Je tombe sur une émission produite par je ne sais quelle chaîne qui
nous présente un rappeur d'origine estonienne : sa musique ne
m'intéresse pas, son apparence physique est plutôt sympathique et
donne une impression positive (ça change d'autres rappeurs ou
musicians de raï...); les images de son retour en Estonie sont
intéressantes, et puis, vlan : on commence à comprendre l'intérêt des
médiats pour ce beau gosse : sa copine nous révèle qu'il vit en Suisse
et s'engage contre l'Union Démocratique du Centre, attaque ce parti,
et, en réponse à une demande d'excuses, invite les offensés à "sucer
sa bite" (sic). On se croirait sur Arte ! On est peut-être sur TSR ou
sur une chaîne française.
13h30 : il serait temps de faire la vaisselle, mais voilà que nous est
présenté le Journal de la RTBF. Picard de naissance, c'est-à-dire né
au coeur de l'ancienne Gaule Belgique, avec des origines hennuyères et
flandriennes, ce qui se passe Outre-Quiévrain me laisse rarement
indifférent : je décide de suivre ce journal. Il nous est présenté par
une jeune femme "issue de l'immigration" d'Outre-Méditerrannée. Le
deuxième sujet abordé par la présentatrice a trait à la votation ce
dimanche en Suisse sur l'initiative anti-minarets qui s'oppose à la
construction de NOUVEAUX minarets. La présentatrice belge d'origine
maghrébine nous dit qu'il n'y a que quatre mosquées pourvues de
minarets en Suisse, et que les affiches des tenants du "oui" à cette
initiative sont contestées (ce qui est vrai) et contestables (ce qui
est son point de vue et celui de ses patrons de la RTBF). Le parti
d'origine des gens qui ont proposé cette initiative n'est pas désigné
par son nom : l'U.D.C., mais stigmatisé comme le parti "populiste", ce
qui n'est pas son nom, mais celui d'autres partis en Europe (Autriche,
et en France, le parti de M. Timmermans).
A aucun moment, la présentatrice du Journal de la RTBF n'évoque un
thème qui tient une grande place dans l'argumentation des partisans du
"oui" : le situation de minorités chrétiennes en terre d'Islam qui
n'ont pas le droit de construire ou de reconstruire des lieux de culte
chrétiens, la non réciprocité en matière de liberté de culte, et
l'opportunité, non de s'opposer au culte musulman en tant que tel,
mais de marquer un coup d'arrêt au développement et à la diffusion de
l'Islam dans les circonstances présentes mariages forcés, exigence
musulmane de lieux de sépulture séparés pour des raisons de "pureté"
rituelle etc...), ces deux derniers points étant rappelés par un
militant U.D.C. dont le village comporte une mosquée avec minaret.
Finalement, la séquence se termine par un chantage : une éventuelle
victoire du "oui" ne serait pas comprise à l'étranger, et ternirait
l'image de la Suisse.
Je m'inscrit en faux contre cette assertion : je comprendrais et je me
réjouirais d'une victoire du "oui" et l'exemple suisse serait une
référence et un encouragement pour les autres Européens d'origine
européenne à s'opposer, non à l'Islam en tant que religion, mais à la
colonisation de peuplement massive, ininterrompue, croissante, de
l'Europe par les "suds" du monde, des "suds" qui peuvent être
d'ailleurs au sud-est, et souvent par des anciennes colonies de pays
européens.
En réponse aux éructations du rappeur Stress, à la mésinformation du
Journal Télévisé de la RTBF présenté par Leïla Machhin-Truc, il faut
voter "oui" à l'initiative anti-minarets. Amis suisses, faites-le pour
moi et pour nous, avant qu'il ne soit trop tard.