LA RÉCESSION N'EST PAS UNE ILLUSION.

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BRUNO LEROY.

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Mar 3, 2009, 11:47:18 AM3/3/09
to ÉDUCATION ET ACTION SOCIALE POPULAIRE.
Le sommet de l'État ne peut plus cacher la réalité : l'économie
française plongera dans le rouge en 2009. Et dans le rouge sombre :
cette année la France détruira de la richesse puisque Bercy prévoit
que le PIB sera en baisse de 1 à 1,5 %. C'est du jamais vu depuis
1945 ! Les dernières crises n'ont pas été aussi violentes. En 1993, le
PIB avait reculé de 0,9 % et de « seulement » 1 % en 1973 avec le
premier choc pétrolier.

Et dire que pas plus tard que l'automne dernier, le gouvernement
espérait une croissance positive comprise entre 0,2 et 0,5 % en 2009 !
C'était sans compter sur l'effondrement des industries pourvoyeuses
d'emplois comme l'automobile, les aciéries ou le secteur du bâtiment
victime de la chute du marché immobilier.

Derrière tous ces indicateurs un peu abscons, une certitude se
dessine : la flambée programmée du chômage. L'Unedic parle de 300 000
chômeurs de plus cette année Seule (et maigre) satisfaction, la France
ne s'en sort pas trop mal dans cette tourmente. Nos voisins européens
devraient voir leur croissance reculer de 2 %. Dans ce contexte, le
Conseil des ministres sera l'occasion de présenter un nouveau budget
car les recettes fiscales seront moins importantes que prévu alors que
les dépenses s'envolent. En effet le déficit de l'État devrait
dépasser 100 milliards d'euros cette année, ce qui équivaut à plus de
5,2 % du PIB a annoncé Éric Woerth, ministre du Budget. L'opposition,
par la voix du socialiste Michel Sapin, a saisi l'occasion pour mettre
en cause la gestion de crise du gouvernement.

Ces chiffres sont « un véritable constat d'échec de la politique
économique du gouvernement et du président de la République, assène-t-
il. Ces nouvelles prévisions du gouvernement montrent ainsi
l'inefficacité de son plan de relance, dont les effets n'évitent pas
un plongeon de l'activité ». La Bourse n'a pas attendu longtemps pour
réagir à ce train de mauvaises nouvelles. Paris (- 4,48% un plus bas
depuis six ans), New York, Berlin… Toutes les grandes places
financières ont dégringolé hier. Pour couronner le tout, les ventes de
voitures neuves se sont encore effondrées en février en Europe : en
France elles ont baissé de 13,1 % et ont reculé de 48,8 % en Espagne !
La pente est raide et la route sera longue…

Et si cette crise économique nous donnait une nouvelle approche dans
nos façons de vivre. Depuis tant d'années nous consommons et consumons
notre existence comme s'il s'agissait de vagues marchandises à jeter.
Mettre à la poubelle aussi bien les objets que les êtres. Telle était
notre manière instinctive de vivre. La crise est désormais devenue
structurelle. Pour rejoindre notre identité face à cette
déstructuration sociétale, il est impératif de solidariser le tissu
social.

Ce long chemin de récession ne pourra s'emprunter sans un retour à la
confiance envers autrui. Non, les autres ne sont pas des ennemis qui
veulent voler votre part de travail. Ils sont autant dans la
souffrance pécuniaire que vous. Lorsque ces paradigmes seront ancrés
indélébilement dans votre cerveau. Vous aurez enfin compris que l'état
de solitude devant une crise qui génère également des problèmes
existentiels, n'est pas la solution idéale.

Ensemble, nous serons plus forts pour combattre la morosité ambiante
qui ne fait que poindre le bout de son nez, pour l'instant. Les temps
deviennent difficiles pour tout le monde et le seront plus encore si
nous lâchons les mains tendues. L'heure est peut-être venue de changer
notre regard intérieur. Si nous tournions davantage nos cœurs vers
l'Essentiel. En détruisant sans regrets le superficiel dont se
targuent encore les millionnaires qui obscurcissent notre planète.
Peut-être que la crise ouvrira les fenêtres de la fraternité. C'est ce
que je souhaite pour traverser cette année marécageuse. Une fraternité
enfin retrouvée dans sa pure expression. Voilà ce qui nous ferait
sortir de nos illusions d'exister que dans un rapport de fric entre
les gens. Puisse-t-il en être ainsi, pour que nous puissions relever
nos manches de citoyens responsables.



Bruno LEROY.

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