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JOYEUX NOЁL

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Dec 24, 2009, 3:47:51 PM12/24/09
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JOYEUX NOЁL
Rony Blain 24 decembre 2009

Ce matin, apprenant que le Sénat américain a voté la loi favorable à
la Réforme de santé universelle, un frisson de vérité me traverse. Je
frissonne, parce que j’ai rédigé une pareille réforme pour Haïti dont
Je ne juge pas nécessaire de présenter à mes compatriotes dans la
mesure que ce programme sanitaire qui inclut les paysans, les pauvres
et les travailleurs ne représente pas une priorité.

Auteur d’un Programme de développement global, les réformes sociales
telles que sanitaire, agraire, académique doivent être précédées d’une
Décentralisation politique. Tant que le pouvoir est concentré entre
les mains de la présidence aucun progrès n’est possible, les
initiatives impossibles.

En outre, le débat national me condemne au silence. Les thèses sont
banales, on n’a qu’à parler de paysans, de vendeurs de rue, d’enfant
de rue ou d’enfants esclave, de femmes battues pour drainer
l’attention nationale et internationale : sources de revenu important.

Au cours de ma dernière visite au pays, chaque matin je passe du côté
de la Faculté de médecine. Certains jours, la route est bloquée par
des mobiliers que les étudiants protestataires y déposent. Au Champ de
Mars, je les ai coudoyés au cours de noubreux entretiens. Je ne voyais
pas la nécessité de parler d’une Réforme académique. L’acte est si
noble en soi qu’il ne faillait pas le ternir par la vantardise et la
vanité. Je qualifie mon état d’ “Exclusion technique”, quand on ne
peut pas réagir ni intervenir pour dénoncer une situation ni y
remedier.

“ Yo seul drèt pas manger calalou” dit la sagesse populaire. Le
changement sera effectif seulement quand il aura pris forme dans le
metal collectif. On ne peut pas exclure le peuple du chantier de
développement, voilà pourquoi il faut l’atteler au processus de
changement.
Je suis l’unique Haïtien à souffrir de la crise nationale de cette
facon, croyant avoir mis la main sur la solution. Certains de mes
compatriotes ne croient pas dans le réglement du conflit, se versent
dans une sadique contemplation. D’autres avancent que leur seule
présence ou celle de leur idole peut influencer la situation.

Quand je visite le pays, contemplant la population désarmée,
deshumanisée, se tenant sur les rives de l’oubli, je dis l’autre rive
c’est qu’un fossé de comprehension nous sépare, je ne reçois pas de
réponse chez ce peuple morant, cette nation moribonde, ces âmes
somnolentes, ces corps empilés. Les Haïtiens n’ont aucune notion de
changement. Si on leur parle de respect, de grandeur et de dignité, on
risque de les insulter.

Certaines conditions sont inférieures à la servitude, je veux dire la
zombification.

Rony Blain

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