les malheureux qui tombent sous ses griffes, qui s'enrichit de la
dépouille d'autrui. C'est à
cette race qu'étaient acquises toutes les sympathies du gouvernement
de la Défense nationale,
et plus particulièrement de Crémieux.
Ce qu'est le Juif, en Algérie, rien de ce que nous voyons ici ne peut
nous en donner une idée,
car l'usure juive, qui a atteint en certains pays, en Alsace
notamment, des proportions
incroyables, n'est rien à côté de l'usure arabe.
La lettre de l'Empereur sur l'Algérie cite dans cet ordre un fait
entre mille (1) :
Au mois de novembre 1861, deux douars de la tribu de Djebela (Aghalih
de Mostaganem),
atteints par plusieurs mauvaises années consécutives, n'avaient pas de
grain de semence. Les
principaux membres de ces douars, leur caïd en tête, eurent recours à
un Israélite de
Mostaganem. Celui-ci consentit à leur livrer de l'orge au
prix exorbitant de 36 francs le quintal. Cette somme devait être
restituée à la récolte suivante,
non en argent mais en nature, au prit courant des marchés. Or, au mois
d'août 1862, l'orge
valait 7 fr, le quintal et les gens de Djebela durent rendre près de
six quintaux pour un, c'est-
à-dire qu'ils avaient emprunté à 600 p. 100 (1).