NOTRE SOCIÉTÉ NOUS EMPÊCHE DE PENSER !

7 views
Skip to first unread message

BRUNO LEROY.

unread,
Sep 12, 2008, 1:52:08 PM9/12/08
to ÉDUCATION ET ACTION SOCIALE POPULAIRE.
Nous sommes en permanence assaillis par des messages de toute sorte
dont le but est de nous dire comment nous devons penser ou agir :



- ceux des parents, dont le comportement, bon ou mauvais, a
toujours une influence très importante sur celui des enfants, qui nous
imprègne en profondeur dès le début de la vie ;

- celui de l’école, où la personnalité des professeurs, comme
celle des parents, influence beaucoup les jeunes, et où la manière de
présenter certaines matières (histoire, français, philosophie) change
beaucoup la manière dont nous pouvons percevoir les choses ;

- ceux de notre entourage, où se trouvent toujours des
personnes ayant une forte personnalité, et qui, par conséquent, savent
vous faire partager leur manière de penser, et peuvent vous entraîner
dans des actions que seuls vous ne feriez jamais ;

- les informations des medias (journaux, radio, télévision),
qui nous présentent les événements quotidiens et ce qui se passe dans
le monde d’une façon toujours raccourcie, incomplète, avec des titres
accrocheurs, et parfois de manière biaisée ou fausse ;

- la publicité, pour nous faire acheter les produits que les
fabricants veulent nous vendre, même si on n’en a pas forcément
besoin ;

- les films et les séries télévisées, qui nous poussent à
imiter ou copier inconsciemment les manières de faire et de vivre
qu’on y voit (par exemple, dans les séries américaines, les gens sont
toujours en train de boire ou de manger quelque chose, de dire qu’ils
sont désolés, de faire des plaisanteries vaseuses, etc) ;



Bref, à toutes les époques de notre vie, nous sommes entourés de
messages divers, de toute provenance, et alors il y a plusieurs
manières de les assimiler :



quand on est enfant, les parents et l’école devraient d’abord nous
apprendre à réfléchir par nous-mêmes, à forger notre esprit critique,
à acquérir un système de valeurs, et non à nous emplir l’esprit de
connaissances trop étendues ;
si on est paresseux, ou influençable, on se borne à croire tout ce
qu’on nous dit sans trop se poser de questions, et on peut se
retrouver dans la situation d’avoir des opinions différentes à des
moments différents : on a alors une mentalité de « suiveur », on est
d’accord avec ce que dit ou pense la majorité, ou avec celui qui parle
le plus fort ou le dernier, on ne réfléchit pas au fond des choses :
en fait, on n’a pas de jugement personnel, et par conséquent pas de
personnalité propre ;
à l’inverse, on peut avoir une forte personnalité, et exprimer des
opinions que les autres vont se mettre à partager. Si on se contente
alors d’idées simplistes ou fausses, ou de la simple affirmation
égoïste de sa personnalité, on va entraîner derrière soi, sur des
fausses routes, des personnes plus faibles que soi : c’est le cas des
meneurs, des gourous et des chefs de bandes ;
on peut aussi avoir réfléchi à un sujet donné, et avoir une opinion
personnelle, mais sans avoir le courage de l’exprimer si cela diffère
de l’opinion commune, pour ne pas se différencier du groupe auquel on
appartient : penser différemment est souvent difficile car cela peut
conduire à nous mettre en marge, voire nous exclure et nous conduire
vers la solitude.


Pour réfléchir par soi-même de la meilleure façon qui soit, il faut
donc faire preuve « d’esprit critique ». Cela ne veut pas dire qu’il
faut critiquer de manière négative tout ce qu’on voit ou qu’on entend,
ni qu’il faut rejeter tout ce qui ne vient pas de soi uniquement, mais
qu’il faut, à chaque fois qu’on a un doute ou que se présente un
problème nouveau ou important, se mettre à réfléchir, se poser des
questions à soi-même en utilisant les ressources de son cerveau et de
son expérience propre, se renseigner auprès de diverses sources,
questionner les autres en demandant à ceux qui ont des avis différents
de dire pourquoi ils pensent comme cela, et ensuite comparer et se
faire sa propre idée. Il est vrai que cela demande un certain effort,
que ce n’est pas forcément immédiat, que cela peut conduire à entrer
en conflit avec des personnes qui n’aiment pas qu’on pense ou qu’on
agisse autrement qu’eux-mêmes le font.



Réfléchir par soi-même, c’est donc d’abord avoir le courage de se
poser des questions à chaque fois qu’on a un doute, même si cela est
parfois difficile, et essayer de se forger une opinion personnelle en
s’appuyant sur des arguments sérieux, auxquels on a réfléchi, et sur
des valeurs auxquelles on tient. Il faut toujours rejeter, autant
qu’on le peut, la facilité qui nous pousse à nous abriter derrière les
autres, derrière les idées toutes faites, et remettre en question en
permanence les phrases convenues telles que : « on ne va pas se
prendre la tête » ou « à la télé ils ont dit que… » ou encore « C’est
Tartempion qui l’a dit, donc c’est sûrement vrai », « Tout le monde
sait bien que… », etc.



Comment développer son esprit critique ?



Se demander et demander toujours « pourquoi ?»
Etre curieux et ne pas avoir peur de demander aux autres
Ne pas hésiter à poser des questions si on ne comprend pas, même si
tout le monde a l’air de savoir et prend l’air entendu, car beaucoup
font semblant et sont contents que quelqu’un ose poser une question
qu’eux-mêmes n’osent pas poser
Il faut résister au conformisme dans tous les domaines : idées toutes
faites, opinion générale sur un sujet donné, mode, habitudes de
consommation, « politiquement correct », etc
Résister à la facilité de « faire comme tout le monde »
Eviter de généraliser trop vite des cas particuliers, surtout ceux
issus de son expérience propre.
Savoir prendre du recul, s’arrêter un moment pour réfléchir avant
d’agir, ne pas se laisser entraîner à agir sans réfléchir, dans la
fougue de la jeunesse, ne pas juger un acte sur la simple apparence
Essayer toujours de justifier ses opinions par des arguments : je
pense ceci parce que ceci et cela, pour telles raisons. Donner ces
raisons. Une opinion argumentée est toujours beaucoup plus solide et
convaincante qu’une opinion qui ne l’est pas.
Faire preuve de bon sens, chercher ce qui est simple avant ce qui est
compliqué


Qui dit quoi à qui ?

Qui ? Quoi ? Comment ? Où ? Avec qui ? Pourquoi ?



Bruno LEROY.
Reply all
Reply to author
Forward
0 new messages