Emeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 : Le RNDDH présente un bilan des dégâts enregistrés *RDNP 001News <r.benodin@gmail.com>

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Jul 25, 2018, 3:52:08 PM7/25/18
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Emeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 : Le RNDDH présente un bilan des dégâts enregistrés  *RDNP 001News <r.be...@gmail.com>

24 juillet 2018

 

Sommaire                  Pages

I. Introduction                                                                         2

 

II. Méthodologie                                                                     2

 

III. Conditions générales de vie de la population                  2

 

IV. Faits antérieurs : Destruction de maisons à Pèlerin 5      4

 

V. Faits : Emeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018                           5

 

VI. Bilan des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018                     6

 

1. Personnes tuées                                                                    6

 

2. Véhicules vandalisés ou incendiés                                     7

 

3. Entreprises endommagées                                                  7

 

A. Entreprises endommagées – Bâtiment unique                 7

 

a) Entreprises privées ayant essuyé des attaques                   8

b) Entreprises privées ayant été pillées                                   8

c) Entreprises privées incendiées                                             8

 

B. Entreprises endommagées – Centres commerciaux          9

 

C. Institutions publiques endommagées                                10

 

4. Exemples d’entreprises endommagées relevés par le RNDDH    10 

 

5. Situation de tension à la Prison civile de Port-au-Prince  13

 

VII. Faits subséquents                                                            14

 

1. Appel au calme du président de la République                 14

 

2. Interventions à la presse du Commissaire du gouvernement    14

 

3. Personnes arrêtées                                                                15

 

4. Démission du premier ministre                                            17

 

VIII. Commentaires                                                                  17

 

I. INTRODUCTION

Les 6, 7 et 8 juillet 2018, des émeutes ont éclaté dans plusieurs villes du pays, suite à la décision du gouvernement MOÏSE / LAFONTANT, d’augmenter substantiellement les prix des produits pétroliers. 

 

Les pertes humaines et matérielles, résultant de ces émeutes sont énormes. 

 

Interpellé par la situation, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a diligenté une enquête autour de ces événements et se propose de partager avec tous ceux que la question intéresse, les résultats de ses investigations. 

 

II. METHODOLOGIE 

 

Dans le cadre de cette enquête, le RNDDH a rencontré des riverains ainsi que des autorités policières, judiciaires et pénitentiaires. L’organisme de droits humains, après avoir sillonné diverses artères des communes du département de l’Ouest, s’est rendu dans vingt-neuf (29) espaces dont vingt-et-une (21) entreprises commerciales et huit (8) centres commerciaux où il s’est entretenu avec des responsables et certains employés. 

 

Certaines personnes arrêtées ont aussi été rencontrées dans leur lieu d’incarcération et les informations relatives à leurs conditions d’arrestation, de rétention et de détention ont été analysées. 

 

De plus, le RNDDH s’est rendu à Pèlerin 5 où il s’est entretenu avec des propriétaires de maisons démolies. 

 

III. CONDITIONS GENERALES DE VIE DE LA POPULATION 

 

A la veille des émeutes enregistrées les 6, 7 et 8 juillet 2018, la situation générale des droits humains en Haïti est préoccupante. Les droits à la vie, à la santé, au travail, au logement, à la sécurité sociale et à l’éducation de la population sont constamment foulés aux pieds. 

 

La sécurité générale du pays est très précaire. Les luttes hégémoniques entre gangs armés se sont intensifiées et les cas d’assassinat augmentent. Selon les dernières estimations de la Commission Episcopale Nationale Justice et Paix (CE-JILAP), du 1er janvier au 8 juillet 2018, au moins trois cent-dix (310) personnes ont été tuées par balles, soit en moyenne quarante-quatre (44) personnes par mois. 

 

De plus, le taux de chômage oscille en Haïti entre 70 et 80 %. Conséquemment, plus de 24 %  de la population totale haïtienne vit dans des conditions d’extrême pauvreté avec moins d’un dollar américain par jour et 70 % de la population patauge dans la pauvreté. 

 

Par ailleurs, huit (8) ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, plus de cinquante-quatre mille cent-soixante-quinze (54.175) personnes vivent encore dans les camps, sous des tentes sales, dans des conditions infrahumaines et se battent pour vivre au jour le jour. 

 

Les produits de première nécessité sont inaccessibles pour cette frange de la population. Et, leur prix est instable en raison de la non-productivité du secteur agricole et de l’influence du dollar américain sur le marché haïtien, non supervisé par les autorités compétentes en la matière. 

 

Ces conditions de vie ont engendré plusieurs mouvements de protestation au cours de ces dernières années. Les revendications se résument en fait à exiger le respect du droit à un niveau de vie suffisant pour tous les citoyens haïtiens, la création massive d’emploi et un salaire minimal qui prend en compte la cherté de la vie.  

 

Ces mouvements de protestation n’ont jamais été pris en compte sérieusement sinon qu’ils ont seulement donné lieu, lors des dernières campagnes électorales, à des discours populistes, sans aucun plan de mise en œuvre et sans programme incorporé dans une politique publique définie dans le strict respect des droits humains. 

 

Les promesses faites par les autorités de s’attaquer aux problèmes liés directement à la jouissance par les haïtiens, de leurs droits économiques et sociaux sont restées lettre morte et les conditions de vie de la population s’aggravent chaque jour. 

 

En proie à des grèves en cascade et à des mouvements de protestation récurrents, l’université d’Etat, les hôpitaux publics, les établissements scolaires publics ainsi que certaines institutions publiques telles que l’Office d’Assurance Véhicules Contre Tiers (OAVCT) et le Ministère des Affaires Sociales et du Travail, sont dysfonctionnels. 

 

Le rapport du RNDDH portant sur la première année de présidence de Jovenel MOÏSE fait état de la non-jouissance des droits économiques et sociaux par le peuple haïtien. Ce rapport a mis en exergue le fait que le 1er août 2017, le salaire minimum a été fixé à trois cent-cinquante (350) gourdes soit un peu plus de cinq (5) dollars américains par jour, ce qui constitue une pitance pour les familles haïtiennes, composées en moyenne de cinq (5) personnes. 

 

Il est donc clair que la population n’a pas accès au travail, à la santé ou à l’éducation. Et, la ratification du Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels n’aura jusqu’à date eu, aucune incidence sur les conditions générales de vie en Haïti. 

 

Par ailleurs, au fil des années, il est reproché à l’Etat haïtien de cautionner une mauvaise répartition des richesses du pays, favorisant une classe (très) minoritaire au détriment du reste de la population. Certains affirment même qu’Haïti est en fait gouvernée par ce clan qui garde la mainmise sur les richesses du pays, occupe tous les couloirs du pouvoir sans pourtant faire de la politique active. Ils financent les campagnes électorales et exigent en contrepartie, des coudées franches pour le développement et l’expansion de leurs entreprises personnelles. 

 

C’est pourquoi, lorsque de manière fortuite, une lettre s’est mise à circuler sur les réseaux sociaux selon laquelle, les autorités étatiques ont été invitées par le Fonds Monétaire International (FMI), à mettre fin à la subvention des produits pétroliers, des commentaires acerbes orientés vers le gouvernement et vers cette classe incriminée, ont circulé sur les réseaux sociaux, menaçant de s’en prendre aux « riches » du pays, si jamais le prix des produits pétroliers venait à augmenter.  

 

IV. FAITS ANTERIEURS : DESTRUCTION DE MAISONS A PELERIN 5 

 

Parallèlement, - et apparemment sans connexion aucune avec les conditions générales de vie de la population - le 3 juillet 2018, le commissaire en chef du parquet près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Clamé Ocnam DAMEUS adresse au directeur départemental de l’Ouest de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Berson SOLJOUR, une correspondance pour le moins insultante et discriminatoire vis-à-vis de la population haïtienne, dans laquelle, il l’informe : 

 

« Que le parquet a reçu une requête du directeur général de la Direction Générale des Impôts (DGI) en date du 2 juillet 2018, dénonçant des individus qui occupent de manière illégale des espaces faisant partie intégrante des domaines privés de l’Etat ; Que l’espace occupé illégalement se trouve à proximité de la résidence officielle de la famille présidentielle ; Que l’occupation illégale de cette portion de terre, menace la vie et la sécurité de la famille présidentielle ; Que par conséquent, toutes les mesures jugées utiles et nécessaires doivent être prises pour que ces occupants illégaux du domaine privé de l’Etat soient immédiatement délogés, et que la sécurité des honnêtes gens de la zone soit convenablement assurée. » 

 

Toujours le 2 juillet 2018, vers 2 h 45 de l’après-midi, des individus se rendent à Pèlerin 5 et inscrivent sur les façades principales de trente-quatre (34) maisons, « DGI – à démolir »

 

Le 3 juillet 2018, autour de 3 h de l’après-midi le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Clamé Ocnam DAMEUS, le secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Ronsard ST-CYR, le directeur départemental de l’Ouest de la PNH, Berson SOLJOUR, accompagnés de nombreux agents de l’Unité Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO) se sont transportés à Pèlerin 5 en vue de démolir les maisons jouxtant la propriété du président de la République. 

 

Des employés de la mairie de Tabarre munis de divers équipements lourds les accompagnaient aussi. Ces derniers ont été invités à agir en dehors de leur commune parce que – vraisemblablement - la maison qu’occupe le président et sa famille appartiendrait (ou appartenait selon les rumeurs qui veulent que le président ait acheté la maison en question), à Yves LEONARD, un homme influent à la mairie de Tabarre. 

 

Ils ont commencé à démolir une maison appartenant au sieur Délinois FLEURISIER. Ce dernier, qui affirme avoir acquis le terrain depuis 2012, n’était pas sur les lieux au moment de la démolition. Les autres propriétaires, ayant remarqué que la maison de leur voisin était en train d’être démolie, se sont précipités chez eux et ont emporté ce qu’ils pouvaient pour les placer chez des amis dont les maisons sont éloignées. Ce jour-là, les opérations de démolition ont continué jusqu’à 2 heures du matin. 

 

Ce jour-là, sept (7) des trente-quatre (34) maisons ciblées ont été démolies. 

 

Le 4 juillet 2018, des employés de la compagnie Electricité d’Haïti (ED’H) ont désinstallé les poteaux électriques et les transformateurs qui alimentaient ces trente-quatre (34) maisons portant l’inscription « DGI – à démolir », ils les ont entreposés sur le sol et ont emporté les câbles de hautes tensions et les compteurs. 

 

Une grande partie de la communauté haïtienne s’est sentie touchée dans cette opération qui ne visait que quelques citoyens. Conséquemment, la grogne sociale a augmenté, ajoutant à l’exaspération de la population haïtienne vis-à-vis des autorités étatiques qui, au lieu de l’aider à sortir du marasme dans lequel elle patauge, détruit au contraire le peu de moyens qu’elle dispose. 

 

V. FAITS : EMEUTES DES 6, 7 ET 8 JUILLET 2018 

 

Le 6 juillet 2018, un document signé par Jude Alix Patrick SALOMON, ministre de l’économie et des finances et par Pierre Marie DU MENY, ministre du commerce et de l’industrie, circule sur les réseaux sociaux. Il informe que : 

 

Conformément à la loi du 9 mars 1995 instituant le Droit d’Accise Variable sur les produits pétroliers, les Ministères de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie avisent le public en général, les importateurs, les distributeurs et les consommateurs de produits pétroliers en particulier qu’à partir du 7 juillet 2018, les prix en vigueur sur le territoire national sont fixés comme suit : 

 

GAZOLINE GASOIL  KEROSENE  309 gourdes 264 gourdes 262 gourdes

 

Le même jour, un mouvement de protestation spontané est enregistré dans plusieurs villes du pays. Des pneumatiques enflammés sont placés sur les autoroutes et dans plusieurs voies secondaires. Des pierres et des tessons de bouteille sont lancés en direction des véhicules qui circulent. La population exige que le gouvernement revienne sur la décision d’augmenter les prix des produits pétroliers. La terreur s’installe. Plusieurs personnes qui ont été surprises par le mouvement sont obligées d’abandonner leurs véhicules et de rejoindre leur maison, à pieds. D’autres ne rejoindront leur maison que le lendemain. 

 

Le 7 juillet 2018, tôt dans la matinée, des barricades enflammées sont encore une fois dressées dans les rues. Le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) au complet, - le premier ministre, Dr. Jacques Guy LAFONTANT, le ministre de la justice et de la sécurité publique, Me Jean Roudy ALY, le ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales Jean Marie Reynaldo BRUNET, le directeur général de la PNH, Michel-Ange GEDEON et l’inspecteur général en chef de la PNH Ralph Stanley Jean BRICE -  fait, à partir des plateaux de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH) une adresse à la Nation. 

 

Le premier ministre, intervenant au nom du Conseil, « regrette les mouvements de protestation enregistrés au cours des dernières heures et affirme que les prix des produits pétroliers ne subissent pas en fait une augmentation car de 2010 à 2018, les produits pétroliers ont été subventionnés par l’Etat haïtien pour plus d’un milliard de dollars américains. Ce montant, selon lui, aurait pu être investi dans des actions de développement. 

 

Il annonce, entre autres, la diminution du train de vie des membres du gouvernement, l’intensification des programmes sociaux comme Kore Peyizan, Ti manman cheri, etc. »

 

Quelque temps après, le mouvement de protestation dans la capitale et ses villes avoisinantes prend une autre tournure. En plus des pneumatiques enflammés et des barricades placées sur les routes, des véhicules sont systématiquement incendiés. Des entreprises privées et des institutions publiques sont attaquées, pillées, incendiées et des tirs d’armes automatiques sont enregistrés. Le pays est en feu. 

 

Les revendications des manifestants se modifient. Ils réclament le départ du président Jovenel MOÏSE et de son gouvernement en bloc.  

 

Dans les villes de province, la situation est similaire à celle qui prévalait le 6 juillet 2018 à Port-au-Prince : 

 

Au niveau des départements des Nippes, du Sud, de la Grand-Anse et du Nord, des routes sont barricadées par des pneumatiques enflammés.   Dans le département de l’Artibonite, le prix du gallon de gazoline se vendait déjà à cinq cents (500) gourdes.   Toutes les activités étaient paralysées à l’île de la Gonâve. 

 

De plus, des manifestations de rues et des tentatives de pillage sont enregistrées à Jérémie, dans le département de la Grand-Anse et au moins une scène de pillage est enregistrée à Mirebalais, dans le département du Centre.  

 

VI. BILAN DES EMEUTES DES 6, 7 ET 8 JUILLET 2018

 

Le bilan ici présenté est partiel. Il combine les informations fournies au RNDDH par les autorités rencontrées et les constats faits par l’organisation elle-même. 

 

1. Personnes tuées 

 

Les 6 et 7 juillet 2018, au moins vingt (20)1 personnes ont perdu la vie et au moins un enfant a été blessé. 

 

Parmi les personnes tuées, les cadavres de cinq (5) ont été retrouvés à Pétion-ville et ceux de quatre (4) autres, à Delmas. 

 

Onze (11) personnes ont pour leur part été tuées dans les autres communes du département de l’Ouest et ces cadavres ont été découverts dans certains lieux incendiés.  

 

Deux (2) jeunes ont été tués par les agents de sécurité, au deuxième (2ème) étage du magasin Belvédère, situé à l’angle des rues Clervaux et Chavannes, à Pétion-Ville.

 

Le corps sans vie d’un individu a été retrouvé à l’entrée du supermarché Extra Market situé à la rue Fernand de Beaudiere, Pétion-Ville.  

 

Le corps d’un jeune homme a été découvert, au niveau du rond-point à proximité du marché de Pétion-Ville. Il est présenté par plusieurs riverains comme un individu souffrant d’un handicap mental, qui fréquentait régulièrement le quartier où son cadavre a été retrouvé. 

 

A Delmas, un agent de la PNH a été tué. 

 

L’enfant victime a été blessé à Petit-Goâve.  

 

2. Véhicules vandalisés ou incendiés 

 

Selon le bilan partiel présenté par les autorités policières, cinquante-deux (52) véhicules au moins ont été incendiés. Parmi eux, deux (2) appartiennent au commissariat de Pétion-Ville. 

 

De plus, les pare-brises de quatre (4) autres véhicules du commissariat de Pétion-ville ont été cassés. 

 

Cependant, dans le cadre de son enquête, le RNDDH a recensé soixante-seize (76) véhicules incendiés dont cinquante-deux (52) garés sur les cours des entreprises commerciales et vingt-quatre (24) véhicules neufs exposés dans deux (2) showrooms de la Universal Motors, localisée au Boulevard Toussaint Louverture, Route de l’Aéroport, et à Pétion-Ville. 

 

Les véhicules vandalisés en rue ne sont pas pris en compte dans ce bilan. 

 

3. Entreprises endommagées 

 

Au moins quatre-vingt-quatre (84) entreprises privées et cinq (5) institutions étatiques ont été pillées et / ou incendiés. 

 

Cependant, le RNDDH les a réparties en Entreprises endommagées – Bâtiment unique, Entreprises endommagées – Centres commerciaux et Institutions étatiques. 

 

A. Entreprises endommagées – Bâtiment unique 

 

Dans cette catégorie, on retrouve les entreprises privées, victimes des événements des 6, 7 et 8 juillet 2018, dont les locaux ne sont pas situés dans un centre commercial. Trente (30) d’entre elles ont été recensées par le RNDDH. 

 

a) Entreprises privées ayant essuyé des attaques 

 

Au moins onze (11) entreprises ont essuyé des attaques. Huit (8) d’entre elles ont des vitres cassées et tentative d’incendie a été perpétrée contre trois (3) autres. Il s’agit : 

 

De la Radio Scoop FM, située à Pétion-Ville

De l’Imprimerie Eclair, situé entre les rues Pinchinat et Clerveaux, Pétion-ville

De Vèvè collection, situé entre les rues Pinchinat et Clerveaux, Pétion-ville

CKT centre de danse, Pétion-ville 

L’Hôtel Oasis, Pétion-ville

L’Hôtel Best western, Pétion-ville

Plan B construction, Avenue John Brown, Lalue  

Du supermarché Olympic Market, localisé à l’Avenue John Brown, Lalue

De l’Hôtel Marriott, situé à Turgeau 

La brasserie La Couronne, zone Drouillard, Port-au-Prince

SOGENER, Route de l’ Aéroport 

 

b) Entreprises privées ayant été pillées 

 

Au moins douze (12) entreprises ont été pillées dont huit (8) à Pétion-ville, deux (2) à Delmas, une (1), sur la route de l’Aéroport et une (1) autre, au centre-ville. Il s’agit de : 

 

Natcom, Pétion-ville

BNC, Rue Métellus, Pétion-ville

Ritz Kinam, Pétion-ville

PC Express, Pétion-ville  

Intérieur Chic, Pétion-ville 

Allo Communication, Pétion-ville 

Valerio Canez, Pétion-ville

Delmas 2000, Delmas

Orange Moto, spécialisée dans la vente de motocyclette, Delmas 

Abeille, route de l’Aéroport 

 

De plus, une garderie située à la Rue Lambert, Pétion-ville ainsi qu’une pompe à essence, localisée dans le centre-ville, à proximité de la Station des Gonaïves, ont été pillées. 

 

c) Entreprises privées incendiées 

 

Au moins sept (7) entreprises ont été incendiées. Il s’agit de : 

 

Institut de danse Lynn Williams Rouzier 

La pompe à essence GO, localisée près du supermarché GIANT 

La pompe à essence Capital située à l’angle des rues Ogé et Magny, Pétion-Ville 

Le Management Services for Help (MSH), Pétion-ville  Allo Communication, à Mirebalais  Digicel Pétion-ville

Management Sciences for Health (MSH)

 

B. Entreprises endommagées - Centres commerciaux 

 

Les huit (8) centres commerciaux recensés par le RNDDH, qui ont été endommagés lors des événements des 6, 7 et 8 juillet 2018, regroupent au moins cinquante-quatre (54) entreprises commerciales. 

 

Trois (3) de ces centres commerciaux ont été attaqués. Il s’agit respectivement : 

 

1. Du centre commercial qui accueille Eagle Market, le consulat de la République Arabe Syrienne, le restaurant L’Appétit et une succursale de SOGEXPRESS 

 

2. Du centre commercial de l’autoroute de l’aéroport accueillant la SOFHIDES, la GILDAN et la Capital Bank 

 

3. Du centre commercial Belvédère, situé à l’angle des rues Clervaux et Chavannes, à Pétion-Ville qui compte une dizaine d’entreprises, au moins. 

 

Au moins cinq (5) centres commerciaux ont été pillés et/ou partiellement incendiés. Il s’agit : 

 

1. Du centre commercial de Clercine qui accueille UNIBANK, Epi d’Or, Delimart, Cam Transfert, Pharmatop, Money Gram.  

 

2. Du Complexe Galleria qui accueille huit (8) entreprises au moins, savoir : Collection 2000, MUSART art world of dream, Rêves et Voyages, NOVA Group, TAPM, Bureau du Notaire Jean Henri CEANT, Cabinet Leblanc et Associés. 

 

3. Du centre commercial de Delmas 32 qui accueille vingt (20) entreprises commerciales. Il s’agit de :

Delimart,

Epi d’or,

Unibank,

Jeanet Beauty Supply,

Epi d’Or,

Rapidité Communication,

UniTransfer,

Yamaha-Boite à musique,

Agence de voyage Dupont,

Texone (vente de matériels électronique),

Optica lunetterie,

Sun Hour Lab (laboratoire de photo),

Palais Sarah,

Nice (boutique de souliers),

Pharmatop,

Micro Crédit National,

EHGECO (le bureau chargé de la gestion du complexe),

American Airlines,

Collection 2000,

Carribean T-Shirts,

Maison Henry Deschamps. 

 

4. Du centre commercial de Delmas 30 qui loge plusieurs entreprises dont

Delimart,

Capital Bank,

Pharmadis, la pompe à essence Le National.

 

5. Du centre commercial de Diquini, qui accueille Delimart, la Capital Bank, Epi d’Or, DHL. 

 

C. Institutions publiques endommagées

 

Au moins cinq (5) institutions étatiques ont été vandalisées et/ou incendiées. Il s’agit : 

Du bureau de douane de Ganthier

Du bureau de douane de Morne-Cabri

Du tribunal de paix de Petit-Goave 

Du Conseil Electoral Provisoire (CEP), situé à Pétion-ville 

De la Direction Générale des Impôts (DGI) de Tabarre. 

 

4. Exemples d’entreprises endommagées relevés par le RNDDH 

 

Voici quelques exemples relevés par le RNDDH dans le cadre de son enquête : 

 

La succursale de la compagnie de téléphonie mobile NATCOM, localisée à la Rue Lambert, Pétion-Ville est cambriolée. Les carcasses de huit (8) véhicules incendiés lors des événements sont constatées sur la cour du bâtiment par le RNDDH. 

 

La succursale de la compagnie de téléphonie mobile DIGICEL, située à la Rue Darguin, Pétion-Ville est pillée puis incendiée. Le RNDDH a constaté les carcasses de sept (7) voitures qui, garées sur la cour, sont aussi incendiées. 

 

La succursale de Valerio Canez se trouvant à la Rue Darguin, Pétion-ville est pillée. 

 

Les locaux accueillant la SOGEBANK et la Banque Nationale de Crédit (BNC) situées respectivement à l’angle des Rues Darguin et Geffrard et à la Rue Métellus, à Pétion-ville, ont essuyé des jets de pierres. Plusieurs de leurs vitres sont cassées. 

 

L’entreprise Platinum Plaza située à la Rue Ogé a essuyé des jets de pierres. Des vitres sont cassées. 

 

La pompe à essence Capital située à l’angle des Rues Ogé et Magny, Pétion-Ville, est incendiée. 

 

Les locaux de La Fiesta, une boutique située à la Rue Pinchinat, Pétion-ville spécialisée dans la vente d’articles de décoration sont vandalisés. Les vitres de sa porte et de ses fenêtres sont brisées. 

 

Les fenêtres et les vitres de la porte d’entrée de l’Imprimerie Eclair située à la rue Pinchinat, Pétion-Ville sont brisées. Les vitres du local logeant dans le même bâtiment que l’Imprimerie susmentionnée, Vèvè Collection, une entreprise spécialisée dans la vente de sandales et de valises, sont aussi cassées. 

 

Le Management Services for Help (MSH), une organisation œuvrant dans le domaine de la santé situé à la rue Fernand de Beaudière, Pétion-ville est pillée puis incendiée. L’intervention des pompiers pour circonscrire puis combattre le feu a occasionné des pertes énormes au niveau du supermarché Extra Market qui se trouve au rez-de-chaussée du même bâtiment. 

 

L’école de danse de Lynn Williams Rouzier située à la rue Aubrant, Pétion-ville est complètement incendiée. 

 

CKT centre de danse situé à la rue Metellus, Pétion-ville a été attaqué. Des vitres extérieures sont brisées.  

 

Le Conseil Electoral provisoire (CEP), situé à la rue Stephen Archer, Pétion-ville a essuyé des jets de pierres.      

 

Quatre (4) véhicules neufs entreposés au showroom de la Universal Motors à Pétion-ville sont incendiés. Trois (3) autres garées sur la cour de cette entreprise et qui appartenaient à des clients sont aussi incendiés. De même, vingt (20) véhicules neufs entreposés au showroom de la Universal Motors, route de l’aéroport, sont incendiés. 

 

L’Hôtel Oasis situé sur l’Avenue Panaméricaine, a fait l’objet d’une tentative d’incendie. Selon les responsables, treize (13) voitures garées sur la cour de l’Hôtel sont incendiées. Parmi elles, deux (2) seulement appartenaient à des clients. Des arbres se trouvant sur la cour du parking sont rasés à des coups de machettes. Suite à l’incendie des véhicules sur la cour de l’Hôtel, vingt (20) chambres sont hors service. 

 

Les vitres de de la porte d’entrée de l’Hôtel Best Western situé à l’angle des rues Louverture et Geffrard, à Pétion-ville, sont brisées. Et, selon les informations recueillies auprès des riverains, six (6) véhicules garés non loin du bâtiment ou devant celui-ci, sont incendiés. Les flammes ont sali les murs de la façade de l’Hôtel Best Western. Les manifestants ont tenté de mettre le feu au bâtiment de l’Hôtel. 

 

Des manifestants ont mis le feu à la barrière du Giant Market situé sur l’autoroute de Delmas. Ils étaient sur le point d’investir les locaux dudit supermarché lorsque des agents de la PNH sont intervenus et les ont dispersés. 

 

L’entreprise commerciale Delmas 2000, située sur l’autoroute de Delmas est pillée. 

 

L’entreprise commerciale Orange Moto, spécialisée dans la vente de motocyclettes, située sur l’autoroute de Delmas est pillée puis incendiée. 

 

Sur l’autoroute de Delmas, Mikado, une entreprise commerciale localisée à proximité de Orange Moto est attaquée.

 

Les locaux accueillant l’entreprise commerciale Brasserie de La Couronne sont partiellement incendiés. 

 

A l’Avenue John Brown, plusieurs entreprises ont essuyé des jets de pierres. C’est le cas de Plan B construction et de l’immeuble logeant la UNIBANK, Unitransfer, Global Autoparts, 

 

Les centres commerciaux qui ont subi des attaques, ont été cambriolés et/ou incendiés sont : 

 

a) Le centre commercial Belvédère, situé à l’angle des rues Clervaux et Chavannes, à Pétion-Ville a été attaqué par jets de pierres.   Il compte une dizaine d’entreprises. 

 

b) Le centre commercial sis à l’angle de Delmas 83 et l’autoroute de Delmas, qui accueille Eagle Market, le consulat de la République Arabe Syrienne, le restaurant L’Appétit et une succursale de SOGEXPRESS a été attaqué. Après avoir mis le feu à la barrière, les manifestants ont renversé celle-ci avant d’investir l’enceinte en vue de piller les entreprises qui s’y trouvent. N’y étant pas parvenus, ils ont lancé des pierres sur le bâtiment et plusieurs vitres sont cassées.  

 

c) Le centre commercial de Clercine accueille plusieurs entreprises commerciales telles que la UNIBANK, Epi d’Or, Cam Transfert, Pharmatop, Money Gram.  Il a été saccagé par les manifestants. Quatre (4) génératrices entreposées sur la cour du centre, sont endommagées. De plus, cinq (5) véhicules garés sur la cour sont incendiés. Les vitres de huit (8) autres sont cassées. Les pneumatiques d’un véhicule ont été emportés et le véhicule, placé sur des blocs de ciment. Il convient de souligner que lorsque des agents de la PNH ont appris que les locaux du Centre commercial de Clercine étaient sur le point d’être pillés, ils s’y sont présentés et ont défendu les locaux. Cependant, après quelque temps, leurs munitions se sont épuisées. Ils se sont repliés et les manifestants ont pillé avant d’incendier ledit supermarché. Les agents BIM dont la base est juxtaposée à ce centre commercial ne sont pas intervenus. 

 

d) Le centre commercial Complexe Galleria accueille huit (8) entreprises au moins, savoir : Collection 2000, MUSART art world of dream, Rêves et Voyages, NOVA Group, TAP’M, Bureau du Notaire Jean Henri CEANT, Cabinet Leblanc et Associés. Ledit centre a été pillé.

Lors du pillage de l’agence Rêves et Voyages qui s’y trouve, plusieurs passeports ainsi que des documents d’Etat civil qui étaient en la possession des responsables de ladite agence ont été détruits.  

Un bilan sommaire a été dressé par les responsables du Cabinet Leblanc et Associés qui ont affirmé que les caméras de surveillance du bâtiment ont été endommagées. Les serrures des portes et casiers ont été brisées. Les bureaux ont été saccagés. Les dossiers ont été éparpillés. Quinze (15) dont trois (3) laptops ont été emportés. Cinq (5) appareils de scanners, un (1) appareil d’impression de badge électronique, deux (2) téléviseurs, ont été emportés. Les matériels de plomberie ont été désinstallés pour être emportés : deux (2) toilettes et deux (2) lavabos. Les matériels d’électricité ont aussi été volés. De plus, au moins vingt (20) chaises, quatre (4) téléphones de bureau, une quinzaine de tableaux d’art, un réfrigérateur, des boissons et de la vaisselle qui se trouvaient sur les lieux ont été volés. 

 

e) Le centre commercial de l’Avenue Toussaint Louverture, localisé sur l’autoroute de l’aéroport accueille la SOFHIDES, la GILDAN et la Capital Bank. Il a été vandalisé. Des matériels de bureau tels que ordinateurs, chaises ainsi que les quatre-vingt-quatre (84) batteries de modulateurs d’électricité (Inverter), alimentant ces institutions, ont été emportées.  

 

f) Le centre commercial situé à l’angle de Delmas 32 et de l’autoroute de Delmas accueille vingt (20) entreprises commerciales. Il s’agit de : Delimart, Epi d’or, Unibank, Jeanet Beauty Supply, Rapidité Communication, UniTransfer, Yamaha-Boite à musique, Agence de voyage Dupont, Texone (vente de matériels électronique), Optika lunetterie, Sun Hour Lab (laboratoire de photo), Palais Sarah, Nice (boutique de souliers), Pharmatop, Micro Crédit National, EHGECO (le bureau chargé de la gestion du complexe), American Airlines, Collection 2000, Carribean T-Shirts, Maison Henry Deschamps. Le bâtiment dans son ensemble a été pillé puis incendié. 

Selon les informations recueillies, toutes les voitures qui se trouvaient sur la cour, ont aussi été incendiées.  Le RNDDH en a constaté les carcasses de dix (10). De plus, douze (12) armes à feu affectées à la sécurité des entreprises de ce centre commercial, ont été emportées par les manifestants.  

 

g) Le centre commercial situé à Delmas 30, accueille plusieurs entreprises dont Delimart, Capital Bank, Pharmadis, la pompe à essence Le National. Il a été vandalisé.  Une partie du bâtiment ainsi que toutes les voitures qui étaient sur la cour ont été incendiées. 

 

h) Le centre commercial Plaza Diquini, situé à Diquini, sur la route de carrefour, accueille Delimart, Capital Bank, Epi d’Or, DHL, etc. Il a été attaqué par des manifestants qui ont lancé en direction de ce centre, des pierres et tous autres objets qu’ils avaient en leur possession. 

 

Cependant, grâce à l’intervention des agents de la PNH basés à la Marine Haïtienne, les locaux du Plaza Diquini n’ont pas été pillés.  

 

5. Situation de tension à la Prison civile de Port-au-Prince 

Le 7 juillet 2018 dans la matinée, il y eut à la prison civile de Port-au-Prince, une situation de tension. En effet, ce jour-là, les responsables ont décidé d’adopter des mesures spéciales d’ouverture. Les prisonniers n’ont pas eu droit à la récréation. Les quartiers ont été invités séparément à sortir sur la cour, en vue de permettre aux prisonniers de faire leurs besoins physiologiques et prendre leur bain. 

 

Après avoir pris leur bain, les prisonniers du premier groupe ont décidé de se soulever, de ne pas retourner en cellule. Ils se sont mis à scander « Liberté ou la Mort ». Toute la prison était agitée. Les prisonniers des quartiers Bois Verna et Brick, profitant de la tension qui régnait dans la prison, ont brisé leur barrière et ont investi la cour, tentant de s’évader. Au bloc Titanic, six (6) agents de la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP) ont été pris en otage et bastonnés par les prisonniers. 

 

Pour contenir les agitations, les agents du pénitencier ont dû faire usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. De plus, tous les agents de la DAP affectés à la prison civile de Port-au-Prince ont été appelés en renfort pour éviter une évasion. 

 

La situation ne s’est calmée que vers 18 heures. Le bilan de ce soulèvement est ainsi présenté : 

 

Huit (8) personnes en sont sorties blessées dont six (6) agents de la DAP et deux (2) détenus.   Les barrières d’accès des quartiers de Titanic, de Bois Verna et Brick ont été renversées. 

Les portes d’accès des différentes cellules du quartier Brick ont été arrachées de leurs gonds et des fenêtres brisées.

 

VII. FAITS SUBSEQUENTS 

 

1. Appel au calme du président de la République 

 

Le 7 juillet 2018 dans la soirée, après que des dégâts énormes aient été enregistrés, le président de la République Jovenel MOÏSE lance un appel au calme à la population et lui affirme avoir passé les instructions claires pour que les prix des produits pétroliers ne soient pas révisés à la pompe. 

 

Cet appel au calme, jugé tardif par plus d’un, n’est pas considéré par la population qui a continué à manifester, ce même le 8 juillet 2018, pour exiger le départ du président. 

 

Toutefois, l’ardeur s’est calmée d’elle-même et peu à peu, la population a décidé de regagner sa demeure. Cependant, la situation reste aujourd’hui encore, explosive. 

 

2. Interventions à la presse du Commissaire du gouvernement

 

Le 11 juillet 20108, chef du parquet près le tribunal de première instance de Port-auPrince Me Clamé Ocnam DAMEUS est intervenu à la presse pour informer la population du fait qu’il ait passé les instructions pour que les personnes impliquées dans les actes de pillage et d’incendie des entreprises soient arrêtées. Il en profite pour affirmer que la PNH avait déjà procédé à l’arrestation d’une soixantaine de personnes. 

 

Toutefois, des rumeurs relatives à la violation systématique des droits aux garanties judiciaires de ces personnes arrêtées circulent. En effet, certaines d’entre elles sont directement transférées à la prison, sans avoir été entendues. 

 

De plus, dans les couloirs du parquet, les personnes rencontrées parlent de l’« Affaire Boulos » ou du « Dossier Delimart ». Dans le registre de mains courantes du parquet, c’est ainsi que le dossier est dénommé. 

 

3. Personnes arrêtées 

 

Le RNDDH a pu retracer cinquante-une (51) des personnes arrêtées. 

 

Dix-neuf (19) personnes ont été arrêtées dans la commune de Pétion-ville. 

 

Emmanuel ESCAR a été arrêté avec en sa possession un téléviseur de 49’’ de marque Westpoint. 

 

Huit (8) individus ont été arrêtés à l’intérieur du magasin Intérieur Chic situé à Place Boyer, Pétion-ville. Il s’agit de : 

 

1. Wilfrid LOUIS

2. Lenson LUCIEN

3. Wilson BRICEUS

4. Franckel METELLUS

5. Jean Fritznel SAINT CLAIR

6. Stanley MILIEN

7. Rolando DOZENI

8. Anderson FERMULUS

 

Dix (10) autres ont été arrêtées en raison de leur implication présumée dans les actes de vandalisme enregistrés les 6, 7 et 8 juillet 2018. Cependant, aucune précision relative à leur degré de participation ou de complicité n’est portée auprès de leur nom. Il s’agit de : 

 

1. Robert MILSAINT

2. Jimmy ROBERT

3. Pierre Ronald SAINTURIN

4. Roodlo RICHEMOND

5. Danile ANTOINE

6. Jolicien DEROSE

7. Sonel NOEL

8. Schneider ST FLEUR

9. Sonel JOASSAINT

10. Christela ATIS 

 

Quatre (4) ont été arrêtées à Port-au-Prince. Il s’agit de : 

 

1. Johnny DAMUS, arrêté à Carrefour Ti Four, le 6 juillet 2018 

2. Calebre DURANDISSE, arrêté à la Rue Oswald Durand le 9 juillet 2018

3. Nady JEAN, arrêté à Rue Oswald Durand le 9 juillet 2018

4. Kendy REMILIEN, arrêté à la Rue Oswald Durand le 9 juillet 2018

 

L’une d’entre elles, Calebre DURANDISSE a été remis en liberté après sur ordre du commissaire du gouvernement près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Clamé Ocnam DAMEUS. 

 

Trois (3) d’entre elles auraient été arrêtées pour avoir perpétré ce qui leur est reproché au détriment de l’entreprise Delmas 2000. Il s’agit de: 

 

1. Darry CHERY

2. Grégory BIEN-AIME

3. Fabrice DESIR

 

Six (6) d’entre elles auraient agi au détriment de Délimart. Il s’agit de : 

 

1. Frantzy COMPERE

2. Grégory FLORESTAL

3. Rubens EXCEUS

4. Eliamène FILS-AIME

5. Angelot GILLET

6. Mackenson NICOLAS

 

Dix-neuf (19) autres, arrêtées vraisemblablement à Delmas, n’ont aucune précision attachée à leur nom. Il s’agit de : 

 

1. Ronald ROSEMOND

2. Dilant PAUL 3. Denis Steevens GUERRIER

4. Claude GRIFFON

5. Francky PREVO

6. Jacquelin ROSEMOND

7. Marie Line NICKEL

8. Adnor LOGER

9. Martine SAINTERLINE

10. Herby EDOUARD

11. Tita LAVILETTE

12. Sonson SAINRY

13. Jacky TREZIL

14. Plaisir GERMAIN

15. Jude LUNDY

16. Israël AMBROISE

17. Mardochée CHARLES

18. Micho JEAN

19. Maneuve CHAMBELIN

 

Cependant, selon le registre du Parquet près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, vingt-huit (28) personnes en provenance de différentes communes de l’Ouest ont été déférées audit Parquet pour cambriolage et acte de vandalisme. 

 

Les autorités ont toutefois attiré l’attention du RNDDH sur le fait que de rares plaintes ont été enregistrées. 

 

Des agents de sécurité ont porté plainte au commissariat de Pétion-Ville contre les individus qui ont mis le feu à la pompe à essence Capital. 

 

Le policier Frantz Junior DUCE a informé au bureau du chef de poste avoir reçu un coup de couteau à la main d’un manifestant qui pillait le magasin de la Digicel, situé à la rue Darguin, Pétion-Ville.

 

Cependant, plusieurs procès-verbaux de constat ont été dressés sur réquisition de certains avocats et propriétaires d’entreprises victimes. 

 

Au niveau du parquet près le tribunal de première instance de Port-au-Prince seulement quatre (4) plaintes ont été enregistrées. Deux (2) ont déjà été distribués et les deux (2) autres, pas encore. 

 

4. Démission du premier ministre 

Le 14 juillet 2018, lors d’une séance d’interpellation, le premier ministre Jacques Guy LAFONTANT annonce à la Chambre des députés avoir remis sa lettre de démission au président de la République. 

 

VIII. COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS 

 

Les événements enregistrés du 2 au 4 juillet 20108 d’une part à Pèlerin 5 et du 6 au 8 juillet 2018 d’autre part dans le pays, sont très regrettables et auraient pu être évités.  

 

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) estime que la décision de déguerpir illégalement trente-quatre (34) propriétaires de maisons à Pèlerin 5 et celle d’augmenter les prix des produits pétroliers, prouvent que les autorités étatiques n’ont aucun souci du bien-être collectif, ne se sentent pas concernées par les conditions générales de vie de la population ni par la cherté de la vie. 

 

Vu la lettre du commissaire du gouvernement adressée au Directeur départemental de l’Ouest de la PNH, l’organisme de droits humains croit que c’est sur demande expresse du président de la République, Jovenel MOÏSE que tout l’appareil répressif de l’Etat a été mis en branle les 3 et 4 juillet 2018, pour expulser des propriétaires et détruire leurs maisons, pour la seule raison que celles-ci étaient construites trop près de la résidence présidentielle. 

 

De plus, l’enquête menée par le RNDDH autour des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 a permis de relever que les dégâts enregistrés sont énormes. Cependant, contrairement à la perception générale, ce ne sont pas seulement de grandes entreprises qui ont été victimes. Des citoyens propriétaires de petites et moyennes entreprises ont aussi perdu tout ce qu’ils possédaient. Endettés et non assurés, ils ne savent pas aujourd’hui à quel saint se vouer.

 

Le RNDDH a aussi relevé le cas de certaines entreprises qui ont été attaquées lors des derniers événements mais qui ne partagent pas le même profil que les autres : un cabinet d’avocats, localisé dans un complexe commercial mais aussi deux (2) écoles de danse dont l’une a été complètement détruite par le feu, localisées respectivement dans des bâtiments uniques. 

 

L’institution policière prise au dépourvu, a été incapable de défendre les vies et les biens. D’une part et tel que déjà mentionné, au moins vingt (20) personnes ont perdu la vie lors des derniers événements et d’autre part, au moins quatre-vingt-quatre (84) entreprises ont été endommagées et au moins soixante-seize (76) véhicules ont été incendiés. 

 

Le RNDDH estime cependant que certains cas prouvent que l’institution policière aurait pu venir en aide aux victimes, propriétaires d’entreprises, si elle l’avait voulu car les opérations de pillage et d’incendie ont duré plusieurs heures, et certaines entreprises victimes sont localisées non loin des commissariats et sous-commissariats du pays. 

 

De plus, la PNH a été appelée en renfort mais a choisi de ne pas répondre. L’exemple le plus grave est celui du complexe Clercine où certains agents de la PNH ont tenté de garder la population à distance. Les agents de la Brigade d’Intervention Motorisée (BIM) dont les locaux sont contigus à ceux dudit complexe ne sont pas intervenus. Par conséquent, arrivés à cours de munitions, les agents de la PNH sur les lieux ont dû laisser la population investir ledit complexe et le piller. 

 

Pourtant, l’intervention de l’institution policière les 6, 7 et 8 juillet 2018 aurait contribué à réduire considérablement les dégâts enregistrés. Le RNDDH veut pour preuve le fait que le Plaza Diquini n’ait pas été pillé grâce à l’intervention professionnelle de certains agents de la PNH affectés à la Marine Haïtienne, intervention qui n’a causé aucune victime au sein des manifestants. 

 

Le RNDDH croit que le fait par les autorités judiciaires de nommer le dossier relatif aux émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 « Affaire Boulos » ou « Affaire Délimart » et de systématiquement placer en détention toute personne arrêtée dans le cadre de ces émeutes, sans les auditionner pour la plupart, prouvent la volonté de ces autorités de violer les droits aux garanties judiciaires du peuple haïtien. Les propriétaires des petites et moyennes entreprises doivent pouvoir porter plainte, s’ils le veulent et avoir leur propre dossier, avec les spécificités liées à leurs pertes. De plus, les personnes arrêtées ont le droit d’être entendues au cas par cas et toutes celles qui n’étaient pas impliquées dans les événements susmentionnés doivent être relâchées. Pour une fois, le parquet devrait prouver qu’il a la capacité de traiter un dossier sans passion et sans vouloir plaire à une catégorie de personnes. 

 

Le RNDDH juge regrettable que des entreprises privées aient eu à subir les conséquences des décisions gouvernementales car l’incompétence et l’arrogance des autorités étatiques ont envoyé au chômage des milliers de citoyens haïtiens. 

 

De plus, si le parlement haïtien, au lieu de s’acoquiner avec le pouvoir exécutif pour s’octroyer en dépenses personnelles le budget national, partager les postes ministériels, nommer des cadres de l’administration publique et se convertir en agence de développement, avait joué son rôle de contrôle, la situation générale du pays n’aurait pas empiré de la sorte. De même, si de son côté, l’Etat haïtien n’avait pas décidé d’octroyer tous les privilèges liés aux ressources du pays à une frange de la population haïtienne, la situation de pauvreté dans laquelle patauge le peuple n’aurait pas non plus été si grave. 

 

Cependant, de la même manière que le RNDDH a toujours condamné les incendies des marchés et tous autres actes de violence enregistrés dans le pays, l’organisation de droits humains condamne avec la plus grande véhémence les actes de violence, de pillage et d’incendie enregistrés lors des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018. 

 

C’est pourquoi, le RNDDH, une organisation plaidant pour l’émergence d’une citoyenneté engagée, invite la population haïtienne à s’exprimer dans le strict respect de ses droits et devoirs, selon les prescrits de la Constitution haïtienne. S’attaquer au système actuel ne revient pas à chasser son concitoyen mais à exiger des comptes aux représentants étatiques dont le rôle est d’œuvrer à la réalisation des droits humains pour tous, sans distinction aucune de classe, de religion ou de sexe. 

 

Enfin, le RNDDH invite encore une fois les autorités étatiques à se pencher sérieusement sur les conditions générales de vie de la population haïtienne car, sans vouloir se muer en oiseau de mauvais augure, l’organisme de droits humains estime que le calme et la sérénité dont a besoin le peuple pour vivre, ne sont pas encore revenus. 

 

Fort de tout ce qui précède, le RNDDH recommande aux autorités étatiques de :    

Surseoir aux opérations de déguerpissement, réalisées pour faire plaisir à la famille présidentielle ; 

 

Sévir contre les auteurs intellectuels et matériels qui ont planifié, organisé et ont participé aux opérations de déguerpissement à Pèlerin 5. 

 

Dédommager les propriétaires des sept (7) maisons détruites à Pèlerin 5.

 

Sévir contre les auteurs matériels et intellectuels qui ont planifié, organisé et ont participé aux actes de violence, de pillage et d’incendie enregistrés lors des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 ; 

 

Traiter, dans le délai légal, les dossiers des personnes arrêtées dans le cadre des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 ; 

 

Dédommager sans discrimination, toutes les victimes des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 ; 

 

Assurer un climat stable de sécurité dans le pays favorisant le retour à la normale, l’investissement et l’emploi ; 

 

Rappeler à l’institution policière son rôle de protéger les vies et les biens de tous, sans considération aucune. 

 

Etablir un budget d’investissement et de développement en vue d’éradiquer la pauvreté, selon les Objectifs de Développement Durable ; 

 

Réaliser les conditions générales pour la jouissance des droits économiques et sociaux du peuple haïtien en créant des emplois, en construisant des écoles, des universités et des établissements de santé ; 

 

Mettre fin au système de clientélisme, de favoritisme et d’exclusion dont est victime la grande majorité de la population haïtienne ; 

 

Adopter des mesures techniques pouvant mettre un terme aux pratiques anti-démocratiques, d’où qu’elles viennent, sans préjugé ni considération aucune.

 

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