joseph-lê tavan
unread,Dec 8, 2009, 6:53:33 AM12/8/09Sign in to reply to author
Sign in to forward
You do not have permission to delete messages in this group
Either email addresses are anonymous for this group or you need the view member email addresses permission to view the original message
to Acte Psychanalytique
Etant donné la disparition mystérieuse dudit texte, civilisation
virtuelle oblige!, je le mets de nouveau en ligne dans la rubrique
"Messages". Ce sera plus sûr, je l'espère, que dans le passé récent.
Mon écrit en réponse, comme décidé par le sort, à ce texte, sera très
prochainement sur cet écran.
Lê
Ci-dessous l'intégralité du texte de Pierre:
POUR UN TEXTE DE FONDATION DE L'ASSOCIATION "ACTE PSYCHANALYTIQUE"
par Pierre Smet
L’idée était donc que l’un d’entre nous écrive un texte pour la
fondation de l’acte psychanalytique et que par la suite chacun y
réagisse et/ou écrive un autre texte.
Voilà donc un premier texte qui n’est pas un texte de fondation en
tant que tel puisque le texte de fondation est celui qui va se
construire avec ceux qui vont suivre .
Je trouve difficile de rendre compte de ce qui est à l’origine d’une
association. Cette difficulté indique probablement combien le récit
prendra le pas sur l’histoire, combien les raisons peuvent changer
avec le temps qui passe.
Lacan et Freud ont pris la parole en faisant part de leurs positions
et de la situation dans laquelle ils se trouvaient, la question est
loin de pouvoir se résumer à la réussite et à l’échec, ni au fait que
compte tenu du temps on peut considérer la psychanalyse comme
dépassée…
En tout cas pour ce qui nous concerne cela a commencé par un temps de
rencontre pour débattre de cette question « où en est la psychanalyse,
qu’est ce que nous avions chacun à dire à ce sujet. » Quel était le
parcours de chacun, pouvions-nous nous entendre pour travailler
ensemble ? Fallait –il ou pas se constituer en ASBL ?
1. Rencontres préliminaires
Il faut noter à ce propos que très souvent dans leurs textes de
présentation ,les association laissent pour compte les rencontres
préliminaires .Ce temps où le respect et l’estime se mettent en place
quant aux personnes et leurs parcours. Il s’agit là pourtant de ce
qui va se retrouver dans le transfert de travail avec la haine,
l’ignorance, l’amour…..
Donc avant de créer l’acte psychanalytique, nous avons eu durant
environ une année des rencontres à partir desquelles des accords ont
peu à peu pris place, comme les désaccords.
2. Points communs et accords
Plusieurs points communs sont apparus, tout d’abord que nous étions
tous depuis environs 15 ans dans le champ analytique.
Nous avons chacun été correspondant ou inscrit dans des projets, des
associations dont certains existent encore et d’autres sont dissous ou
arrêtés. Si ces expériences nous ont marqués, elles ne nous ont
cependant pas amené à la haine, ni à des positions de rejet
absolu ,au contraire chacun y a plutôt témoigné d’impossibilité de
travail ,voire pour certains le fait d’avoir été refusé dans certaines
associations ou de pouvoir y être accepté moyennant l’acceptation de
certaines conditions comme celle de reprendre une analyse avec un
analyste de la dite association .
.
A propos de la situation des associations actuelles, il en est
ressortit de nos discussions que se retrouvaient de plus en plus tant
dogmatisme que référence au maître. Le narcissisme et
l’institutionnalisation nous semblent également fort présent et être
un frein pour le travail, enfin pour certains d’entre nous il y avait
le constat de l’absence d’une lecture et d’une pratique de la
topologie proposée par Lacan..
Mais ces premiers éléments ne nous ont pas encore permis de pouvoir
préciser le lien de cette situation avec le discours analytique ,il
s’agit surtout pour nous de pouvoir saisir dans quel situation se
trouvaient Freud et Lacan afin d’en préciser la portée de leur acte et
de leur engagement avec la découverte de la psychanalyse .
3. Psychanalyse et histoire
L’histoire de la psychanalyse est devenue un enjeu important, certains
ne reculent pas à utiliser « des révélations » pour « dépasser » Freud
et Lacan.
Or il s’agit de ne pas se limiter à des évènements, ni à en rester à
vouloir faire l’histoire de la psychanalyse., il ne s’agit pas non
plus d’en rester et de se satisfaire d’analyse de personnalité, ni non
plus vouloir ne pas voir escroquerie ou débilité…..
Peu à peu il est apparu que l’acte dans son insaisissabilité était
pour nous un enjeu essentiel.
La psychanalyse nous a appris de l’histoire qu’elle est toujours en
train de se faire, qu’elle est masquée par le récit, mais aussi par le
fait qu’elle se fait et se défait. Il nous est paru ainsi essentiel
de parler de nos parcours, de notre rencontre avec la psychanalyse
mais aussi du choix des études et des engagements professionnels…de
nos styles de vie …
4. D’où venez-vous, qui êtes-vous ?
Quelques mots de nos trajectoires, car cela fait partie des questions
qui sont posées et que très souvent l’on nous pose : « Qu’avez-vous
fait comme études ? ». En effet, cela n’est pas sans conséquences.
Nous avons chacun des formations diverses : philosophie, psychologie,
psychiatrie, sciences économiques, droit, criminologie et
anthropologie.
.
Il faut bien voir que cette question de formation n’est pas sans lien
avec l’histoire de la psychanalyse ,de son lien avec la médecine, la
psychiatrie ,….mais aussi le droit ,la philosophie et puis avec ce
que Lacan a amené avec la logique ,les mathématiques ,la topologie ….
Nous ne pouvons énumérer ici toutes les disciplines ,il suffit de
reprendre ce que Freud et Lacan en ont donné comme indication dans
leur textes sur la formation du psychanalyste .
Une question importante souvent laissée pour compte dans les textes et
qui pourtant occupe une place centrale dans les discussions ,est celle
de savoir quels ont été nos analystes ?
‘’Chez qui as-tu été en analyse ….. ?’’à quelle association appartient
ton analyste ?Ces questions sont importantes .Il apparaît en effet
qu’elles ne sont pas sans conséquence pour la suite tant au niveau de
la clinique ,que au niveau de la théorie que de l’engagement
analytique .
Parmi les questions que posent les formations de départ, il y a
évidemment celle qui le lien avec la psychanalyse, il y a également
celle qui porte sur la place de la psychanalyse dans les milieux
professionnels. La plupart d’entre nous avons travaillé tant dans le
milieu ambulatoire que d’hébergement ou fermé. Aujourd’hui, nous nous
retrouvons plutôt à travailler dans quatre secteurs : institutions
pour enfants autistes, Maisons Vertes, Services de santé mentale,
Foyers pour psychotiques adultes et trois d’entre nous travaillent en
particulier sur des problématiques de délinquance sexuelle. A côté de
cette activité, nous travaillons tous comme psychanalyste en activité
indépendante .
Ces questions n’ont pas été également sans évoquer les questions
financières et à ce propos du lien entre psychanalyse et argent .Il
est clair à ce propos que la présence au sein de notre associations de
personnes d’origines culturelles et de trajectoires professionnelles
différentes a amené une dimension supplémentaire à cette question.
Enfin il faut ajouter que le fait que certains d’entre se sont mis à
publier n’a pas manquer non plus d’amener des questions notamment sur
la diffusion de la psychanalyse sur les compromis et concessions à
faire pour son ‘’accessibilité ‘’.
5. Pourquoi « Acte Psychanalytique » comme association ?
Nous avons trouvé que c’était à l’acte lui-même que nous avions à nous
référer, car il était ce qui nous paraissait aller le plus contre
l’institutionnalisation, qu’il nécessitait de s’y engager, d’en
prendre un certain risque et d’avoir à en assumer les conséquences.
Ce choix nous a valu de nombreuses réactions de perplexité et
d’étonnement mais aussi de ricanements, et ce notamment par rapport à
la création aujourd’hui d’une association de psychanalyse. Ainsi
revenait fréquemment la question de savoir pourquoi nous avions créé
une association qui, selon ces critiques, ne serait qu’une association
en plus. Il s’agit tout d’abord de dire que pour la plupart d’entre
nous, il s’agissait avant tout du fait d’acter un temps, un parcours .
Nous nous connaissions déjà depuis longtemps, nous avons décidé de
nous associer pour fonder un lieu de travail de psychanalyse. Lorsque
certains parlent de prolifération, il faut bien voir que derrière ces
propos, certains y voient du sectarisme ou de l’hégémonie analytique.
Au contraire, pour nous, il s’agit de mettre l’acte au travail, de ne
rester ni dans une solitude auto-suffisante ni dans une masse
arrogante, de permettre au désir de travail de prendre place et de
pouvoir travailler ce désir.
Il reste certainement des questions et des problèmes portant sur le
nombre, car tant le grand nombre que le petit nombre posent
difficulté. Nous avons été cinq a fondé l’association, depuis nous
avons quelques candidatures mais plutôt le fait qu’un certain nombre
de personnes se sont intéressées à notre travail notamment à partir de
notre séminaire au Théâtre Poème
Lors de nos activités, nous avons habituellement une vingtaine de
personnes qui viennent participer : l’année passée, lors de nos
premières Journées de Mars, nous avons eu 150 participants ,mais
depuis lors ce chiffre a diminué . Mais ces chiffres, comme tous les
chiffres, ne peuvent se lire sans précautions. Jusqu’à présent, notre
position a été, plutôt que de rechercher du grand nombre, d’abord et
avant tout, de rejoindre des lieux de travail collectif comme La
FabEP , l’inter-associatif ,et Convergencia .Par ailleurs à notre
séminaire nous invitons régulièrement des analystes d’autres
associations qui ne se retrouvent pas dans une association analytique
mais sont en correspondance avec celles –ci.
6. Les autres associations
Dès le début, nous avons surtout travaillé avec trois associations
avec trois associations - la plupart d’entre nous avaient déjà
travaillé auparavant avec celle-ci. Ces associations sont « Dimension
de la Psychanalyse », Ecole Lacanienne de Montréal et Topologie En
Extension.».
Nous savons que le risque est grand que les rassemblements émoussent
le tranchant de la psychanalyse, mais tant Freud que Lacan nous ont
montré les implications politiques de la psychanalyse et notamment
celles qui concernent uniformisation et globalisation.
Aujourd’hui il s’agit pour nous de préciser l’enjeu de la psychanalyse
et nos positions face aux questions actuelles et au lien social
actuel. Un premier pas fut donc de créer une association reconnue
comme a.s.b.l. mais avec un fonctionnement et des modalités de
structure.
Il faut dire ici que ce travail de psychanalyse en extension ne fut
pas sans susciter des réactions critiques parmi nous ,quant à la trop
grande part qui était donnée à cette orientation alors qu’il fallait
que la clinique occupe plutôt cette place centrale .Le fait que ces
remarques sont très souvent adressées par des femmes ce qui fut le cas
au sein de notre association,-n’est pas non plus sans poser question.
7. Structure(s)
Dès le départ de notre association, nous avons voulu fonctionner à
partir d’une mise en structure. Ainsi, nous avons, pour la fondation
de l’association, fonctionné en cartels et proposé à ceux qui nous ont
rejoints de s’inscrire également dans des cartels et de faire
fonctionner un inter-cartel. Il est clair que de s’inscrire comme
a.s.b.l. nous confronte à devoir innover par rapport à la structure
binaire (Assemblée générale – Conseil d’administration) dans laquelle
nous nous retrouvons. Freud et Lacan nous ont cependant indiqué
qu’il s’agissait de tenir compte du transfert de travail et que la
question de la sexualité était présente dans les institutions . Lacan
parla ainsi des mamelles de son école – pour parler du cartel et de la
passe – et en effet d’entrée de jeu, nous avons eu à nous positionner
par rapport à la question « du psychanalyste » de l’association. Nous
étions d’accord de poursuivre l’expérience de la passe, mais pour
certains d’entre nous notre trop petit nombre empêchait –pour
l’anonymat et la discrétion- qu’elle puisse s’effectuer au sein de
l’association même. Nous avons donc plutôt encouragé quiconque à soit
faire la passe dans une autre association, soit à faire la passe en
réseau. Cela a été le cas pour deux de nos membres. Dès le départ la
discussion à été engagée sur la proposition de nous inscrire dans la
passe en réseau ,ce qui fut fait .
8. Orientation(s) de travail
Il nous a paru important de commencer à travailler à partir de la
lecture du séminaire de Jacques Lacan sur l’acte psychanalytique et de
suivre cette lecture par l’organisation de nos premières journées de
travail qui auraient lieu chaque année au mois de mars. La lecture de
ce séminaire nous a interpellé car la place que Jacques Lacan donne à
la logique était cruciale et venait là où on aurait pu s’attendre à ce
qu’il n’y ait que de la clinique et de la cure. Le quadrangle présenté
dans ce séminaire nous a ainsi à la fois indiqué le parcours d’une
cure mais également nous a replongés dans le vif du débat concernant
ce qu’il en est du sujet et de l’objet, nos réunions de travail étant
également traversées par le côté « étonnant » des nouvelles demandes,
notamment en ce qui concerne le temps, l’efficacité, …
C’est d’ailleurs ce qui, déjà à cette époque, nous a également
orientés à devoir reprendre des questions posées par la clinique.
Par la suite les thèmes de nos colloques reflètent d’une certaine
façon nos questions :en 2OO6 ‘La clinique’ ,en 2OO7 ‘Ecrire et
écriture’ ,en 2OO8 ‘’Le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même
….et de quelques autres ‘’ et en 2OO9 ‘Le corps’.
Force est de constater que avec le temps il apparaît que nos
différences et nos divergences portent principalement sur le
positionnement de chacun par rapport à la psychanalyse et qu’il en
ressort une série de conséquences tant au niveau du contenu qu’au
niveau d’une présentation. De quel positionnement s’agit-il ? Nous
pouvons le préciser à partir des discussions et des temps de travail
que nous avons ensemble et il apparaît qu’il s’agit là du travail que
nous aurons à faire pour le temps à venir .
Il apparaît que c’est notamment au niveau de l’acte analytique et en
particulier de sa portée clinique , éthique ,politique …que se
présentent de manière différente les engagements .
A ce propos se trouvent également la question de savoir où est la
place que chacun et chacune octroie , donne à sa fonction.A nouveau se
retrouve ce vieux conflit de savoir la place à donner à la théorie et
la pratique ,mais il apparaît qu’il s’agit de plus que cela c’est
véritablement ce qui touche à l’autorisation que chacun se donne et
nous ajouterons à partir de quel expérience .C’est à ce niveau que
se jouera également la question du lien entre l’expérience
individuelle et celle de la situation de la psychanalyse .
9 Psychanalyse et expérience(s)
Les situations de déviations , de transgressions sont de plus en
évoquées par rapport à la psychanalyse .Des publications mais aussi
des associations se sont constituées pour réagir à ces situations .Au
sein même d’Acte Psychanalytique nous avons eu à connaître des
témoignages portant sur certains pratiques ayant lieu au cours de
l’analyse ou durant son interruption .
Le silence qui règne à propos révèle combien ces questions restent
difficiles mais aussi qu’elles portent sur les questions mêmes que la
psychanalyse a découvertes.
Le lien entre l’expérience de la cure et la conceptualisation de la
psychanalyse est également difficile ,et loin d’être univoque …
IL apparaît clairement que toute question théorique ne manque pas de
se trouver chargée de questions et de limites personnelles et pourtant
ce n’est pas toujours le cas que du contraire .
A ce propos il s’agit de prendre en compte que parfois il y a un refus
de présenter un travail parce qu’il s’agit de le présenter devant
d’autres et que se jouent là précisément de pouvoir présenter un
travail ,une position .A ce propos la situation du champs analytique
peut être déterminante .
10. L’Acte Psychanalytique et la situation de la psychanalyse en
Belgique
Comme nous l’avons déjà dit, nos parcours nous ont déjà amenés au
préalable à travailler avec différentes associations et cela n’a pas
été sans rencontrer des situations difficiles – départs, exclusions,
décès, … - qui continuent encore aujourd’hui à être présentes. De
parler de cela ne peut se faire en fait sans parler de certains qui
ont été importants pour nous : Jacques Schotte, Jean-Paul Gilson, José
Cornet, Hervé Coster, François Pouppez , René Lew, Jean-Michel
Vappereau, Jeanne Laffont… . Certains d’entre eux ont également connu
des exclusions ,des rejets…. Et pour certains leurs morts en restent
marqués .
Aujourd’hui ,ces questions extrêmement vives sont toujours
présentes.
Dans ces débats se retrouve très souvent la question du sérieux,du
hors norme et cela suscite des controverses difficiles.
Le travail de la topologie a fait partie des questions qui ont suscité
des difficultés, mais il s’agissait là aussi de ce qu’il en était de
la place des mathématiques dans la pensée et dans les sciences. Faire
de la topologie, c’est aussi de mettre en acte du temps et de
l’espace, ce qui n’est pas sans conséquences sur le travail à
plusieurs. Nous savons que la création de notre association n’est pas
sans risque de rencontrer haine, mépris et ignorance, nous en prenons
acte par ailleurs la situation de la psychanalyse en Belgique ne peut
se lire sans ce qui se passe de la psychanalyse en Europe et surtout
dans le monde.
11. Situation politique belge, européenne et intercontinentale
En Belgique comme dans différents pays d’Europe, nous avons assisté
ces dernières années à des législations portant notamment sur le titre
de « psy ». Pour ce qui concerne notre pays et ce, suite à ce qui
s’était passé en France, c’est-à-dire que l’Etat s’en est tenu à sa
seule politique, sans vraiment tenir compte de la position des
associations de psychanalyse, nous avons participé à la fondation de
la FéBAP afin de constituer un interlocuteur représentatif
. Notre position a toujours été de considérer que la psychanalyse ne
devait pas faire l’objet d’une législation, nous étions avec quelques
associations assez isolés dans cette voie et les débats sont toujours
d’actualité.
Ces réunions nous ont permis de voir combien les associations de
psychanalyse peuvent être prises dans des enjeux sociétaux et surtout
par rapport à ce qui peut être pressenti ou identifié comme menaçant.
Par ailleurs, nos engagements professionnels au sein de structures du
champ psycho-médico-social nous inquiètent également quant à
l’envahissement réalisé par les logiques de gestion et d’évaluation
provenant d’autres continents
12. Situation de la psychanalyse dans le monde
Peut être faut-il rappeler que la majorité des associations de
psychanalyse en Belgique ont leur « maison mère » à Paris ou à
Londres, que la création d’associations mondiales de psychanalyse ont
marqué l’histoire de la psychanalyse de ces 10 dernières années, mais
surtout qu’il existe de véritable orientations psychanalytiques qui
s’excluent les une des autres et pratiquent une politique de la
néantisation.
‘L’excommunication ‘ de Lacan n’est qu’un exemple de ce qui se
passe ,il s’agit de pouvoir tirer les conclusions et les conséquences
de cette situation.
Notre inscription dans les associations collectives commencent à nous
en donner des éléménts d’analyse .
Tant il s’agit de pouvoir faire l’analyse de cette situation tant il
s’agit aussi de pouvoir faire place à ce qui en es dit et en
particulier à partir de ce qu’il en est de vouloir être psychanalyste
et de ce qui peut en être dit à partir de témoignages ou d’autres
dire .
C’est au prix d’y laisser la terreur ,voire la barbarie y prendre
place .
1 3. La passe
Il s’agit en effet de continuer à prendre en compte ce que la passe
continue à susciter, que cela soit au sein même d’association ou dans
la mise en place de passe à plusieurs associations ou en réseau.
Jusqu’ici la passe ne semble pas possible dans l’association, compte
tenu qu’il semblerait bien qu’il y ait la nécessité d’un certain
nombre pour qu’elle soit possible. La passe reste cruciale ,le
témoignage du passage à l’analyste tient d’un acte toujours à
découvrir. La passe porte à conséquence tant pour le passant, que
pour toute l’association qui apparaît jusqu’ici, résultat donc d’un
fonctionnement qui n’est pas sans révéler de nombreuses questions.
De la passe retenons que c’est là que Lacan dit avoir échoué « Donc,
il faut bien que j’innove, puisque cette Ecole, je l’ai loupée,
d’avoir échoué à produire des analyses (A.E.) qui soient à la hauteur
» (1)
Pour rappel « l’A.E. ou analyste de l’Ecole, auquel on impute d’être
de ceux qui peuvent témoigner des problèmes cruciaux aux points vifs
où ils en sont pour l’analyse, spécialement en tant qu’eux-mêmes sont
à la tache ou du moins sur la brèche de les résoudre. Cette place
implique qu’on veuille l’occuper : on ne peut y être qu’à l’avoir
demandé de fait, sinon de forme. »
Deux mois plus tard un A.E. lui demande ce que c’et que d’être un A.E.
à la hauteur à quoi Lacan répond « Eh bien qu’il relise ma Proposition
d’octobre 1967. Il verra que cela comporte au moins qu’on l’ouvre
» (2)
Dans la lettre pour la cause freudienne il répond : « La cause aura
son école. D’où procèdera l’AME de la cause freudienne maintenant.
La passe produira l’A.E. nouveau – toujours nouveau de l’être pour le
temps de témoigner dans l’école soit trois ans. Car mieux vaut qu’il
passe, cet A.E. avant que d’aller droit s’encastrer dans la caste »
Aujourd’hui de nombreuses associations ont rejeté toute forme de «
nomination », or dans la proposition de 67, c’est de cela qu’il
s’agissait .
« Il va s’agir de structures assurées dans la psychanalyse et de
garantir leur effectuation chez le psychanalyste. Ceci s’offre à
notre Ecole après durée suffisante d’organes ébauchés sur des
principes limitatifs. Nous n’instituons du nouveau que dans le
fonctionnement. Il est vrai que de là apparaît la solution du
problème de la société psychanalytique » (3)
14. Le témoignage l’horreur , …
La passe repose sur le témoignage et non un examen, ou sur un travail
de fin cycle. Il s’agit cependant d’un témoignage inscrit dans une
logique particulière puisque dans la procédure le témoignage n’est pas
seul mais se retrouve avec le dire des passeurs et le dire du jury.
Le choix de la dimension de dimension de témoignage me semble crucial,
met en jeu un certain rapport à la vérité. Sans aucun doute se passe
ici ce qui de la loi vient comme fondement, je ne jure pas de dire «
la vérité rien que la vérité », mais j’y ai affaire, mais à quoi ? A
quelque chose qui a à voir avec le témoignage par rapport à la
psychanalyse, à ce qui se passe avec la psychanalyse, avec les
analysants, les analystes, les non-analystes.
La question de l’autorité est présente dans la psychanalyse y compris
dans la formule de jacques Lacan « le psychanalyste ne s’autorise que
de lui-même », même si cette formule existe cela ne permet cependant
pas de faire l’économie de la mise en place d’une institution de
psychanalyste, ni surtout de se retrouver avec ce qu’il en est de
l’acte dont Lacan dit que c’est ce dont le psychanalyste à horreur.
Il y a la quelque chose de mis en jeu, quelque chose à dire de ce que
chacun au point, à la place où il en est, en dit ou pas quelque
chose ,là il y a un point avec ce que chacun peut dire et peut être
tu ou dit, là il peu y avoir refoulement, forclusion ou déni,…
15. La nomination et institution
De plus en plus dans les dispositifs de passe il n’y a plus de
nomination , la plus part des associations de psychanalyse ont
écartées toutes les nominations en justifiant qu’ils voulaient ainsi
écarter toutes possibilités qu’il y ait à nouveau des maîtres ou des
chefs. N’est ce pas au contraire venir à nouveau refuser de se
confronter à cette question ?
N’est ce pas là que se repose la question de ce qu’il en est du
mythe ,des noms –du - père ? De nombreuses questions se posent dès
que l’on parle de la nomination, … des noms, …
Souvent lorsque ces questions sont abordées, elles sont déviées par
ceci que ces questions ne seraient plus à poser car la psychanalyse
est « déjà » devenue une institution.
Le texte de situation de la psychanalyse est particulièrement
intéressant pour cette question d’autant plus qu’il s’inscrit au
moment de l’anniversaire de la naissance de Freud et que aujourd’hui
également nous nous retrouvons à des moments d’anniversaire de la
psychanalyse. L’intérêt de ce texte est de voir ce que Lacan pointe :
les faits de la découverte de Freud au moment ou les patients se
mettent à dire ce qu’il y eu recours à une « troisième oreille » c'est-
à-dire l’affect, le vécu, le pré-œdipien.
Cette troisième oreille concerne en fait le registre de la vérité qui
pour Lacan est à prendre à la lettre parce que « l’homme est dès avant
sa naissance et au-delà de sa mort, pris dans la chaîne symbolique,
laquelle à fondée le lignage avant que s’y brode l’histoire », « cet
extériorité du symbolique par rapport à l’homme est la notion même de
l’inconscient ». Si une écriture comme le rêve lui-même peut-être
figurative, elle est toujours comme le langage à articuler
symboliquement. Si il y a la place pour le regroupement qui s’affirme
comme ordre des sciences conjecturales, il s’agit de prendre en compte
que la conjecture n’est pas l’improbable, les lois de
l’intersubjectivité sont mathématiques. La question est bien celle de
la relation du moi à la vérité et ce qui en fait institution, nous
retrouvons la question de l’infatuation et des questions des logiques
institutionnelles.
Lacan fait apparaître les grades existant à son époque : les
suffisances étant ceux qui se suffisent à eux même et qui n’ont pas
pour rôle d’entraîner, se sera plutôt le rôle des petits souliers,
comme suffisance voilée, catégorie vide seulement habitée, car se
seront les Biens nécessaires qui élèverons l’usage de la parole et
enfin les béatitudes qui seront les portes paroles des suffisances.
Cette situation n’existe-t-elle pas encore aujourd’hui ? L’important
ici est de rester dans ce qui peut-être de la parole, et d’y voire les
logiques en action.
17. Devoir dans le monde ,garanties,valeurs ,….
Dans l’acte de fondation 1964, la question ouverte est celle de la
découverte de la psychanalyse et du devoir dans le monde. La
proposition de travailler en petit groupe mais dans une logique de
cartel qui montre l’importance de l’expérience de la structure et de
ce qu’il en est du travailleur décidé, car ce Lacan veut à
l’encontred’ un « tarissement » de travail. Se pose ici la question
de l’école « dans le sens où dans les temps antiques il s’agissait
certains lieux de refuge, voire bases d’opérations contre ce qui déjà
pouvait s’appeler malaise dans la civilisation ».
Lacan va plus loin : « A nous en tenir au malaise de la psychanalyse,
l’école entend donner son champ non pas seulement à un travail
critique, à l’ouverture du fondement de l’expérience, à la mise en
cause du style de vie sur quoi elle débouche ». Donc, ce que l’école
aurait à faire, c’est la production de psychanalyse, « dusse ce bilan
apparaître comme laissant à désirer ». La proposition d’octobre 1967
(première version) pose dès le début de son texte la question de la
garantie, mais aussi la question qui porte sur la différence de statut
entre AME (ayant une formation suffisante) et AE comme critique
interne
Mais l’autre point important est celui qui concerne la psychanalyse
elle-même et le fait de s’inscrire dans la suite d’une exclusion par
l’IPA – nommé par Lacan ex communication , c'est-à-dire quelque chose
qui s’est passé qui concerne le rien ne vouloir en savoir dont Lacan
indique qu’il y aurait là de l’expérience analytique, un réel, un réel
de l’expérience analytique qui amène, qui conduit à « sa propre
méconnaissance, voire produit sa négation systématique ».
Ce réel de l’expérience analytique se retrouve également dans la fin
de la cure pour Lacan, c’est dans la destitution subjective, de la fin
du procès du psychanalysant que Lacan voit d’où vient la panique,
l’horreur. De ce fait si le principe est que le psychanalyste ne
s’autorise que de lui-même « ce si n’exclut pas que l’école garantisse
relève de sa formation », ce qui pour Lacan ne peut qu’aller au-
delà ,c’est-à-dire devenir responsable du progrès de l’école, devenir
psychanalystes de son expérience même comme pour l’AME ainsi que pour
l’AE celui au quel on impute d’être de ceux qui peuvent témoigner des
problèmes cruciaux au point vif où ils en sont pour l’analyse,
spécialement en tant que eux-mêmes sont à la tache ou du moine sur la
brèche de les résoudre ».
Il ajoute « cette place implique qu’on veuille l’occuper on ne peut y
être qu’à l’avoir demandé de fait, si non de forme ». Il faut noter
ici que Lacan donne une place cruciale au témoignage et au dire de
ceux qui ne veulent pas faire la passe.
Pour Lacan «… le passage du psychanalysant au psychanalyste à une
porte dont ce reste qui fait leur division est le gond, car cette
division n’et autre que celle du sujet dont ce reste est la cause,
l’important porte sur l’expérience de la passe de rendre enfin
véritable les garantie recherchées »mais il s’agit également de
s’interroger sur les liens entre routine de vie et métier…….
Pour Lacan c’est bien l’expérience qui nous permettra de trancher-
encore s’agit-il pour de savoir de quelle l expérience il parle-,de
même lorsqu’il avance que la psychanalyse est une pratique sans valeur
mais pas sans éthique ,il s’agit d’en tirer les conséquences……
Est-ce cela qui nous est également apparu lors de la fin notre
analyse ?ou lors de la conclusion de nos travaux ,ou de no(s)tre
expérience(s) …
.
(1) L’Autre manque 15 janvier 1980
(2) Monsieur A 18 mars 1980
(3) Lettre pour la Cause Freudienne 23 octobre 1980
(4) Proposition d’octobre 1967 sur le psychanalyste de l’Ecole