| RADM AWLIG OU LETOUT VENANT | |
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| 22-11-2007 (29 lectures) ON NE TOUCHE PAS AUX MAINS DE NOS FEMMES La dernière visite officielle du Président allemand nous a permis d’observer, pour la première fois de l’histoire de la Mauritanie, comment certains ministres et officiels ont tenté de se soustraire à la séance redoutable des «salutations manuelles». Nous avons remarqué en particulier les grandes génuflexions de certaines dames tendant à signifier au Président allemand qu’elles ne voulaient pas lui tendre leurs mains. Il est temps pourtant que notre protocole et notre administration trouvent une solution au très grand problème que constitue le fait de serrer la main aux personnes de l’autre sexe. Il s’agit certainement de la question la plus délicate dans la vie moderne des Mauritaniens. Cet acte est non seulement considéré comme un péché suprême mais il est jugé particulièrement déshonorant et scandaleux. C’est probablement l’une des raisons qui poussent certains à refuser les nominations à de hautes responsabilités administratives ; il est souvent à l’origine des situations les plus embarrassantes au point de provoquer parfois ce qu’on appelle des incidents culturels. Mais si les femmes doivent tout faire pour se libérer de cette sujétion, les hommes eux semblent bénéficier d’une certaine indulgence. Nous espérons que le méli-mélo, provoqué par l’accueil de la délégation allemande la semaine dernière, pourra inciter nos décideurs à trouver une formule acceptable pour solutionner ce problème qui vient, dans l’ordre des priorités, juste après la question des déportés et des pratiques esclavagistes. On peut considérer que la solution pointe déjà à l’horizon depuis le grand embrouillamini occasionné par la visite de Köhler. Les hésitations des officiels sont probablement l’expression d’un début d’approbation même si les concernés se sont comportés face à la situation en ordre dispersé ; certains ont hésité avant de tendre la main, d’autres ont hoché la tête puis tendu la main, un autre groupe enfin s’est limité à de très forts prosternements pour laisser passer le Président «sans dégâts collatéraux». Les autorités mauritaniennes ont donc aujourd’hui l’occasion de légiférer tout en portant à la connaissance de toutes les ambassades accréditées à Nouakchott que chez nous, les personnes des deux sexes ne se serrent pas les mains lors des salutations. Il y a certainement des exemples en Asie, le conservatisme des civilisations millénaires de la Chine et de l’Inde étant plus proche de notre retenue. Le seul problème qui subsistera après l’adoption d‘une telle règle protocolaire est l’existence de deux grandes exceptions : nos compatriotes wolofs, Soninkés et Pulaars qui ne souffrent, à ce sujet, d’aucune inhibition sociale et ceux, parmi les maures qui ont «la main rapide» et qui commencent à prendre goût à l’attachement aux expatriés. Comment pourrons-nous convaincre ces deux catégories de citoyens que la Mauritanie gagnerait en originalité et que sa renommée s’améliorera lorsque chaque visiteur aura à l’esprit que c‘est le pays où on ne serre pas la main aux personnes du sexe opposé; ce sera même un label touristique porteur. L’interdiction de serrer les mains, qui vient pour corriger une atteinte grave à la pudeur publique, ne concerne évidemment que l’espace public et les lieux où traînent les caméras. Ces dérogations suffiront-elles pour empêcher certains de nos officiels branchés et nos parents négro-africains de s’abstenir de tendre la main aux personnes étrangères (ajnabiyyât)? Notre adage ne dit-il pas qu’on peut bien parler tout en évitant de tendre la main? ilsân b-il sân u layd makrûfa. Deyloul |