Loi Yadan : «Un jour, ces moyens de surveillance seront utilisés par un dictateur», prévient Marc Trévidic

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Franco Carminati

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Apr 16, 2026, 9:35:38 AM (3 days ago) Apr 16
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Ci-dessous un article de « Libération ».

A noter que la pétition contre ce projet ne fera pas l’objet d’un débat à l’assemblée pour les motifs suivant :

Débattre de la pétition serait « une redondance inutile », a défendu le député macroniste des Hauts-de-Seine Pierre Cazeneuve, en rappelant que la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan (Renaissance), élue dans une circonscription des Français de l’étranger, et soutenue par le gouvernement doit être examinée à partir de jeudi dans l’hémicycle. Le débat sur la pétition serait « d’une portée bien moindre », a-t-il ajouté, en précisant qu’il ne permettait ni « d’amender, d’avoir un débat contradictoire » ni de voter, contrairement à l’examen du texte lui-même.    

Sauf que ne pas retenir une pétition de cette importante montre que les « représentants » se sentent autorisés à débattre sans tenir compte de ce qui semble pourtant être un sentiment important et très probablement majoritaire dans la population.
Encore une fois, bonjour la démocratie !



Loi Yadan : «Un jour, ces moyens de surveillance seront utilisés par un dictateur», prévient Marc Trévidic

 
L’ancien juge antiterroriste s’inquiète, dans une interview pour «l’Humanité», des dangers d’une proposition de loi aux contours encore flous. Le texte, porté par la députée Renaissance, est sous le feu des critiques avant son arrivée jeudi 16 avril dans l’hémicycle.
 
Pour Marc Trévidic, «il faut pouvoir condamner les crimes d’un régime sans pour autant appeler à la destruction de l’Etat».
Pour Marc Trévidic, «il faut pouvoir condamner les crimes d’un régime sans pour autant appeler à la destruction de l’Etat». (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)

Publié le 15/04/2026 à 13h16

Rares sont les lois qui suscitent autant la controverse. Celle qui vise à «lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme», dite «loi Yadan» bat tous les records. En quelques semaines, la pétition à son encontre a recueilli le seuil fatidique des plus de 500 000 signatures (plus de 700 000 à la veille de son examen à l’Assemblée). Interrogé dans l’Humanité, le magistrat Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste, se joint aux contestations, voyant dans le texte une porte d’entrée à toutes les dérives. La loi, portée par la députée de la circonscription des Français de l’étranger couvrant Israël, Caroline Yadan (Renaissance), propose notamment d’élargir les délits de «provocation à des actes terroristes» et «d’apologie publique d’actes de terrorisme», instaurés par la loi de novembre 2014, en y ajoutant la notion très imprécise de «provocation implicite». Un encadrement flou qui interpelle Marc Trévidic qui dénonce «l’arbitraire le plus total».

Une proposition de loi aux contours flous

Juge d’instruction au pôle antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris entre 2006 et 2015, Marc Trévidic a constaté, dans l’exercice de ses fonctions, l’approximation de la notion de «délit d’apologie du terrorisme» : «On poursuit à peu près tout et n’importe quoi dans cette rubrique.» Et l’ajout de «provocation implicite» rend impossible son travail de juge, «il va falloir que j’essaie de savoir ce qu’a voulu dire une personne, […] je n’ai pas les moyens d’entrer dans le cerveau des gens, moi». Or, pour être appliquées sans ambiguïté, les lois doivent être très clairement et explicitement définies. Pour Marc Trévidic, une chose est sûre : «Si vous prenez dix juges, et que les dix peuvent avoir une vision différente de l’infraction pénale en question, c’est qu’il y a un problème.»

Et la mesure déposée par Caroline Yadan en novembre 2024 – avant d’être remaniée – présentait d’autres difficultés encore. A commencer par la mention d’«Etat». Auprès de Libé, l’avocate en droit pénal international soulignait l’imprécision de cette notion dont «le droit français ne donne aucune définition». Comprendre : l’existence d’un Etat n’est pas conditionnée par sa reconnaissance. Une approximation levée par l’assemblée générale du Conseil d’Etat qui a prescrit, en mai 2025, «de définir l’Etat auquel se réfère l’infraction comme étant tout Etat reconnu par la France, renvoyant ainsi à une notion précise et déterminée».

«Condamner les crimes d’un régime sans pour autant appeler à la destruction de l’Etat»

Au-delà des approximations de ce texte de loi, cette mesure, poursuit Trévidic, n’aidera en rien la lutte contre le terrorisme. Selon lui, une seule manière est efficace pour le combattre : «En cherchant les coupables, même des années après, quelle que soit leur obédience, et en les amenant devant les tribunaux.» Pas en interprétant le contenu d’une déclaration, donc et «pas en transformant les magistrats en censeurs de la pensée».

Si l’auteur de la pétition qui s’élève contre la loi Yadan, un ingénieur de 26 ans, dénonce un texte qui contraindrait la justice française à opérer «un amalgame entre antisémitisme et antisionisme», Marc Trévidic souligne l’importance de la distinction à faire entre l’Etat d’Israël et le gouvernement Nétanyahou. «Il faut pouvoir condamner les crimes d’un régime sans pour autant appeler à la destruction de l’Etat», insiste-t-il. Et d’ajouter : «Parce qu’on a un cerveau, on a le droit de se poser la question : est-ce que ce n’est pas la politique de Nétanyahou qui favorise, éventuellement et malheureusement, une poussée de l’antisémitisme ?»

«Une menace pour nos libertés»

Si la loi est adoptée, il s’inquiète des potentielles dérives qu’elle pourrait engendrer à l’avenir : «Quel sera le contexte géopolitique dans dix ans ?»  Aujourd’hui, le texte prend implicitement pour cible les réactions au conflit israélo-palestinien, mais rien ne contraint l’article à ce contexte, «C’est tout le problème de cette notion d’implicite, explique le juge. Actuellement, on focalise sur l’antisémitisme, mais cette loi pourrait demain être utilisée pour tout autre chose.»

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«Je fais du pénal depuis des années, je sais quand une loi est dangereuse. On peut être apolitique et dire que ce texte est une menace pour nos libertés», insiste celui qui est désormais président de chambre à la cour d’appel de Versailles. L’absence de cadre concret, de contexte et de termes précis ouvre la porte à tout détournement, difficile à éviter une fois la loi adoptée. A la veille de l’examen du texte dans l’hémicycle, le diagnostic de Trévidic est sans appel : «Un jour, ces textes et ces moyens techniques de surveillance seront utilisés par un dictateur, et la France ne sera plus une démocratie.»

https://www.liberation.fr/politique/loi-yadan-un-jour-ces-moyens-de-surveillance-seront-utilises-par-un-dictateur-previent-marc-trevidic-20260415_BDIRS2SSZZBRBNFHDHCQG5Z2KU/

 

Fotoula Ioannidis

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Apr 17, 2026, 2:12:45 AM (2 days ago) Apr 17
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Les macronistes ont retiré ce projet de loi yadan qui ne sera pas discuté,  belle victoire pour toutes les personnes mobilisées avec une pétition de + 700 000 signatures 

Continuons le combat,  le pouvoir est dans les rues  plus que jamais 


Le jeu., avr. 16, 2026 à 15:35, 'Franco Carminati' via Alerte Otan
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