Etat de droit. Depuis deux siècles, le peuple haïtien se méfie d'un
modèle d'Etat fondé sur l'exclusion et la discrimination. Il en a
assez d'un Etat irresponsable et prédateur.
Il faut admettre que notre société a connu de grands bouleversements,
partant de 1957 à nos jours. Trois types de migrations se pratiquaient
et continuent à une vitesse vertigineuse.
Lors des festivités du 22 mai, on amenait de gré ou de force les
paysans à la Capitale où ils seraient massés en face du Palais
national pour applaudir le discours démagogie d’un roi fou, tandis
qu’on vendait un autre groupe à Saint Domingue, pour la récolte de la
canne à sucre ; les Port-au-Princiens ont trouvé le salut dans l’exil,
sans oublier ces contingents d’enseignants qui partaient pour
l’Afrique avec l’assentiment du gouvernement d’alors.
Haïti a perdu sa crème et son parfum. Il ne lui reste que des citoyens
traumatisés, déracinés, rancuniers, perdus sur le chemin de
l’Histoire.
J’ignore les problèmes qui rongeaient notre société avant cette date,
mais en 1986 une fenêtre d’opportunité s’offrait, mais nous avons
laissé passer cette chance.
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R. Blain