Jeffrey,
Please find the translation of the Mises Quizz in French ?
Yours sincerely,
Pascal DRAY
1. Quel est le vrai statut de la propriété privée en économie ?
A. La propriété est une relation qui naît naturellement entre les hommes et les objets matériels. La propriété, des droits de propriété qui sont respectés, rendent possible le calcul économique, une division du travail plus productive et plus étendue, et par conséquent contribue à l’élévation des niveaux de vie. En fait, la civilisation est inconcevable en l’absence de propriété privée. Tout empiétement sur la propriété entraîne une perte de liberté et de prospérité.
B. La propriété est au cœur des plus graves inégalités et oppressions de la civilisation moderne. Seuls, la réglementation, les transferts, la redistribution de la propriété ainsi que l’appropriation commune peuvent mener la société vers l'équité, la justice et la dignité humaine pour tous.
C. La propriété est une composante essentielle de notre système social mais son statut en tant que « droit » est contingent. Elle doit être soumise à des réglementations des amendements dans l’intérêt général de la société. L’Etat doit intervenir afin d’éviter les abus du pouvoir économique, même au prix d'une réduction des prérogatives traditionnelles des propriétaires.
D La propriété est cruciale pour la prospérité et la croissance économique. Par conséquent, il est de la plus grande importance que l’Etat, et plus généralement la loi, maintienne et reformule le cadre général des droits de propriété de manière à répartir les coûts de transaction afin de favoriser la croissance maximum et l’efficacité économique. La propriété n'apparaît pas naturellement, elle est le produit final du processus législatif.
2. Quelle est la méthode appropriée pour mener la recherche en science économique ?
A. L’économiste ne doit pas singer le comportement des scientifiques qui étudient les sciences naturelles, parce que ce sont des êtres humains que les sciences sociales mettent à l'étude. L’action humaine se caractérise par la conduite intentionnelle, laquelle met en oeuvre l’utilisation rationnelle de moyens pour atteindre des objectifs souhaités. L'objet véritable de la science économique – les biens de capital, la monnaie, les taux de salaires, etc., ne se définit pas en termes d’attributs matériels, ni chimiques, mais par la disposition intellectuelle, consciente, des êtres humains envers les objets en question. Pour un économiste, par conséquent, la bonne méthode est de partir des axiomes qui sont en eux-mêmes évidents –comme le fait que les individus tentent d'obtenir la satisfaction la plus élevée au moindre coût-- et d’en déduire les conclusions qui s’ensuivent logiquement.
B. Tout comme le physicien, l’économiste (si ce qu'il veut est être scientifique) doit construire un modèle précis qui livrera des prédictions quantitatives quant aux variables économiques, telles que le PIB ou le chômage. Ensuite, l’économiste doit confronter ces prédictions-là avec les données réelles collectées par les statisticiens. A tout moment, la meilleure explication ou « théorie » pour un phénomène économique donné est celle qui permet aux prédictions d'approcher au mieux les données effectives.
C. Cette question implique une erreur : l'économie ne peut pas être vraiment scientifique au sens habituel du terme. En physique nous avons des « lois » stables qui sont les mêmes pour toutes les société et toutes les époques. A l'inverse, en économie, il n'existe aucune loi qui soit stable. L’économiste peut étudier certain épisode historique et conclure, par exemple, que le contrôle des loyers n’a pas atteint ses objectifs quand il avait été imposé à Manhattan pendant la Seconde guerre mondiale. En revanche, il se peut que le contrôle des loyers en 2004 à Paris fonctionne si les responsables évitent les erreurs commises dans le passé.
D Pour être scientifique, nous devons dépasser l'économisme qui décrit classiquement la société comme un ensemble d’intérêts individuels et égoïstes. En fait, les êtres humains se considèrent comme membres d’un ensemble social plus vaste. Une meilleure voie de recherche pour l’économiste serait d’étudier les groupes complexes auxquels les individus s'identifient, comme les classes sociales, les races et les sexes. Une telle analyse permettrait de révéler le pouvoir indiscutable des relations sociales, et de mieux comprendre les événements économiques que les modèles simplistes habituels.
3. Qu’est-ce qui explique les taux d’intérêt, et faut-il les réglementer ?
A. Le paiement d'intérêts compense les investisseurs pour la perte de liquidité qu’ils subissent lorsqu'ils immobilisent de l'argent liquide dans des projets, ou le prêtent pour une certaine période. Le taux d’intérêt est donc le prix de la liquidité : l’intérêt est un phénomène monétaire, et non un phénomène réel (comme le croyaient les économistes classiques). L’économie moderne reconnaît le rôle des anticipations et de ce que l’on nomme généralement « la confiance en l’avenir ». Par exemple si le taux d’intérêt monte de 5% à 10%, cela ne signifie pas que les individus seraient davantage tournés vers la consommation actuelle ; cela peut seulement refléter une inquiétude vis-à-vis de l’économie. Le pilotage des taux d’intérêt par l'Etat est certainement un des outils nécessaires pour atténuer les fluctuations économiques, mais en elle-même cette action est relativement inopérante. Si tout le monde craint une récession, les employeurs n’embaucheront pas davantage et ne construiront pas plus d'usines, si bas que l'on abaisse le taux d’intérêt.
B Le paiement d’intérêts représente la rentabilité du capital investi et, à l'équilibre, le taux d’intérêt est égal au produit marginal du capital. Cette situation est parfaitement analogue à celle du travail, où le taux de salaire d’équilibre est égal au produit marginal du travail fourni. Il existe un grand nombre de techniques différentes qui produisent avec des délais différents, et les consommateurs ont des préférences de consommation qui varient au cours du temps. A la marge, on préfère une consommation présente à une consommation future, et une unité additionnelle de capital investie rapportera un revenu à la marge (disponible dans l’avenir) qui rend le consommateur indifférent entre consommer maintenant et attendre de consommer, grâce à la productivité du capital, un revenu plus élevé plus tard. L'état ne doit pas se mêler des taux d’intérêt, de même qu'il ne doit pas se mêler des taux de salaire.
C. L’« intérêt » n'est qu'une expression codée pour désigner le profit; un capitaliste extrait un intérêt lorsqu’il dépense moins en salaires et en matières premières qu’il ne gagne à la vente du produit final. Cette plus-value provient de l’exploitation des travailleurs embauchés par le capitaliste. Dans le système du salariat, le travailleur reçoit une rémunération qui permet juste de survivre, qui est inférieure à la contribution du salarié au produit. A cet égard le salariat ne diffère pas de l'esclavage traditionnel, où l'esclavagiste accapare le produit de ses esclaves et de l'argent gagné ne les paie que juste assez pour assurer leur survie. A l’évidence, l’intérêt est une relique barbare des sociétés capitalistes, et disparaîtra avec la fin du salariat.
D. Le paiement des intérêts traduit la plus grande valeur que l’on donne aux biens présents par rapport aux biens futurs : toutes choses égales par ailleurs, tout le monde préfère jouir d'une consommation immédiatement plutôt que plus tard. Le prix actuel d’un ordinateur peut être de 1 000 $, mais un bon pour un ordinateur disponibe dans un an ne se vendra peut-être aujourd'hui que pour 900 $. Un entrepreneur peut choisir d’investir 900 $ en travail et matière première dans le but de vendre dans un an un produit pour 1 000 $ ; son taux d’intérêt implicite tient au fait que les facteurs de production représentent techniquement un « droit » sur des biens de consommation à venir, et par conséquent leur prix actuel est plus faible que ne sera le prix de vente à la fin. L'état ne doit pas intervenir dans la formation du taux d’intérêt sur le marché des prêts car celui-ci ne fait que traduire la prime que les individus accordent subjectivement à un objet présent par rapport à un objet futur de leur action.
4. Quel est l’impact économique de l’épargne ?
A. En temps normal, l’épargne n’est pas nuisible à l’économie, mais dans un contexte de récession, elle peut causer un cercle vicieux de dépression. L’épargne ampute la consommation, et peut ne pas se traduire par des dépenses d’investissements à cause du pessimisme des investisseurs. Cela réduira la demande totale adressée à l’économie et mènera au chômage. Un moyen de corriger ce problème est d’accroître l’offre de monnaie pour maintenir les taux d’intérêt à un niveau faible. Cela soutiendra l’investissement privé et stimulera la demande globale. Les responsables de la politique monétaire et budgétaire devront encourager des politiques décourageant les bas de laine et encourageant la dépense. En ce qui concerne l’épargne au cours du cycle de vie d’un individu, nous avons besoin d’un filet social de sécurité qui s’occupera des gens dans leurs vieilles années.
B. La vaste accumulation de richesses entre les mains d’une classe privilégiée crée une oligarchie qui tient à l’écart ceux qui ne parviennent pas à prendre pied dans le système économique. Les droits de succession et les taxes sur les dividendes sont essentiels pour une société qui donne de la valeur à l’égalité. Après tout, les revenus provenant de compte en banque bien garnis constituent des revenus non mérités. Aucune société ne peut tolérer que certains vivent de rentes tandis que d’autres vivent d’une paie à l’autre sur les maigres sommes offertes par le salaire minimum.
C. L’épargne (qui consiste à reporter la consommation courante) est essentielle à la formation du capital, mais il n’existe pas de rapport optimal entre la consommation et l’épargne qui devrait prévaloir en économie. Tout dépend du taux social de préférence intertemporelle, c'est-à-dire de la mesure dans laquelle les gens préfèrent obtenir les produits plus tôt ou plus tard. Les individus peuvent préférer la consommation à l’investissement, ou l’inverse. L’intervention de l’état peut fausser ces choix, en subventionnant ou en taxant l’épargne et/ou la consommation. Mais si les hommes de l’état souhaitent que cet ensemble reflète les choix les plus économiques possibles, ils ne doivent avoir aucune politique à l’égard de l’épargne, même en matière de retraites.
D. Il n’y a pas d’investissement, et par conséquent pas de croissance économique, sans épargne. C’est pourquoi l’encouragement de l’épargne doit être une priorité économique. L’inflation décourage l’épargne, c’est pourquoi une politique de stabilisation monétaire doit être la seule politique de la banque centrale. Des études empiriques montrent que l’épargne se constitue tout au long du cycle de vie. Des erreurs de calculs peuvent se produire, c’est pourquoi les hommes de l’état peuvent avoir besoin d’encourager l’épargne retraite, système qui est plus efficace que la retraite par répartition parce qu’il est plus rentable.
5. Quelle est la source de la valeur en économie ?
A. En économie, les objets matériels, disons les bananes ou les automobiles, n'ont pas de valeur en soi. Au contraire c’est l'esprit humain et lui seul qui peut attribuer de la valeur à de telles choses, et c'est seulement alors que l'économiste les classe parmi les biens. Un objet n’a de valeur que parce qu’il y a au moins un être humain qui pense que cet objet peut satisfaire ses désirs. Par exemple, si telle racine guérissait le cancer mais que personne ne le sache, alors la racine n'aurait aucune valeur économique, et on ne l’échangerait contre de la monnaie. Par conséquent, la valeur naît des souhaits des individus et de ce qu’ils croient savoir sur les propriétés de tel ou tel objet.
B. La valeur d'une marchandise est égale au montant total du travail utilisé pour sa fabrication. Si un vélo a la même valeur marchande que cinq cents oeufs , alors nous pouvons écrire qu'un vélo = 500 oeufs. En quoi consiste cette égalité ? Évidemment, le vélo n'est pas “égal” aux oeufs en raison d’aucune de ses propriétés matérielles. Si l'on examine attentivement la question, nous conclurons alors que ce qu'ils ont en commun est le montant du travail employé pour leur production.
C. La valeur d'un bien est déterminée par l'interdépendance de l'offre et de la demande, ou ce qu’on pourrait appeler l’interaction du coût et de l’utilité. Par opposition à certaines écoles de pensée, qui tentent d'expliquer la valeur sur le seul fondement de l'utilité, l'approche correcte est celle d'Alfred Marshall, qui s’est rendu compte que la valeur économique était due à la fois aux préférences subjectives et aux conditions objectives de la technique. Afin de confirmer cette thèse, il faut considérer le fait que, si le coût de production d'un bien augmente, dans le nouvel équilibre son prix doit être plus élevé.
D. La valeur économique est un sujet complexe qui ne peut pas se réduire à de simples équations. Pour comprendre pourquoi certaines choses sont valorisées dans une certaine société, nous devons étudier la culture et l'histoire. Par exemple une tribu d'indiens primitifs des Etats-Unis peut donner de la valeur à certains animaux parce qu'ils sont sacrés. Les Européens blancs, bien entendu, ne partageaient pas ce système de valeur et ont donc massacré ces animaux. La même chose est vraie d’un bien sur le marché.
6. Qu'est-ce que la monnaie et quelle est son origine ?
A La monnaie peut naître du troc, mais les intérêts privés ne la développeront probablement pas d’une manière qui réponde aux besoins d'une société moderne. Nous avons besoin de banques centrales pour soutenir le système financier. Les efforts pour manipuler l'économie au moyen de l'offre de monnaie échoueront, et au pire causeront des problèmes graves. Les autorités monétaires ne doivent pas accroître l'offre de monnaie à leur discrétion. Elles doivent l'accroître à un taux régulier et constant, en accord avec le taux de croissance de l'économie réelle à long terme.
B. La monnaie est un moyen d’exploitation qui fausse les vraies valeurs. La monnaie n'est ni nécessaire, ni désirable, mais n'est qu'un artifice arbitraire de l’histoire. Le progrès social conduira à des changements sociaux révolutionnaires, y compris l'élimination de la monnaie. Cela mettra fin à l'exploitation et conduira à une société qui visera à satisfaire les vraies valeurs au lieu de rechercher le profit financier privé.
C. La monnaie émerge toujours du troc. La difficulté de trouver une contrepartie à l’échange dans un système de troc conduit à l’émergence de monnaies-marchandises. Des marchandises durables, transportables et divisibles, comme l'or ou l'argent, sont le type de bien qui correspond le mieux à cette définition. La monnaie et les institutions monétaires sont la conséquence non planifiée de l'échange intéressé entre les individus. L'évolution de ces institutions doit être laissée au bon soin des forces du marché qui en sont à l'origine, car l'intervention de l’état aura pour conséquence l'inflation et autres distorsions.
D. La Monnaie est une créature de l'Etat. Des institutions monétaires authentiques exigent une planification et une banque centrale. Une banque centrale peut aussi stabiliser les marchés. Les banquiers centraux peuvent combattre les variations conjoncturelles en accroissant l'offre de monnaie pendant les phases de récession et en la diminuant dans les phases de croissance. Le contrôle public des institutions monétaires est essentiel pour gérer l'économie.
7. Qu’est-ce qui provoque les variations de la conjoncture ?
A. Les variations dans l'offre de monnaie conduisent la croissance du PIB à s’écarter de sa tendance générale. A défaut, la croissance serait relativement stable. Des variations dans l'offre de monnaie ont pour conséquence des phases d'inflation et de déflation. Les délais d'ajustement des salaires dans ces cycles affecteront sensiblement les taux de chômage.
B. Dans le système capitaliste, la concurrence face à la baisse tendancielle des taux de profits, et la monopolisation croissante, engendrent des crises de plus en plus graves. Les capitalistes investissent dans des moyens d’économiser le travail pour maintenir un chômage élevé et des salaires bas. Or, la concurrence abaisse les taux de profits et conduit à des crises boursières. Certains capitalistes peuvent alors racheter à bas prix le capital des capitalistes en faillite, ce qui accroît à court terme leur rentabilité. Cependant, la tendance capitaliste à la diminution du taux de profit doit conduire à plus de chômage et à une nouvelle crise.
C. La croissance de l'offre de monnaie réduit artificiellement les taux d'intérêt. Cela gonfle artificiellement les dépenses de consommation et d'investissement. Avec des entrepreneurs qui pensent à long terme, et des consommateurs qui pensent à plus court terme, une contradiction apparaît dans l'économie. La relation temporelle entre l'épargne et l'investissement, la production et la consommation s’en trouve perturbée. Le marché révèle alors que certains investissements ne sont pas si rentables que cela mais constituent au contraire un ensemble d'erreurs. Les entreprises liquident alors leurs investissements, ce qui cause une récession.
D. Les emballements de l’économie commencent dans un excès d’optimisme, souvent provoqués par des sauts technologiques, ce qui se traduit par des bulles spéculatives. Une insuffisance de la dépense globale provoque alors dépressions ou récessions. Lorsque l'épargne totale dépasse l'investissement, les dépenses totales sur les biens diminuent. Cela réduit la demande de travail pour produire ces biens. Le pessimisme parmi les investisseurs conduit à une insuffisance de la demande globale et à une crise économique.
8. Quelle est la meilleure politique contre la récession ?
A. Les récessions servent à rappeler à la société qu'une politique de laissez-faire est vouée à l’échec. Les responsables de la politique doivent apprendre de ces récessions, que cela fait bien longtemps qu’il faut mettre au pas les spéculateurs boursiers et les patrons qui échappent à tout contrôle. Il faut placer sous contrôle plusieurs secteurs d’activité, même si cela signifie nationaliser l’industrie. Nous le devons aux travailleurs, qui sont les véritables victimes des hauts et des bas de l’économie.
B. Une récession révèle l’incompatibilité mutuelle des projets, et les erreurs d’investissements provoqués par une politique monétaire inconsidérée. C’est une phase essentielle, qu’il faut laisser suivre son cours. Les politiques qui prétendent combattre les fluctuations sont contre-productives. Dans l’avenir, on peut prévenir les récessions en réformant le système monétaire qui est la cause première de ces emballements.
C. La banque centrale peut stimuler l'économie par des taux d'intérêts bas, et le Congrès peut contribuer à l'accroissement de la demande globale, même si cela se traduit par un déficit public. Lorsque l'économie est remise sur les rails, la Fed peut permettre aux taux de remonter et au Congrès de réduire les dépenses.
D. En plus des mesures fiscales et monétaires traditionnelles, il est essentiel que l’état protège les industries particulièrement frappées par la récession. L’état doit aussi protéger les travailleurs contre les licenciements et fournir des allocations à ceux qui sont au chômage. Les consommateurs ne doivent pas thésauriser la monnaie mais dépenser, tandis que le monde des affaires doit emprunter librement aussi bien de l’état que des banques, pour rétablir un équilibre productif.
9. A quel point le socialisme est-il praticable ?
A. Le capitalisme est productif mais les capitalistes, livrés à eux-mêmes, font passer le profit avant les personnes, et leur égoïsme escamote l'intérêt des salariés et des consommateurs. Des institutions sociales telles que les syndicats, les salaires minimum, les réglementations anti-trust, l’interdiction du travail des enfants, les réglementations de sécurité, et autres structures juridiques, sont essentielles pour résoudre les conflits entre employés et capitalistes. La propriété publique est essentielle dans certains secteurs tels que les services publics et l’enseignement, tandis que la propriété privée semble fonctionner dans d'autres secteurs, à condition que la régulation soit présente. Nous avons pris des leçons du socialisme en instituant de telles lois et réglementations : nous devrions cesser d’y voir une espèce de croquemitaine.
B. Le Socialisme est une option éminemment viable, option vers laquelle l'histoire conduit inexorablement. Mais il rencontre de la résistance du fait de l’influence des milieux patronaux sur les systèmes politiques actuels. Comment le socialisme peut-il fonctionner ? Comme en temps de guerre les planificateurs peuvent surveiller l'état des stocks et ajuster les prix en conséquence par rapport à l'offre et à la demande. Ils peuvent aussi ordonner aux gestionnaires locaux de produire et d’innover de manière efficace. Ce processus d'essais et d'erreurs, dirigé par des personnes de bonne volonté, peut efficacement remplacer le marché, et sans son coût social. Le socialisme n’exige pas d’être un génie, cela peut marcher et même mieux que le capitalisme.
C. Jusqu’à présent, l'expérience a montré que la libre entreprise avait été plus productive que la plupart des expériences socialistes connues. Cela peut être dû à l’absence d'incitations à produire, ou à la mauvaise qualité de la planification sous le socialisme. Un marché totalement déréglementé comporte lui aussi sa part de défauts, c'est pourquoi on doit quand même le réglementer. En tout cas, il est vain de se mettre à la recherche d’une théorie générale qui nous permettrait de dire, a priori, que toute planification socialiste doit forcément échouer. L'histoire nous montre que certaines formes de planification centrale fonctionnent bel et bien. Les banquiers centraux aussi font de la planification, comme le font les juges et les autorités réglementaires, parfois avec succès. Le caractère désirable de l’intervention de l’état au delà de sa tâche d’énoncer des règles et de les imposer dépendra de la gravité des imperfections du marché comparées à celles de l’état.
D. La propriété commune des moyens de productions (par exemple des usines) interdit l'existence de marchés pour les biens de capital (par exemple pour les machines-outils). En l'absence de prix marché nés de l'échange dans un cadre de propriété privée, il n'y a pas de pertes ni de bénéfices et par conséquent aucune base rationnelle pour affecter au moindre coût l’emploi des biens de capital vers les besoins les plus urgents des consommateurs. En revanche, les propriétaires privés de capitaux emploient comme guides les signaux du marché --les prix, y compris les salaires et les taux d'intérêts. La liberté des échanges se traduit par des prix qui reflètent les préférences des consommateurs et qui dirigent l’emploi du capital vers les besoins les plus urgents, tandis que le jugement des entrepreneurs se confronte à la perpétuité du changement. Le socialisme qui exige un Etat totalitaire, n'est pas une option viable comparée au capitalisme. Tout pas fait vers le socialisme est un pas vers l'irrationalité économique.
10 Quelle est la bonne taille de l’état quelles doivent être ses attributions ?
A. Les marchés livrent des biens de production et de consommation de manière relativement efficiente. Cependant, pour diverses raisons économiques et politiques, les transactions privées pour les services et institutions fondamentaux, telles que le droit, la monnaie et la défense conduisent à des échecs cuisants. Cela n’a pas de sens de seulement discuter de marché sans la nécessité préalable de l'Etat. L’état doit exister pour faire respecter les “règles du jeu” afin que la société sorte d’un état de chaos. L’état doit faire respecter les règles fondamentales de la vie en société, mais doit éviter les interventions discrétionnaires et déstabilisantes sur les marchés.
B. Les marchés sont incapables d’assurer certaines institutions fondamentales, et souffrent de sérieuses imperfections pour les biens et services ordinaires. Par exemple, l'instabilité des marchés provoque des crises récurrentes et tend vers des inégalités croissantes. Nous devons préserver les marchés pour la plupart des biens et services, mais les gouvernements doivent mener des politiques discrétionnaires afin d'intervenir sur chacun des marchés en réaction aux dysfonctionnements qu’on y observe. C’est ainsi que le marché et l'état peuvent fonctionner ensemble dans un modèle de partenariat public-privé.
C. Les marchés sont une arène où de puissants intérêts capitalistes exploitent consommateurs et salariés. Le capitalisme appauvrit et aliène les masses tout en enrichissant une poignée de privilégiés. Le capitalisme contribue à la destruction de l'environnement et institutionnalise la violence. Une société véritablement humaniste abolirait la propriété privée, sauf pour les objets personnels tels que les chaussures ou les vêtements. La gestion, la production et la distribution en commun des biens permet de répondre aux besoins d'une société juste pour tous.
D. Dans la société, l'ordre ne peut naître que d’accords volontaires entre personnes singulières. Les gens peuvent entreprendre une transaction privée pour tout ce à quoi ils donnent de la valeur. Etant donné que tous les choix impliquent de choisir entre des états à venir du monde, il n’y a que l’individu qui puisse comprendre quels sont les produits qui lui conviennent le mieux, y compris en terme de protection et de résolution de conflits. Un état idéal se limiterait à la protection des droits de propriété (au sens large), mais tel que nous le connaissons, l'état protège les puissants et viole les droits de propriété naturelle des faibles, et les efforts pour limiter ses pouvoirs ont tendance à échouer. Les institutions privées pour la sécurité et d'arbitrage sont plus efficaces et plus morales que des équivalents publics.
11 Qui doit réguler les produits de consommation et comment ?
A. Les études empiriques montrent que les préférences des consommateurs ne changent pas beaucoup en réponse à des démarches telles que la publicité. Les consommateurs réagissent rationnellement aux informations sur les produits, de sorte que la sécurité et la sûreté ne sont pas nécessairement un gros problème. Les réglementations de l’état en matière de sécurité et de sûreté peuvent avoir des effets pervers qui amplifient les dommages causés aux consommateurs, mais l’état peut jouer un rôle positif en permettant une meilleure information des consommateurs, et en assurant que les détaillants et autres vendeurs disent toute la vérité et rien que la vérité.
B. Les produits de consommation se développent par l'expérimentation. Les préférences des consommateurs changent et se développent au cours du temps. Répondre à ces attentes exige le jugement d’un entrepreneur. En-dehors de quelques nécessités innées concernant la faim et la température, les préférences des consommateurs apparaissent comme le résultat de l'interaction entre de nombreux individus. Chaque consommateur participe à réguler la production de ce qu’il consomme chaque foisqu’il dépense son argent. Il n'y a pas de bon substitut au processus de marché pour ce qui est de développer et diffuser les biens de consommation.
C. Le capitalisme s’accompagne d'une culture qui fabrique de faux besoins. Les individus peuvent bien penser que la société de consommation moderne les satisfait au mieux, mais ce n'est pas vrai. Les entreprises trouvent leur avantage à une rivalité gaspilleuse pour le statut social entre consommateurs, et à la création de désirs pour des produits dont personne n’a vraiment besoin. Le capitalisme aliène les consommateurs de leur véritable nature tandis que les patrons les exploitent pour augmenter leurs profits. Une réglementation appropriée des produits de consommation exige des changements révolutionnaires dans la société.
D. Les entreprises égarent et manipulent les consommateurs par la publicité et autres procédés de vente, les attirant vers certains produits ou les en éloignant, créant le sentiment d’une nécessité artificielle et causant du gaspillage. Cela peut faire un tort sérieux aux consommateurs, ou du moins conduire à des prix excessifs. Les produits défectueux ou dangereux, et les emballements irrationnels sont des problèmes sérieux que l’état peut et doit traiter. Il y a aussi des biens de nature supérieure que les consommateurs n'apprécient pas à leur juste valeur, et qu’il faut donc subventionner.
12 Que sont les salaires ?
A. Le salariat est le fondement de l'exploitation capitaliste. Toute valeur provient du travail. Or, les capitalistes payent les ouvriers en-dessous de ce que vaut leur travail afin d’extraire le profit. La propriété commune des moyens de production éliminera l'exploitation des salariés en supprimant les profits privés.
B. Les salaires représentent ce que la productivité escomptée du travail vaut aujourd’hui comme moyen de satisfaire la demande des consommateurs. Indirectement, la demande de biens de consommation se traduit par une demande de travail. Les marchés nous permettent de calculer la valeur des différents types de travail, afin de les affecter là où ils ont le plus de valeur. L'intervention des hommes de l’état sur le marché du travail (par exemple l'imposition de lois sur le salaire minimum) cause du chômage chez les travailleurs les moins productifs.
C. Les salaires déterminent le revenu qui crée la demande pour les produits. Accroître les salaires développe la demande de produits, et conduit à la prospérité. Il arrive souvent que les capitalistes ne payent pas assez les salariés pour engendrer le plein emploi : il faut alors que l’état verse des subventions aux ménages et fasse pression à la hausse des salaires pour accroître la demande et améliorer la situation économique.
D. Les salaires représentent la productivité des travailleurs pour satisfaire la demande des consommateurs. Cependant, des problèmes de surveillance des travailleurs amènent les employeurs à payer des salaires plus élevés, afin d'accroître la productivité. Cela augmente le chômage parmi les travailleurs à faible productivité. Les subventions d’état permettent de corriger cette défaillance du marché, mais ce n'est pas toujours nécessaire.
13 Qu’est-ce qui cause la croissance économique ?
A. Une relation équilibrée entre la demande globale et l'offre globale est le premier déterminant de la croissance économique. Etant donné que cela, les marchés privés ne peuvent pas toujours l’assurer, des cadres institutionnels stabilisateurs sont nécessaires. Le secteur public joue un rôle essentiel pour assurer la croissance économique en fournissant un cadre d’institutions juridique et financières. Un ensemble d'efforts du secteur public tels que de faibles taux d'intérêt et des subventions peuvent également jouer un rôle positif. Quoique ce ne soit pas toujours le cas, un degré restreint de réglementation est nécessaire.
B La demande de consommation privée ne suffit pas à la croissance économique. La dépense privée globale est souvent trop faible, trop manipulé par les patrons, et surabonde en partis pris qui méconnaissent les priorités sociales. Les consommateurs peuvent épargner trop, ou au contraire pas assez. Cela conduit à ce que le déficit budgétaire soit parfois nécessaire pour stimuler l'économie.En plus, la dépense privée refuse de financer les biens publics. La dépense publique dans ces domaines-là est nécessaire pour la croissance -- notamment dans l’enseignement, les infrastructures et la recherche scientifique.
C Le processus capitaliste provoque de la croissance économique mais il ne s’ensuit pas qu’il soit bon : même si le capitalisme est le système le plus productif, dans une économie capitaliste la distribution de la richesse est mauvaise. Des classes entières de citoyens sont laissées pour compte. Les capitalistes abusent des travailleurs en leur payant les salaires les plus faibles possibles au lieu de leur payer la valeur de leur travail. Ainsi, si le capitalisme livre la marchandise, c’est à la mauvaise adresse. Ce dont nous avons besoin sont des démocraties ouvrières, où la productivité irait main dans la main avec une juste répartition des richesses.
D. La source de la croissance économique est l'échange volontaire, avantageux pour chaque partie. Dans l’économie d’échange, les consommateurs dépensent une partie de leurs revenus en biens et services afin de satisfaire leurs besoins les plus urgents. C’est ce qui entraîne la production actuelle. Les consommateurs épargnent une partie de leur revenu pour leurs besoins les moins urgents. C’est ce qui mène l’investissement des entrepreneurs dans la production à venir et débouche sur le développement de marchés de capitaux raffinés. Les contrats privés, la concurrence et les institutions privées qui permettent l'investissement et l'accumulation du capital sont tout ce qu’il nous faut pour atteindre une croissance économique optimale.
14 Comment voyez-vous l'économie et l'environnement ?
A. La pollution est un exemple manifeste de défaillance du marché. Tant qu’une activité est rentable, elle tend à “sur-utiliser” les ressources et à imposer aux autres les coûts d’environnement. Pour ce qui est des terres, des forêts anciennes et des espèces menacées, la tendance est à braconner ce qui a de la valeur et autrement, à ne pas tenir compte par ailleurs de l'intérêt social à la conservation. C'est pourquoi les réglementations de l’environnement doivent jouer un rôle pour réserver des terres, protéger les espèces, limiter la pollution, nettoyer l'air et l'eau, et réguler l’activité économique pour que ses profits ne se fassent pas aux dépens de l'environnement.
B. La seule solution de long terme au problème de la pollution et de la dégradation de l'environnement est la limitation drastique du développement économique. C'est justement ce qu’ont fait les communautés indigènes pour préserver leur qualité de vie. Elles ont dit aux promoteurs : “les valeurs de cette communauté valent mieux que la vulgaire production et le profit”. Cependant, il n’y a pas que les hommes et le profit : l’écosystème doit être préservé, de la plus petite espèce à la plus grande masse d'eau et ce jusqu’à l'atmosphère. Cela vaut aussi dire qu'il faut à la population.
C. C’est le recours aux incitations du marché qui résout le mieux la plupart des questions concernant l'environnement. Les tribunaux doivent être attentifs à la nécessité d'établir et de clarifier la propriété lorsque des conflits surgissent. Les questions d'externalités peuvent être résolues par la compensation entre propriétaires, obtenues par arbitrage. Quant à la pollution, la solution réside dans des marchés de “droits à polluer”, qui peuvent être achetés et vendus de manière à ce que ce soient les pollueurs qui payent. L'utilisation des terrains publics se fait généralement à des tarifs trop faibles, ce qui encourage leur sur-utilisation. Des prix plus élevés sont la clé de la conservation.
D. Pratiquement toutes les questions qui concernent l'environnement impliquent des conflits portant sur la propriété. Tant qu'il y a propriété privée, ce sont les propriétaires eux-mêmes qui résolvent ces conflits en interdisant et en punissant l'intrusion. Quant à l'incitation à conserver, elle est inhérente à la structure des incitations du marché. Comme d’ailleurs de l'incitation à préserver toute chose qui a de la valeur. La responsabilité dans la détérioration de la propriété d'un autre est supportée par celui qui a causé le dommage. La propriété commune n'est pas une solution. Par exemple, c’est parce que les parcs nationaux ne sont pas “privés” que leur gestion sera toujours difficile à saisir.
15. Qu’entretiennent les impôts ?
A. Il arrive souvent que les impôts servent les intérêts des patrons et des riches : les entreprises veulent que les recettes et les profits soient privés, mais que les coûts soient socialisés. Ceci est dû à l’influence anormale des patrons et des riches sur la politique. Une véritable démocratie ne permettrait pas ce genre de comportement. Des mesures pour la réforme du financement des campagnes électorales, ou leur financement public, vont dans le bon sens. Mieux encore, des incitations pour une appropriation collective de l’industrie par les ouvriers rendrait celle-ci sensible aux besoins du public et non au profit privé. C’est important, parce que le système du laissez-faire laisse le public largement insatisfait dans ses besoins essentiels.
B. Etant donné l’imperfection des marchés, les dépenses publiques peuvent subventionner la fourniture d’un ensemble de biens publics et méritoires que les marchés ne fourniraient pas autrement. Les impôts peuvent aussi atténuer les coûts sociaux et décourager la consommation de biens que le marché ne devrait pas fournir. Dans l’idéal, la concurrence politique entre groupes de pression engendre un transfert vers ceux qui leur donnent le plus de valeur. Il est possible que certains impôts ne soient pas employés économiquement, mais la concurrence politique peut atténuer les gaspillages les plus flagrants.
C. Les dépenses publiques compensent la déficience des dépenses privées, lesquelles ne traduisent pas les avantages que le public en général reçoit de certaines productions. Les impôts financent des biens publics tels que la police du droit, les routes, l’éducation et la recherche scientifique qui bénéficient à l’ensemble du public. Il y a aussi des coûts sociaux (comme la pollution) liés à la production de biens privés et aux quels il faut remédier.Les impôts entretiennent également des productions dont la valeur n’est pas évidente pour les gens ordinaires, et découragent des productions que le public, à tort, apprécie.Les experts de l’état peuvent et doivent taxer les biens auxquels le marché donne trop de valeur et financer par la subvention ceux auxquels il en donne trop peu.
D. Les impôts confisquent l’argent pour le donner à des groupes d’intérêt et à des fonctionnaires. Contrairement aux entreprises privées qui n’offrent que des biens que les consommateurs ont choisi de payer, les décideurs publics n’ont aucun moyen de juger les indications sur ce que le consommateur souhaite réellement, et encore moins sur la manière de satisfaire ces demandes économiquement. N’ayant pas la possibilité d’agir économiquement, les décideurs publics répondent aux groupes de pression, et par conséquent les impôts finissent par servir des intérêts de petites factions, au lieu de financer des services collectifs. Les impôts sont généralement gaspillés, ou entretiennent des intérêts particuliers qui ne sont pas propriétaires de cet argent et ne devraient pas en disposer.
16. Qu’est-ce qui a causé la Grande dépression et quelle a été l’efficacité du New Deal ?
A. Le Krach de 1929 représente le signe le plus visible de la nécessaire correction d’une économie artificiellement stimulée par une politique monétaire expansionniste. Au lieu de permettre la liquidation, Hoover avait tenté de « relancer » l’économie par des mesures interventionnistes, y compris le protectionnisme, ce qui eu pour effet d’accroître la dépression. Roosevelt a surenchéri sur ces interventions et s’est embarqué dans une entreprise désastreuse de planification centrale, qui finit par infliger une bureaucratie à l’économie américaine, ainsi que de contrôles de salaires et de prix. L’économie n’en était pas encore complètement remise à la fin de Seconde guerre mondiale.
B Toutes les économies de marché sont confrontées au problème des crises récurrentes, mais Hoover n’est pas intervenu suffisamment tôt, suivant au contraire une approche laissez-fairiste. Malgré tous ses défauts, le New Deal était la bonne approche, au bon moment, une tentative pour faire face à des réalités économiques nouvelles. Il a stimulé la demande globale face à la perte de confiance du public et représenté un effort audacieux d’emploi des politiques monétaires et budgétaires afin de relancer la confiance dans l’économie de marché. Là où le New Deal n’a pas suffi, la guerre a pris le relais. La leçon en est que des mesures de politique active sont essentielles pour stabiliser le système économique.
C. La grande dépression a brutalement mis en relief la faillite du marché, et le New Deal a été une tentative mal inspirée pour sauver le marché de lui-même. Néanmoins, les intérêts patronaux ont agi pour l’empêcher d’aller assez loin. Dans ce sens, le New Deal ne fut pas tant une expérience de démocratie économique et de planification qu’une tentative pour sauver le capitalisme. Les principaux bénéficiaires furent les intérêts patronaux, exactement comme on peut s’y attendre d’un gouvernement proche de l’élite capitaliste. La mobilisation et la planification pour la guerre ont réussi là où le New Deal avait échoué.
D. La grande dépression avait commencé comme une fluctuation classique, caractérisée par une déflation qu’une expansion monétaire aurait pu contrecarrer. Mais Hoover n’a pas mesure la gravité de la situation, et a permis aux banques de faire faillite au lieu de restaurer la confiance dans la monnaie du pays. Cela a permis l’élection de Roosevelt, qui a eu raison d’en finir avec l’étalon or mais a eu tort d’instituer des contrôles excessifs sur l’économie nationale. C’est la deuxième guerre mondiale qui a mis fin à la crise et non le New Deal. Avec la monnaie de papier et une Banque de Réserve fédérale prête à intervenir, l’expérience n’a aucune bonne raison de se répéter.
17. Est-ce que le marché engendre et entretient des monopoles, et que devons nous faire à ce sujet ?
A. Si l’histoire du capitalisme nous montre une chose, c’est que celui-ci conduit à la concentration des entreprises. Avec de moins en moins d’entreprises dictant leurs conditions, le résultat de cette évolution est des prix de plus en plus élevés pour des salaires de plus en plus faibles. Les syndicats et les mesures anti-trust ont obtenu quelques succès pour empêcher cela, mais aucune de ces institutions ne va assez loin pour contrer cette évolution du marché vers le monopole. Nous devons aussi mettre en cause l’idée suivant laquelle la concurrence devrait être un objectif de la politique. Dans la plupart des cas, la concurrence est socialement gaspilleuse, et un simple slogan martelé par les monopoleurs pour justifier un comportement d’exploitation. L’idéal de la coopération entre tous, une économie véritablement démocratique, devrait être la norme.
B. Le marché tend à engendrer des monopoles de différentes tailles et de types différents. Les entreprises ne devraient pas pouvoir exercer de pouvoir de monopole sur les prix. Celui-ci peut-être détecté par des formules comparant les coûts avec les prix à la production conformes à des hypothèses de concurrence pure et parfaite. Du fait des progrès techniques dans le transport, les monopoles géographiques ne sont probablement plus aussi importants qu’ils l’étaient dans le passé. Ce à quoi nous sommes aujourd’hui confrontés est une variété de monopoles liées aux nouvelles technologies, comme par exemple Microsoft. Les décideurs de la réglementation doivent rester aux aguets vis-à-vis d’entreprises qui tentent d’user d’un pouvoir de marché pour s’enrichir aux dépens du consommateur : il faut faire respecter la concurrence avec rigueur.
C. Les économistes de l’école classique avaient raison de définir le monopole comme un privilège attribué par les hommes de l’état, car acquérir par la loi un statut de producteur privilégié est le seul moyen d’obtenir un monopole dans le cadre du marché. Des prix d’éviction ne peuvent pas persister sur le long terme, et cette tentative même ne doit pas être regrettée car c’est un grand bénéfice pour les consommateurs. Les comportement de type cartel échouent régulièrement, et là où ils ne le font pas, ils jouent un rôle au service du marché. Le terme « prix de monopole » n’a pas de sens identifiable dans le contexte d’un véritable marché, qui n’est pas une photo instantanée mais un processus évolutif.
Une société de marché n’a absolument pas besoin de politique de concurrence ; en fait l’Etat est la seule source des monopoles que nous voyons perdurer dans l’enseignement, le Droit, les tribunaux et autres domaines.
D. La réglementation des monopoles a fait plus de mal que de bien, en protégeant certains concurrents à la place de la concurrence. Certains types de réglementation anti-trust sont fondées sur des modèles erronés qui ne comprennent pas que certaines entreprises ne conquièrent des parts de marché que parce que les consommateurs ont choisi d’acheter leurs produits. Quant à la « path dependency », la plupart des cas que l’on a invoqués s’avèrent être des mythes. Que reste-t-il à faire aux réglementateurs ? Comme le disait Adam Smith, ils devraient empêcher les « complots », les comportements prédateurs et par ailleurs assurer les conditions de concurrence réelles entre les entreprises. Finalement certaines productions, telles que les tribunaux et la défense, s’avèrent mieux assurées par des monopoles.
18. Quel est le rôle de l’égalité et de l’inégalité ?
A. L’accent porté aujourd’hui sur l’égalité est le grand progrès politique du siècle dernier. Le système économique et politique n’exclut plus les femmes et les minorités mais les inclut au nom de la loi. Ces groupes tendent à être artificiellement sous-estimés par la « main invisible » du marché ; c’est pourquoi il y a une place pour les législations qui interdisent la discrimination. L’Etat-providence a aussi profité à la société, en faisant en sorte que les avantages d’une richesse croissante soient répartis au lieu que les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Nous venons de loin, mais nous avons encore bien du chemin à faire.
B. L’égalité est un terme qui a un sens en mathématique mais aucun en science « sociale ». Les êtres humains sont inégaux par leurs dons, et par les occasions qu’ils peuvent rencontrer. Inégal ne veut pas dire inférieur ou supérieur, cela veut seulement dire différent. Les différences sont la source même de la division du travail et, dans le cadre d’un marché, ne sont pas source de conflits mais de coopération.Il y aurait lieu de célébrer les différences, et les propriétaires ont tous les droits de traiter inégalement les gens, parce que ce sont ces propriétaires qui subissent les conséquences de leurs choix.Quant aux législateurs, ils ne devraient se soucier en aucune manière de tenter de réaliser une quelconque égalité des chances ou des résultats, que ce soit entre individus ou entre groupes d’individus envisagés suivant des critères arbitraires. La seule égalité qui ait une justification concerne le Droit, qui doit traiter tous les individus de la même façon quelle que soit leur situation.
C. L’inégalité est un trait intrinsèque d’une structure sociale embourbée dans les honteuses séquelles historiques de la manière dont la société occidentale a traité les femmes et autres minorités. Cette tendance nuisible, enracinée dans l’esprit de conquête qui a d’abord donné naissance au capitalisme occidental, est une forme de violence en même temps qu’une composante de l’infrastructure pourrie de l’économie de marché. Si les propriétaires du capital étaient laissés à eux-mêmes, les groupes d’exclus le seraient à perpétuité, de sorte que la société a dû agir pour les en empêcher. L’égalité totale continuera à nous échapper tant que la société traitera les individus comme des marchandises, tant que nous ferons passer la propriété privée du petit nombre avant les intérêts communs de tous.
D. C’est une grande erreur que de faire un objectif politique de l’égalité des résultats, parce qu’une législation égalitariste peut tuer les incitations à s’améliorer. Pénaliser les riches va à l’encontre du but recherché, même pour les pauvres qui tentent de s’en sortir. L’égalité des chances, en revanche, est différente. C’est une chose qui revient à chacun au nom de sa dignité même en tant qu’être humain. C’est pourquoi un pays doit tout faire pour avoir des institutions éducatives de qualité, instituer un impôt limité sur les successions, et par ailleurs porter assistance à tous ceux qui n’ont pas eu de chance et/ou les capacités de s’insérer dans la division du travail. Une fois que ces institutions sont en place, les forces du marché et de la concurrence contribueront spontanément aux objectifs d’égalité, principalement par des moyens volontaires.
19. Quel est votre opinion du libre échange et de la mondialisation?
A. Le commerce international améliore les niveaux de vie grâce à la spécialisation qui accroît la productivité. Ce sont la spécialisation accrue et la division du travail qui accroissent la productivité du travail. La mondialisation permet aussi d’améliorer les investissements en capital et l’organisation de la production. La diffusion du capitalisme international est la clé d’un développement durable du monde. La mondialisation est doublement bonne, puisqu’elle l’est aussi bien pour les consommateurs des pays développés que pour les travailleurs des pays en voie de développement.
B. L’internationalisation des échanges a, à la fois de bons et de mauvais effets. Le libre échange et la globalisation peuvent améliorer la productivité et accroître le bien-être des consommateurs. Cependant, dans de nombreux endroits, les multinationales vont exploiter les travailleurs et détruire l’environnement à moins que les autorités politiques ne les réglementent en visant à l’harmonisation fiscale et réglementaire. Il nous faut des autorités mondiales imposant des réglementations détaillées pour éviter les effets négatifs du commerce international. Un état mondial qui prendrait de telles responsabilités serait un grand bienfait pour l’humanité.
C. La mondialisation se présente sous la bannière du libre échange mais n’est qu’un instrument de l’exploitation des consommateurs et des travailleurs. Les multinationales qui ne trouvent pas de marchés chez elles exploitent les travailleurs des pays en développement en leurs payant quasiment des salaires de subsistance. Cela porte atteinte aux cultures locales et conduit à la marchandisation des individus. Cette tendance tient à la nature des pays capitalistes, qui subissent inéluctablement la baisse tendancielle de leurs taux de profit. Le seul moyen de lutter contre les effets néfastes de la globalisation est l’abolition du capitalisme mondial lui-même.
D. La liberté des échanges a des effets positifs, mais nécessite un soutien public. La spécialisation des tâches et des capitaux par les multinationales accroît la productivité et les niveaux de vie. Néanmoins, nous avons besoin d’une gouvernance mondiale à travers une organisation mondiale du commerce afin de permettre un cadre légal ainsi que des conditions financières, telles que des lois sur la transparence financière et la protection des droits de propriété intellectuelle, si nous souhaitons bénéficier des avantages de la coopération économique globale. Des institutions publiques mondiales sont nécessaires pour que le commerce international et la globalisation fonctionnent en vue du bien de tous.
20. A quoi sert la bourse ?
A. La Bourse peut jouer un rôle positif dans la société, mais elle est aussi sujette à des vagues d’emballement et d’excès spéculatifs, principalement du fait de grandes institutions qui abusent des petits porteurs : cela peut conduire à des surévaluations, des délits d’initiés, et autres pratiques qui bénéficient à des dirigeants sans scrupules, des affairistes, et à de gros investisseurs au détriment des petits. Les grands acteurs peuvent manipuler le système à leur seul avantage, c’est pourquoi une réglementation étatique des marchés peut et doit traiter de ces pratiques par des systèmes d’amendes, la limitation des salaires des dirigeants, des audits et rapports obligatoires, et une vérification attentive des rapports financiers. L’autorité publique est donc vitale pour le bon fonctionnement des marchés financiers.
B. La bourse constitue un élément vital du processus qui permet de coordonner la production. Les prix en Bourse reflètent la productivité des entreprises, de même que les jugements des entrepreneurs quant à leur productivité à venir. C’est la concurrence sur les marchés financiers qui nous permet d’établir la valeur des investissements réels. C’est à tort que l’on vilipende les OPA, les fusions et les « délits d’initiés » car ces pratiques ne font qu’incarner la concurrence concrète. En l’absence des marchés des droits de propriété sur les entreprises, la coordination rationnelle des productions serait impossible dans nos sociétés modernes. La réglementation étatique ne peut pas améliorer le fonctionnement des bourses parce que c’est précisément le marché qui nous informe le plus directement sur la meilleure affectation des ressources.
C. La Bourse représente les intérêts d’une classe improductive de la société. La classe des investisseurs profite du travail des autres, tout en persuadant le public de prendre part au système par des plans d’investissement. La spéculation boursière, les délits d’initié et les fusions contribuent à déstabiliser l’économie. Les acquisitions financières concentrent le contrôle des moyens de production entre les mains d’un petit nombre. Les marchés haussiers ne produisent pas de vraie valeur, et ne sont que des bulles financières. Ces vagues de spéculation boursière conduisent à des paniques financières qui perturbent la production de vraies richesses. Ce qu’il nous faut, ce n’est pas davantage de marchés financiers sophistiqués mais plus de travail en commun au niveau local vers des objectifs partagés.
D. La Bourse contribue à organiser les incitations de manière à distinguer les sociétés productives de celles qui ne le sont pas. A tout moment, les cours de bourse reflètent toute l’information disponible et nécessaire, et c’est pour cela que les prévisions sont bonnes en moyenne, et qu’aucun investisseur ne peut être en moyenne plus malin que le marché. Les OPA et les fusions mettent la pression sur les dirigeants afin que ces derniers servent les intérêts des investisseurs, grands et petits. Le système fonctionne tant que la réglementation impose une transparence complète et qu’aucune information pertinente n’est délibérément soustraite au marché. C’est ainsi que l’intervention des hommes de l’état peut améliorer le fonctionnement des marchés financiers.
21. A quoi servent les syndicats ?
A Les syndicats sont des monopoles sur le marché du travail parce qu’ils reçoivent de privilèges des hommes de l’état. Le syndicalisme impose des salaires plus élevés que les niveaux concurrentiels : cela réduit l’emploi des salariés dont la productivité est plus faible, et diminue la production totale des biens de consommation. Les dirigeants syndicaux sont souvent corrompus, et ils exploitent lourdement leurs camarades syndiqués eux-mêmes. Les syndicats travaillent aussi à la concentration des pouvoirs dans les mains de politiciens qui leur sont favorables : cet accaparement des pouvoirs est contraire aux principes d’une société libre.
B. Les syndicats sont monopolistes, mais peuvent assurer des fonctions positives. Leur rôle historique a été de contre-balancer la concentration du pouvoir industriel. Dans le même temps, un trop grand pouvoir des syndicats peut contribuer à élever les salaires au-dessus des niveaux concurrentiels et réduire l’emploi et la production. Les effets des syndicats varient selon les circonstances, si bien qu’il n’y a pas de base pour se fonder une opinion sur les mérites du syndicalisme. Cela dépend des époques et des endroits.
C. Les syndicats tels qu’ils sont actuellement constitués ne peuvent pas porter remède aux défauts du capitalisme. C’est par nature que le capitalisme exploite les travailleurs. Comme tout capital provient du travail, les capitalistes doivent payer les travailleurs moins que ce que vaut leur travail afin d’exister. Les syndicats ne peuvent pas changer cela. Le seul changement possible est l’abolition du capitalisme et la propriété collective des moyens de production. Dans la mesure où les syndicats représentent un mouvement d’avant-garde susceptible d’y mener, ils doivent être défendus et renforcés.
D. Les syndicats sont essentiels dans une société libre. Ils opèrent comme un contre-pouvoir à l’influence des capitalistes. Le capitalisme concentre naturellement de grands pouvoirs entre les mains des dirigeants patronaux. C’est pourquoi les syndicats sont nécessaires pour prévenir l’exploitation des travailleurs par les grandes entreprises. Les états doivent soutenir les syndicats par des législations leur garantissant le droit de s’organiser, et les travailleurs sont toujours mieux lotis avec représentation syndicale qu’en son absence.
22. Que sont les implications économiques de la défense nationale ?
A. La défense nationale est neutre par rapport au marché. D’un côté, elle coûte de l’argent aux contribuables, mais d’un autre côté elle assure un environnement stable qui permet à la paix de se développer et aux droits d’être protégés. Par nature, l’état doit détenir le monopole de l’utilisation de la force, et défendre la nation contre les agressions extérieures et intérieures découle de sa raison d’être première. Avant même de parler de production, il faut que l’état assure la sécurité et la défense. Sinon nous en revenons à l’Etat de nature hobbesien.
B. La défense nationale est désirable en elle-même, mais l’impact économique le plus important, comme nombre de programmes du secteur public, est qu’elle crée des emplois, développe les revenus et soutient l’économie. C’est plus particulièrement bénéfique au PIB, parce que l’industrie d’armement en fait travailler beaucoup d’autres. Ces dépenses faites sur des grands projets produisent plus de bien pour le pays que des petites dépenses en biens de consommation. En outre, ce financement public engendre des innovations techniques qui bénéficient à toute la société, et des emplois hautement qualifiés avec des salaires élevés qui n’auraient pas existé dans un système de marché. Les dépenses militaires représentent en fait un grand exemple de planification étatique au service de la société.
C. Le coût social des dépenses militaires de l’état consiste dans les dépenses privées qu’elles empêchent, alors même que ses avantages allégués sont impossibles à quantifier. La sécurité, comme tout bien désiré par les individus dans la société, peut être fournie par l'économie de marché et elle l’est effectivement, par des particuliers qui s’organisent eux-mêmes volontairement dans la matrice de la propriété privée et de l'échange. La sécurité privée fonctionne beaucoup mieux que le système étatique gouvernement qui gaspille des milliards, est perclue de bureaucratie, provoque des ennemis, et ne marche pas pour défendre la nation. Les états ont employé le prétexte de la « défense » pour déclencher des guerres qui renforçaient le pouvoir de l'état sur le marché.
D. La défense nationale satisfait une demande publique qui sinon ne serait pas produite en quantité suffisante si elle était uniquement fournie par le marché. Cela tient à ce que la défense nationale est un exemple de bien public : tous les gens en bénéficient et on ne peut pas les tenir à l’écart de ses avantages comme on peut le faire des productions marchandes ; du fait des resquilleurs, et de l’ampleur même des dépenses nécessaires à sa fourniture, les individus ne sont pas personnellement incités à acheter le bien pour eux-mêmes. C'est pourquoi, depuis des temps immémoriaux, la plupart des sociétés chargent l’état des obligations principales en matière de fourniture de sécurité. Il ne fait pas de doute que les avantages l’emportent sur les coûts.
23. Et les produits tels que l’enseignement et les routes?
A. Il n'y a aucune raison de discuter pour savoir si les routes et l'éducation sont des besoins essentiels ; or, le marché ne les fournira probablement pas en quantité suffisante. La seule vraie question concerne l'administration publique. Il y a de bonnes et de mauvaises manières de fournir ces services et les incitations du marché peuvent accroître leur efficacité : on peut lui confier la construction et l'administration. Les problèmes de circulation peuvent être résolues par des péages et autres formes de rationnement par le marché. Quant aux écoles, on peut les rendre plus concurrentielles avec des bons scolaires et des systèmes innovants de contrats avec l’état pour répondre à des besoins spéciaux.
B. Il y a des biens que le marché ne peut pas fournir d'une manière qui réponde aux besoins sociaux. Les écoles privées sont très bien pour ceux qui peuvent les payer, mais une société démocratique doit offrir l’enseignement à tous. De même pour les routes, qui font partie de l'infrastructure publique d'une société moderne et ne devraient donc pas être soumises aux roueries de la libre entreprise. Cela ne vaut pas qu'il n'y ait pas place pour la réforme. On ne finance pas suffisamment les écoles et leurs enseignants sont sous-payés. Les routes subissent une sur-utilisation, et devraient être complétée par une fourniture généreuse de systèmes de transport publics. Le covoiturage devrait être encouragé.
C. Ce sont là des marchandises comme les autres : ce sont les marchés et eux seuls qui peuvent les assurer. L'Etat ne peut pas construire des établissements d'enseignement qui survivent aux critères de la rationalité économique, parce qu’il devrait tenter de le faire sans bénéficier des indications directes des consommateurs. En leur lieu et place il confisque l’argent par ses impôts et le dépense de façon arbitraire. La même chose est vraie des routes étatiques : combien on en construit, avec quelle qualité et où, revient en dernière analyse à des choix politiques, principalement influencés par des considérations partisanes. Dans une économie de marché, la gamme de qualité, la quantité et le type de produits et services correspondent exactement aux besoins de la société. Ces produits sont les services que les consommateurs apprécient, et par conséquent ils seront fournis s’il est économiquement possible de le faire face à d'autres priorités sociales.
D. On prétend souvent que
la libre entreprise est la solution à nos problèmes économiques, et que
l'autorité publique ne peut pas produire. Mais les écoles modernes et les
routes en sont un contre-exemple évident : les écoles publiques ont
éduqué des millions d’élèves, et des routes publiques sont un élément
essentiel pour rendre la société ouverte, accessible à tous. En fait, le succès
de ces institutions montre la voie vers les vastes possibilités offertes à la
société qui a le courage de dépasser le laissez-faire pour une fourniture
véritablement sociale de tout ce que nous apprécions, mais que les
intérêts étroits des patrons ne veulent pas rendre, et ne rendront
pas accessible à tous.
24. Quelles sont les
conséquences économiques de la guerre?
A. La guerre réduit le bien-être économique en détruisant les ressources réelles. Il se peut qu'elle bénéficie à quelques privilégiés des dépenses militaires, du seul côté des gagnants. Pour la plupart des consommateurs et des entreprises, cela veut dire une prospérité considérablement réduite. La seule raison justifiable de faire la guerre est la légitime défense pure.
B. La guerre réduit le bien-être économique en détruisant les ressources réelles. Il se peut qu’elle ne profite qu’à un nombre restreint par les dépenses d’armement, mais elle peut aussi être importante en termes d'objectifs nationaux. Si la diplomatie échoue, le bien-être général de la société peut augmenter si on parvient à d'importants objectifs nationaux au moyen de la guerre. Les guerres défensives sont toujours justifiées. Les guerres offensives peuvent l’être dans certaines circonstances.
C. La guerre stimule l'économie en accroissant la demande. Alors que les guerres paraissent destructrices, nous créons plus de richesses en reconstruisant ce que les guerres ont détruit. Cela mobilise les ressources oisives et permet une plus grande prospérité.
D. La guerre a lieu pour accroître les profits des capitalistes. Comme la concurrence pousse à la baisse les taux de profit des projets nationaux, les capitalistes vont en chercher d’autres à l'étranger. Cela conduit à des conflits entre les capitalistes de différents pays. C’est pour ces prétentions impérialistes rivales que les pays partent en guerre. Le capitalisme est le principal moteur des guerres, et la guerre prendra fin avec la fin du capitalisme.
25. Qui sert le mieux la société?
A. Les législateurs et experts politiques, de même que la consultation de divers groupes de conseil, ont l'intérêt public à l'esprit quand ils préparent et exécutent les politiques. Ils souhaitent améliorer le bien-être de la société et sont capables de le faire. Les entrepreneurs recherchent le profit, et ne se soucient guère de l’intérêt général : ils ne servent l'intérêt public que dans la mesure où ils y trouvent un avantage. Compte tenu des défauts nombreux et graves dans la manière dont fonctionnent les marchés, des dirigeants et fonctionnaires informés doivent travailler à améliorer le bien-être public -- projet viable à condition que nous limitions l'influence des intérêts commerciaux dans la politique.
B. Les entrepreneurs jouent un rôle indispensable dans la société. Les entrepreneurs sont à l’affût des occasions d’améliorer la production et portent des jugements concernant l'avenir. La concurrence pour ces occasions présumées se traduit par des bénéfices ou par des pertes, qui contribuent à former les prix de la main-d'œuvre et des biens de capital. Cette concurrence dirige les ressources vers la satisfaction des besoins les plus pressants du consommateur. Les hommes politiques qui réussissent sont les plus adeptes à acquérir le pouvoir politique et à l’exercer. Ce sont généralement les personnes les plus impitoyables de notre société.
C. Le capitalisme sert les patrons et les patrons se servent eux-mêmes. Le système capitaliste est fondé sur l'exploitation des consommateurs et des travailleurs. La seule solution à ces problèmes est d'en finir avec le capitalisme, et en même temps avec la classe capitaliste des entrepreneurs. Une société véritablement démocratique ou socialiste mettra fin aux tendances à l'exploitation. Les gens ne rechercheront plus le profit privé, parce que les profits privés n'existeront plus. Dans le socialisme, les gens auront des aspirations plus hautes, et davantage l’esprit public. Les chefs, s'il y en a seulement, de la société socialiste à venir serviront le bien commun.
D. Les politiciens recherchent leur intérêt propre, mais la concurrence politique et le processus des politiques publiques les conduit dans une certaine mesure à servir le public. Les entrepreneurs servent aussi le public dans une certaine mesure, parce qu'ils obtiennent un profit à servir leurs clients. La question de savoir qui, des dirigeants politiques ou des entrepreneurs, sert le mieux le public, est une question ouverte. Cela dépend des circonstances particulières de temps et de lieu. La société démocratique s'est montrée capable à terme de résoudre les questions de gestion sociale.happy to do so!---------- Forwarded message ----------
From: Mises Contact <con...@mises.org>
Date: Sat, Dec 5, 2009 at 10:43 AM
Subject: Fwd: A french version of the Mises Quiz
To: Jeffrey Tucker <tuc...@mises.com>
---------- Forwarded message ----------
From: Pascal DRAY <pasca...@gmail.com>
Date: Sat, Dec 5, 2009 at 8:37 AM
Subject: A french version of the Mises Quiz
To: con...@mises.org
Dear friends of Mises.org,
I'm a french economist on the way of having my Phd in the begining of 2010. But as a Mises defender I have translated the Mises Quiz.
I was wondering if we could put it on line for french speaking students who don't know english enough.
If you are OK i'll be able to send it to you,
Looking for hearing from you soon,
Sincerely Yours,
Pascal
--
Pascal DRAY
Expert en système de gestion
de la PME à la multinationale
06 81 80 88 44
01 40 19 05 36