
Merci
Effectivement tout est dit dans cette petite pancarte !
L'article de Libé a l'ai très intéressant mais pour les gens comme moi
qui ne sont pas abonné on ne peut en lire que le tout début.
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Gaby
envoyé : 26 février 2026 à 10:22
de : Didier Vanhoutte <dvanho...@gmail.com>
à : Didier Vanhoutte <dvanho...@gmail.com>
objet : [groupe-NSAE] Droits de l'Homme
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L’institution alerte dans un rapport sur les injustices vécues par les 16-25 ans «perçus comme étrangers», de l’entrée au lycée à la recherche de logement ou l’accès à la santé. Une situation «totalement délétère», dénonce Claire Hédon.

A cinq mois de la fin de son mandat, la Défenseuse des droits, Claire Hédon, publie un rapport dense sur les discriminations vécues par les jeunes de 16 à 25 ans. Il détaille notamment un parcours jalonné de multiples événements perçus comme des injustices lors de la scolarité, de l’accès au logement, des loisirs ou encore de la santé. Autant d’éléments qui contribuent selon l’étude à la persistance d’un manque de confiance – voire de défiance – envers les institutions pour les Français perçus comme étrangers et défavorisés en raison de leur identité ou de leur couleur de peau. L’ancienne journaliste détaille en exclusivité à Libération les contours de ce rapport et formule des recommandations pour sortir de ce constat.
En France en 2026, comment vit-on au quotidien en tant que jeune perçu comme d’origine étrangère ? A quoi ressemble l’accumulation de discriminations que vous décrivez ?
D’abord, il est important de rappeler qu’une discrimination est un traitement défavorable dans un des critères prévus par la loi en raison de son identité, de son orientation sexuelle, de son sexe ou encore handicap. Nous avons souhaité analyser tout le parcours des jeunes, en démarrant par le lycée, l’orientation, la formation, puis les stages, l’arrivée dans l’emploi, l’accès aux loisirs, aux soins, au logement évidemment et la relation avec la police. Ce que nous constatons, c’est qu’un quart des jeunes descendants d’immigrés, de gens du voyage ou originaires d’outre-mer ont vécu ou vivent une discrimination au cours de leur vie.
Toutes nos enquêtes montrent à quel point les discriminations ont un impact sur la santé physique, psychique, sur l’insertion professionnelle, sur la confiance qu’on a en notre société, sur la cohésion sociale. C’est totalement délétère. Très souvent, ces discriminations ne sont pas toutes volontaires, elles sont liées à des préjugés. Nous avons été frappés par le nombre de situations de discriminations dans lesquelles on nous a répondu «on n’est pas racistes», alors qu’en réalité, c’est tout un système qui contribue à cela.
Votre rapport évoque l’école, le logement, l’emploi, la santé, les loisirs, les relations avec la police… Y a-t-il un domaine qui vous a particulièrement frappée par la gravité ou la persistance des discriminations ?
Il y a en effet un continuum inquiétant que ces jeunes expérimentent dès le lycée, puis lors de l’arrivée dans les études supérieures, viennent ensuite les difficultés d’entrée dans la vie active et jusqu’aux loisirs…
Un exemple particulièrement parlant, c’est celui des stages. J’ai vu des jeunes bloqués dans leurs études, en BTS ou en IUT, avec un stage obligatoire qu’ils ne trouvaient pas en raison de leur identité, de leur nom ou parce qu’ils n’ont pas les réseaux qu’il faut. Ils sont issus de quartiers défavorisés où même l’adresse rentre en ligne de compte. Ils sont empêchés de finir leur diplôme parce qu’ils ne trouvent pas de stage. Une de nos recommandations, c’est que la question de l’obligation de trouver un stage ne pèse pas que sur le jeune mais soit partagée avec le lieu d’enseignement et les entreprises concernées.
Vous aviez déjà alerté en 2020 avec un rapport intitulé «Discriminations et origines : l’urgence d’agir». Six ans plus tard, la situation s’améliore-t-elle ou ces discriminations se sont-elles au contraire renforcées ?
Ce qui est sûr, c’est que ça ne s’améliore pas : chez les jeunes, les discriminations sont en augmentation. Je n’ai pas de doute sur le fait que ce soit lié au climat dans la société et à certains éléments du débat public. Je pense que les paroles qui sont dites, la façon dont on parle des jeunes avec des termes méprisants, tout cela est délétère sur leur insertion, leur intégration et leur parcours de vie.
Je pense que nous vivons dans une société qui a peut-être plus de mal que d’autres à reconnaître la réalité des discriminations. Nos valeurs républicaines «liberté, égalité, fraternité» sont fondamentales, mais nous avons du mal à admettre que nous n’y sommes pas tout à fait sur la question de l’égalité. Ce déni est une forme d’atteinte à ce que nous sommes et à notre démocratie
Les jeunes sont la catégorie de population qui perçoit le mieux les discriminations, mais celle qui se défend le moins : seuls 17 % entreprennent des démarches. Comment expliquer ce renoncement, et que dit-il du rapport de cette génération aux institutions ?
Ce qui nous frappe, c’est que lorsque les discriminations ont lieu dans l’emploi, il y a plus de recours, car il y a des syndicats, la médecine du travail, l’inspection du travail : on sait à qui s’adresser. Je pense d’abord que notre institution reste encore mal connue. Mais il y a aussi une perte de confiance dans les institutions. Quand ils nous répondent «en quoi ça va résoudre mon problème de le signaler», c’est qu’ils doutent de nos capacités d’action.
Ce non-recours est beaucoup plus large, il ne concerne pas que les jeunes. Nous avions mené une étude en 2018 auprès des avocats et avocates : 38 % disaient avoir été victimes de discrimination dans les cinq dernières années, 53 % chez les femmes, mais moins de 5 % étaient allés devant les tribunaux ou avaient signalé un cas auprès d’une institution comme la nôtre. Pourtant, c’est un public qui connaît ses droits. Quand nous leur demandions pourquoi ils n’y étaient pas allés, ils nous répondaient «je ne vois pas en quoi ça résout mon problème, là, tout de suite» et avait peur des représailles («je ne veux pas être blacklisté sur la place parisienne, marseillaise ou autre»).
Vous avez découvert que le terme «évictions d’indésirables» est utilisé dans un logiciel de la police nationale pour qualifier certaines interventions visant des jeunes dans l’espace public. Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit ? En quoi cette sémantique donne-t-elle lieu à des discriminations ?
Au début de mon mandat, en 2020, j’ai rencontré des jeunes et des mères de famille qui avaient de grandes piles de contraventions. On se rend rapidement compte que ce sont des amendes forfaitaires délictuelles dont les montants sont autour de 400 à 500 euros, quand ce n’est pas plus lorsque les jeunes ne la payent pas. Certains sont endettés sur des sommes allant jusqu’à 30 000 euros !
On a fait mener un travail de recherche, ce qui nous a permis de découvrir que, dans le logiciel de la police nationale, il était inscrit sur le motif de la main courante «éviction d’indésirables». C’est un terme qui était utilisé dans les années 1930 pour les juifs d’Europe de l’Est, c’est absolument effrayant. Je l’ai signalé au ministère de l’Intérieur et j’ai demandé le retrait de ce terme. Le ministre m’a dit qu’il allait le faire.
On ne peut pas renvoyer à ces jeunes qu’ils sont indésirables, avec tout l’imaginaire qu’il peut y avoir derrière. D’autant qu’une partie de ces verbalisations ont eu lieu pendant l’été. Ce sont des jeunes qui ne partent pas en vacances et qui restent en bas de leurs tours. Ça montre aussi que ce n’est pas qu’aux forces de l’ordre de résoudre cette question de savoir ce que font les jeunes l’été.
Vous demandez aussi la fin de l’amende forfaitaire délictuelle, une amende dressée en flagrant délit par un policier valant condamnation et inscription au casier judiciaire…
L’amende forfaitaire délictuelle peut être contestée. Mais nous avons observé qu’elle l’est très difficilement en réalité. Premièrement, elle est envoyée par courrier simple. Vous vivez dans un quartier avec des boîtes aux lettres défoncées, vous êtes hospitalisé, vous faites partie de la communauté des gens du voyage, vous ne la recevez pas. Deuxièmement, pour la contester, vous devez la renvoyer sur un formulaire précis en recommandé en la consignant – c’est-à-dire en payant une partie. C’est un obstacle important à l’accès au juge, ce qui est pourtant un élément fondamental d’une démocratie.
Après la mort de Nahel Merzouk en 2023, vous écrivez que les mécanismes de discrimination derrière ces révoltes ont été «rapidement éclipsés». Deux ans et demi plus tard, la France a-t-elle tiré des leçons ?
Il n’y a aucun questionnement sur le pourquoi de ces révoltes et sur ce qu’il faudrait faire pour les éviter. Quand je dis ça, je ne justifie à aucun moment la violence. Mais, est-ce qu’on peut se poser la question de ce que vivent ces jeunes ? Pourquoi réagissent-ils ainsi ?
Je pense qu’il faut agir au niveau de la prévention. Notre jeunesse est l’avenir de la nation. La traiter de cette façon-là, pour moi, ce n’est pas acceptable. Elle est de plus en plus mélangée et c’est insupportable pour ces jeunes qu’ils restent perçus comme étant d’origine étrangère et que la seule réponse que l’on ait à leur apporter soit répressive.
Les chiffres de la délinquance chez les mineurs n’augmentent pas mais ce qui augmente, en revanche, ce sont des passages à l’acte plus graves et plus jeunes, et ça, ça doit nous inquiéter. Arrêtons de généraliser et d’en faire une théorie sur l’ensauvagement de notre société. Qu’est-ce que ce terme dit de la manière dont on les regarde ? Il serait temps de changer de discours qui était déjà le même à l’époque romaine. Je trouve plutôt une jeunesse engagée, bien qu’un peu perdue, avec des problèmes de santé mentale aiguë et des difficultés d’accès aux soins.
Vous formulez 56 recommandations. Lesquelles vous semblent les plus urgentes ?
Il faut un observatoire des discriminations de façon urgente au Défenseur des droits, il faut se donner les moyens de mesurer tout cela. Il faut aussi des politiques publiques ambitieuses. La question des stages est centrale, en troisième, mais aussi lors de l’alternance. Ensuite, il faut une traçabilité des contrôles d’identité. On ne peut pas continuer à nier ce problème.
Il y a 47 millions de contrôles d’identité, dont 15 millions sont routiers. Sur ces derniers, les forces de l’ordre sont capables de dire le pourcentage de prise d’alcool, de stupéfiants, de défaut d’assurance etc. Mais sur les 32 millions restants, qui sont des contrôles d’identité purs, nous n’avons aucun élément.
Il faut de la traçabilité pour qu’il puisse y avoir des recours possibles, il faut un meilleur contrôle des parquets et une meilleure formation des forces de l’ordre, car on ne peut pas continuer à avoir 32 millions de contrôles d’identité tous les ans. Quel est l’intérêt ? C’est souvent la première relation des jeunes avec les forces de l’ordre et l’enjeu de la confiance entre la police et la population est essentiel.
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