Parce que la Patrie, l'Occitanie, ce n'est pas que ça. Ce n'est pas
qu'un stupide réseau d'isoglosses traçant une démarcation entre la
langue d'oc et la langue d'oïl ou la langue d'oc et l'arpitan.
Quand Pèir de Garròs écrivait "la causa sacrada de nosta lenga
mespresada", il appelait évidemment cette langue le gascon. Mais le
gascon, ça s'arrêtait où à l'époque? Aux portes de l'Italie! D'Astros
exaltant le gascon et Goudouli exaltant la "lenga mondina" ne se
tournent pas le dos, ils se complètent, comme le remarque le livre
"Gascogne, un pays, une identité", ce qui n'empêche pas l'auteur
d'exclure manu militari Jasmin, qui se disait gascon, de son étude:
oeillères des gasconnistes!
Mistral saluant Jasmin salue-t-il un poète écrivant dans une langue
étrangère? Je ne pense pas qu'il soit utile de répondre à cette
question.
Et Camélat saluant Mistral dans "Mourte et bibe" et la venue du poète
de Maillane à Pau, salue-t-il un étranger? Loin de là, il salue un
maître, ou plutôt: le Maître.
Depuis toujours, les écrivains de langue d'oc se sont inscrits dans ce
vaste espace du Sud de la France que nous appelons aujourd'hui
l'Occitanie. Oui, en dépit des différences, ou plutôt avec la richesse
des différences de chacune des régions d'oc, ils ont senti l'unité
profonde de civilisation de ce "Sud de la France", à une époque où
l'unification du marché français par l'État et le Capital n'avait pas
poussé aussi avant qu'aujourd'hui l'uniformisation des parlers, des
accents, des coutumes, des moeurs, des goûts, des façons de penser.
Les gasconnistes, qui ignorent tout cela, qui raisonnent comme si un
"institut toulousain" était venu imposer une graphie archaïsante à un
peuple resté autant à l'écart qu'avant la conquête romaine, sont des
négationnistes. Quant à l'étude des cartes de groupes sanguins, je ne
dirai même pas à quoi elle me fait penser.
Ca peut convaincre pas mal de monde. Notamment et assez
pragmatiquement des élèves qui se demandent pourquoi ils ont à se
farcir le limousin ou le provençal dans leur programme du bac.
> Quand Pèir de Garròs écrivait "la causa sacrada de nosta lenga
> mespresada", il appelait évidemment cette langue le gascon. Mais le
> gascon, ça s'arrêtait où à l'époque? Aux portes de l'Italie! D'Astros
> exaltant le gascon et Goudouli exaltant la "lenga mondina" ne se
> tournent pas le dos, ils se complètent, comme le remarque le livre
> "Gascogne, un pays, une identité", ce qui n'empêche pas l'auteur
> d'exclure manu militari Jasmin, qui se disait gascon, de son étude:
> oeillères des gasconnistes!
Jasmin se disait gascon d'une part parce que son nom, Boé, était
gascon, que celui de sa mère, Barrère l'était également, et que
l'agenais est dit langue mi-gasconne par Luchaire comme la vallée de
la Dordogne jusqu'à Villeneuve et les premiers contreforts du Massif
Central.
Il se disait gascon également parce qu'il y a une tradition lettrée
qui veut qu'Agen soit "Ville gasconne".
Ensuite, je ris quand je vois les relations d'Astros-Goudouli comme
idéal-type de l'unité littéraire occitane. Lectoure et Toulouse qui
parlent pour l'Auvergne, le Dauphiné, ...
>
> Mistral saluant Jasmin salue-t-il un poète écrivant dans une langue
> étrangère? Je ne pense pas qu'il soit utile de répondre à cette
> question.
Toute la France a salué Jasmin. Surtout Paris. Quant aux écrits de
Mistral, ils n'ont pas vocation à définir le destin de la France du
Sud pour les siècles à venir. Des arguments d'autorités, on en trouve
de tout côté, notamment le fameux "lengatge estranh". Et puis, quel
romantisme que de raconter l'histoire d'une patrie par ses écrivains.
Véritable déformation professionnelle.
>
> Depuis toujours, les écrivains de langue d'oc se sont inscrits dans ce
> vaste espace du Sud de la France que nous appelons aujourd'hui
> l'Occitanie. Oui, en dépit des différences, ou plutôt avec la richesse
> des différences de chacune des régions d'oc, ils ont senti l'unité
> profonde de civilisation de ce "Sud de la France", à une époque où
> l'unification du marché français par l'État et le Capital n'avait pas
> poussé aussi avant qu'aujourd'hui l'uniformisation des parlers, des
> accents, des coutumes, des moeurs, des goûts, des façons de penser.
C'est parce qu'ils étaient français que tous ces gens se sont
rencontrés ... Et l'unité profonde de civilisation du Sud de la
France, c'est grosso-modo un peu de latinité et de catholicisme, soit
le fond commun de tous les pays de langue romane.
> Les gasconnistes, qui ignorent tout cela, qui raisonnent comme si un
> "institut toulousain" était venu imposer une graphie archaïsante à un
> peuple resté autant à l'écart qu'avant la conquête romaine, sont des
> négationnistes. Quant à l'étude des cartes de groupes sanguins, je ne
> dirai même pas à quoi elle me fait penser.
Les "gasconnistes" pensent qu'entre l'ethnie gasconne et la patrie
française, la patrie occitane est superfétatoire et n'a pas de valeur
ajoutée autre que de servir grille d'interprétation de l'oeuvre de
quelques poètes.
> Et puis, quel
> romantisme que de raconter l'histoire d'une patrie par ses écrivains.
Les définir par des travaux dialectologiques -dont certains sont
l'oeuvre de savants (Pierre Bec) ayant clairement travaillé dans les
structures occitanes-, ça c'est rationnel. Les gasconnistes veulent
des patries *rationnelles*, définies par des analyses *froides* .
Gascogne = Pôle Sud.
> C'est parce qu'ils étaient français que tous ces gens se sont
> rencontrés ...
Qui le nie? Pas moi. Vous ne vous lassez jamais d'avancer des
arguments agréées par vos interlocuteurs. Comme ce n'est pas pour leur
faire plaisir, ça s'explique sans doute par des problèmes visuels...
> Depuis toujours, les écrivains de langue d'oc se sont inscrits dans ce
> vaste espace du Sud de la France que nous appelons aujourd'hui
> l'Occitanie.
que VAUTRI sounatz Occitania, nàutri dizem "Païs d'Oc"
>
> Les "gasconnistes" pensent qu'entre l'ethnie gasconne et la patrie
> française, la patrie occitane est superfétatoire et n'a pas de valeur
> ajoutée autre que de servir grille d'interprétation de l'oeuvre de
> quelques poètes.
Lou separatisme gascou, auvirnhat, prouvençau... es una reacciou
inadaptado à uno
auto asenado: lou racisme occitan
Eh donc, lo País d'Òc se't hè gai. Siam units davant l'enemic
gasconista, en t'ac pregant.