Commune, la révolte n'eût point acquis le caractère effroyable et
universel qu'elle a montré.
L’Akhbar disait de son côté, à la date du 15 novembre 1872 :
La naturalisation des Juifs a été une des causes principales de
l'insurrection; elle a jeté
l'insulte à la face du peuple musulman en proclamant la suprématie du
Juif indigène sur
l'Arabe et sur le Kabyle.
L'insurrection éclata quand les populations musulmanes virent, à la
fin de janvier 1871, les
Israélites faire les fonctions de jurés. « Alors seulement, dit
l'exposé des motifs du projet d'abrogation, ces
populations, qui n'avaient pas été frappées de la déclaration du 24
octobre, ont compris
qu'elles pouvaient devenir justiciables des Israélites indigènes.
Et si cette interprétation des faits était contestée on rappellerait
que le Kalifa de la Medjana,
Si Mokrani, en renvoyant la croix d'officier de la Légion d'honneur, a
fait savoir qu'il
aimerait mieux mourir les armes à la main que de tolérer l'affront
fait à sa race, en plaçant les
israélites au-dessus d'elle. L'attribution du droit de siéger, faite à
ces derniers, est donc à la
fois prématurée et dangereuse ; elle a été, au moins, une des causes
de l'insurrection. »
En face du Juif oblique comme Crémieux, qui trahit le pays qui s'est
confié à lui, il faut
placer la noble et loyale figure de notre vaillant ennemi Sidi Mohamed
Ben Ahmed el
Mokrani.
Mokrani est la plus complète personnification de ces grands seigneurs
arabes, tels que
Fromentin s'est plu à nous les montrer sous les ciels aux tons fins
qu'il peint si bien, à nous
les raconter dans ses livres pleins de couleur. Passionnés pour les
belles armes et les beaux
chevaux, superbes sur leurs étriers dans les brillantes fantasias,
graves et dignes au seuil de
leurs tentes, en souhaitant la bienvenue à leurs hôtes, fastueux,
quand ils traitaient nos
officiers, ces chefs, après de longues résistances, avaient été
fascinés et séduits par la
bravoure de nos soldats ; ils étaient fiers de porter sur leur burnous
la Légion d'honneur, cette
fleur aujourd'hui flétrie, cet emblème désormais prostitué qui, jadis,
signifiait courage, talent
ou vertu.
Ennemi terrible, ami sincère, Mokrani était digne de vivre au temps de
Yousouf-ben-Ayoub-
Salah-Eddyn et de com
battre avec des chevaliers croisés . C'est par un fait d'armes digne
des temps héroïques,
dans un combat singulier qu'il avait gagné la croix d'officier, en
tuant de sa propre main, au
milieu de ses partisans, l'agitateur Bou Barghla
Quand un officier français transmit au Bach-Aga le décret de Crémieux,
il cracha dessus et le
retourna à l'envoyeur en disant simplement :
« Je n'obéirai jamais à un Juif ! ».
Cet homme qui avait toutes les générosités ne voulut pas attaquer la
France aux prises avec
l'Allemagne. Il attendit chevaleresquement que nous puissions disposer
de toutes nos forces
pour lutter. Ce fut alors qu'il renvoya sa décoration au général
Augeraud et qu'en le
remerciant courtoisement des égards qu'il lui avait témoignés, il lui
adressa la déclaration de
guerre qui se terminait par ces mots : « Si j'ai continué à servir la
France, c'est parce qu'elle