Google Groups no longer supports new Usenet posts or subscriptions. Historical content remains viewable.
Dismiss

HAITI -- Politique -- Gaillard -- Résistance et Dialogue

0 views
Skip to first unread message

Annette

unread,
Nov 24, 2009, 7:53:33 AM11/24/09
to

Copie d'un message reçu :
-------------------------------------

Haïti : Résistance et Dialogue – Dialoguer et Résister

AlterPresse lundi 23 novembre 2009

Débat

Par Micha Gaillard

Soumis à AlterPresse le 23 novembre 2009

Mon intuition et mes réflexions à date m’inclinent à pronostiquer que
le chemin dans lequel s’engage le Président René Préval, au lieu de
garantir la stabilité chère au chef de l’Etat, risque plutôt de
conduire le pays vers une nouvelle aventure néfaste pour les
institutions, le peuple et la nation en général. Par ailleurs, les
membres et sympathisants des partis politiques et des organisations de
la société civile qui manifestent leur désapprobation par rapport à ce
que le Président échafauderait, ne montrent pas encore de signes
clairs de rupture avec un système conçu pour davantage satisfaire les
intérêts personnels, de clans que ceux de la communauté.

Une grande manœuvre pour une stabilité « made in Préval »

A mon avis, Monsieur Préval, par la position attractive dont jouit le
Président de la République en Haïti, voudrait assurer la victoire de
ses candidats aux prochaines législatives. Il est au centre de la
grande manœuvre qui (1) a commencé par le renvoi de la trop
indépendante Michelle Pierre-Louis de la tête de la Primature et son
remplacement par un Premier ministre connu davantage pour ses
capacités de grand technocrate que de politicien madré ; (2) par la
création d’une nébuleuse plateforme électorale présidentielle qui, à
moyen terme, aura à se transformer en un parti politique « melting-pot
» pour ne pas dire « fourre-tout » ; (3) par la mise en place, de la
tête au pied, d’une machine électorale non indépendante ; (4) par
l’utilisation, si nécessaire, d’une partie de l’appareil d’Etat
(certains ministres, certains délégués départementaux, vices-délégués,
maires, CASECs, juges de paix, commissaires de gouvernement,
parlementaires sortants…) chargée de conduire les prochaines élections
vers un résultat déterminé ; (5) par le soutien d’une frange du
secteur privé, souchée au palais quelqu’en soit son locataire, qui
financera les candidats que le Président désirera voir au parlement et
ce (6) avec une communauté internationale silencieuse car «
respectueuse des choix des institutions haïtiennes ». Pauvre Haïti !

Des intérêts supérieurs, moyens et élémentaires à satisfaire

Si tout se passe comme prévu, les « élections-sélections » terminées,
une large majorité au Parlement devrait assurer la retraite politique
paisible du Président ou lui donner la possibilité d’exercer une forte
influence politique en dehors (ou en dedans ?) du pouvoir.
Malheureusement, en retour, cette manœuvre risque de compromettre la
démocratie et le développement du pays. Les acteurs politiques sortis
de « ces urnes » auront d’abord à satisfaire les grands intérêts des
hommes et des femmes d’affaires ayant « investi » en eux, ensuite à
combler leurs propres intérêts et ceux des grands commis de l’Etat qui
tous deux ne demandent que de vivre décemment et enfin à penser aux
besoins de survie des cadres moyens et du petit personnel de
l’Administration publique. Je n’irai pas dire comme Jean Dominique en
un autre temps : « Bon appétit, Messieurs ! » car je comprends que
dans un pays qui ne crée pas de richesses, l’Etat étant le principal
pourvoyeur de revenus, il soit sujet de tant d’attention ...

Complicité de démocrates et de la Communauté internationale

Et la nation, le peuple dans tout cela me direz-vous, que deviennent-
ils ? Ils risquent tout simplement de passer aux oubliettes. Je crois
pourtant que mes compatriotes, parties prenantes de cette triste
manœuvre, sont sincèrement persuadés que la voie dans laquelle ils se
sont engagés est la plus efficace pour délivrer un minimum à la
population. Se rendent-ils compte qu’ils se mentent à eux-mêmes ? Ils
ne comprennent pas qu’ils sont en train de pérenniser un archaïque
système bloqué et contesté qu’il faille impérativement remettre en
cause et ce le plus tôt possible.

Je suis d’autant plus contrarié de penser ainsi car bon nombre de
démocrates et de progressistes, connus comme tels dans un passé encore
récent, se sont embarqués dans ce projet sans pour autant manifester,
du moins publiquement, certaines inquiétudes. De même, l’aveuglement
ou la politique de l’autruche de la plus grande partie de la
communauté internationale paraît déroutant. Cela est plus
compréhensible pour elle vu que son personnel est sans arrêt remplacé
sur la scène politique. Il ne peut donc comprendre qu’un scenario «
déjà-vu » anti-démocratique, anti-progressiste est en train de se
déployer sous ses yeux …

Une Alternative réellement de rupture

Une Alternative sérieuse doit être pensée et construite afin d’offrir
à la population l’espoir (le vrai) que ses prochains dirigeants vont
réellement s’attaquer au système et se pencher sur ses besoins. Ce qui
se passe ces dernières années au sein des partis politiques, étalant
leurs divergences dans les medias sur des sujets ne concernant pas la
population, fait dire à celle-ci dépitée, que les hommes et les femmes
politiques s’occupent de leurs propres affaires et non de son avenir.

Aussi, il est souhaitable, également, que le spectacle de cette
kyrielle de candidats à la présidence soit traité au sein de cette
Alternative en formation et non sur la place publique. Et que cette
place soit plutôt le lieu de débat sur une vision, un projet de
société et un programme pour l’atteindre. De même, le choix des
candidats au Sénat et à la Chambre des députés devrait rompre avec une
tradition qui consiste à offrir une bannière à des personnalités
locales qui, arrivées au Parlement, défendent leur propre ligne
politique et non celle établie par la direction du parti. L’exemple du
Bloc parlementaire CPP (Concertation des Parlementaires Progressistes)
est révélateur : élus sous différentes bannières, leurs membres se
regroupent pour offrir une majorité négociable au locataire de la
Primature puis à celui du Palais national. A quoi sert donc un parti
politique si ses élus au Parlement ne respectent pas la ligne de
l’organisation et vont recevoir les consignes au Palais ?

Que la réalité contredise mon « Filtre » d’analyse

J’écris ces lignes avec en tête plus de vingt ans d’expériences,
d’observation et d’analyse continue de la situation politique et
sociale d’Haïti. J’aurais bien aimé me tromper sur ce que je viens
d’exprimer en particulier sur les manœuvres du Chef de l’Etat et ne
pas péremptoirement déclaré que « les mêmes causes entraînent les
mêmes effets », donc … D’autant plus, j’ai appris récemment (mieux
vaut tard que jamais) que ce n’est pas la réalité que notre cerveau
saisit mais plutôt notre interprétation de cette réalité, filtrée en
fonction des principes et valeurs qui sont propres à chacun de nous,
de notre éducation formelle et informelle, de nos vécus, de ce que nos
neurones ont mémorisé sur les différents événements traversés. Cette
nouvelle approche a ébranlé ma formation de matérialiste [1].

J’ai bien envie de ne pas généraliser et de mal interpréter cette
manœuvre présidentielle ; je souhaite être démenti ! Mais en
attendant, il ne faut pas se croiser les bras. Nous devons résister et
dialoguer. Résister au projet du Président Préval et en même temps
forcer le dialogue avec son camp pour empêcher au pays cette
éventuelle dérive. Dialoguer aussi entre nous, citoyennes et citoyens,
pour bâtir une réelle Alternative en rupture avec l’ordre et les
pratiques établis.

Micha Gaillard
23 novembre 2009
Contact : michagai...@yahoo.com

[1] Pour en savoir plus consulter la littérature sur la Programmation
Neuro-Linguistique (PNL)


0 new messages