Copie d'un message reçu :
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Actualités / Politique
Parlement / Interpellation du gouvernement / Michèle Pierre-Louis
prête à affronter ses interpellateurs
Quarante-huit heures avant de répondre à l’interpellation du Sénat, la
Première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis affirme sa volonté de
« sortir la tête haute » comme chef de gouvernement. « Si je dois
partir, je le ferai la tête haute », a-t-elle déclaré dans une adresse
à la nation, ce mardi 27 octobre.
Drapée dans sa dignité, la Première ministre Michèle Duvivier Pierre-
Louis a bien l’intention de répondre, ce jeudi 29 octobre, à
l’interpellation du Sénat, contrairement aux rumeurs faisant croire
qu’elle allait démissionner pour ne pas affronter les pères conscrits.
D’ailleurs, Mme Pierre-Louis a déjà travaillé sur « la stratégie à
mettre en œuvre», concernant son interpellation, a-t-on appris.
Tout porte à croire que la séance prévue au Sénat, ce jeudi, se
terminera par un vote de censure contre la Première ministre et son
gouvernement. Mais cet éventuel aboutissement n’empêchera point Mme
Pierre-Louis d’emprunter la grande porte.
Dans une adresse à la nation, mardi, elle a déclaré sans ambages que «
si elle devait sortir, elle le ferait la tête haute». Avec, non pas un
sentiment du devoir accompli, mais plutôt celui de mettre le pays dans
la ligne de nombreuses opportunités et perspectives intéressantes,
dont il faudrait « nous autres Haïtiens profiter avec la mise en place
des dispositions nécessaires». Mme Pierre-Louis a souligné la
possibilité de créer vingt-six mille emplois avant la fin de cette
année et annoncé la mise œuvre d’un programme d’État civil, financé
par la Banque interaméricaine de développement (Bid) à hauteur de 10
millions de dollars.
L’interpellation est une prérogative des sénateurs qu’elle dit
respecter et accepter, mais regrette le manque d’élégance dans la
façon de faire des interpellateurs qui ont attendu qu’elle soit hors
du pays pour acheminer la lettre à son bureau. Pour elle, cela indique
un retour à d’anciennes pratiques de pouvoir.
Critiquée, accusée : elle l’admet volontiers. Mais surtout pour ce qui
concerne l’utilisation des 197 millions de dollars américains des
Fonds d’urgence. Aussi est-elle convaincue que « la lumière doit être
faite définitivement sur cette affaire, afin que l’on rende compte des
dépenses, et s’il y a des magouilles, qu’elles puissent être
déterminées et les responsables identifiées ». À cet effet, elle se
propose de réclamer trois audits : un de la Cour supérieure des
Comptes et du Contentieux administratif ; un de l’Inspection générale
des Finances ; le dernier d’un auditeur externe.
Pour la Première ministre, cette démarche est nécessaire pour faire
définitivement la lumière sur le dossier des Fonds d’urgence duquel
elle promet de sortir la tête haute. « Je veux absolument que ces 3
audits se réalisent et que la lumière soit faite sur ce programme
d’urgence afin de couper court au tollé qui entoure cette question »,
martèle Michèle Pierre-Louis. «Cela se fera tout de suite. De là
toutes les accusations fantaisistes peuvent tomber », a affirmé la
Première ministre.
Dans son message, la Première ministre s’est lancée dans une véritable
plaidoirie en faveur de ses réalisations au cours de ses 12 mois à la
tête du gouvernement. Elle rappelle que ses objectifs, en acceptant le
poste de Premier ministre, étaient de servir son pays et surtout de
projeter une autre image d’Haïti, un autre discours sur
l’Administration publique, sur le rôle de l’État et du gouvernement.
Elle souligne les efforts effectués par son gouvernement pour
améliorer la situation de la population et changer l’image négative
donnée à Haïti au niveau international.
Elle a également salué la coopération internationale avec Haïti et se
félicite d’avoir initié dans ce domaine un changement de paradigme.
Elle cite en exemple le cas des États-Unis avec lesquels la
coopération se fait maintenant sur la base de discussions.
Plusieurs secteurs ont jugé inopportune l’interpellation du
gouvernement de Mme Pierre-Louis qui aurait reçu le soutien de la
communauté internationale, indique-t-on.
Par Patrick Réma
mercredi 28 octobre 2009