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Theory of everything, Bruce Harvey

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François Guillet

unread,
Feb 4, 2002, 12:43:55 PM2/4/02
to
Peut-être en a-t-on déjà parlé ici, mais je viens seulement de la découvrir.

La théorie de Bruce Harvey (http://users.powernet.co.uk/bearsoft/) qui
unifie électromagnétisme et gravitation, et utilise la physique classique
pour traiter la relativité, semble d'une simplicité élégante et désarmante.
Peut-elle être crédible ?

FG

Christophe Dang Ngoc Chan

unread,
Feb 4, 2002, 12:51:00 PM2/4/02
to
> La théorie de Bruce Harvey (http://users.powernet.co.uk/bearsoft/) qui
> unifie électromagnétisme et gravitation, et utilise la physique
classique
> pour traiter la relativité, semble d'une simplicité élégante et
désarmante.
> Peut-elle être crédible ?

Le mec, là, Bruce, il est quand même sympa :

<<Student Health Warning

Students of Electrical Engineering, Physics, Applied Mathematics and
related subjects are warned that quoting from these pages in lectures,
course work or examinations could seriously damage your academic
health.>>

--
Sciences des matériaux
Oxydation à haute température - DRX - FX


Eric Chapuzot

unread,
Feb 4, 2002, 1:37:41 PM2/4/02
to
ouep, il a pas inventé quelque chose de bien neuf, depuis néenderthal, c'est
ce que fait tous les jours l'homme, se mêler de tout et surtout de ce qui ne
le regarde pas...

tous les jours en faisant les posts, j'applique sans le savoir comme
monsieur Jourdain, la théorie du tout... souvent du tout faux, mais du tout,
tout de même...

gniarf... gniarf...

É.chap. ( qui ne veut plus voir de formule soit-disant "juste"...)
"François Guillet" <guillet....@wanadoo.fr> a écrit dans le message de
news: a3mguo$vk$1...@wanadoo.fr...

Boris^2

unread,
Feb 4, 2002, 2:12:35 PM2/4/02
to

La crédibilité n'est pas une variagle globale, sauf à croire en Dieu.

Boris

François Guillet

unread,
Feb 5, 2002, 1:27:45 PM2/5/02
to

"Boris^2" <bor...@geneva-link.ch> a écrit dans le message de news:
3C5EDD23...@geneva-link.ch...
> La crédibilité n'est pas une variagle globale, sauf à croire en Dieu.
>
> Boris

Je veux dire, pour ceux qui ne veulent pas comprendre, n'y-a-t-il pas une
lacune flagrante dans sa théorie ?

Vu le peu de réponses sur le sujet (3, mais en fait 0 à la question), à
moins que ça n'intéresse personne ce dont je doute car l'esprit scientifique
est curieux, j'en déduis que cette théorie laisse perplexe et que personne
ne l'a démontée.

FG

PS- Pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus, je signale le site :
http://www.crank.net/science.html
où des illuminés des sciences cotoient les excentriques.
Pour s'aérer un peu l'esprit de l'académisme ambiant, ou s'amuser
franchement, et pourquoi pas, trouver des idées.


Luc Bourhis

unread,
Feb 5, 2002, 2:29:51 PM2/5/02
to
François Guillet <guillet....@wanadoo.fr> wrote:

Titre de son papier 2: ``Gravitational Attraction and Mass as
Electromagnetic Phenomena''. MDR.


--
Luc Bourhis

Christophe Dang Ngoc Chan

unread,
Feb 6, 2002, 3:41:53 AM2/6/02
to
"François Guillet" <guillet....@wanadoo.fr> wrote in message
news:a3p87d$plt$2...@wanadoo.fr...

> Vu le peu de réponses sur le sujet (3, mais en fait 0 à la question),
à
> moins que ça n'intéresse personne ce dont je doute car l'esprit
scientifique
> est curieux, j'en déduis que cette théorie laisse perplexe et que
personne
> ne l'a démontée.

Tu veux dire démontRée ;-P

François Guillet

unread,
Feb 6, 2002, 1:00:00 PM2/6/02
to

"Christophe Dang Ngoc Chan" <cd...@wanadoo.fr> a écrit dans le message de
news: a3qq76$20fc$1...@news4.isdnet.net...

> "François Guillet" <guillet....@wanadoo.fr> wrote in message
> news:a3p87d$plt$2...@wanadoo.fr...
>
> > Vu le peu de réponses sur le sujet (3, mais en fait 0 à la question),
> à
> > moins que ça n'intéresse personne ce dont je doute car l'esprit
> scientifique
> > est curieux, j'en déduis que cette théorie laisse perplexe et que
> personne
> > ne l'a démontée.
>
> Tu veux dire démontRée ;-P

Non, non. Démontée. Ca n'a l'aiR de rien, mais j'attends...

FG


François Guillet

unread,
Feb 6, 2002, 1:04:02 PM2/6/02
to

"Luc Bourhis" <ne...@nowhere.com> a écrit dans le message de news:
1f75ceg.13jle2zglao1yN%ne...@nowhere.com...

Et alors ?

FG

> Luc Bourhis


Eric Chapuzot

unread,
Feb 6, 2002, 1:22:32 PM2/6/02
to

je ne pense pas,
on peut imaginer un monde ou TOUT serait intimemment lié via d'autres
dimensions et où il suffirait de tirer sur un bout suffisament longtemps
pour TOUT défaire comme lorsque l'on tire sur le fil de laine d'un
pull-over...
le vieux rêve des alchimistes alors de transformer le plomb en or pourrait
simplement être une affaire de recombinaison de la matière...
simplement, quand j'observe la poussiere au sol ou les grains d'un granite,
je n'ai pas bien besoin de grand chose pour me convaincre que l'univers est
effectivement multiple dans sa nature... mais d'une multitude absolument
faramineuse... même à considerer l'ensembles des ensembles, je crois que
TOUT ne peut etre UN...

voila pour ta réponse, on peut faire du réductionnisme mais ca ne suffit pas
pour reconstituer la réalité, TOUT est DIVERS


Luc Bourhis

unread,
Feb 7, 2002, 11:48:12 AM2/7/02
to
François Guillet <guillet....@wanadoo.fr> wrote:

> > Titre de son papier 2: ``Gravitational Attraction and Mass as
> > Electromagnetic Phenomena''. MDR.
>
> Et alors ?

Pour commencer, gravité = électromagnétisme, cela fait plus d'un siècle
que l'on sait que cela ne marche pas. Et puis tout ramener à
l'électromagnétisme alors que l'on connait les intéractions faibles et
fortes par le menu détail depuis près d'un demi-siècle ....

--
Luc Bourhis

François Guillet

unread,
Feb 8, 2002, 3:34:50 PM2/8/02
to

"Luc Bourhis" <ne...@nowhere.com> a écrit dans le message de news:
1f78lpy.1qeyrdscgjv0kN%ne...@nowhere.com...

C'est vrai que si "l'on sait", il est inutile de voir où coïnce cette
théorie, c'est du temps perdu.
On sait aussi sûrement ce qu'est la gravitation, l'existence des gravitons
ayant été maintes fois démontrée et mise en évidence. Quant à l'inertie, "on
sait" aussi. Mais alors on ne doit pas faire suffisamment savoir...

Je viens de temps en temps sur ce forum que je considère l'un des meilleurs,
par la qualité des exposés, et la pédagogie utilisée envers les "non
scientifiques" qui posent toutes sortes de questions très "pratiques",
auxquelles il est répondu précisément, patiemment et modestement.

Mais quand je vois un tel manque de curiosité sans rapport avec la
réputation qu'a l'esprit scientifique, je me dis, heureusement, il y a Roger
Hachel. Même s'il ne réussit pas à formaliser sa théorie, d'ailleurs
suspecte, au moins il a la fibre et apporte une contestation aux
béni-oui-oui de l'académisme scientifique.
Les grandes découvertes, c'était à la fin du 19ème siècle, début 20ème.
Depuis, on stagne (mais "on sait") ; pas de quoi être fier par rapport à ses
ainés.

FG

> --
> Luc Bourhis


Rei Ichido

unread,
Feb 8, 2002, 3:58:37 PM2/8/02
to

François Guillet a écrit dans le message ...

>Mais quand je vois un tel manque de curiosité sans rapport avec la
>réputation qu'a l'esprit scientifique, je me dis, heureusement, il y a
Roger
>Hachel.

Tiens, Richard a un frère qui a lui aussi sa théorie ???

Rei.


François Guillet

unread,
Feb 9, 2002, 1:27:42 PM2/9/02
to

"Rei Ichido" <rei.i...@free.fr> a écrit dans le message de news:
3c643bf1$0$16583$626a...@news.free.fr...

Oui bien sûr, son jumeau de Langevin, pas encore revenu !

FG

Luc Bourhis

unread,
Feb 11, 2002, 10:40:35 AM2/11/02
to
François Guillet <guillet....@wanadoo.fr> wrote:

> "Luc Bourhis" <ne...@nowhere.com> a écrit dans le message de news:
> 1f78lpy.1qeyrdscgjv0kN%ne...@nowhere.com...
> > François Guillet <guillet....@wanadoo.fr> wrote:
> >
> > > > Titre de son papier 2: ``Gravitational Attraction and Mass as
> > > > Electromagnetic Phenomena''. MDR.
> > >
> > > Et alors ?
> >
> > Pour commencer, gravité = électromagnétisme, cela fait plus d'un siècle
> > que l'on sait que cela ne marche pas. Et puis tout ramener à
> > l'électromagnétisme alors que l'on connait les intéractions faibles et
> > fortes par le menu détail depuis près d'un demi-siècle ....
>
> C'est vrai que si "l'on sait", il est inutile de voir où coïnce cette
> théorie, c'est du temps perdu.
> On sait aussi sûrement ce qu'est la gravitation, l'existence des gravitons
> ayant été maintes fois démontrée et mise en évidence. Quant à l'inertie, "on
> sait" aussi. Mais alors on ne doit pas faire suffisamment savoir...

Qu'il reste nombre de questions ouvertes sur lesquelles les physiciens
d'aujourd'hui travaillent dur, nul ne le nie. Mais croire que les
réponses viendront d'idées vielles d'un siècle et faisant l'impasse sur
tout ce qui fut appris depuis est, désolé d'être dur, _ridicule_. Les
progrès en physique sont toujours l'oeuvre de gens comprenant à fond les
théories de leur temps, le pourquoi de leur succès et de leur
limitation.



> Je viens de temps en temps sur ce forum que je considère l'un des meilleurs,
> par la qualité des exposés, et la pédagogie utilisée envers les "non
> scientifiques" qui posent toutes sortes de questions très "pratiques",
> auxquelles il est répondu précisément, patiemment et modestement.
>
> Mais quand je vois un tel manque de curiosité sans rapport avec la
> réputation qu'a l'esprit scientifique,

Imaginons que tu reçois un de ces prospectus de quelques pages vantant
des trucs débiles, genre "Doubler votre masse musculaire en seulement 3
semaines avec seulement 5 minutes d'exercice par jour", ou "Vous avez
déjà gagner notre prix de xxxxx francs", ou "Cette magnifique voiture
est déjà à vous", etc. Est-ce que tu te donnes la peine de les lire
entirèrement ? Plus surement, les prospectus en question passent à la
poubelle à peine sorti de la boite aux lettres. Et pourquoi cette
réaction ? Grâce à l'expérience que tu as accumulé au fil des ans.
N'importe quel physicien a aussi accumulé une telle expérience dans son
domaine d'expertise, expérience qui lui permet d'éliminer sans perte de
temps les idées qui sont très surement débiles, afin de pouvoir
concentrer sont temps sur celles qui sont les plus prometteuses.

> je me dis, heureusement, il y a Roger
> Hachel. Même s'il ne réussit pas à formaliser sa théorie, d'ailleurs
> suspecte, au moins il a la fibre et apporte une contestation aux
> béni-oui-oui de l'académisme scientifique.

By Jove ! Ils seraient bon d'utiliser la langues des aborigènes: en
science, une théorie est par définition _formalisée_. Et une hypothèse
aussi d'ailleurs. Ce qui ne l'est pas est au mieux une intuition. Par
ailleurs, contester n'a aucune valeur intrinsèque. Il faut peser chaque
contestation individuellement et celles de Richard Hachel n'ont aucun
poid.

> Les grandes découvertes, c'était à la fin du 19ème siècle, début 20ème.
> Depuis, on stagne (mais "on sait") ; pas de quoi être fier par rapport à ses
> ainés.

???? Rien depuis le début 20ème ? Disons depuis 1930 (pour inclure la
mécanique quantique dans ta phrase) ? Petit rappel, en vrac:

- électrodynanique quantique (un peu avant 1950), c.a.d. la première
théorie quantique des champs totalement consistente
- découvertes expérimentales de dizaines de nouveaux hadrons en plus du
proton et du neutron, modèle des quarks (années 1960); première théorie
complète de l'intéraction forte (chromodynamique quantique qui reste la
meilleure approche connue aujourd'hui), découverte du quark c et du
quark b (années 1970)
- unification de l'intéraction électromagnétique et de l'intéraction
faible (années 1960-1970): nouvelle idée de symmétrie en physique
fondamentale de l'idée de symmétrie et introduction de la brisure
spontannée de telles symmétries
- théorie du big bang chaud par Gamow (au alentour de 1950)
- découverte du rayonnement à 3K (année 1960), une des plus importantes
sources d'information pour les cosmologistes
- découverte de radio-pulsar binaires, ouvrant une fenêtre sur un
domaine jamais atteint de la relativité générale (années 1970)
- développement des théories supersymmétriques (à mettre au même plan
que la découverte de la chromodynamique et de la théorie électrofaible)
et des théories des cordes (aussi révolutionnaire que la relativité
générale), les deux à partir des années 1970.


--
Luc Bourhis

Michel TALON

unread,
Feb 11, 2002, 11:31:23 AM2/11/02
to
Luc Bourhis <ne...@nowhere.com> wrote:

: ???? Rien depuis le début 20ème ? Disons depuis 1930 (pour inclure la


: mécanique quantique dans ta phrase) ? Petit rappel, en vrac:

: - électrodynanique quantique (un peu avant 1950), c.a.d. la première
: théorie quantique des champs totalement consistente

En fait l'électrodynamique quantique a été découverte presque immédiatement
aprés la mécanique quantique, dans les années 1930 par Dirac Fock etc.
En 1950 c'est la renormalisation qui a été découverte par Feynman
Schwinger Tomonaga, ce qui permet de faire des calculs perturbatifs cohérents
mais ne dit pas grand chose sur le non perturbatif.
A l'heure actuelle on ne sait toujours pas grand chose dans ce domaine,
hors des systèmes intégrables en dimension 2. Le plus grand progrés a été
le groupe de renormalisation de Wilson vers 1970, qui a débloqué beaucoup de
choses en mécanique statistique, mais on ne sait toujours pas si
l'electrodynamique quantique existe rééllement de façon non triviale.


: - découvertes expérimentales de dizaines de nouveaux hadrons en plus du


: proton et du neutron, modèle des quarks (années 1960); première théorie
: complète de l'intéraction forte (chromodynamique quantique qui reste la
: meilleure approche connue aujourd'hui), découverte du quark c et du
: quark b (années 1970)
: - unification de l'intéraction électromagnétique et de l'intéraction
: faible (années 1960-1970): nouvelle idée de symmétrie en physique
: fondamentale de l'idée de symmétrie et introduction de la brisure
: spontannée de telles symmétries

C'est à dire, du point de vue théorique l'extension des méthodes de
l'électrodynamique quantique perturbative aux interactions faibles, vers
1970. En ce qui concerne l'interaction forte, on est dans le non
perturbatif, résultat on ne connait pas grand chose.

: - théorie du big bang chaud par Gamow (au alentour de 1950)

: - découverte du rayonnement à 3K (année 1960), une des plus importantes
: sources d'information pour les cosmologistes
: - découverte de radio-pulsar binaires, ouvrant une fenêtre sur un
: domaine jamais atteint de la relativité générale (années 1970)

Tu nous parles de découvertes expérimentales ici.

: - développement des théories supersymmétriques (à mettre au même plan


: que la découverte de la chromodynamique et de la théorie électrofaible)
: et des théories des cordes (aussi révolutionnaire que la relativité
: générale), les deux à partir des années 1970.

Genre de théories qu'un esprit pessimiste pourait décrire comme purement
spéculatives et sans aucun début de preuve expérimentale. Bien sûr un esprit
optimiste, à l'américaine, peut prétendre que c'est génial, que l'on
dévoile enfin la théorie du monde, etc. Aprés quelques années de ce genre
de laius, je doute que la plupart des gens souscrivent encore au
programme. Toutes les données expérimentales actuelles confirment
parfaitement le modèle standard de 1970 et ne demandent aucune modification
ou extension de celui ci. Autrement dit on est toujours sur les idées de 1930
avec quelques progrés techniques limités. Et on a toujours des trous énormes,
béants, par exemple pour comprendre ce qu'est rééllement une théorie
quantique des champs quand le couplage est important, par exemple QCD.
J'ai entendu Polyakov faire un talk où il expliquait que quand il a découvert
QCD, le groupe de renormalisation, etc. il se voyait démontrer le
confinement des quarks en un ou deux ans au plus. 30 ans aprés, on n'en
sait pas plus. Un des progrés les plus significatifs pour comprendre
les différents régimes en cause a été la théorie de Seiberg-Witten qui
malheureusement s'applique à une situation essentiellement différente de
la situation réélle et repose aussi sur un large "brassage de mains".
Moi qui suis spécialisé dans les systèmes intégrables, je peux te dire
que même en dimension 2 le nombre de modèles quantiques que l'on comprend
un peu est extrêmement limité, essentiellement sine-Gordon grace aux travaux
de Smirnov. Et encore dans ce cas la compréhension est en constante évolution
(pas achevée). Ceci étant en parfait contraste avec la situation des modèles
intégrables classique que l'on comprend trés bien. Justement depuis de
nombreuses années Smirnov essaye de faire le lien entre les solutions
exactes quantiques qu'il a trouvées il y a longtemps et ce qu'on sait
au niveau classique. C'est extrêmement non trivial. Moralité, la
quantification, dés qu'on ne parle plus de champ libre, c'est épouvantable.

: --
: Luc Bourhis

--

Michel TALON

Luc Bourhis

unread,
Feb 16, 2002, 3:30:59 PM2/16/02
to
Michel TALON <ta...@niobe.lpthe.jussieu.fr> wrote:

> Luc Bourhis <ne...@nowhere.com> wrote:
>
> : ???? Rien depuis le début 20ème ? Disons depuis 1930 (pour inclure la
> : mécanique quantique dans ta phrase) ? Petit rappel, en vrac:
>
> : - électrodynanique quantique (un peu avant 1950), c.a.d. la première
> : théorie quantique des champs totalement consistente
>
> En fait l'électrodynamique quantique a été découverte presque immédiatement
> aprés la mécanique quantique, dans les années 1930 par Dirac Fock etc.

Puisque tu veux faire dans le précis, n'oublions pas Born, Heisenberg et
Jordan qui, en 1926, furent les premiers à quantifier le champs
électromagnétique (en le décomposant en une somme d'oscillateurs
harmoniques).

> En 1950 c'est la renormalisation qui a été découverte par Feynman
> Schwinger Tomonaga, ce qui permet de faire des calculs perturbatifs cohérents
> mais ne dit pas grand chose sur le non perturbatif.

OK mais sans la renormalisation, l'électrodynamique des années 30 est
inutilisable même dans le domaine perturbatif. C'est pourquoi j'ai pris
cette date: c'est quand même les années des grands succès comme la
prédiction correcte du Lamb shift et du moment magnétique anormal de
l'électron à la conférence de Shelter Island en 1947.

> A l'heure actuelle on ne sait toujours pas grand chose dans ce domaine,
> hors des systèmes intégrables en dimension 2. Le plus grand progrés a été
> le groupe de renormalisation de Wilson vers 1970, qui a débloqué beaucoup de
> choses en mécanique statistique, mais on ne sait toujours pas si
> l'electrodynamique quantique existe rééllement de façon non triviale.

Parles-tu de l'abscence de définition rigoureuse des états asymptotiques
? des intégrales de chemin ? Sans cela, le groupe de renormalisation
fait un peu annexe, non ?

> : - découvertes expérimentales de dizaines de nouveaux hadrons en plus du
> : proton et du neutron, modèle des quarks (années 1960); première théorie
> : complète de l'intéraction forte (chromodynamique quantique qui reste la
> : meilleure approche connue aujourd'hui), découverte du quark c et du
> : quark b (années 1970)
> : - unification de l'intéraction électromagnétique et de l'intéraction
> : faible (années 1960-1970): nouvelle idée de symmétrie en physique
> : fondamentale de l'idée de symmétrie et introduction de la brisure
> : spontannée de telles symmétries
>
> C'est à dire, du point de vue théorique l'extension des méthodes de
> l'électrodynamique quantique perturbative aux interactions faibles, vers
> 1970. En ce qui concerne l'interaction forte, on est dans le non
> perturbatif, résultat on ne connait pas grand chose.

Deux points:

1) D'un point de vue théorique, si l'on excepte le mécanisme de Higgs,
la transition de l'électrodynamique au modèle standard est juste le
passage d'une théorie de jauge abélienne à une théorie de jauge
non-abélienne. C'est tellement trivial que les dernières étaient déjà
bien étudiées en 1960. Mais tu oublies complètement un élément essentiel
de l'histoire: les théories des champs n'aidèrent pas les physiciens des
années 60 à comprendre le pourquoi du comment des myriades de nouveaux
hadrons qu'ils découvraient dans le produit des collisions à hautes
énergies permises par leur accélérateurs de particules. Dans lesdites
années 1960, la grande majorité des physiciens avait d'ailleurs laissé
tombé l'idée d'une théorie des champs pour l'intéraction forte par
exemple. C'est seuleument autour de 1970 que l'interprétation par
Feynman des récents résultats de la diffusion profondément inélastique
électron-proton en terme de quarks fit beaucoup pour remettre la théorie
des champs en selle.

2) Les calculs sur réseaux sont de plus en plus prometteurs pour sonder
le domaine non perturbatif de l'intéraction forte, grâce à la révolution
que fut le papier de Lepage et Mackenzie (hep-lat/9209022) en 1992 (et
aussi grâce à la puissance croissante des microprocesseurs bien
entendu).

> : - théorie du big bang chaud par Gamow (au alentour de 1950)
> : - découverte du rayonnement à 3K (année 1960), une des plus importantes
> : sources d'information pour les cosmologistes
> : - découverte de radio-pulsar binaires, ouvrant une fenêtre sur un
> : domaine jamais atteint de la relativité générale (années 1970)
>
> Tu nous parles de découvertes expérimentales ici.

La physique est une science expérimentale aux dernière nouvelles !

> : - développement des théories supersymmétriques (à mettre au même plan
> : que la découverte de la chromodynamique et de la théorie électrofaible)
> : et des théories des cordes (aussi révolutionnaire que la relativité
> : générale), les deux à partir des années 1970.
>
> Genre de théories qu'un esprit pessimiste pourait décrire comme purement
> spéculatives et sans aucun début de preuve expérimentale. Bien sûr un esprit
> optimiste, à l'américaine, peut prétendre que c'est génial, que l'on
> dévoile enfin la théorie du monde, etc. Aprés quelques années de ce genre
> de laius, je doute que la plupart des gens souscrivent encore au
> programme. Toutes les données expérimentales actuelles confirment
> parfaitement le modèle standard de 1970 et ne demandent aucune modification
> ou extension de celui ci.

D'accord pour la physique des particules auprès des accélérateurs [*] --
si je me refuse à chipoter sur la masse des neutrinos. Mais beaucoup
moins d'accord en ce qui concerne l'astrophysique et la cosmologie. Il
est bien difficile de faire sans matière noire, c.a.d. sans particules
en plus de celles du modèle standard -- sans oublier qu'un "observatoire
de matière noire", l'expérience DAMA, reporta une détection qui n'a pas
été confirmée mais pas non plus réfutée complètement autant que je
sache.

Maintenant, les théories des champs supersymmétriques font des
prédictions testables à LHC. Il a même été montré que le modèle
supersymmétrique minimal ou bien sera confirmé par la détection de
nouvelles particules à LHC ou bien sera mort. Bon évidemment, le
théorème ne s'étend pas même au Next Minimal Supersymmetric Model (i.e.
le modèle le plus minimal après le minimal !!). M'enfin bon ! je ne
pense pas qu'ils seront nombreux ceux qui continueront dans la voie de
la supersymmétrie si LHC ne découvre rien. Et sans supersymmétrie, adieu
toutes les théories des cordes dont nous parlons ici.

C'est sans doute pourquoi la supersymmétrie attire autant de chercheurs
depuis 10 ans (un vrai raz-de-marée). Il y a enfin une lumière
expérimentale en vue ...

[*] Remarque au passage pour ceux qui ne seraient pas au courant: le
récent désaccord entre la prédiction théorique et la mesure du moment
magnétique anormal du muon (aussi noté g-2, nom sous lequel
l'information fut annoncée avec une certaine publicité sur le web) vient
d'être réduit à peau de chagrin après qu'une erreur de signe fut
découverte dans une des parties du calcul théorique; voir hep-ph/0201297
pour les dernières nouvelles.

> Autrement dit on est toujours sur les idées de 1930
> avec quelques progrés techniques limités. Et on a toujours des trous énormes,
> béants, par exemple pour comprendre ce qu'est rééllement une théorie
> quantique des champs quand le couplage est important, par exemple QCD.
> J'ai entendu Polyakov faire un talk où il expliquait que quand il a découvert
> QCD, le groupe de renormalisation, etc. il se voyait démontrer le
> confinement des quarks en un ou deux ans au plus. 30 ans aprés, on n'en
> sait pas plus. Un des progrés les plus significatifs pour comprendre
> les différents régimes en cause a été la théorie de Seiberg-Witten qui
> malheureusement s'applique à une situation essentiellement différente de
> la situation réélle et repose aussi sur un large "brassage de mains".

Jamais étudié sérieusement. Je me souviens que de nombreux chercheurs
russes travaillaient sur des modèles du confinement à base d'instantons
et de monopoles. Cela a-t-il débouché sur quelque chose ? De toute
manière, je vois mal comment faire sans les réseaux, au moins pour jouer
le rôle de l'expérience.

> [...] Moralité, la


> quantification, dés qu'on ne parle plus de champ libre, c'est épouvantable.

C'est un consensus universel ! M'enfin bon, pour faire un point global
sur ton commentaire, de là à abonder dans le sens de François Guillet
pour dire que l'on a rien appris de nouveaux depuis les années 30, il y
a un pas que je ne franchirais pas. Évidemment, tu es un vrai théoricien
alors que je n'ai jamais été qu'un vilain phénoménologue ... presque un
expérimentateur de ton point de vue ;-)

--
Luc Bourhis

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