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IDEOLOGIE DE LA POPULATION MIXTE (débat identité nationale)

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isis

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Jan 1, 2010, 1:41:53 PM1/1/10
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IDEOLOGIE
DE LA POPULATION MIXTE FRANCO-ALGERIENNE *
---------------------------------------
* Contribution finale au d�bat sur l'identit� nationale ouvert par le
gouvernement fran�ais d�but novembre 2009.
-------------------------------------
L'id�ologie a souvent exalt� l'union ou l'ind�pendance des
populations en pr�ambule d'un nouveau projet de soci�t�. Elle a, en
revanche, moins int�gr� (signe des temps) la capacit� des populations mixtes
� rapprocher ou s�parer leurs pays parentaux en ramenant leurs relations
de toute nature � une plus juste pond�ration.

Pour mieux comprendre cette aptitude, la mise en
perspective du positionnement identitaire des mixtes est n�cessaire,
particuli�rement au croisement phare, en 2012, de l'�lection pr�sidentielle
fran�aise et du cinquanti�me anniversaire de l'ind�pendance alg�rienne.

Ainsi, dans le cas particulier de la population mixte
franco-alg�rienne, les rapports entre pays parentaux sont encore marqu�s par
la rupture brutale, en 62, d'une union plus que centenaire. Se sont ajout�es
ensuite, les difficult�s de la d�colonisation que chacun, aujourd'hui, en
France et en Alg�rie, affronte avec d'autres pays partenaires. Viennent,
enfin, les effets calamiteux de l'option de croissance �conomique qui
freinent la redistribution et la consommation au grand dam des populations
dans un contexte impitoyable de concurrence mondialis�e. L'impact le plus
spectaculaire du d�couplage entre la vie sociale et l'�conomie, c'est
l'amplification des in�galit�s et des frustrations. L'exclusion creuse la
division et pose un grave dilemme de transformation sociale. Les classes
dirigeantes masquent ce dilemme en en faisant porter la responsabilit� �
l'autre pays parental. Chacun ferme sa porte obstin�ment, alors qu'il
s'agit prioritairement de d�sarmer les haines, de tourner la page et
d'ouvrir un nouveau champ de coop�ration.

Dans ces conditions, travailler au rapprochement des deux
pays, c'est d'abord affirmer la pr�sence de l'identit� mixte dans le
contexte relationnel des pays parentaux (th�ses 1 et 2), c'est ensuite
d�masquer la d�rive alarmante de la d�colonisation et son impact sur
l'�conomie des pays parentaux (th�ses 3 et 4), c'est enfin combattre une
cons�quence spectaculaire, dramatique et humiliante de cette d�rive :
l'immigration sauvage et la nationalit� d�marqu�e (th�ses 5 et 6).

La pr�sente analyse formul�e en six th�ses a donc pour
objet de rendre compte de la probl�matique de positionnement de la
population mixte dans la marche de ses pays parentaux et d'ainsi introduire
le concept de cercle de d�veloppement comme d�fense organique des pays de
l'ex-Empire.
La th�orie de la coparentalit� sans conjugalit� tir�e de la jurisprudence
des enfants du divorce, nourrit la d�monstration sans pour autant couvrir
tout le champ id�ologique de la mixit�. Les pr�conisations doctrinales
s'inspirent de l'�thique associative plut�t que commutative.

THESE 1 - LA MIXITE ''BIOLOGIQUE''

1/ Sp�cifier la mixit�

La population mixte des franco-alg�riens a deux ascendances,
l'une en France, l'autre en Alg�rie, et elle pr�sente de ce fait une
singularit� identitaire d�bordant la seule nationalit� fran�aise ou
alg�rienne.
Aucun code de la nationalit� ni aucun dirigeant ne peut lui d�nier cette
double appartenance. Pour autant, celle-ci n'a pas pu �tre jusque l�
formul�e ouvertement en termes de droit, ni en France ni en Alg�rie.
Le concept de Nation subit, pourtant, une mutation profonde sous
l'influence des cultures (restauration des valeurs arabo-islamiques,
communautarisme, la�cit�) et de la mondialisation (�conomie de
concurrence et globalisation des march�s).

Cette population mixte est par ailleurs distincte des Fran�ais
d'origine alg�rienne et des Alg�riens d'origine fran�aise bien que ceux-ci
soient d�sign�s sous le m�me vocable de franco-alg�riens. Eux ne sont, en
effet, que des naturalis�s avec des droits conc�d�s (par le robinet du Code
de la nationalit�), mais pas acquis par leur filiation. La distinction n'est
pas faite pour exclure ou offenser, mais pour affirmer le particularisme des
mixtes mal per�u par les juristes dans chaque pays parental.

Si on d�signe les mixtes sous le vocable global de franco-alg�riens ou
qu'on les range dans la cat�gorie des binationaux , c'est, en v�rit�, pour
mieux taire leur sp�cificit� et refuser d'admettre l'expression juridique
de leur r�alit� sociale. L'espace de vie de la population mixte recouvre, en
effet, non pas un mais deux territoires, et de ce fait, elle subit un proc�s
d'intention injuste � l'oppos� du sentiment d'appartenance qui la lie � ses
deux pays parentaux. Substituer l'espace social mixte � la binationalit� qui
la coupe en deux, est une aspiration d'avenir.

En clair, les juristes des deux rives n'ont pas su ni voulu
singulariser la population mixte lors des n�gociations d'ind�pendance, en
1962, ne cherchant alors � d�finir en priorit� que le statut des territoires
et de la population globale des pays parentaux. De ce r�glement a d�coul� un
d�ni de justice profond � l'�gard des mixtes (aggrav� par la divergence des
droits nationaux) d'�tre censur�s, sanctionn�s ou m�me rejet�s dans la
binationalit�, sans consid�ration (ou � cause) de leur double appartenance.

De 1962 � 2009, la vindicte n'a fait que s'amplifier et s'exacerber,
laissant la France, s�duite par l'Europe, heureuse de s'�clipser, mais
d�membr�e ( : lois et ordonnances de l'Etat fran�ais relatives � l'Alg�rie,
de 1832 � 1962, en passant par celles de 1834, 1865 , 1919, 1936, 1940,
1946, 1956, 1958).

2/ De l'importance de sp�cifier la mixit�.

Chez les binationaux d'adoption, le choix se porte vers les
valeurs d'un seul pays parental, par filiation ou par option. A l'inverse
chez les mixtes, branche principale de la population franco-alg�rienne,
bi-nationaux par contrainte, le sentiment va aux deux pays parentaux et, si
des al�as surviennent, ce sentiment s'exerce dans un esprit de raccordement,
de r��quilibrage relationnel, comme cela s'observe aussi chez les enfants de
couples divorc�s, hors du conditionnement du divorce.

Cette diff�rence des mixtes ne peut encore se vivre ni
s'ordonner dans un cadre institutionnel. Seules quelques conventions
bilat�rales ont �t� sign�es. En l'�tat, les binationaux d'adoption sont
mieux prot�g�s (et tol�r�s par les arri�re-pens�es politiques et
jurisprudentielles) que les mixtes, alors que les deux populations jouent
la r�conciliation parentale sur deux plans diff�rents, plus mat�rialiste
et commercial pour les uns, plus affectif et id�aliste pour les autres. Les
premiers sont plus r�gionalistes,communautaristes, tactiquement la�cs et
plus ins�r�s dans une �conomie souterraine qui les promeut. Dans l'envie.
Les seconds plus unionistes, respectueux de l'identit� et de l'alt�rit� des
pays, soucieux de solidarit� et de partage, souvent oppositionnels dans le
malaise de n'�tre pas dans un environnement social plus ouvert et attentif.
Dans l'affectivit�. Aux deux (et � leurs proches) la solidarit� coparentale
est essentielle.

Les pays parentaux h�sitent n�anmoins � instaurer un espace social
consensuel en faveur de la population mixte ayant aussi pour objectif de
cr�er un mod�le d'accueil et de circulation des biens et des personnes
extra-muros transposable aux pays de l'ex-Empire. Typique de leurs craintes
r�ciproques de manipulation, un pays propose un Trait� d'amiti�, l'autre un
Trait� d'union m�diterran�enne. Aucun n'est agr��.

3/ Affirmer la mixit� : l'espace social mixte mieux que la
bi-nationalit�
Franco-alg�rien, c'est un socle
identitaire �mergent que la d�colonisation d�couvre tel le Mont St Michel
� mar�e basse . Le probl�me r�current c'est que quelque cinq millions de
personnes sont coinc�es sur ce socle entre le marteau et l'enclume de
deux droits nationaux sourcilleux, volontiers antagoniques. Au lieu de
faire de cette population mitoyenne le support d'une coop�ration ouverte,
chaque pays cultive sa diff�rence, � l'instar de l'autre, en multipliant
ses engagements dans la nouvelle �conomie. Ignor�e, la mixit� s'est
d�velopp�e dans l'espace contrefait de la bi-nationalit�.

L'id�e d'un statut sp�cifique (comme pour d'autres espaces frontaliers)
progresse n�anmoins. Mais, la binationalit� y fait obstacle. Pour cause
l'autre nationalit� devient le cul de sac de l'int�gration. Une identit�
gangr�ne l'autre quand, en terrain ouvert, le besoin rapproche les deux, la
concurrence les confronte, la vengeance ou le m�pris les habite.

La d�stabilisation de la mixit� et des franco-alg�riens vient donc de trois
fl�aux : l'immigration sauvage, la bi-nationalit� forc�e et l'int�gration en
cul de sac des nouveaux citoyens.

Dans ces conditions, d�fendre la
croissance-d�veloppement des pays parentaux et l'immigration ''autrement''
(qui conditionnent l'espace mixte) c'est, prioritairement pour la mixit�,
refuser de s'en remettre aux politiques �rigeant le profit sp�culatif en
guide principal de la vie sociale, ce bien au-del� du lib�ralisme
concurrentiel anglais. Contre la d�rive des �conomies parentales, la
r�silience identitaire de la mixit� s'inscrit dans un combat d'avenir, pas
une nostalgie du pass�.

THESE 2 - ALIENATION PARENTALE ,
BINATIONALITE et COPARENTALITE

1/ N�gation de la mixit� par les pays parentaux

a/ Le diktat des juristes, la mixit� ex nihilo nihil, un d�ni
de justice absolu.
- Le divorce des deux pays parentaux, n�goci� en 62 entre pays
parentaux, n'a pas envisag� le cas juridique de la population mixte,
contrainte de se placer sous l'autorit� exclusive de l'un ou de l'autre
pays, nonobstant sa double appartenance .
- le diktat des juristes plonge � l'�vidence la mixit� dans le
silence des tombes.
- le droit national a impos� � la mixit� le principe de la nation
bunker, alors que la croissance concurrentielle est, aujourd'hui, le cheval
de Troie de la mondialisation ouvrant et livrant les nations aux forces
cosmopolites du march� et que, de surcro�t, ce type de croissance est
devenu le levier de l'immigration sauvage et de la traite n�gri�re !

b/ L'ali�nation parentale ou la bi-nationalit� forc�e .
- La sp�cification identitaire de la mixit� est contest�e
par certains dirigeants.
Leur d�nigrement est surtout puis� dans la culpabilit� d'avoir eux-m�mes
transgress�, au nom de leur singularit�, des r�gles de vie n�anmoins
valoris�es par leur propre r�volte. Le d�nigrement blessant et infond� de la
mixit� donne � leurs auteurs et porte-voix le sentiment gonflant
don-quichotesque de laver le pass� de leur condition originelle. Ces
coryph�es d'un purisme imaginaire, dont ils seraient l'incarnation vivante,
oeuvrent encore pour une purification ethno-culturelle dans les chapelles
d'un concept colonial de la Nation p�rim�.
- P�sent aussi les clich�s infantiles d'autres politiciens.
Ces h�ritiers de l'ind�pendantisme, en incitant le '' Parti du copier-coller
de l'arabit� moyen-orientale'' � �craser le '' Parti de la France'',
oublient que ''nos anc�tres les Gaulois'' descendent de l'homme de
Cro-Magnon, un �migr� civilis� venu du Moyen-Orient.
- la r�futation vient aussi de ceux nombreux en France,
qui, exc�d�s par les d�bordements de l'immigration sauvage, contestent la
sp�cification de la mixit�. Pour eux, le m�tissage et la diversit� qu'ils
louangent volontiers et sinc�rement, conduisent forc�ment � l'abandon
spontan� de la sp�cificit� identitaire, au motif qu'une partie de la
population mixte a choisi de vivre en France. Ils sont, certes, partisans
d'un monde sans discrimination, mais le r�ve d'effacer les composants
identitaires de l'immigration au nom des libert�s et de la culture est un
voux pieux s'il n'est pas discriminatoire.
- La binationalit� et le mur des tabous, impos�s
initialement � une population mixte ignor�e, font de la nationalit�
fran�aise le squat de l'immigration sauvage venue d'Alg�rie soulager la
tension des deux �conomies nationales. La conscience de la singularit�
identitaire et minoritaire mixte na�t de cet ostracisme.

2/ Coparentalit� sans conjugalit�, une construction mixte hors
de la binationalit�.
a - Il ne s'agit pas de refaire le couple parental
d�fait, mais de construire la mixit� � partir du divorce des pays parentaux.
Le probl�me de la coparentalit� sans conjugalit� n'est pas de rechercher un
juste ou th�orique �quilibre entre tout ou rien de l'attache identitaire et
nationale. Il est de lutter inlassablement contre ce qui inf�riorise la
personnalit� et l'identit� d'un pays parental par rapport � l'autre. Comme,
toutefois, ce combat proc�de d'un humanisme engag� parsem� d'interrogations
et de qu�tes enflamm�es, il est, � la fois, solitaire et mal compris des
pays parentaux. Chacun veut, en effet, la population mixte rang�e de son
seul c�t�. A cet �gard, la pression sociale se fait si forte pour la mixit�
que se masquer (modifier son nom, �tre plus royaliste que le roi) ou se
plonger dans une passion devient l'�chappatoire, un refuge, � d�faut
d'opposition utile. Comme par ailleurs, les mixtes ne sont pas responsables
de la rupture des pays parentaux, ils ont aussi le besoin de donner un sens
aux relations entre pays parentaux et d'y trouver des rep�res. Leurs
conduites tendent � reproduire inconsciemment un mod�le d'union transmis
par les parents biologiques. Ainsi, s'exprime et se comprend le besoin de
rester librement li�s aux pays parentaux et de s'impliquer spontan�ment
dans une coparentalit� o� la conjugalit� n'est pas revendiqu�e.
Malheureusement, les pays parentaux ont �largi et aggrav� la question en
poussant l'immigration sauvage dans la binationalit� sans distinguer la
place historique de la mixit�.
N.B. : En Belgique, Bruxelles et les communes � facilit�s sont aussi un cas
d'espace mixte et de coparentalit� entre des r�gions en rupture identitaire
radicale .

b - Le d�veloppement de chaque pays ne doit pas
�vincer la culture de l'autre pays ni non plus imposer une hi�rarchie des
cultures �difi�e dans le prisme des valeurs de l'un ou l'autre pays. Or,
l'int�gration r�publicaine est la premi�re � refuser de clarifier
l'amalgame fait � propos de l'immigration, laissant de c�t� l'essentiel :
- � quelle cat�gorie d'immigr�s s'adresse l'int�gration ? - quel objectif
vise l'int�gration ? - Pourquoi ne pas d�finir l'immigration dans le
cadre de la coop�ration ?
c - En situation de mixit�, d�fendre les pays
parentaux, c'est admettre le principe du divorce en 62 des deux pays
parentaux, au motif que l'un �tait �cras� par l'autre malgr� un effort r�el
de d�veloppement effectu� par l'autre. Malheureusement, cet
effort a �t� r�serv� � la population europ�enne, en connivence (ne jamais
l'oublier) avec les strat�gies de l'Etat fran�ais (de l'ex-Empire fran�ais)
menac� depuis toujours par ses grands voisins europ�ens (l'Angleterre et
son Commonwealth, l'Allemagne et ses Marches de l'Est..). Or, non
seulement ce principe n'est pas admis, mais le devoir de m�moire enferme
chaque pays parental - et la mixit� - dans un culte exacerb� des haines de
l'ind�pendance.

d - La mixit� pr�conise de mettre fin � la binationalit�
et de lui substituer un espace social issu de la coparentalit�, balis� et
convenu par la coop�ration nationale. Cette approche relationnelle nouvelle
d�classe les clich�s intellectuels et politiques actuels.

THESE 3 - DERIVE DES ECONOMIES PARENTALES

L'�conomie coparentale ne se confond pas avec
l'�conomie nationale des pays parentaux. Elle les compl�te et s'impulse
principalement dans le cadre de la coop�ration. L'espace social de la
population mixte en fait partie, mais il ne b�n�ficie pas des flux de
l'�conomie souterraine subtilis�s par les �conomies nationales.
L'obstacle pour la mixit� est que l'�conomie des pays parentaux est
engag�e dans un processus de d�composition majeur, et que pour redresser
cette d�rive, il est plus difficile aux dirigeants d'attaquer la cause
originelle du mal (le mod�le de croissance sp�culative) que ses
manifestations les plus d�cri�es (les ghettos et l'immigration sauvage).

1/ La m�canique de d�sagr�gation des nations
parentales
a - la mondialisation juxtapose et subordonne impitoyablement
les �conomies par le profit, non par la culture (erreur fr�quente des
id�ologues). La mondialisation fonctionne en effet sur un triptyque de
croissance catastrophique : la sp�culation, le profit et la concurrence.
L'industrialisation tiers-mondiste a auparavant pr�dispos� les �conomies
nationales des PVD � suivre cette voie de la confrontation .

b - le rapport diff�rent � la concurrence mondialis�e accentue
les d�s�quilibres entre �conomies parentales et assigne les conditions de
l'immigration sauvage.

c - la d�colonisation sans gouvernance sociale est
d�g�n�rative (d�socialisation, d�naturalisation, d�culturation,
�conomie souterraine, non-droit ...).

d - L'effet levier dantesque du diff�rentiel de croissance sur
l'immigration conduit � incriminer le mod�le concurrentiel centr� sur le
profit sp�culatif et � lui opposer un mod�le de croissance comp�titive
o� le progr�s social n'est pas exclu des �chelles de productivit�.

e - La mondialisation combine et conjugue, d'un c�t�, une
�conomie confront�e au d�cha�nement de la concurrence sp�culative
(d�localisations, cannibalisme industriel, ch�mage, d�fenestration des
classes moyennes..) et , de l'autre, une politique de croissance
�conomique sans gouvernance sociale qui exclut fatalement du
d�veloppementune partie de sa population et la condamne � l'exil et �
faire le jeu de sa propre exploitation. (En 40 ans le rapport de change
est pass� de la parit� � 20 pour 1 ).

f - Les m�faits de ce levier de croissance sont connus :
immigration sauvage, boat-people, clandestins, sans-papiers, ghettos,
banlieues, communautarisme, r�glementations s�curitaires, politiques de
la ville, hold-ups de nationalit�s, travail au noir et en miettes,
discriminations, ch�mage en forme de miroir aux alouettes et de filet de
voltige de l'immigration de mis�re, restos du cour, ruptures culturelles,
int�gration en cul de sac, identit�s d�pec�es, int�grismes, �meutes de
quartiers, terrorisme, d�linquance, �conomie souterraine, mixit�
stigmatis�e, fuite �perdue de millions de candidats � l'�migration vers le
''paradis'' capitaliste, partout des guerres barbares entre d�colonis�s.
Chaque jour se nouent des liens inqui�tants entre la mondialisation lib�rale
et une d�colonisation inachev�e, d�tourn�e. M�me plus besoin de
chercher l'immigr� !

g - Immigration sauvage et traite n�gri�re, faussement
pr�sent�es comme un exode volontaire vers le paradis capitaliste, sont un
crime contre l'humanit� dont les juristes s'accommodent. La Gauche, en
France, le sait, et se tait sous couvert de bonne morale humaniste !
Les autres s'en lavent les mains.

2/ La croissance concurrentielle, cheval de Troie de la
mondialisation et levier de l'immigration sauvage

a - l'utopie bris�e du nationalisme et de la libert� des
peuples.
La Nation, si ch�re aux
ind�pendantistes, mais h�rit�e de la colonisation et du pouvoir jacobin de
1789, s'est ouverte aux forces cosmopolites de la mondialisation par le
biais de la croissance concurrentielle et se voit peu � peu absorb�e dans la
soci�t� de consommation de masse (SCM), mod�le in�galitaire et conflictuel
de soci�t� universelle, n� en occident anglo-saxon, encore au stade de
l'enfance et des maladies infantiles contagieuses (ultra-lib�ralisme).

Dans la typologie des mod�les de soci�t�, la SCM est le
dernier concept extrait du minerai social de notre �poque. Ce qui la
diff�rencie de la soci�t� de consommation (�difi�e hier � l'abri des
fronti�res nationales) , c'est la notion de masse, d'expansion plan�taire,
de globalisation. La SCM est , en quelque sorte, l'ouf et la poule de la
mondialisation. Si ce mod�le laisse entrevoir une solution possible aux
probl�mes de la faim, il peut faire illusion. On observe ainsi que le
d�rapage de la croissance concurrentielle dans les pays industrialis�s
d�sorganise le march� du travail et provoque, par effet de cha�ne,
l'explosion de l'�migration sauvage dans les pays de la p�riph�rie.
Un autre exempleest celui des ''industries industrialisantes'' � haut
coefficient de capital, rendues obsol�tes de fa�on foudroyante par la
comp�tition mondiale. Dans ce tourbillon, la d�colonisation perd son
chemin et d�sesp�re les ind�pendantistes.. .

Ainsi donc, les h�ritiers de l'ex-Empire
sont les premi�res victimes du � F�hrerprinzip � et d'un nationalisme
exalt� qui les endort. L'objectif premier du d�veloppement se perd. Et
surtout, l'�conomie nationale est d�poss�d�e de la gestion traditionnelle
de l'�quilibre des facteurs capital-travail. Pour le comble, la gouvernance
sociale est �cart�e, qui pourtant devrait harmoniser et moraliser la
redistribution de la croissance m�me concurrentielle.

b - Profit sp�culatif et concurrence, levier de
l'immigration sauvage.
La g�n�ralisation de la libre concurrence,
orchestr�e au plan mondial par l'OMC , le FMI et les m�dias, a d�stabilis�
la base �conomique et financi�re des nations. Concurrence et libre-�change
sont la main de fer de la finance sur les march�s globalis�s. La
strat�gie de la purge �conomique est impos�e comme une condition d'acc�s
� un nouveau stade de d�veloppement. Depuis 25 ans, la France, comme
ses voisins europ�ens, est soumise � des attaques incessantes et
violentes.
Surprises par le dumping commercial et menac�es d'an�antissement, les
entreprises nationales font de la r�sistance ou montent � l'assaut de lignes
adverses mal identifi�es, modifient leurs structures de co�ts et de
qualifications, tentent l'innovation, d�multiplient la sous-traitance,
n�gocient alliances, fusions et d�localisations... et s'enfoncent dans les
sables mouvants du profit sp�culatif.
La cons�quence d�sastreuse de cette course � la survie, ou � la supr�matie,
est connue de tous : ch�mage, recours massif � la main-d'ouvre immigr�e,
liquidation des industries traditionnelles, secteur public r�duit,
bouleversement de la vie sociale et nationale...
Pour compenser l'attaque des march�s, all�ger les
charges, il a fallu partout l�cher brutalement la bride aux r�glementations,
privatiser, r�duire les d�penses publiques, s'endetter. Souvent par exc�s
des dirigeants. La traite n�gri�re a explos� dans la combinaison et la
conjugaison des politiques de croissance et l'appontement des march�s .

c - Le communautarisme, r�gulation des rapports
sociaux.
L'ampleur des vagues migratoires et les diff�rences
culturelles opposent l'identit� des uns � celle des autres. Dans ce contexte
explosif surchauff� par le culte du profit, les techniques d'int�gration des
immigr�s paraissent encore largement inspir�es des vieilles m�thodes
psychanalytiques de r��ducation appliqu�es aux opposants politiques en URSS:
broyer, ou mieux, tuer l'�migr� dans l'immigr�. Mais, la m�thode
d'int�gration de l'immigr� d�conscientis� reste inefficace au plan
collectif. La communautarisation (et la binationalit� en support) est
devenue le mode principal de r�gulation des rapports sociaux.

La question est donc, non pas de v�tir tout immigr� par force
ou persuasion d'une nouvelle identit� (surtout quand il n'aspire pas � se
fondre dans l'identit� fran�aise), mais de lui permettre d'exprimer la
sienne et de s'y accomplir dans la cohabitation des cultures. Les promoteurs
de l'int�gration en cul de sac, pourfendeurs m�ritants du communautarisme,
sont, certes, partisans d'un monde sans discrimination, mais leur r�ve
d'effacer les diff�rences identitaires ne fait que reporter les probl�mes de
cohabitation sur les g�n�rations � venir. Selon eux, la culture du pays
d'accueil serait le lieu transcendantal de toutes les cohabitations, mais
ils oublient (aux portes de l'Europe !) que ce sont les ponts ouverts entre
les cultures qui rendent possible la cohabitation et non la dictature
culturelle et ses check-points . Avec le m�me argumentaire h�rit� de la
colonisation, l'Alg�rie rebelle et insolente a entrepris d'�radiquer apr�s
l'ind�pendance les acquis culturels fran�ais. Comme si la richesse d'une
culture �tait de d�truire l'autre culture. La binationalit� est devenue un
refuge et un d�tonateur.

Un tableau art nouveau remarquable de Mucha
symbolise bien la r�silience identitaire face � l'encha�nement culturel
(Lottery of National Unity - Prague1912). Comme, le ''Hirschsprung'', (cerf
magnifique pourchass� par une meute de loups choisissant la mort plut�t que
d'�tre terrass�), sur la route de Titisee (For�t Noire).

L'opposition des mixtes � l'apartheid culturel est
totale. Face aux immenses obstacles du d�veloppement, cultures et
religions ont le devoir de se faire la courte-�chelle, pas de se combattre.

THESE 4 - CONVERGENCE ET DEVELOPPEMENT

D�fendre les pays parentaux, c'est donc avoir la volont�
obstin�e de surmonter les obstacles du d�veloppement de l'�conomie
coparentale et de respecter l'originalit� et la singularit� des deux pays
parentaux pris dans les rouages et la d�s�gr�gation de l'�conomie
concurrentielle.

1/ La convergence, utopie d'avenir ou camouflage de la
d�rive ?
a - La convergence est un processus d'�volution des
mod�les de soci�t� vers le mod�le g�n�ral de la SCM initi� par le
lib�ralisme financier. Elle a l'avantage de se pr�senter comme une rupture
de tous les enfermements engendr�s par des empires orgueilleux et des
nations bunkers h�rit�es de la d�colonisation. Mais, la libert� gagn�e par
les canonni�res de la concurrence dans l'idylle de la convergence cache mal
des objectifs qui pour �tre �loign�s n'en sont pas moins redoutables et font
durablement complot.

Ainsi, alors que la population mondiale explose, la mondialisation, en
apparence guide de la SCM, maintient un double conflit r�current
ingouvernable � court terme. D'abord, celui du partage des ressources (la
financiarisation de l'�conomie n'est pas ma�tris�e). Ensuite, de la
configuration de la plate-forme sociale de lancement de la conqu�te spatiale
(exploitation industrielle des ressources et des rayonnements de l'espace)
qui r�serve � certains les sciences, la technologie de pointe et. le
gouvernement du monde .

b - Le mouvement des capitaux internationaux illustrent
bien cette mainmise.
Avec la crise, ils d�voilent que la part des profits
sp�culatifs ponctionne toujours plus la part contributive allou�e au
d�veloppement. Au regard de la pauvret� dans le monde, cette tendance fait
probl�me. Il ne s'agit plus de la lisser. De bulle en bulle, la part
emport�e par des int�r�ts particuliers retourne librement dans le profit
sp�culatif v�rifiant l'adage selon lequel l'argent mange l'argent ...et
d�vaste l'�conomie sociale. Dans la phase actuelle de mont�e en puissance de
la mondialisation et de mise sous tutelle des nations, le FMI n'est pas pr�t
de r�guler la sp�culation ni de moraliser le profit et prend ainsi le risque
de multiplier les big-bang �conomiques et d'amplifier la d�sagr�gation
sociale .

c - Par ailleurs, peu de tenants de l'orthodoxie
sont interpell�s, voire indign�s, par le nouveau slogan iconoclaste : "
Capitalisme, socialisme, m�me combat ".
Leur apathie �teint � l'�vidence, et marginalise, l'opposition id�ologique
s�culaire entre patrons et travailleurs. Et, lorsque le mod�le
concurrentiel sp�culatif provoque des effets pervers calamiteux trop voyants
(exclusions, d�pendances, bouleversement social), ceux-ci sont d'autant plus
n�glig�s par l'Etat que l'opposition ancestrale capitalisme-socialisme et
sa fonction structurante de l'ordre social tendent � se transformer en
alliance synchrone des forces locales antagonistes face � l'ennemi commun
venu d'ailleurs (mondialisation, financiarisation non ma�tris�e de
l'�conomie et autres exc�s orientaux anglo-saxons), comme s'unissent dans
les Cit�s les bandes rivales contre la police, ennemi principal venu
d'ailleurs.
Mobiliser les forces, et donc concilier les int�r�ts antagoniques au lieu de
les opposer, est devenu un mot d'ordre politiquement transversal.

d - Si, donc, l'anticapitalisme est d�pass� et que le
lib�ralisme reste aveugle, o� trouver les r�f�rentiels de lutte quand on
s'aper�oit que les doctrines de l'�conomie sociale et politique n'ont �t�
con�ues que par rapport au march� national int�rieur depuis
l'av�nement des mercantilistes, il y a cinq si�cles ?

L'histoire ne manque pas de r�ponses. G. Gurvitch et R. Aron, entre
autres, l'avaient pressenti : capitalisme et socialisme s'appellent l'un
l'autre en se combattant, et se recomposent en convergence incessante.
De Colbert � Ricardo, de Marx � Keynes, de Schumpeter � .Jean Monnet,
l'id�e n'a cess� de rebondir.
Reste � savoir, quand l'homme selon Nietzsche jaillit en politique pour
vaincre nos mis�res et casser le th��tre des illusions ? Sans doute,
selon la mixit�, quand le pouvoir ne concilie plus les deux valeurs
essentielles de la r�publique : la l�gitimit� et la l�galit�.

Au lieu d'affronter cette question
fondamentale au moment o� se multiplient les gr�ves dures, s'exprime la
violence et que menacent les r�volte, les socialistes fran�ais, pourtant au
centre du questionnement, se retranchent dans les faux-semblants th�oriques,
l'artifice, les pirouettes politiques et les querelles de personnes
d�risoires aux approches �lectorales !

2/ L'immigration ''autrement'', un objectif central de
l'�conomie coparentale.
a - D'�lections en �lections, la d�ception des mixtes �
l'�gard de la classe politique ne finit pas de cro�tre. Ainsi, dans la crise
actuelle, une question explosive illumine le ciel politique, dont personne
ne parle: quid de l'immigration sauvage ? Pourtant, non seulement elle est
d�testable et humiliante, mais surtout quasi tout le monde la c�toie au
quotidien. Elle a permis de d�sagr�ger le monde du travail et d'amplifier la
croissance concurrentielle. Mais, � quelles conditions de destruction de la
vie sociale s'emploient les catapultes du profit ! Pour quel projet de
soci�t� se r�alisent ces reculades pr�sent�es comme des avanc�es vers un
eldorado lib�ral de l'humanit� bord� de ruines ?

L'immigration, sanctifi�e ou d�test�e, joue
donc, un r�le moteur dans le changement de degr�, voire de nature, du
rapport K-W , qui a labour� les si�cles pass�s.
Malheureusement, l'immigration sauvage due � la conjugaison et la
combinaison de deux politiques de croissance concurrentielle, s'aggrave
maintenant, en France, d'une immigration massive et agressive engendr�e par
l'�conomie souterraine.

Affranchie des r�gles de vie collective du pays
d'accueil, l'immigration est, en effet, de moins en moins celle du travail
et de la mis�re et, paradoxalement, elle se fait plus agressive.

b - Si, en France, on parle abondamment d'Europe sociale,
il faut donc, aussi, en Alg�rie, et dans les pays de l'ex-Empire, parler de
croissance sociale et non plus de croissance �conomique. La supercherie, �
cet �gard, a trop dur� et produit trop d'effets pervers. Dans les ann�es
60, le mot ''d�veloppement'' disait clairement que la gouvernance sociale
faisait partie du concept. Malheureusement, un foss� profond a �t� creus� au
fil des ann�es entre le r�ve de r�partition �galitaire des ind�pendantistes
et, aujourd'hui, la distribution malthusienne des fruits de la croissance.

c - L'�conomie coparentale, terre d'�lection du
d�veloppement ''autrement'', pr�conise d'assigner � r�sidence la concurrence
sp�culative et le profit sp�culatif, de restaurer la comp�tition et le
m�rite, d'ajuster les projet social et national face � la mondialisation.

3 / Leviers de l'�conomie coparentale

a - La croissance comp�titive.
Les th�oriciens de la d�croissance estiment que
l'expansion mondiale va se heurter au manque d'�nergie et de mati�res
premi�res et qu'ainsi la solution est de restreindre la consommation et le
gaspillage. D'autres incriminent la croissance trop rapide de la population
des PVD, bien que l'�cologiste Dumont estimait, il y a 50 ans, que le
d�veloppement n'avait pas de limites en soi, mais qu'il convenait de donner
la priorit� � l'agriculture plut�t qu'� l'industrialisation dans une Afrique
affam�e.

Ce d�bat de fa�ade entretient la confusion. La premi�re option
est, en effet, soup�onn�e de freiner le transfert des technologies
d'avant-garde, l'autre d'encourager la d�localisation d'un monde industriel
rendu obsol�te, v�tuste et polluant de fa�on foudroyante par la comp�tition
mondiale. Dans la course ouverte, rendement et rentabilit� sont, certes,
des outils efficaces de management, mais, la concurrence sp�culative n'en
fait usage que pour doper un profit idol�tr�, pas pour stimuler le
d�veloppement. L'option de croissance comp�titive postule, en revanche,
d'inscrire et r�guler led�veloppement dans la structure de productivit� des
projets d'investissement.

b - L'espace social de la population mixte,
- Principes : tutelle des pays parentaux, repr�sentation,
subsidiarit� .
- Priorit�s : aide au d�veloppement en Alg�rie (mise en valeur
du Sahara), coop�ration et formation en France (agriculture, industrie et
universit� franco-alg�rienne) par les fonds structurels, promotion mixit� et
budget d'intervention et de promotion.

c - D�noncer prioritairement la d�r�gulation
�conomique .
Une th�se domine dans la sph�re politique, selon laquelle l'identit�
est meurtri�re, et qu'il est essentiel de la neutraliser afin de pacifier
les rapports sociaux et la cohabitation entre communaut�s. A contrepied,
s'�nonce la th�se, selon laquelle ce n'est pas l'identit� mais la
concurrence et le profit sp�culatifs, qui sont la source de tous les
conflits de cohabitation sociale et de l'exclusion. Pour la mixit� qui
adh�re � la seconde, il est regrettable de d�noncer, � la mani�re du FN,
les effets calamiteux du d�sordre identitaire (immigration sauvage) et
de s'arr�ter � mi-chemin de la critique sans oser aller � la cause de la
d�glingue (concurrence et profit sp�culatifs). Le lib�ralisme refuse, en
effet, que la libert� tue la concurrence et que le libre-�change se confonde
avec les seuls int�r�ts des march�s financiers . L'usage m�me tactique ou
strat�gique du profit sp�culatif ne justifie pas les pillages de l'�conomie
sociale pour acc�der � la mondialisation .

THESE 5 - EXIGENCE DU DEVELOPPEMENT COPARENTAL

1/ Combattre les pouponni�res de la traite n�gri�re et de
l'immigration sauvage
a - La traite n�gri�re, un drame social, la
nationalit� bafou�e.
La traite n�gri�re est un
mouvement migratoire g�n�r� par une croissance concurrentielle ouverte
dans un cadre �conomique trop vite confront� aux forces multiples de la
mondialisation qui l'encerclent. L'�quation de la tenaille migratoire est
simple : entre deux pays, si un pays r�siste moins qu'un autre � la
pression, le plus r�sistant attire la population d�laiss�e par l'autre. Le
transfert n'exige m�me plus d'aller la chercher pour l'assujettir dans un
syst�me d'exploitation ou de consommation.
Parqu�es derri�re leurs fronti�res
nationales, coup�es du partage des richesses, les populations d�laiss�es,
n'ont plus d'autre r�ve de libert� et de survie que dans leur fuite vers
l'�tranger.
Harragas, boat-people, sans papiers, faux touristes, malades, clandestins,
faux �tudiants, hommes, femmes, enfants... ils arrivent par milliers,
affrontant seuls les obstacles au risque de leur vie et de leur libert�, se
retranchant ensuite, dans les ghettos-pouponni�res de la traite n�gri�re
pour sauvegarder le bien pr�cieux de leur identit�. Jet�s sur le pav� des
villes pour une vie soi-disant meilleure, les immigr�s finissent par
concevoir une �gale rancune � l'encontre du pays d'accueil. Ils n'ignorent
pourtant pas que le mouvement migratoire a comme aboutissant la soci�t�
de consommation de masse id�alis�e par le lib�ralisme. A d�charge, les
migrants y trouvent une possibilit� d'acc�s � des activit�s que la
d�r�gulation et la d�r�glementation ont d�lest� de leurs d�fenses. Beaucoup
de petits commerces et de trafics prosp�rent sur ce terreau.

Les politiques de la ville l'ont aussi compris. Elles
entretiennent les pouponni�res de la traite au profit de l'�conomie
(main-d'ouvre, commerce, consommation, exportations) avec l'espoir
d'assagir et conqu�rir cette population (d�mographie, survie du secteur
public et tertiaire...), oubliant volontiers de faire entendre que l'accueil
dans l'un n'exon�re pas l'exclusion dans l'autre. (Aux Etats-Unis,
le pr�sident Obama vient d'ouvrir un grand espoir de coop�ration
directe avec les populations des pays pauvres) .

b - Les pouponni�res de la traite, un scandale social, une
fabrique de binationalit�.
Les pouponni�res de la traite ont des visages connus :
ghettos, quartiers, cit�s, banlieues... Ce sont les points de chute, de
rassemblement et de rayonnement de l'immigration sauvage. Avec Giscard
d'Estaing ( Monsieur regroupement familial), la France est pass�e de l'image
des anciens bidonvilles et baraquements pour travailleurs c�libataires
immigr�s, � celle des banlieues et ghettos regroupant les familles immigr�es
de l'�poque post-coloniale. La fonction de ces pouponni�res est double :
int�grer l'immigr� ou, � l'inverse, le marginaliser pour mieux l'exclure.
Mais, l'objectif d'int�gration est en porte-�-faux : la naturalisation ne
cr�e pas une nationalit� fran�aise, mais une binationalit�, r�ceptacle de
sentiments nationaux distincts fortement assujettis.

De surcro�t, les d�rapages et l'ambigu�t� de
l'accueil viennent de l'incapacit� politique et administrative d'affronter
la diff�rence de probl�matique entre deux types de pouponni�res : le ghetto
social et le ghetto ethnique. Le premier mobilise contre l'exclusion et la
pr�carit�. Il est plus ancien, conflictuel, mais int�grateur. Le ghetto
ethnique en revanche, dresse une communaut� �trang�re contre l'organisation
sociale du pays d'accueil b�tie elle sur une �conomie locale. Ce ghetto est
antagonique et violent dans la d�fense de son territoire et d'autant plus
expansif que la binationalit� est active et que la d�sagr�gation sociale
progresse.

Les deux types de ghetto ont en commun de s'appuyer
largement sur l'�conomie souterraine (drogue, d�linquance, trafics en tous
genres) pour compenser l'insuffisance des revenus officiels ( travail,
assistance sociale, petit commerce). Le financement de l'immigration
sauvage serait � d�battre ouvertement, mais, le pactole int�resse aussi
les deux Etats et des politiciens dont la situation d�pend de ces soupapes
de s�curit� .
Ce qui est v�ritablement nouveau dans les
ghettos, c'est que l'image de l'effort reste partout pitoyable. La honte
est sur celui qui travaille dur, gagne peu et vit mal. La fiert� encense
la combine, le jeu, la triche, le trafic, l'argent facile. L'exemple des
salaires monstrueux et des aides sociales faciles est ravageur.
Au fond du ghetto prosp�re la
cour des miracles. Mais, les filles r�ussissent mieux � l'�cole et sont plus
battantes au travail que les gar�ons. Le matriarcat fait de la r�sistance
dans une France qui a plut�t besoin de femmes dans le tertiaire.

2 / D�cha�nement de l'�conomie
concurrentielle sp�culative.
a - Les constats :
Significativement, depuis ces trente derni�res ann�es :
- la vague migratoire d�verse, chaque jour , le tout venant de
l'immigration sauvage dans ces lieux de pr�carit� et de solidarit� .
- on a de moins en moins affaire � une immigration de mis�re et
de travail sous contr�le, comme c'�tait encore le cas peu apr�s
l'ind�pendance des pays colonis�s ,
- on assiste � une multiplication et une extension sans
pr�c�dent des pouponni�res dans ou autour des villes secou�es par la
diff�rence persistante de statut social entre les nationaux et les citoyens
binationaux ou proches de l'�tre.

b - Trois questions ram�nent � l'immigration :

-- L'absence de statistiques de gouvernance sociale en
Alg�rie.
Les �tudes se rapportant aux structures sociales et aux flux migratoires
devraient permettre de radiographier l'�conomie, d'�valuer l'impact de la
concurrence par branches et secteurs, d'ainsi prendre conscience des d�fauts
d'organisation et de fonctionnement et de l'urgence d'inventer de nouvelles
formes de partenariat et de coop�ration entre pays d'accueil et d'origine et
de r�duire, en cons�quence, l'immigration sauvage.

-- Le probl�me soci�tal du r�le de la femme en France
La femme fran�aise, on le sait, ne veut plus �tre r�duite � un r�le
de reproductrice de l'esp�ce ni r�duite � l'�tat de marchandise ni de
potiche, mais elle se condamne dans sa qu�te de fonction sociale nouvelle
(et de survie) � �tre l'�gale de l'homme : travailleuse .
Or, il se trouve que le lib�ralisme conjugue habilement les enjeux et les
profits de cette m�tamorphose. Il le fait au nom d'une libert� individuelle
profess�e par l'id�ologie concurrentielle et l'industrie m�diatique et,
surtout, gr�ce � une immigration sauvage prise dans les m�mes filets de
conditionnement. Sous pr�texte de soulager ou valoriser la condition
f�minine, le lib�ralisme transfert sur l'immigration les t�ches et fonctions
d�laiss�es par la femme moderne, y compris celles de l'assise identitaire
nationale (emplois, natalit�, �ducation, culture, assistance...), au cour de
la fonction matrimoniale nationale. Contest�, l'Etat a d�sert� un combat
pourtant essentiel.
-- Les politiques s�curitaires, �ducatives et de la
main-d'oeuvre fran�aises.
Pour r�duire les pathologies sociales (notamment contenir les
bandes et l'extr�misme religieux) et pour renforcer l'�tat de droit
r�publicain, on a multipli� les politiques s�curitaires et �ducatives de
l'int�gration en cul de sac. Mais, celles-ci sont mal adapt�es aux
probl�matiques sociales et mal appliqu�es et elles
compliquent l'int�gration.

Si, par ailleurs, les ressources de l'�conomie souterraine
(drogue, d�linquance, trafics) soulagent, en catimini, les caisses de l'Etat
d'un effort exorbitant d'assistance en faveur de l'immigration sauvage,
elles repr�sentent toutefois un imp�t parasite colossal r�voltant pr�lev�
sur l'�conomie locale.
Enfin, la contradiction s'aggrave entre, d'un c�t�, les r�ductions
drastiques d'emplois des op�rateurs �conomiques et, de l'autre, les entr�es
massives d'immigr�s et les r�gularisations de s�jour. Au final, derri�re la
bonhomie de l'imagerie officielle et le laisser aller d'apparence lib�rale
affich� (r�guli�rement �corn�s par les �meutes de quartiers, les bavures
polici�res, la mise � sac des �coles, les incivilit�s, les agressions et les
bavures polici�res ou politiques), force est de constater que l'�conomie
souterraine et l'opacit� du traditionalisme familial amplifient
tentaculairement l'appontement et la croissance migratoires, le
communautarisme et la bi-nationalit�.

3/ L�gitimit� et l�galit�, condition de la
reconstruction
a - Le primat des valeurs fondatrices de la
R�publique
En 1792, au seuil de l'�re industrielle, la R�volution fran�aise
proclamait la R�publique, dont la France et l'Alg�rie sont aujourd'hui
l�gataires et dont toutes deux ont fait leur l�gitimit� et leur l�galit�.
Aujourd'hui, au seuil de la mondialisation et pour les m�mes raisons qui ont
conduit � l'identit� r�publicaine, l'immigration et les pays parentaux sont
plac�s au cour d'un m�me combat contre les disparit�s sociales et la
surexploitation.

A l'�poque, la doctrine fran�aise avec St Simon, Fourrier, L. Blanc,
Proudhon. bl�mait, d�j�, les d�bordements de la concurrence et du profit
capitaliste et d�non�ait le culte de l'individualisme �conomique th�oris�
par A. Smith, ap�tre anglais du capitalisme lib�ral productiviste, �largi
ensuite par J. Stuart Mill et l'Ecole classique. Pour la doctrine, en
effet, si la r�volution de 89 avait certes magnifi� la libert� individuelle,
l'identit� r�publicaine, h�riti�re du si�cle des lumi�res, concevait
n�anmoins que le libre-�change et la concurrence devaient �tre r�gul�s .

b - Conscience et coh�rence du combat de
justice.
La cr�ation, par une coop�ration volontariste, d'un cercle
de d�veloppement d�fensif rassemblant les pays ex-colonis�s et garantissant
une immigration ''autrement'', implique, ainsi, de :
a/ En France, mettre fin � l'immigration sauvage ,
supprimer les chancres entretenus par les politiques pouponni�res de la
ville (banlieues, cit�s, quartiers, ghettos..), condamner la manipulation
outrageante des codes de nationalit� en vue de blanchir les
hold-ups r�p�t�s de nationalit�, condamner l'apologie de l'int�gration en
cul-de-sac (m�me la haine du pays d'origine ne fait pas l'amour du pays
d'accueil).

b/ en Alg�rie, d�noncer les politiques de croissance
�conomique sans gouvernance sociale, r��valuer l'appontement des march�s,
transformer les difficult�s de la population en projet de d�veloppement.
Si la culture porte, certes, les s�quelles d'un pass� � ne pas oublier, la
roue de l'histoire �conomique a toutefois tourn�. Avec la mondialisation, le
nationalisme a chang� d'ennemi et de dimension. L'appareil industriel �rig�
depuis 1962 ne compense pas les diff�rentiels de croissance entre pays et
monnaies. Le d�veloppement et les �changes ont �t� pouss�s sur le chemin de
la croissance sp�culative. Revenus, salaires, consommation, �ducation et
bien-�tre forment le carcan d'une �conomie artificielle, n�e de, par et pour
la rente p�troli�re. On a fini par inverser l'�quation de croissance. Le
profit, produit final, tente vainement d'activer la productivit� des
appareils de production et d'administration sans s'interroger sur sa
finalit�, sa m�thode, son mod�le.

c/ Au bout de la cha�ne de l'immigration, mettre en
garde la jeunesse �veill�e, objet de convoitise des partis politiques en
qu�te d'�lectorat oui-ouisme, incapable majoritairement, d'id�ologiser son
intronisation en termes de progr�s et de lutte politique, comme s'il fallait
toujours bien s�parer le milieu familial des valeurs de la soci�t� civile et
r�-ancrer un conflit initial non r�solu, de peur de compromettre ou de
trahir les siens. Elle ne se bat pas pour un projet de soci�t� libre, mais
pour hisser en bloc l'immigration et son cadre social dans le pays
d'accueil.
Elle se bat contre le rejet des autres, pas pour l'int�gration des siens. La
citoyennet� n'est qu'une arme de conqu�te, pas un lieu de rencontre et
d'�change apte � rendre la vie r�publicaine conviviale.

L'espace social de la mixit�,
socle identitaire d'accueil, de valorisation et de d�fense franco-alg�rien,
souhaite accueillir les immigr�s sans double nationalit� � partir de 2012.

THESE 6 - DOCTRINE DE LA COPARENTALITE SANS CONJUGALITE

1/ N�cessit� de renforcer et globaliser le positionnement
mixte
A la veille de 2012, la correction de la d�rive de la
d�colonisation et des d�r�glements du d�veloppement national postule :
- sur le plan �conomique, de privil�gier la croissance
comp�titive par rapport � la croissance concurrentielle, qui hi�rarchise et
confronte pays, cultures et populations.
- sur le plan social, d'instaurer la gouvernance sociale
comme tamis des objectifs de croissance �conomique permettant de lutter
contre l'exclusion et les in�galit�s.
- sur le plan politique, de d�passer la contradiction
capitalisme-socialisme lamin�e par la convergence des mod�les et des
politiques �conomiques. La d�fense des syst�mes identitaires, et parmi eux
de l'espace social franco-alg�rien, s'impose face � des blocs �conomiques
que la croissance concurrentielle rend de plus en plus agressifs et
manipulateurs.

2/ Incontournable : donner du sens, ouvrir des
perspectives.
Trois voies d'action et de r�flexion s'ouvrent � la coparentalit� sans
conjugalit� :
- Le cercle de d�veloppement est une voie d'ind�pendance, qui ne
rejette pas les acquis des phases pr�c�dentes (dirigisme et ouverture au
march�). Il valorise le rassemblement et la coop�ration, face au pillage de
l'�conomie sociale. La cr�ation de l'espace social de la population mixte
et la suppression de la binationalit� sont un pr�alable
- La gouvernance sociale est le tamis des conditions sociales et
territoriales des objectifs �conomiques plac� sous la tutelle de l'Etat et
du Parlement.
- L'immigration ''autrement'' est une immigration convenue visant
� mettre au service du pays partenaire des moyens humains et mat�riels en
vue d'exploiter ou co-produire dans l'un ou l'autre pays des biens et
richesses prioritaires (mise en valeur du Sahara en Alg�rie, formation et
entreprises industrielles et agricoles en France... ). Elle impose au pays
d'origine le devoir de prot�ger la dignit� et le retour de ses
ressortissants .

3/ Elections fran�aises 2012. Un enjeu majeur � poser.

- ou, la France lib�rale , oublieuse de l'ex-Empire,
devient un simple comptoir commercial, une mani�re de vivre, de parler et de
penser en voie d'absorption, de dilution et d'effacement , au sein de
l'Europe domin�e par les finances de l'Angleterre (et son Commonwealth)
et l'industrie de l'Allemagne (et ses Marches de l'Est).
- ou, la France r�volutionnaire, balayant ceux qui occultent la
question vitale et cruciale d'un nouveau projet de soci�t�, choisit :

- soit, d'accueillir tous ceux de
l'ex-Empire qui veulent rejoindre l'hexagone et devenir Fran�ais, et,
elle doit, en cons�quence, s'ing�nier � pr�parer, � la fois, une r�forme
constitutionnelle majeure visant � repr�senter les nouveaux arrivants, et
un plan Marshall d'accueil et d'int�gration de cet apport pour une France
multiraciale, multiconfessionnelle et multiculturelle, sous peine
d'imploser et se d�composer. Quelque 130 millions de citoyens fran�ais
� l'horizon 2050 le justifie. Mais l'Allemagne et l'Angleterre s'opposeront
� l'expansion rapide d'un partenaire turbulent qui engendrera un
nouveau Bonaparte.

- soit, de ren�gocier sa position au sein
de l'Europe tenant compte du cercle de d�veloppement constitu� par les pays
de l'ex-empire dans le respect de la nationalit� et de l'identit� de
chacun. En tel cas, Bruxelles deviendrait le centre de l'espace social de la
mixit� franco-alg�rien.

Benammar Christian - D�cembre 2009
Licenci� en sociologie, dipl�m� de l'ENA (promo 1964-68) -Alger

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