Copie d'un message reçu :
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Haïti-Parlement-Censure
Sénat : La Première ministre Michèle Pierre-Louis destituée comme
prévu
Une décision contestée de Lespwa et alliés qui, malgré l’opposition
acharnée de la minorité, a décidé le renvoi du gouvernement au bout
d’une séance historique lourde de conséquences pour le pays
vendredi 30 octobre 2009,
Radio Kiskeya
Le Sénat haïtien, contrôlé par la majorité présidentielle Lespwa, a
adopté tôt vendredi une motion de censure controversée contre la
Première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis par 18 voix pour, 0
contre et une abstention, à l’issue d’une séance marathon marquée par
des débats intenses et houleux entre partisans et adversaires de
l’interpellation.
Sans surprise, les Sénateurs de Lespwa et alliés ont renvoyé Mme
Pierre-Louis et son gouvernement qui ne s’étaient pas présentés au
Parlement arguant que les motifs de l’interpellation n’étaient pas
précisés alors que l’issue du vote était connue à l’avance.
Seul le Sénateur Jean William Jeanty (Konba/Nippes, sud-ouest) a fait
abstention.
Le vote s’est déroulé peu après minuit (00h34 locales et 05h34 GMT) en
l’absence de six Sénateurs qui avaient auparavant dénoncé
l’inconstitutionnalité de la séance en s’appuyant notamment sur les
articles 107 et 107.1 de la constitution relatifs à la limitation des
pouvoirs du corps législatif (Chambre des Députés et Sénat) en session
extraordinaire, comme c’est le cas actuellement.
Youri Latortue (AAA/Artibonite, nord), Rudy Hérivaux (Lavalas/Ouest),
Evallière Beauplan (Pont/Nord-Ouest), Andris Riché (OPL/Grand’Anse,
sud-ouest), Edmonde Supplice Beauzile (Fusion/Centre) ont abandonné la
salle de séance au terme d’un réquisitoire solidement argumenté qui
risque de jeter le doute sur la légitimité de ce vote de censure.
Non contents d’avoir souvent pris le dessus dans les débats sur des
membres d’une majorité restés pour la plupart sans réaction et accusés
d’exécuter l’agenda du Président René Préval, les leaders de
l’opposition au Sénat ont d’ailleurs annoncé leur intention de
poursuivre leur croisade contre l’illégalité du vote qui s’est déroulé
sur deux jours. A cet effet, une correspondance sera adressée à la
Première ministre Michèle Pierre-Louis pour lui demander de continuer
à exercer ses fonctions en ignorant la motion de censure.
Pour leur part, les représentants de la majorité au pouvoir ont
approuvé une résolution en trois points selon laquelle le bureau de la
Chambre haute doit signifier sa destitution à Michèle Pierre-Louis et
inviter le chef de l’Etat à engager des consultations avec les
présidents des deux Chambres en vue de désigner un nouveau Premier
ministre.
Dans ce qui pourrait être, de l’avis de certains observateurs, une
victoire à la Pyrrhus, le président du Sénat, Kély Bastien, issu de
Lespwa, a probablement perdu des plumes. En manque d’autorité sur une
assemblée tempétueuse, il a adopté une posture jugée trop partisane et
manquant de hauteur de vue. Son leadership risque d’être désormais mis
à mal.
Amie proche du Président René Préval, mais en froid avec ce dernier
depuis quelques mois, la Première ministre destituée, qui bénéficiait
du soutien de la communauté internationale, était arrivée à la Villa
d’Accueil (siège de la Primature) il y a tout juste un an, en
septembre 2008.
Deuxième Première ministre de l’histoire d’Haïti -après Claudette
Werleigh (1995-1996) -, elle est également devenue le deuxième chef de
gouvernement à être censuré après son prédécesseur Jacques-Edouard
Alexis, sévèrement sanctionné par le Sénat, le 12 avril 2008, à la
suite d’émeutes de la faim meurtrières qui avaient menacé la stabilité
du pays.
Haïti fait face à nouveau à un vide politique risqué, à quelques mois
d’échéances constitutionnelles cruciales devant conduire, fin 2010,
aux élections présidentielles et au moment où s’amorçait une certaine
relance de l’économie après des années d’agonie et d’interminables
turbulences politiques. spp/Radio Kiskeya
Haïti-Politique
A propos d’une « séance historique » au Sénat
Renvoi "programmé" du chef du gouvernement
vendredi 30 octobre 2009,
Radio Kiskeya
Le sort en est jeté ! Ils ont voté ! Ils l’ont fait ! Contre vents et
marées ! Comme annoncé !
Au terme d’une séance-marathon de plusieurs heures, les 18 sénateurs
de LESPWA ont renvoyé la première ministre Michèle Pierre Louis.
Le débat parlementaire comptait-il ? Les arguments des uns et des
autres allaient-ils influencer la majorité parlementaire ? Bien sûr
que non.
Plus qu’une impression, mais une certitude : il fallait que Michèle
Pierre Louis soit renvoyée ! C’était fait à minuit trente quatre !
Mission accomplie.
Mais ? Car il y a toujours un mais.
L’entreprise ne s’est pas révélée des plus aisées pour la majorité de
LESPWA et alliés. Le Dr Kelly Bastien, dont l’apparente candeur
politique en a reçu un rude coup, a finalement montré ce dont il était
capable.
Les arguments étaient de taille ! Jamais certains ne croiraient que le
Droit et la Constitution seraient si âprement défendus par des
parlementaires qui n’ont certes pas été parmi les grands bénéficiaires
du gouvernement Pierre Louis. L’histoire retiendra les noms des
sénateurs Youri Latortue, Roudy Hérivaux, Evallière Beauplan, Andris
Riché qui ont réussi, par leurs arguments et leur intrépidité, à
mettre à nu le mobile bassement politique du camp de LESPWA.
La prestation, marquée du sceau de la rectitude, de la sénatrice
Edmonde Supplice Beauzile n’est pas également passée inaperçue.
Le Sénat et le parlement dans son ensemble ne sortiront pas indemnes
de la situation née de la séance de jeudi soir. Car, désormais, du
parlement haïtien, il faudra parler de l’avant et de l’après 29
octobre 2009. Il est clairement apparu que, comme au bon vieux temps,
l’institution s’est complètement mise au service d’un pouvoir
politique, ou même d’une personnalité politique. De quoi demain sera-t-
il fait ?
Inquiétudes. Préoccupations.
LESPWA et ses alliés, le président Préval lui-même, pourront-ils gérer
les retombées de ce retour délibéré aux pratiques caractéristiques
d’une époque qu’on croyait à jamais révolue ?
Marvel DANDIN
30 octobre 2009