Comparer Hitler à qui que ce soit dans une relation de “reconnaissance” ou de dette politique, même en analogie, transporte la figure de Hitler et la Shoah dans un cadre politique abstrait où elles servent de repère de mesure. Dès lors que Hitler/Shoah sont utilisés dans une analogie politique (plutôt que pour parler des faits historiques précis), on risque de les réduire à une métaphore générale de “méchanceté extrême”, sans engagement avec la spécificité historique des crimes nazis.
Ainsi, comparer Poutine à Hitler pour les nationalistes ukrainiens, comme on comparerait Hitler aux sionistes, banalise la Shoah (au sens de réduction à une figure rhétorique) et les crimes nazis, au point de les utiliser comme mesure abstraite de reconnaissance politique.
Historiquement, les nationalistes ukrainiens du XXᵉ siècle ont eu des relations extrêmement ambivalentes avec les nazis (collaboration de certaines organisations, comme l’OUN‑B, mais aussi résistance et persécutions internes), ce n’est pas un terrain simple ni neutre pour tirer une analogie morale.
https://books.openedition.org/psorbonne/53608?lang=en
https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/russes-et-ukrainiens-les-freres-inegaux/
https://www.revue-etudes.com/article/y-a-t-il-une-culture-ukrainienne/24360
Les Ukrainiens et les Russes n'ont jamais formé un seul peuple dans le sens strictement ethnique ou culturel. L'identité ukrainienne s'est construite autour de la langue ruthène (ancienne ukrainienne) et d'une histoire distincte, notamment sous l'influence polonaise et lithuanienne. En revanche, l'identité russe s'est développée autour de Moscou et du tsarat russe. Dès le XVIIe siècle, lors du traité de Pereïaslav (1654), l'Ukraine a été partiellement intégrée à l'État russe tout en conservant une certaine autonomie. Cette autonomie a été progressivement supprimée sous Catherine II au XVIIIe siècle.
L'idée d'une unité naturelle entre Russes et Ukrainiens est un mythe souvent utilisé à des fins politiques. Elle est liée à une conception impériale russe qui considère les Ukrainiens comme une composante régionale du "peuple panrusse". Cette vision a été renforcée par des politiques d'assimilation culturelle, telles que la suppression de l'usage de la langue ukrainienne au XIXe siècle.
https://sms.hypotheses.org/29931
Vladimir Poutine utilise ce mythe pour justifier ses ambitions géopolitiques envers l'Ukraine.
Historiquement, les Russes et les Ukrainiens ont partagé certains éléments communs mais ont suivi des trajectoires distinctes depuis plusieurs siècles. L'idée qu'ils forment un seul peuple est une simplification idéologique qui ignore les processus complexes de construction nationale et culturelle propres à chaque groupe. Le rapport russo-ukrainien frappe par son asymétrie et par l’incapacité de la Russie à accepter l’Ukraine comme une identité à part, un Etat souverain et une nation égale en droit et en histoire.
Bonan posttagmezon.
Fabien.
Le ven., mai 8, 2026 à 13:51, 'Djemil Kessous' via edefrance-discussions<edefrance-...@googlegroups.com> a écrit:
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