Lundi, 7 juin 2004 10:35
Plaidoyer en faveur de la prise en charge de l'environnement sur fond de
perspective de déploiement de policiers forestiers
17 ans après le colloque tenu à Damien sur le reboisement, les
recommandations faites pour une prise en charge complète de l'environnement
haïtien sont restées sans suite. Et aujourd'hui, toutes les régions du pays
ou presque risquent de subir le même sort que Fonds Verrettes, a en croire
les environnementalistes. Ils appellent à nouveau les autorités à décréter l
'Etat d'urgence pour éviter la grande catastrophe en s'appuyant sur les
réflexions du colloque tenu à Damien en avril 1987.
Les inondations du 23 mai qui ont fait plus de 1400 morts, les récentes
secousses enregistrées dans plusieurs communes du pays justifient la
nécessité de prendre des mesures exceptionnelles pour éviter une catastrophe
écologique en Haïti. Point n'est besoin de réinventer la roue, puisque le
cadre de référence de la déclaration de l'Etat d'Urgence élaboré lors du
colloque sur le reboisement tenu à Damien en avril 87 peut favoriser la
mobilisation des ressources nationales et internationales à la cause de l'
environnement.
En effet, les objectifs de l'Etat d'Urgence visent notamment à freiner le
processus de dégradation et engager le pays dans le processus de
rétablissement de son équilibre écologique. Les mesures à adopter concernent
l'interdiction de la coupe des arbres et l'exploitation des carrières de
quelque nature que ce soit à l'intérieur des zones protégées. Le cadre de
référence de la déclaration de l'Etat d'Urgence prévoit une assistance
adéquate aux institutions chargées de veiller au respect des dispositions.
Pour y parvenir, les ministères de la justice, de l'intérieur et de l'
agriculture, entre autres entités concernées, sont appelés à jouer leur rôle
pour décourager les spoliateurs. Le document plaide en faveur de la création
d'un fonds d'urgence pour la protection de l'environnement à partir des
taxes prélevées sur les camioneurs , les producteurs de ciment et d'autres
matériaux de construction, les organisations nationales et internationales
et sur les particuliers intéressés au financement du programme.
Les signataires du document, croient qu'il est impossible de réussir le
reboisement du pays sans prévoir le déplacement de certaines populations qui
peuplent les bassins versants ou qui construisent dans les ravins. Il faudra
aussi penser à créer des emplois et stimuler la production de biens et de
services. Pour porter les autorités et la population en général à prendre
conscience de la dégradation accélérée de l'environnement qui risque de
mettre l'intégrité de la nation en péril, la FAN se propose de réactualiser
la déclaration de l'Etat d'Urgence signée par plus d'une cinquantaine de
personnes qui avaient pris part au colloque tenu à la Faculté d'Agronomie du
21 au 23 avril 1987.
Pendant ce temps, des policiers seront bientôt déployés à Forêt des Pins
pour assurer la protection de cet espace important de l'éco système haitien.
L'annonce est faite par le ministre de l'Agriculture des Ressources
Naturelles et du Développement rural. L'agronome Philippe Mathieu qui
participait à l'émission " Rencontre" de Radio Métropole a précisé que des
militaires démobilisés composeront le premier contingent de cette police
forestière à Forêt des Pins. Le gouvernement espère bénéficier de l'appui
technique de la FAO dans le cadre de la formation de ces policiers
forestiers qui doivent intervenir sur deux fronts à Forêt des Pins :
sécurité et reboisement.