Pour détruire une nation : pas besoin d’une bombe atomique !----------Le Phare de 28 Jullet,2017

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Jean Kadima-Schipa

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Jul 27, 2017, 9:23:54 PM7/27/17
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Rubrique : Point chaud
Pour détruire une nation : pas besoin d’une bombe atomique !
Pour détruire une nation, on n’a pas besoin d’armes atomiques ou des
missiles intercontinentaux. Il suffit  seulement de réduire la qualité
de son éducation et permettre aux étudiants de tricher !!! Ainsi, le
malade mourra dans les mains du médecin qui a réussi par fraude… Les
édifices s’écrouleront dans les mains d’un ingénieur qui a réussi par
fraude : en perdra beaucoup des fonds dans les mains d’un comptable
formé dans la fraude. Bref, l’ignorance se répandra parmi la jeune
génération ayant été formée dans la main d’enseignants qui ont réussi
par fraude. On obtiendra la chute de l’éducation qui se traduira par
la chute de toute une Nation ! » Telle est la substance de la lettre
qu’un professeur d’université en Afrique du Sud a écrite pour éveiller
la conscience de ses étudiants.
        La toute dernière publication des résultats de l’examen d’Etat dans
les différentes provinces, à l’exception de celles du grand Kasaï, a
été l’occasion des réjouissances à travers les quartiers des villes et
certaines localités de la République, tout comme dans certains pays
d’Afrique et du monde où existent des écoles secondaires consulaires
congolaises. Selon des bruits provenant de l’Inspection générale de
l’enseignement secondaire, le taux de réussite a dépassé les 87% pour
cette année. Un taux a priori encourageant pour un pays qui vit dans
une crise sociopolitique inédite et jamais vue. Les guerres civiles
qui sévissent partout, particulièrement pour le moment au Nord Est, au
Sud Est jusqu’à atteindre aujourd’hui le centre de la République, et
cela pour la toute première fois depuis la fin des rébellions
mulelistes, des sécessions au Kasaï et au Sud du Katanga.
        Plus de bourses d’études ni des subsides !
Cependant, au-delà de cette performance, la question du niveau de
l’enseignement continue à inquiéter les parents et tous ceux qui
portent un certain intérêt à ce domaine très vital pour n’importe quel
pays au monde. Pour la RDC, c’est au niveau de l’enseignement
supérieur et universitaire que le génocide paraît le plus dévastateur.
        Certes, l’obtention du diplôme d’Etat constitue la condition sine qua
non pour accéder à l’enseignement supérieur et universitaire. C’est ce
qui explique le grand intérêt porté par tous les parents à ce niveau
de l’enseignement et comme le dit un adage universel tiré du livre du
grand penseur italien du 16ème siècle, Nicolas Machiavel, « la fin
justifie les moyens ». Tous les moyens sont mis en branle pour
accompagner l’enfant à franchir cette étape, quel qu’en soit le prix.
D’où l’ouverture de ce que l’on a appelé le système de « maquis » pour
permettre aux élèves de préparer en groupes l’examen d’Etat, parfois
sous la conduite de certains enseignants ou anciens finalistes ayant
satisfait à l’examen d’Etat. Tantôt dans une école privée ou dans une
famille moyennant paiement des frais ad hoc. Dans certaines écoles de
certaines confessions religieuses, notamment les catholiques et les
protestants, l’on organise dès le début du mois de février
l’internement au profit des élèves dont les parents disposent des
moyens conséquents pour subvenir aux frais parfois exorbitants exigés
à cette occasion.
L’histoire n’oubliera jamais que c’est au lendemain de la suppression
des bourses d’études aux étudiants de l’enseignement supérieur et
universitaire vers la fin de la déceninie’80, que le niveau de
l’enseignement à ce niveau a commencé sa chute vers le gouffre. Outre
les bourses, le gouvernement de l’époque est allé loin jusqu’à la
suppression pure et simple des subsides alors régulièrement versés aux
établissements supérieurs et universitaires pour soutenir certaines
charges, notamment le logement, les soins médicaux, la restauration,
l’achat des matériels didactiques, les fournitures de bureau, les
honoraires des professeurs. Voilà la cause de ce génocide
intellectuel. Un ministre décédé  il y a une vingtaine d’années,
s’était même permis de déclarer, pince sans rire et la main sur le
cœur, que ces mesures n’avaient aucun impact sur le niveau de
l’enseignement supérieur et universitaire, car l’étudiant zaïrois
était réputé grand débrouillard.
        Depuis lors, les étudiants se sont transformés en mendiants pour
faire face aux frais académiques, notamment les livres et autres
syllabus, les frais des divers stages, des travaux de fin de cycle,
etc. Que d’étudiants n’ont plus revu leurs parents et autres membres
de famille restés dans les provinces et villages par manque des
billets d’avions ou de trains ! Que d‘étudiants morts suite aux
maladies mêmes les plus banales, faute des soins appropriés. Combien
d’étudiants n’ont-ils pas été obligés de rester accrochés aux homes
par manque des moyens pour se procurer un logement à la fin de leurs
études ! Certains se sont même fait inscrire dans d’autres facultés
pour pouvoir bénéficier du logement en attendant de trouver un bon
samaritain pour l’hébergement.
        L’étudiant congolais est réduit en un simple mendiant  pour survivre
alors que dans des Etats « normaux », leurs collègues africains
continuent à bénéficier des bourses d’études ainsi que d’autres
avantages liés à leur statut.

Le quota régional
        Un autre système qui a joué un rôle néfaste dans le domaine de
l’enseignement supérieur et universitaire était celui des « quotas »
provinciaux ou régionaux. On voyait ainsi des étudiants n’ayant pas
réussi régulièrement aux examens de fin d’année se voir repêchés lors
des séances de délibération au motif de provenir de telle ou telle
province qui n’avait pas pu aligner les mêmes taux de réussite par
rapport à d’autres. L’exemple le plus frappant était celui de la
dernière année de médecine à l’université de Kinshasa, où certains
finalistes ayant obtenu une cote en-dessous de la moyenne pour passer
en dernière année, étaient envoyés reprendre leur année à la faculté
de médecine du campus de Kisangani.
        Dans d’autres facultés, certains étudiants qui avaient obtenu des
cotes d’exclusion, soit 2 sur 20, dans les branches principales
d’option et qui normalement devraient être déclarés ou proclamés «
refusés », ont bénéficié de ce système de quota régional ou provincial
pour passer de classe. Les notes de 2 sur 20 se sont curieusement
transformées en 12 ou 14 sur 20 à l’issue des séances de délibération
auxquelles participaient des agents des services de sécurité mandatés
pour faire rapport à la hiérarchie.
La montée des « indicateurs »
        C’est dans cet esprit que des étudiants réputés médiocres ont été
recrutés comme agents indicateurs pour le compte des « services de
sécurité » pour espionner et surveiller leurs condisciples considérés
comme contestataires ou proches des milieux de l’opposition. Que des
cas n’a-t-on pas déplorés d’étudiants portés disparus sans laisser des
traces ! D’autres plus chanceux ont été sauvés grâce aux interventions
des hommes de bonne volonté jouant des rôles importants au sein du
régime politique de l’époque !
        L’intrusion des services de sécurité a apporté aussi son lot de
médiocrité dans le monde universitaire. Tous les étudiants «
indicateurs » bénéficiaient des traitements de faveur  au niveau des
conseils de délibération envenimant la grogne au sein des communautés
universitaires et tirant par conséquent l’université congolaise par le
bas.

La modicité du budget alloué à l’enseignement supérieur
        Pour satisfaire le régime dictatorial de l’époque, certains esprits
en mal de positionnement n’ont trouvé mieux que de réduire très
sensiblement le budget alloué à l’enseignement supérieur. Abandonné
sans moyens, ce secteur est devenu le parent pauvre de la nation, avec
toutes les conséquences incroyables que l’on déplore à ce jour sur
l’état de la nation. Ainsi donc, les universités congolaises qui
étaient jadis comptées parmi les plus performantes en Afrique, sont
retombées au plus bas de l’échelle. Qui oublie que des Européens,
Américains, Asiatiques, Africains provenant des quatre points
cardinaux de la planète rivalisaient d’ardeur et d’ingéniosité pour
obtenir une inscription dans l’une de deux plus grandes universités de
l’époque, à savoir Lovanium et l’Université Officielle du Congo,
aujourd’hui Unikin et Unilu. Acceptant même de passer une année dans
une école de langue française pour apprendre la langue de Molière,
condition sine qua non pour y être admis.
Qui oublie que les restaurants des étudiants de ces deux universités
présentaient des menus qui n’avaient rien à envier à ceux des grands
hôtels et restaurants de la ville ? Qui oublie que les deux
universités disposaient des formations hospitalières de haut niveau,
car dotées d’infrastructures scientifiques de pointe et surtout d’un
personnel spécialisé et de haute qualité envié sur toute la planète
Terre ? Côté infrastructures, les deux universités n’avaient rien à
envier à leurs semblables au monde. On avait affaire à des centres
universitaires au sens le plus large du terme. Qui y croira
aujourd’hui ?
F.M.
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