La ministre des affaires étrangères suisse, Micheline Calmy-Rey, s'est déclarée prête, lundi 25 août, "à s'asseoir à la table du dirigeant d'Al-Qaida Oussama Ben Laden"
Dans Le Monde du 25 / 08
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… _3210.html
Devant près de 170 ambassadeurs réunis à Berne, la ministre des affaires
étrangères suisse, Micheline Calmy-Rey, s'est déclarée prête, lundi 25 août,
"à s'asseoir à la table du dirigeant d'Al-Qaida Oussama Ben Laden"
pour engager un dialogue. La ministre suisse brise ainsi un tabou, en devenant
la première responsable de la diplomatie d'un pays démocratique à envisager un
dialogue direct avec le chef d'une organisation terroriste. "Le refus du
dialogue est en fin de compte toujours stérile", souligne Mme Calmy-Rey,
pour qui la diplomatie helvétique doit se "battre contre le rejet
simpliste du dialogue", y compris avec "les
"infréquentables".
La Suisse ne dispose pas, comme d'autre pays, de liste d'organisations
interdites. L'appartenance à une organisation considérée comme terroriste, y
compris par l'ONU, n'y est pas pénalement répréhensible, seules les activités
criminelles de membres de ces organisations pouvant être poursuivies.
"Certes, des organisations comme le Hezbollah, le Hamas, [la guérilla
colombienne des] FARC, les [séparatistes tamouls du] LTTE ou [les rebelles
ougandais de] la LRA recourent à des méthodes terroristes que nous condamnons.
Reste que ce sont des acteurs politiques de poids, incontournables dans la
recherche d'un règlement de conflit", a fait valoir la responsable suisse.
"Certains s'indignent en voyant dans ce réalisme une glissade
proto-terroriste. Ne nous laissons pas duper : le dialogue ne conduit pas
inexorablement à accepter l'inacceptable ; comprendre ne veut pas dire excuser
et ne signifie pas complicité", a-t-elle insisté.
CRITIQUES INTERNATIONALES
Avec ces nouvelles déclarations, la responsable suisse devrait s'attirer de
nouvelles critiques. Les Etats-Unis, Israël et la chancelière allemande, Angela
Merkel, ont déjà déploré les relations suisses avec l'Iran, accusé de financer
le terrorisme et de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Les commentaires sur
une visite en mars à Téhéran de Mme Calmy-Rey ont été particulièrement sévères.
Non contente de superviser la signature d'un gros contrat entre deux sociétés
gazières suisse et iranienne, la ministre, la tête voilée, a été photographiée,
souriante, aux côtés du président Mahmoud Ahmadinejad, sous un portrait
monumental de l'ayatollah Khomeiny.
Les autorités colombiennes reprochent aussi régulièrement aux Suisses d'avoir
donné refuge à des responsables de la guérilla des FARC et ont même récemment
mis en cause le rôle du médiateur suisse dans l'affaire des otages. Jean-Pierre Gontard est soupçonné par la justice
colombienne d'avoir remis 500 000 dollars à la guérilla pour la libération de
deux employés du groupe pharmaceutique suisse Novartis en 2001.
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La Suisse apparaît décidemment plus ouverte sur le sujet !!
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