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Haiti-- Politique -- Les évêques rompent le silence

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Annette

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Dec 18, 2009, 3:29:04 PM12/18/09
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Haïti: Les évêques rompent le silence

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=77176&PubDate=2009-12-17

Dans un message de circonstance adressé au peuple haïtien à l'occasion
du temps de l'Avent, la Conférence Episcopale d'Haïti (CEH) a exprimé
ses préoccupations sur la dégradation des conditions de vie dans le
pays. La banalisation de la famille, la perte de l'identité nationale,
la dégradation de l'environnement du pays sont entre autres leurs
principales préoccupations.

Les évêques de la CEH sont sortis de leur silence cette semaine.
Réunis lundi dernier au siège de la CEH à Lilavois, ils ont exprimé
dans un message leurs préoccupations face à la dérive que connaît le
pays durant ces derniers jours. Les pontifes ont dénoncé
l'environnement de méfiance et de mensonge dans lequel se fait
l'éducation des enfants. « En quête de repères, les enfants vivent, en
fait, dans une atmosphère, de corruption de confusion, de perte du
sens de la vie ».

Le regroupement des partis politiques en diverses plateformes ces
derniers temps ne laisse pas la CEH dans l'indifférence. Ces combines,
selon le point de vue des évêques, symbolisent la dérive
sociopolitique. « Nous ne sommes pas en présence de véritables partis
politiques, organisés pour prendre en mains la gestion de la chose
publique. Nous avons affaire à l'émergence de regroupements de
circonstance », constatant les évêques.

« La tenue des élections est l'un des passages obligés pour assurer le
mieux être où chacun puisse librement exprimer ses choix. Il importe,
à cet égard, que celui ou celle qui se porte candidat et sollicite le
suffrage des électeurs offre la garantie morale nécessaire
d'honnêteté, de compétence et de probité », ajoutent les évêques.

La recrudescence des actes de criminalité dans la région
métropolitaine ne laisse pas les évêques indifférents. « Dans l'Haïti
d'aujourd'hui, en dépit d'un recul sporadique de l'insécurité et de la
peur, celles-ci, telle une vague récurrente, sont devenues une arme
d'intimidation et de manipulation », proclament-ils.


Outre leurs préoccupations politiques et sociales, les prélats ont
également des inquiétudes sur la dégradation de l'environnement du
pays. « En dépit des signaux de détresse que lance la nature, la coupe
incontrôlée des arbres persiste davantage. La quantité d'ordures qui
jonchent les rues et mettent en danger la santé de la population,
dépasse la capacité d'une collecte régulière ».

Les évêques se prononcent également sur la perte de l'identité
nationale chez les haïtiens qui est de plus en plus perceptible. « Se
développe un sentiment de non-appartenance et s'installe chez eux un
non engagement notoire, marqués par une indifférence grave en ce qui
concerne l'avenir du pays », s'indignent-ils.

Les pontifes exhortent donc les fils du pays à reprendre en charge
l'autonomie et la souveraineté du pays en clamant haut et fort : «
Haïti ne mourra pas ; Haïti vivra », comme pour réveiller chez les
haïtiens le sentiment patriotique.

La crédibilité, la compétence, et la solidarité sont, d'autres part,
les principales valeurs à cultiver par les haïtiens selon les évêques,
pour qu'ils deviennent des agents et protagonistes du progrès. Ces
valeurs, à leur avis, ne sont pas innées mais acquises, surtout dans
les institutions. Pourtant, plusieurs d'entre elles sont en phase de
disparition. « Nous marchons, à coup sûr, vers le renversement des
institutions et des valeurs, si nous ne nous ressaisissons pas »,
affirment les prélat.

Les pontifes soulèvent enfin une multitude de questions sur la
direction que les responsables entendent donner au pays. « Où veut-on
nous mener ? Que veut-on faire de ce pays? Et comment sommes-nous
arrivés à en faire une nation sans gouvernance ni souveraineté? Veut-
on faire du pays un marchepied pour autrui ? », s'inquiétant les
évêques

LE NOUVELLISTE

Gérard JEANTY Junior
Joun...@yahoo.fr


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