moindre dessin d'enfant est interprété comme un langage
codé dans lequel, comme l'écrivait une célèbre psychanalyste " le
soleil est masculin, parce qu'il est le symbole idéal associé à
l'image du père, et que la terre est féminine parce qu'elle est
l'image de la mère et de la fécondité ". Or, (" vérité en deçà des
Pyrénées erreur au-delà " disait déjà Pascal), en allemand soleil est
féminin, et en arabe la terre se dit " trab " (masculin). Pauvres
peuples exclus de la symbolique freudienne !
A la différence de la science qui est doute permanent et remise en
question de ses propres découvertes, la psychanalyse assène ses
vérités révélées comme des évidences. Lorsque de grands scientifiques
s'expriment dans les médias, c'est généralement pour faire mesurer
avec modestie les progrès qui restent à accomplir, et limiter leur
propos à ce qu'ils pensent savoir. A côté de cela, Gérard Miller
l'inévitable (et talentueux) Lacanien et ses semblables ont réponse à
tout, et nul domaine n'échappe à leurs interprétations magistrales.
Ce matraquage se poursuit avec les fidèles convaincus, (de Françoise
Giroud à Fabrice Luchini), qui se répandent dans les médias pour
porter la bonne parole.
Psychanalyse et sociopolitique.
Bien que beaucoup s'en défendent, il faut bien admettre que les
choix thérapeutiques sont souvent dans ce domaine influencé par des
arrières pensées politiques.
Il y a trois grandes approches de la maladie mentale. La
psychodynamique de la psychanalyse, la neurobiologie et la psychologie
sociale de l'antipsychiatrie.
Cette dernière qui fut très liée au mouvement marxiste et gauchiste
est morte de ses propres excès et de son évidente impuissance, et les
seules traces qu'elle a laissées se retrouvent très édulcorées dans la
mouvance des thérapies systémiques.
La psychanalyse qui se veut libératrice est étroitement associée à
la pensée de gauche et a été totalement dominante sous la pression
d'intellectuels comme Lacan et Foucault.
Edouard Zarifian écrit : " Lacan n'a pas été pour rien dans ce
phénomène fondamentalement parisien à son origine. C'est lui qui
fascinait des salles hétérogènes composées d'éternels étudiants, de
vieilles hystériques et de minettes désœuvrées, tous fascinés et
béats, ayant perdu - s'ils l'avaient jamais possédé- l'ombre de tout
esprit critique."
Les traitements médicamenteux sont encore parfois sévèrement
critiqués par les psychanalystes et l'idée de déterminisme biologique
est ridiculisée et classée "de droite" sinon de "fasciste" par une
assimilation réductrice aux doctrines nazies.
Quand parviendra-t-on à séparer enfin méthodes thérapeutiques et
choix politiques ?
L'attitude des médias.
Le monde des médias apporte un massif et insidieux appui aux thèses
de la psychanalyse.
Dans son numéro du 20 mars 1997, le Nouvel Observateur publiait un
dossier intitulé "La science contre Freud, la psychanalyse est-elle
condamnée par la neurobiologie ? ". Sur les neuf pages consacrées au
dossier, trois étaient rédigées par des psychanalystes ou des
journalistes visiblement convaincus.
Les cinq autres présentaient un semblant de débat opposant deux
psychanalystes à un neurobiologiste, Alain Prochiantz. Avait-on choisi
pour ce dernier rôle un scientifique connu pour ses positions
critiques par rapport à la psychanalyse ? Non bien sûr ! Il était
visiblement là pour ses qualités littéraires (ce qui n'enlève rien à
ses qualités de chercheur), puisqu'il venait de publier un ouvrage
intitulé : "A quoi pensent les calamars ? ". Le dialogue qui s'en
suivit, s'établit dans un registre psycho-litteraire, au demeurant
fort agréable, mais où la psychanalyse ne fut pas une seule fois
remise en cause. On était entre gens de bonne compagnie, les uns se
démarquant du "psychanalyste trop rigide ", l'autre affirmant
détester "le réductionnisme de la biologie à une physique ".
Visiblement notre aimable scientifique, connu par sa "vision
romantique " de la biologie(34), répugnait à endosser, en si bonne
compagnie, le costume de "l'empêcheur de discourir en rond ", qui lui
était proposé. Voyant sans doute arriver la fin du dialogue, il se
décidât pourtant à prononcer la phrase qui aurait dû constituer la
base du débat et occuper l'essentiel de la discussion : " je garde
l'inquiétude d'un discours analytique qui produit encore du discours
et qui ne demande pas l'expérience du laboratoire pour prouver sa
viabilité ". Il lui fut répondu par une pirouette en forme de contre
vérité : " En psychanalyse... cela ne marche pas comme chez vous avec
des vérifications ". Et le débat fut clos ! Le bilan est significatif.
Un titre ronflant et une couverture provocante qui laissent à penser
que l'on ira cette fois au fond du problème. En pratique, trois lignes
sur neuf pages posent une vraie question qui ne recevra pas de
réponse.
Peut-on s'étonner, après cela, de voir les sourcils se lever de
toute part lorsqu'on met en doute la valeur de la psychanalyse ?
L'appui apporté par les médias à la psychanalyse est parfois même
encore plus insidieux. Illustrons-le par un exemple. Le 24 juillet
1997 le magasine TV "Comment ça va ?" diffusait "les visages de la
dépression", un dossier volontairement didactique qui cherchait à
faire passer un message fondamental
: la dépression se soigne aujourd'hui, si on met en œuvre les
dernières ressources de la science. Divers cas étaient examinés, et
des intervenants incontestables faisaient le point sur ce problème
sous le regard d'un journaliste jouant le rôle du candide.
L'opération, parrainée par la Mutualité Française, était un outil
efficace, salutaire et désintéressé, qui aurait dû logiquement
recevoir l'appui des hebdomadaires de télévision les plus
responsables. Or Télérama réglait son compte à cette émission en
quelques lignes discrètement signées "CC" : "...cette fiche santé,
très médicalisée, souffre un brin de rigidité. Ce soir rien n'est dit
qui mérite de veiller tard."
C'est ce que l'on appelle une exécution sommaire !
Remarquons que dans le même hebdomadaire "les mots de la
Psychanalyse" une émission de 15 mn sur la 5, faisait sur une demi-
page l'objet de commentaires dithyrambiques, sous la plume d'une
certaine… Cécile Chalier.
Bizarre... vous avez dit bizarre !
La psychanalyse est-elle néfaste ?
Une souffrance rédemptrice.
La cure analytique est une longue souffrance. D'ailleurs, les
psychanalystes lucides n'acceptent de l'entreprendre qu'avec des
patients qu'ils jugent assez motivés pour supporter le choc et, à
leurs yeux, en tirer profit.
Un soir d'hiver, dans une rue sombre, un jeune homme appuyé contre
un mur pleurait à "chaudes larmes". Une voisine, ouvrant sa fenêtre à
ce bruit inhabituel, s'enquit, sans succès, des motifs de cette
tristesse. Au bout d'un moment, et comme les choses semblaient
empirer, elle revint à la charge, insistante et compatissante : " que
se passe-t-il ? Si vous n'allez pas bien, je puis appeler un médecin !
". Le jeune homme leva la tête et répondit, entre deux sanglots : "
Laissez-moi, je sors de psychanalyse ". Certes, les psychanalystes
nous expliqueront qu'il faut en passer par-là pour qu'ensuite vienne
la paix. Faut-il vraiment rechercher les vieilles plaies et les
rouvrir pour y tourner le couteau afin de mieux les guérir ? Cette
approche n'est pas nouvelle. Elle fait partie du vieux fond judéo-
chrétien pour qui la souffrance est rédemptrice et réparatrice du
péché originel. Pour l'église, la maladie était souvent considérée
comme le châtiment d'une faute morale, pour les psychanalystes, c'est
d'une faute familiale qu'il s 'agit. On pense aussi à ces marxistes
qui ont martyrisé leur peuple, pour son bien, et au nom du bonheur des
générations futures. Or, on le sait bien, "les lendemains qui chantent
" ne se sont jamais levés, et ne se lèveront sans doute jamais pour le
jeune homme qui pleurait. Bien sûr certains en sortent grandis, pour
combien d'autres convaincus à jamais de leur faiblesse et de leur
incapacité à vivre. Il n'est donc pas étonnant qu'une psychanalyste,
Marie Balmary puisse écrire : " Il faut un certain courage pour
simplement énoncer dans certains milieux psychanalytiques, les noms
des "victimes " qui chaque année circulent dans les rumeurs ". Elle
retarde ou interrompt une prise en charge appropriée.
Un scientifique fit un jour remarquer à un psychanalyste tout le
profit qu'on pouvait retirer des thérapies comportementales et de
l'approche biologique. Ce dernier posa sur lui un regard désolé, sa
main balaya l'air, et avec le ton d'un Moscovite à qui on essaie de
vendre des œufs de lumps pour du caviar bélouga, il rétorqua : " ce
n'est que du comportementalisme ! ". Et ce "que " exprimait un
incroyable mépris. Quelle prétention et quelle suffisance ! Les
psychanalystes ont autoproclamé la noblesse de leur pratique et
"regardent le reste du monde du haut de leur grandeur ". C'est au
point que certains psychanalystes n'hésitent pas à faire arrêter le
traitement médical des patients qui se tournent vers eux. Le
mélancolique suspendra la prise du Lithium, avec les risques que cela
comporte, et le déprimé traînera des années sur le divan une
souffrance que quelques gélules résoudraient peut-être en moins d'un
mois. Que de déprimés "réactionnels ", suite à un événement privé
déstabilisant, se sont engagés dans la psychanalyse faute
d'information et ont déclenché un long cycle d'introspection dont ils
ne se sont jamais sortis. Car la prééminence de la psychanalyse et sa
position dominante empêche le développement de formes de thérapies
mieux adaptées à de pareils cas.
La cure analytique ne fait pas appel à la réflexion ni à
l'intelligence, en un mot à ce qui fait la grandeur de l'homme. Elle
attend tout de supposés mécanismes inconscients dont l'analyste est le
médiateur, et à ce titre ne peut qu'être infantilisante, puisque le
sujet n'est pas acteur volontaire de sa guérison. Bien qu'elle s'en
défende, elle entraîne la dépendance de l'analysé par rapport à
l'analyste. C'est le contraire d'une prise en charge de soi-même
consciente, lucide et donc durable.
Et pourtant il existe des alternatives.
Les alternatives
Une autre vision de l'homme.
(Les citations de ce paragraphe sont de Henri Laborit)
" Animal, l'homme l'est ". Et à ce titre, comme toute structure
biologique, il va chercher pour se maintenir à satisfaire ses
instincts primordiaux : soif, faim, sexualité. Il tentera de
renouveler les expériences agréables, ("la gratification " ), et à
éviter celles qui sont pénibles, ("la punition " ). Ce faisant, il se
heurtera à ses semblables situés dans le même espace opérationnel,
provoquant un conflit de "dominance ", qui se terminera par la lutte,
la fuite, ou la soumission génératrice de troubles psychosomatiques.
Cette "nouvelle grille " détermine le comportement de l'homme, et
guide ses actes de façon inconsciente.
" Comment, sachant cela, ne pas éprouver un certain attrait pour ce
qu'il est convenu d'appeler le "scientisme ", cet essai longtemps
infructueux de la découverte de lois, de principes invariants capables
de nous sortir de la soupe des jugements de valeur ? Et quand ce
scientisme, après des siècles de tâtonnements, aboutit enfin à des
faits constants, reproductibles, concernant l'origine biochimique et
neurophysiologique de nos comportements normaux et "anormaux ",
comment refuser de voir en lui le premier lien fécond entre la
physique et le langage ? Comment ne pas voir qu'il est indispensable à
une certaine idée que nous pouvons nous faire de l'Homme ? "
Les psychothérapies scientifiques.(35)
La psychanalyse laisse entendre que la vie devrait être "un long
fleuve tranquille " et que l'homme, pour peu qu'il aille au bout d'une
fructueuse "démarche analytique ", pourrait accéder à la sérénité du
sage méditant dans la position du lotus. Face à ces prétentions, les
psychothérapies scientifiques font souvent pâle figure. D'abord parce
qu'elles sont multiples, variées, modestes et méconnues. Ensuite parce
qu'elles ne cachent pas qu'il est irréaliste de rêver d'une existence
sans problèmes ni souffrances.
Elles ont deux caractères communs essentiels :
Elles considèrent comme illusoire la guérison par un retour au
passé et aux supposées origines inconscientes et psychogénétiques des
troubles.
D'ailleurs la plupart de ces techniques sont le fait d'anciens
psychanalystes qui, constatant leur impuissance, ont cherché à agir
efficacement "ici et maintenant ". On peut citer Albert Ellis, Aaron
Beck, Frederich Perls, Eric Berne et bien d'autres.
Refusant les gourous et les dogmes inamovibles, elles se
soumettent totalement à l'épreuve des faits, ce qui leur permet
d'évoluer sans cesse, dans une démarche qui, de ce fait, peut être
qualifiée de scientifique.
La base commune de leur démarche reste évidement l'écoute
bienveillante, qui n'est nullement, comme ils le prétendent, l'apanage
des psychanalystes, mais qui débouche ici sur un dialogue souvent
directif. Le patient est informé de la démarche, poussé à évaluer ses
propres résultats et encouragé à l'autonomie. Les méthodes utilisées
sont très variées (visualisation mentale, relaxation, cadrage
cognitif, désensibilisation systématique, etc. etc..), et dépendent du
sujet, du but poursuivi et de la formation du thérapeute. Du moins
visent-elles un seul but : l'efficacité à court terme.
Par ces méthodes, une simple phobie est guérie en quelques semaines,
un comportement compulsif en quelques mois et même s'il faut plus de
temps pour soulager un alcoolique ou un toxicomane, les résultats sont
indéniables et encourageants.
Jacques Van Rillaer écrit :
"Un siècle de recherches a permis de débusquer de mieux en mieux les
multiples déterminants des conduites. Aujourd'hui l'image de l'homme
que présente la psychologie scientifique, n'est cependant pas celle
d'un être mécaniquement déterminé par son milieu ou par les pulsions
qui jaillissent de l'inconscient.
C'est celle d'un sujet actif en interaction constante avec son
environnement, capable d'apprendre à réguler en fonction d'objectifs
choisis de façon réfléchie, une large part de ses pensées, de ses
sentiments et de ses actions.
Une des plus hautes missions de la science du comportement est de
développer et de mettre à la portée de tous des moyens concrets pour
améliorer la gestion de soi et les relations entre les hommes."
Bien sûr ces thérapies n'ont pas, elles, la prétention de soigner
les troubles psychiques graves ou les états dépressifs. Heureusement,
la biochimie vient de faire d'importants progrès et laisse entrevoir
pour l'avenir l'arrivée de nouvelles générations de médicaments qui
feront de la psychiatrie une médecine comme les autres.
Les traitements psychiatriques.
Avant 1952 et l'utilisation de la chlorpromazine en tant que
neuroleptique, le seul produit actif sur la maladie mentale est le
lithium, dont l'efficacité sur la psychose maniaco-dépressive a été
découverte un peu par hasard.
Si on prend par exemple le cas de la dépression qui fournit encore,
hélas, aux psychanalystes, une vaste clientèle, on constate que le
premier antidépresseur, l'ipromiazide, ne sera utilisé qu'en 1954. Il
était connu auparavant comme antibacterien dans le traitement de la
tuberculose et on constata à cette occasion son effet psychotonique.
Quelques mois plus tard, un chercheur mettait au point une autre
molécule l'imipramine. Ces deux produits seront à la base des deux
grandes familles d'antidépresseurs : les IMAO et les triciclides, dont
les membres ne différeront du modèle initial que par la variété des
effets secondaires. Car pour ce qui est de ceux-ci, les patients
étaient servis ! En effet, ces produits, remarqués pour leurs
propriétés cliniques, agissent de façon grossière, en perturbant au
passage certains neurotransmetteurs comme l'acethylcholine. Ceci
entraîne de nombreux effets indésirables : bouche sèche,
transpiration, palpitations, etc, et nécessite une surveillance
contraignante du régime alimentaire (effet fromage).
Pendant plus de trois décennies, aucun produit réellement nouveau ne
verra le jour. Par contre, le mécanisme de la dépression va en partie
être élucidé. On sait que la transmission du signal entre deux
neurones s'effectue à travers une synapse grâce à des neuromédiateurs
chimiques et en particulier la sérotonine qui intervient dans la
régulation de l'humeur. En gros, dans le cas de la dépression, le trop
plein de sérotonine est recapturé trop vite par le neurone pré-
synaptique. Il était donc nécessaire de trouver un produit qui
ralentisse la recapture de la sérotonine sans pour autant agir sur les
autres médiateurs chimiques (histamine, acetylcholine, noradrenaline).
C'est cet objectif qui sera poursuivi et qui donnera lieu à la sortie
en 1987 du premier ISRS, l'hydrochlorure de fluoxétine, un
antidépresseur pas forcément plus actif que ses prédécesseurs, mais
pratiquement dénué d'effets secondaires.
C'est ce qui différencie une molécule développée à partir d'un
modèle biologique d'une autre sélectionnée empiriquement pour ses
effets cliniques.
Le succès de ces nouveaux antidépresseurs(36) sera d'ailleurs
considérable, et ce, malgré les foudres des réactionnaires, toujours
prompts à promettre à ceux qui veulent profiter des progrès de la
science, que le ciel leur tombera un jour sur la tête. Parfois boudés
par certains spécialistes enfermés dans leurs rêves analytiques, ils
sont largement (et sans doute trop) prescrits par les généralistes
qui, "les mains dans le cambouis ", trouvent là le moyen de répondre
enfin, sans trop de risque, à la souffrance de leurs clients, plutôt
que de devoir se défausser en pure perte sur un psychanalyste.
Ceci ne justifie nullement le "forcing" à la prescription de
certains laboratoires. Aux médecins de savoir résister aux parfums
"couture", aux chocolats belges, aux séminaires-pêche à la truite et
même parfois dit-on (on a peine à le croire), aux enveloppes
"oubliées".
Le fait que de tels produits puissent effacer de simples tendances
dépressives ouvre un débat de nature quasi philosophique. A-t-on le
droit d'agir de façon permanente sur un léger désordre organo-
psychique ? Est-il acceptable de tomber dans une sorte de psychiatrie
"cosmétique" ? Les tenants de la "bonne mère nature ", et ceux qui
pensent que "dieu a crée l'homme à son image ", s'en offusquent
évidement. Les intéressés, et avec eux de nombreux médecins,
rétorquent que, dans ce cas, il faut aussi refuser les facteurs de
coagulation aux hémophiles et priver d'insuline les diabétiques. C'est
aux patients de choisir, et rien ne justifie, si ce ne sont des
considérations métaphysiques ou religieuses, de traiter différemment
les troubles physiques et mentaux.
Faisons un rêve !
Le temps a passé !
En réaction aux égarements mystiques de la fin du XX ème siècle, des
intellectuels (modernes Diderot ! ) et des scientifiques (comprenant
enfin la nécessité de faire œuvre pédagogique hors de leurs
laboratoires ) ont rétabli dans les esprits le règne de la raison,
qu'annonçaient voilà longtemps les philosophes des Lumières.
Les psychiatres, disposant de molécules, de plus en plus nombreuses,
de plus en plus actives, et de mieux en mieux tolérées, sont revenus à
une médicalisation raisonnée des troubles psychiques. Comme leurs
collègues qui associent la kinésithérapie aux anti-inflammatoires, ils
prescrivent, en même temps que ces traitements, des séances de
psychothérapies scientifiques d'accompagnement, réalisées par des
psychologues formés et validés par l'université pour ces techniques.
Les uns et les autres suivent régulièrement une formation obligatoire
et validante qui leur permet, non seulement d 'être au fait des
dernières découvertes scientifiques et de faire progresser la prise en
charge des malades par un débat fructueux, mais de les faire
bénéficier du remboursement de leurs soins par la sécurité sociale.
Le public est régulièrement prévenu par des médias compétents,
honnêtes et biens informés, que seuls les soins prodigués par des
thérapeutes validés présentent une garantie maximale de résultats.
Pour autant, la psychanalyse n'a pas disparu. Elle est toujours
dispensée à l'égal des autres thérapies mystiques, exotiques, ou
folkloriques, par des praticiens peu scrupuleux, à un public de naïfs.
C'est sans doute le prix à payer pour la liberté.
Combien de temps faudra-t-il attendre pour voir ce rêve se
concrétiser ?
Pour conclure
On aurait plaisir à voir Freud jeté par-dessus les moulins, et les
bonnes feuilles de Lacan épinglées aux murs d'un musée des snobs
intellectuels.
La psychanalyse n'est ni une science ni une thérapeutique, et sur le
plan mystique ou idéologique, chacun a droit à ses croyances et à la
libre expression de son imaginaire poétique.
Rappelons pourtant qu'a la demande de l'association américaine pour
l'avancement des sciences le MIT(37) a demandé à Frank Sulloway
(historien des sciences de réputation incontestée ) et à son équipe de
prononcer un jugement sur le freudisme dont voici quelques points.
(38)
La psychanalyse est née d'hypothèses biologiques erronées et
vétustes.
Sur le plan clinique, les lacunes méthodologiques sont patentes.
La plupart des guérisons alléguées n'en sont pas.
L'emprise culturelle et sociale de Freud et de sa suite s'est doté
d'un fabuleux pouvoir, facteur de succès idéologique, sans cesse
repris au service de la cause.
Et textuellement : " Les études de nombreux experts montrent en
définitive que les déductions freudiennes, apparemment logiques, ainsi
que les conclusions qui en découlent, ne sont tout simplement pas
fondées. Un médicament doit faire ses preuves. Ce n'est pas le cas de
la psychanalyse ".
Dans les "ténèbres extérieures " à la psychanalyse, on est en très
bonne compagnie.
Freud a toujours pensé que la psychanalyse disparaîtrait lorsque la
science aurait suffisamment progressé. Terminons donc en souhaitant,
avec lui que :
"l'esprit scientifique, la raison, parviennent, avec le temps, à la
dictature de la vie psychique de l'homme ".
.Si d'aventure ce texte vient à tomber sous les yeux d'un
psychanalyste, il trouvera sans doute dans le "signifié
" (l'inconscient étant structuré comme un langage), force "signifiants
" : " lapsus révélateurs ", "actes manqués " et "symboles phalliques
", démontrant à l'évidence que la "résistance " de son auteur vient du
fait qu'il a le plus grand besoin... d'une psychanalyse.
J.B.
Janvier 1999.
( Parution partielle, mai 1998 )
( Parution réduite - EnquêtesZ- décembre 1998 )
Notes
1) Alan Sokal, Jean Bricmont, " Impostures intellectuelles ", Ed
Odile Jacob,
1997.
2) Freud : Première conférence à l'Université de Worcester.
3) Il est à noter que la notion d'hystérie n'a plus cours aux Etats
Unis. Elle
est encore utilisée en France pour cause de survivance
psychanalytique. Les
psychiatres modernes considèrent en général que les patients ainsi
catalogués,
au premier rang desquels Anna O, soufraient probablement
d'encéphalite,
d'épilepsie du lobe temporal ou de sclérose en plaque. Le psychiatre
Eliot
Slater a mené une étude sur 85 patients diagnostiqués "hystériques"
entre 1951
et 1953. Apres un suivi de 9 ans, il a constaté que 14 étaient morts
et 30
plus ou moins handicapés du fait, en réalité, de maladies
organiques
découvertes ultérieurement. Il conclut que "le diagnostic d'hystérie
est un
déguisement de l'ignorance et une source fertile d'erreur clinique.
C'est non
seulement une illusion, mais aussi un traquenard."("Diagnosis of
Hysteria",
British Médical Journal, 29 mai 1965 p1399).
4) Catharsis : terme appliqué depuis 1895 à la libération
thérapeutique
d'émotions responsables de tensions ou d'anxiété. La
conscientisation de ces
expériences permettrait au patient de relâcher ses tensions et de
faire
reculer les symptômes.
5) "The discovery of the unconscious" H. Ellenberger N.Y.Basic
Books, 1970.
6) Ed. Mardaga. 1990.
7) En fait, Emmy fon M, de son vrai nom Fanny Moser, soufrait du
syndrome de
Tourette ("International Review of psychanalysis", Else Papenheim,
1980).
8) "Sigmund Freud cité par G. Jung. Correspondance." Galimard 1975.
9) "La forteresse vide" Gallimard 1967.
10) Rapporté par Sciences Humaines N° 83 mai 1998.
11) "Les jardiniers de la folie", E. Zarifian, points, Ed. Seuil,
1994.
12) Souverain contre la dépression consécutive à un amour déçu.
13) "The effects of psychotherapy, an evaluation", Journal of
consulting
psychology, XVI, N°5.
14) "The concept of cure" A. Storr, 1966.
15) Jean-Jacques Aulas, " Les médecines douces, des illusions qui
guérissent
". Ed Odile Jacob, 1993.
16) E.F. Torrey, Schizophr. Bull. 13, 477, 1987.
17) S. S. Kety et al, Arch. Gen. Psychiatry, 51, 442, 1994.
18) "Le monde du sommeil", Peretz Lavie, Odile Jacob, 1998.
19) "Is sleep deprivation useful in the treatment of depression?",
Ellen
Leibenluft, and Thomas A. Wehr, Am j Psychiatry 149:2, February
1992.
20) Terme employé par la Commission Parlementaire d'Enquête sur les
sectes et
qui désigne, l'Eglise de Scientologie, La Faculté de
Parapsychologie, la
Famille de Nazareth, etc.
21) "L'inconscient existe-t-il vraiment ?", Sciences Humaines,
juillet 1995.
22) "Abrégé de psychanalyse" S. Freud, PUF , 1978.
23) "Does the Oedipus complex exist" Joel Kupfersmid, Psychotherapy,
hivers
1995.
24) "La sexualité et sa répression dans les sociétés primitives",
Bronislaw
Malinowski, Payot, 1980.
25) " Der untergang des odipuskomplexes; Argumente gegen eine
mythos", W.
Greve et J. Roos, Ed. Hans Huber, 1996.
26) "Les mots grossiers et sexuels sont-ils mieux mémorisés que les
mots
neutres ?", A. Lieury, I. Boissière, E. Jamet et K. Marincovic, Le
langage et
l'homme, 1997.
27) "Essais de psychanalyse", M. Klein, Payot , 1976.
28) Le même Lacan disait d'ailleurs:" Si vous ne comprenez pas mes
écrits !
Tant mieux! Cela vous donnera justement l'occasion de les
expliquer" (Le
séminaire, livre XX)
29) "Le parti PSY prend le pouvoir"
30) "Les analysés parlent", D Frischer, Stock, 1977.
31) L'EDJ du 9 au 15 mai 1996.
32) "Le mystère du placebo", Patrick Lemoine, Ed. Odile Jacob, 1996.
33) Particulièrement tout ce qui concerne l'hypnose et la
suggestion.
34) Science et Vie, mai 97 p148.
35) Sur ce sujet, lire :" Les thérapies comportementales ", Jacques
Van
Rillaer, Essentialis, Ed Bernet-Danilo.
36) Dont l'usage dépasse d'ailleurs largement aujourd'hui le cadre
des
troubles dépressifs (anorexie, troubles du comportement ,timidité…).
37) Massachusetts Institute of Technology.
38) Frank J Sulloway. "Reassessing Freuds's case histories. The
social
construction of psychanalysis". ISIS, 1991, 82 :245:275.