NOTRE NOËL REFLET DE L'ANNÉE NOUVELLE ?

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BRUNO LEROY.

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Jan 3, 2009, 1:33:59 PM1/3/09
to ÉDUCATION ET ACTION SOCIALE POPULAIRE.
Noël est l'un de ces temps de l'année où le mystère frappe à notre
porte. Villes et villages, un peu partout dans le monde, soulignent
l'événement. Mais il faut bien l'avouer, trop souvent le sens de la
fête est perdu. Et le tourbillon du temps des fêtes en vient même à
lasser les chrétiens et les chrétiennes pour qui cette fête marque
pourtant la naissance de leur Seigneur et Sauveur. La fête de Noël
fait maintenant partie du patrimoine humain. Aucune fête chrétienne
n'a connu une telle popularité, bien que la fête de Pâques soit la
plus grande des fêtes chrétiennes. Un enfant dans une crèche c'est
toujours plus séduisant qu'un homme cloué sur une croix! C'est
pourquoi ce temps de l'année marque une convergence de traditions et
de représentations qui ne semblent pas toujours faire bon ménage les
unes avec les autres.

Pour certains, Noël évoque surtout les souvenirs féeriques, réels ou
imaginaires, des Noëls de l'enfance. Ces souvenirs évoquent souvent
la
nostalgie d'une fête dont on n'arrive plus à retrouver le sens. Les
gens de cette catégorie ont souvent le Noël triste comme l'on dit de
quelqu'un qu'il a le vin triste.


Il y a aussi le Noël des chrétiens, fête de la Nativité, qui n'a de
sens que pour ceux et celles qui croient en l'Enfant-Dieu. Même dans
cette catégorie il y en a qui ont perdu le sens de la fête. Ils
jugent
trop superficiel tout ce qui entoure Noël et ils ont parfois le
sentiment de s'être fait voler leur fête!


Il y a enfin le Noël pour tous, le Noël démocratisé qui remporte la
faveur populaire et qui conjugue sans difficulté la dinde de Noël, la
course effrénée aux cadeaux et, à l'occasion, lorsque le temps le
permet, une messe de minuit.


Pourtant, même ce Noël, que certains appellent le Noël des marchands,
est porteur de sens et rejoint l'être humain dans ses aspirations les
plus profondes par certaines de ses facettes. Il ne faudrait pas
oublier que ce dernier-né des manifestations de la fête de Noël est
marqué profondément par le christianisme. Il ne faudrait pas le
renier
trop facilement et l'envoyer coucher dans l'étable. Ce Noël
sécularisé, celui que nous connaissons tous, est souvent un moment
privilégié pour les réconciliations, l'accueil de l'autre et le don
de
soi. Quoi qu'il en paraisse, le Noël des marchands est souvent un
Noël
de générosité toute simple, sans prétention, par lequel les gens
cherchent à se donner un temps de bonheur ensemble, à faire sens du
temps qui passe en s'ouvrant à l'autre. Et ce bonheur, notre société,
bien qu'elle se veuille laïcisée, elle le trouve près de la crèche.


Le Noël des marchands est une fête qui éveille le goût de donner chez
les gens, surtout de se donner, ce qui explique sans doute pourquoi
Noël est l'un des temps de l'année où les bénévoles se font les plus
nombreux aux portes des organismes caritatifs de toutes sortes. En
dépit de ses dérives, n'est-ce pas là une preuve que le Noël des
marchands est une fête qui est toute proche de ses racines
évangéliques et qui, lorsque bien vécu, peut devenir un prolongement
tout naturel de la célébration liturgique que nous en faisons en
Église.


Et pourquoi ne pas faire de ce Noël 2008 un vrai Noël de marchands,
un
Noël de marchands de bonheur accueillant dans leur maison ceux et
celles qui sont seuls, donnant un peu de nos tables à ceux qui ont
faim, ouvrant nos cours à la réconciliation et au partage. Car n'est-
ce pas là une conséquence inévitable du sens de cette fête. Ceux et
celles qui se mettent à la suite de l'Enfant-Dieu se doivent d'être
habités de sa générosité à Lui, car Noël c'est la fête de la
générosité surabondante de Dieu. C'est Dieu qui se donne à nous!
C'est
Dieu-avec-nous et pour le monde : l'Emmanuel !


Bruno LEROY.

Éducateur-Écrivain et Chroniqueur.


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