La d�ception � l��gard de la classe politique ne
finit pas de cro�tre. Depuis Mitterand, qui avait fait croire � un sursaut
possible de la vie politique, la tendance se confirme. Pour preuve les taux
aberrants de participation aux �lections qui ridiculisent le triomphe des
gagnants.
Ce qui d�courage d�abord, c�est, en effet, le sentiment que la
politique n�est qu�un m�tier. Tout semble affaire de techniciens, d�experts
et de bricoleurs surexcit�s � l�id�e de travailler sous des lambris dor�s,
alors que l�attente de la population � l��gard de la politique sublime l�esth�tique
ou la morale des grandes oeuvres. D�un autre c�t�, l�impression est que la
politique est une mise en sc�ne des acteurs, personnages affadis au
possible, au lieu d�une agr�ation populaire et enthousiaste des id�aux, en
somme, un spectacle d�illusionnistes, dont la finalit� par priorit� est de
faire vivre et se reproduire une classe politique inconsistante.
Or, par nos temps de crise, je ne connais qu�un seul
sujet au centre de la politique, dont personne n�a parl�: la traite
n�gri�re. A peine certains ont-ils parl� d�immigration sauvage. Les uns pour
la glorifier, les autres pour la d�noncer. Et pourtant, non seulement elle
est odieuse, mais surtout quasi tout le monde en vit ou la subit. C�est en
effet le levier de croissance de l��conomie devenu essentiel dans une
mondialisation qui nous emporte. C�est aussi le facteur g�nial de la
d�r�gulation radicale du mod�le social auquel aucun secteur de vie n��chappe.
Le l�gislateur ne fait qu�ent�riner le mouvement. Dans cette affaire, les
moins arm�s p�riront, les plus arm�s survivront, mais dans un autre monde
que celui que nous avons connu. Travail, famille, loisirs, culture, villes
tout va changer. �tre submerg�.
Le grand regret, presque la nostalgie de notre
impuissance, c�est bien s�r de ne plus avoir la possibilit� ni l�engouement
des changements sociaux � la mani�re de nos anc�tres. Jacquerie, r�volution,
r�formisme ont leur titre de noblesse ! Pour autant et � d�faut des bons
vieux chambardements dont nous �tions capables dans l�ancien temps (vanit�
et cruaut� des exp�riences historiques) et en opposition � la politique
spectacle ( passivit� et fatalisme du th��tre des illusions), mais avec les
raisons d�esp�rer que pr�ne la population mixte notamment franco-alg�rienne,
il reste une voie de changement en douceur, une seule voie d�laiss�e,
inexplor�e: la gouvernance sociale, qui n�est rien moins que de transformer
les disparit�s et les difficult�s des populations mal loties en une
multitude de projets de d�veloppement. Mais, elle demande un s�rieux coup de
rein en politique, car il faut lui associer la cr�ation d�un espace mixte
franco-alg�rien et un cercle de d�veloppement rassemblant les pays de l�ex-Empire
afin de se prot�ger des ravages de la mondialisation. Et aussi, mettre fin �
un nationalisme d�op�rette et � son p�ch� crasseux dans la d�rive de la
d�colonisation : la traite n�gri�re, afin de lui substituer l�immigration
�autrement�. L�homme providentiel existe t-il ?
��Franco-alg�rien. La mixit� face au diktat des juristes�� de Si-Miliani
Christian
La d�ception � l��gard de la classe politique ne
finit pas de cro�tre. Depuis Mitterand, qui avait fait croire � un sursaut
possible, la tendance se confirme. Pour preuve, les taux aberrants de
participation aux �lections qui relativisent f�cheusement la r�ussite des
gagnants.
Ce qui d�courage d�abord, c�est, en effet, le sentiment tenace que la
politique n�est qu�un m�tier. Tout semble affaire de techniciens pr�form�s
(et d�experts plut�t excit�s � l�id�e de travailler sous les lambris dor�s),
alors que l�attente de la population � l��gard de la politique sublime l�esth�tique
et la passion des grandes oeuvres. D�un autre c�t�, l�impression est que la
politique se r�duit � une mise en sc�ne des acteurs, au lieu d��tre une f�te
populaire et enthousiaste des id�aux ; en quelque sorte un spectacle, dont
la finalit� est de faire admettre et perp�tuer une classe politique sous
cellophane.
Or, par nos temps de crise, je ne connais qu�un seul
sujet au centre de la politique, dont personne n�a parl�: la traite
n�gri�re. A peine certains ont-ils os� parler d�immigration sauvage. Les uns
pour l�encenser, les autres pour la d�noncer. Et pourtant, non seulement
elle est odieuse, mais surtout quasi tout le monde en vit ou la subit. C�est
en effet un levier de croissance de l��conomie devenu essentiel dans une
mondialisation qui nous emporte. C�est aussi le pr�texte a priori de la
d�r�gulation du mod�le social auquel aucun secteur de vie n��chappe. Le
l�gislateur ne fait, qu�ent�riner le mouvement de fond, dans la foul�e du
politique. Travail, famille, loisirs, culture, villes tout va changer, quand
chacun voudrait tirer son �pingle du jeu.
Le grand regret, presque la nostalgie de notre
impuissance, c�est bien s�r de ne plus avoir la possibilit� ni l�engouement
des changements sociaux � la mani�re de nos anc�tres. Jacquerie, r�volution,
r�formisme ont eu leurs titres de gloire. Pour autant et � d�faut des bons
vieux chambardements dont nous �tions capables (les exp�riences historiques
abondent), en refus d�abord de la politique spectacle (passivit� et
fatalisme du th��tre des illusions. Pauvre, pauvre PS !), et en revenant
ensuite, par le SAMU, aux raisons criantes d�esp�rer de la population mixte,
notamment franco-alg�rienne, il reste une voie d�un changement en douceur,
lamentablement d�laiss�e, inexplor�e: la gouvernance sociale, qui n�est rien
d�autre que de transformer les disparit�s et les difficult�s des populations
mal loties en une multitude de projets de d�veloppement profitables.
Malheureusement, elle demande un s�rieux coup de rein en politique, car il
faut lui associer la cr�ation d�un espace mixte franco-alg�rien et d�un
cercle de d�veloppement rassemblant les pays de l�ex-Empire afin de se
prot�ger des ravages de la mondialisation ; et ainsi, mettre fin � la d�rive
de la d�colonisation : la traite n�gri�re, en vue de lui substituer l�immigration
�autrement�.
G. Gurvitch et R. Aron l�avaient compris avant les autres :
capitalisme et socialisme s�appellent l�un l�autre en convergence complice
depuis Ricardo et Keynes. Forts de cette v�rit� basique, reste � savoir,
quand l�homme selon Nietzsche jaillit en politique pour vaincre nos mis�res
et casser le th��tre des illusions?