tr: [Resf] ERDOGAN, HANDICAPE, MENOTTE ET EXPULSE

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katia beudin

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Jan 25, 2012, 11:45:06 AM1/25/12
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En suivant le lien sur l'article de Mediapart,vous trouverez un lien pour signer la pétition pour le retour de la famille Mahmuti.


> Message du 25/01/12 12:38
> De : "MR"
> A : "'resf-adminsite JJ'" , re...@rezo.net, "RESF IDF"
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> Objet : [Resf] ERDOGAN, HANDICAPE, MENOTTE ET EXPULSE
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Sur le blog RESF sur Médiapart :

http://blogs.mediapart.fr/blog/resf/250112/erdogan-handicape-menotte-et-expulse

ERDOGAN, HANDICAPE, MENOTTE ET EXPULSE

Pendant que Sarkozy évoque sa défaite, cest la défaite des droits de lHomme qui se joue une nouvelle fois en France : la famille Mahmuti a  été expulsée le 24 janvier vers la Hongrie puis, probablement, vers le Kosovo.

Pour mieux expulser, Guéant et son sbire, le préfet de lAin, sasseyent sur un jugement de la CEDH et une décision de la cour de justice européenne tout en méprisant la justice française.

Juin 2011, Hauteville (01) 8h du matin : La PAF fait irruption au foyer « Les Sapins » où sont hébergés la famille kosovare Mahmuti et ses quatre enfants, dont un bébé de 10 mois et Erdogan, 16 ans à lépoque, handicapé par une malformation osseuse et qui doit subir une intervention chirurgicale. Devant la détermination du médecin dErdogan, le Dr Virard, et des amis et voisins de la famille, la PAF senfuit.

Philippe Galli, le préfet de lAin qui a commandité cette arrestation, est un grand expulseur devant lEternel  de familles demandeuses dasile: le 20 janvier 2011, il a déjà renvoyé vers dautres cieux déplaisants, où elle risque de terribles représailles, la famille kosovare Spanca et son petit Ledjon de 13 mois.  Et il semble bien décidé à inscrire à son tableau de chasse ces nouvelles et misérables proies et à satisfaire ainsi aux ordres du ministre de la rafle et du drapeau.

Le mardi suivant, aux aurores, cest un mauvais thriller qui se joue sous les yeux effarés des résidents et du personnel du foyer. La PAF est de retour et, pour arrêter la famille, utilise les grands moyens : placages au sol, insultes et menottes.

Il est vrai que les Mahmuti, de dangereux terroristes, méritent un tel traitement : réfugiés en France depuis novembre 2010 , après avoir reçu des menaces de la mafia locale, ils y ont demandé lasile. Pas de chance pour eux : selon le règlement européen Dublin II, ils ne peuvent déposer une demande dasile que dans le premier pays de lUnion par lequel ils ont transité avant leur pays de destination. Et Mme Mahmuti a été contrôlée en Hongrie. Philippe Galli, droit dans ses bottes, malgré la possibilité qui lui est donnée de régulariser la famille, sen tient à la lettre au règlement Dublin II pour rendre à la Hongrie ces demandeurs dasile gênants, trop protégés par la population.

… Pas de chance pour lui : il manque un enfant à lappel lors du rodéo policier. Selina, 9 ans, a réussi à prendre la fuite… Cest donc à une famille amputée de Selina, mais avec un bébé de 10 mois et un adolescent handicapé, que Philippe Galli offre des vacances au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry durant plusieurs semaines de lété 2011.

Enfin, pas de chance… Toujours aussi droit dans ses bottes, Philippe Galli saisit le prétexte de léchappée belle de Selina pour décréter  quil sagit de dangereux délinquants « en fuite ».

En juillet, devant la mobilisation et parce que le délai dexpulsion allait être dépassé, Philippe Galli libère la famille, mais se garde bien de la régulariser, conservant ainsi pendant douze mois la possibilité de lexpulser.  On ne sait jamais : si Môssieur Claude augmente les quotas pour 2012, six personnes, cest toujours bon à prendre … 

Si les Mahmuti sont libérés, ils sont aussi sans hébergement : à leur retour au foyer  où ils vivaient jusquà leur rétention, ils découvrent que celui-ci, sur ordre du préfet, les a rayés des registres, puisquils sont dorénavant considérés comme étant en fuite !

Désormais à la rue avec leur bébé et Selina retrouvée, sans ressources, cest une fois de plus la mobilisation et laction du président de la communauté de communes, le Dr Virard, qui permettront à la famille de retrouver un toit : la municipalité dHauteville leur ouvre un logement inoccupé dans une maison.

Une vie un peu moins précaire commence, les deux aînés sont scolarisés et les Mahmuti participent et font partie intégrante de la vie de la commune, même si, de peur de voir une nouvelle irruption des pandores, tous les soirs au moment du coucher un membre de la famille manque à lappel.

23 janvier 2012 8h du matin : Selina pousse la porte pour partir à lécole, où elle se plaît et apprend le français à toute allure. Mais un homme se tient de chaque côté ; elle est immobilisée, et dautres hommes apparaissent.

Au même moment, le Dr Virard commence ses visites et passe devant le domicile des Mahmuti. Observant une présence inhabituelle, il prévient les citoyens du collectif « Plateau Solidaire ». Quelques minutes plus tard, plusieurs voitures sont garées sur lunique chemin qui mène à la maison.

Les gens assistent à larrestation. Les policiers de la PAF emmènent le fils, qui a été menotté parce quil se débat. Selina est plaquée au sol, immobilisée parce quelle fait une crise de nerfs. Tous les membres de la famille sont placés dans des voitures, sans bagages.  Mais les citoyens indignés refusent de déplacer leurs véhicules. Il faut dire que sur le plateau dHauteville, il y a une longue tradition de résistance. Un garagiste, appelé pour enlever les voitures, refuse de le faire.

Beaucoup de tensions, de pressions, de mouvements. Et il fait froid dehors. Les gens organisent un petit déjeuner. Ils obtiennent que la famille rentre chez elle pendant les négociations. Selina explique à un journaliste comment les demandeurs dasile sont traités en Hongrie, parfois sans nourriture. Elle ne veut pas y retourner. Des élus, le maire de la ville obtiennent lassurance quon va les emmener en rétention et non directement dans un avion. Lavocate est prévenue.

Selina na pas connu le CRA lété dernier, mais elle en a entendu parler. Elle répète quelle préfère mourir. Elle dit aux policiers : « tuez-moi, mais je nirai pas. » Certains policiers sont mal à laise, dautres affirment que la Hongrie est un pays qui respecte les droits de lhomme ( !) Lenfant menace de mettre fin à ses jours au CRA.

Cest sans issue, des amis de la famille aident les parents à calmer leur fille, préviennent la préfecture et le CRA pour que Selina bénéficie dun suivi en rétention. La police fait comprendre aux citoyens mal garés quils seront poursuivis. Un autre garagiste est arrivé qui va enlever les véhicules. Finalement, la mort dans le cœur, les soutiens assistent à lenlèvement de la famille, impuissants, dégoûtés, incrédules...

La famille Mahmuti fait partie de la vie dHauteville. Acceptés par les habitants, soutenus par la commune, ils participent aux jardins collectifs, vivent en bons termes avec chacun. Et si cétait précisément cette solidarité toute simple que le Préfet de lAin voulait punir ?

A 14 h 30, les voitures partent. Tout le monde est atterré. Quaurait-il fallu faire ? Au début, la famille nétait jamais réunie la nuit, il en manquait toujours un. Mais les habitudes dune vie familiale normale ont été les plus fortes. A 16 h 30, le centre de rétention de Lyon Saint Exupéry appelle: ils sont arrivés. Quelques mots de la famille Mahmuti à ses soutiens …

Le soir, lavocate de la famille dépose un référé devant le tribunal administratif, en partie fondé sur une décision de la cour de justice européenne qui, en septembre 2011, précisait quun Etat membre de lUnion européenne, ne peut transférer des demandeurs dasile vers un autre Etat membre « lorsquil y a un risque dune atteinte grave aux droits que la Charte des droits fondamentaux garantit à ces demandeurs dasile ». Et la Hongrie ? La Hongrie nest certes pas, actuellement, le pays le plus protecteur des droits de lHomme…

Mais …

24 janvier : Le tribunal administratif a tenté de joindre la préfecture toute la matinée pour connaître lheure prévue de leur départ, aux fins de se réunir avant, comme cela se fait dordinaire. Mais la préfecture a fait le mort, personne na daigné répondre. Le président du tribunal administratif, lui-même, na pu obtenir dinformations ni même être entendu au téléphone. Quant au CRA, il a préféré faire la sourde oreille, obéissant aux ordres reçus.

11h du matin  ancien aéroport de Bron : toute la famille - avec Selina qui criait la veille quelle préférait mourir, le bébé, Erdogan, ladolescent handicapé - a été embarquée dans un avion spécialement affrété pour elle.

Maître Vibourel, lavocate de la famille, a voulu maintenir laudience au tribunal administratif, qui sest déroulée dans laprès-midi. Le président du T.A ne décolérait pas, non seulement du mépris avec lequel il a été traité par Philippe Galli et ses services, mais aussi de ces techniques dexpulsion express qui font fi du droit.

Les Mahmuti sont quelque part, entre Lyon et la Hongrie, peut-être déjà arrivés dans un pays qui les maltraitera et les renverra vers la mafia kosovare, quils ont fuie.

A Hauteville, révoltée, la population est sous le choc.

Philippe Galli aura bien mérité de son patron, Môssieur Claude, expulseur en chef dun quarteron de préfets tout dévoués à la cause dune xénophobie dEtat et de lidéologie la plus rance quait connue le pays depuis des dizaines dannées … Même si pour cela, il lui aura fallu mépriser la justice et sasseoir sur la récente condamnation de la France par la cour européenne des droits de lhomme de sa politique inhumaine denfermement des enfants, ainsi que sur une décision de la Cour européenne de justice.

Les expulseurs ont encore trois mois devant eux et sen donnent à cœur joie. Ce pouvoir, mené par un Sarkozy à bout de souffle et un Guéant éructant de haine, en est même réduit à ignorer la plus élémentaire notion dhumanité.

 Michel Cabaussel RESF 01 et Nathalie Fessol, RESF en Belgique/RESF Paris




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