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Bibliothèque virtuelle, bibliothèque idéale où figureront éditions originales, premiers tirages, exemplaires rares ou curiosités. Cette page a vocation à devenir une exposition permanente, et sans cesse enrichie, de bibliophilie symboliste, où chacun pourra déposer les trésors fin de siècle ou d'avant siècle de sa collection, pour le plaisir égoïste des AMIS de SPR.
Paul ADAM (1862-1920)
- L'ENFANT D'AUSTERLITZ, Librairie Paul Ollendorff, Paris, 1902. Il s'agit du deuxième volume du cycle romanesque "Le Temps et la Vie". L'exemplaire est du tirage courant et la reliure demi-toile d'une maussade banalité ; mais il est agrémenté d'un bel envoi et d'une lettre intéressante à Adolphe BRISSON (1860-1925).
Adolphe BRISSON, critique littéraire dans plusieurs périodiques, plus particulièrement au TEMPS, était le gendre de Francisque SARCEY dont il préfaça les oeuvres. Il fit de ses contemporains des Portraits intimes (5 séries) qui ne sont pas sans intérêt pour l'historien littéraire.
- VUES D'AMERIQUE, Librairie Ollendorff, Paris, 1906. Recueil d'articles sur le nouveau monde dédié "à la mémoire de JOSE MARIA DE HEREDIA qui dans son oeuvre d'immortelle perfection , glorifia la tâche des conquistadores". Il n'a été tiré que 25 exemplaires sur papier de Hollande, seul grand papier. La reliure(demi-toile violette) de notre exemplaire - courant - est d'époque, réalisée pour Jean Ajalbert, qui a collé son ex-libris sur le 2e plat.
Paul Adam a apposé son envoi sur la couverture du livre : "à Jean Ajalbert / son admirateur / son ami / Paul Adam".
Nicolas BEAUDUIN (1880-1960)
- SIGNES DOUBLES, Jacques POVOLOZKY et Cie Editeurs, Paris, 1921. L'histoire littéraire n'a guère retenu le nom de Nicolas Beauduin, et c'est bien dommage, car l'oeuvre de l'inventeur du paroxysme mérite bien mieux que l'oubli. Il a été tiré de cet ouvrage 300 exemplaires sur pur fil Lafuma, numérotés de 1 à 300 et signés à la main par l'auteur. Notre exemplaire est le n°174 ; il provient du fonds Marcel Bekus, qui n'en fut pas le premier destinataire, car le recueil fut d'abord adressé à André Breton, qui devait peu goûter la poésie de Beauduin puisqu'il ne prit pas même la peine d'en couper les premières pages et qu'il le céda, directement ou indirectement, à Bekus.
- SYNOPSES, Editions de La Vie des Lettres, Paris-Neuilly, sd (ca 1920). Un autre recueil de Beauduin, issu du fonds Bekus, également tiré "à 300 exemplaires numérotés et signés à la main par l'auteur". Contient des poèmes dédiés à Lucien Fabre, Max Jacob, Pierre Reverdy, Joseph Delteil, Fernand Divoire, Paul Valery, Drieu La Rochelle, Jean Royère, Henri Massis, Jacques Maritain, Henry de Montherlant, Henri Ghéon, Jules Supervielle, O.-W. de L. Milosz, André de la Perrine. Notre exemplaire porte le n°29 et un envoi autographe en partie effacée : le nom du destinataire et les premiers mots de l'envoi. On y lit : "et défricheur de terres inconnues / Nicolas Beauduin". Sous la première partie conservée, a été ajoutée, au crayon, cette autre dédicace : "à un autre qui sait lire", qui ne semble pas être de la main de Beauduin. Il me plaît à penser que Breton, encore une fois, en fut le destinataire, et que, gommant son nom, il l'aura réadressé "à un autre qui sait lire" ; ce dernier en aura au moins coupé les pages...
Paul CLAUDEL (1868-1955)
- LA VILLE, Librairie de l'Art Indépendant, Paris, 1893. Parue sans nom d'auteur. Il s'agit de la deuxième publication de Paul Claudel, après Tête d'or. Tirée à 225 exemplaires. L'édition originale se compose de :
25 exemplaires sur papier de Hollande numérotés de 1 à 25 et 200 exemplaires sur vélin blanc, numérotés de 26 à 225
François COULON (1872-19?? )
- Euryalthès (essai de rénovation théâtrale), drame en trois actes, Léon Vanier, Paris, 1892. On ne sait que très peu de choses sur François Coulon, qui joua un rôle épisodique dans le mouvement symboliste, tentant avec son Euryalthès un essai de rénovation théâtrale, d'où l'idéo-réalisme n'était pas absent, et qui ne suscita aucun écho. Il collabora au Mercure de France et à l'Art littéraire notamment. Le Catalogue Collectif de France donne de lui un autre drame, Les Libérateurs (impr. de J. Royer, Anonnay, Ardèche, 1894 - in-8°, 138 p.), et un recueil de Proverbes d'autrefois, avec lettre-préface de M. François Coppée de l'Académie-Française (Victor Retaux, 1903, in-4°). L'exemplaire proposé ici comporte un envoi "à Maurice Gellerat/en vieille et profonde amitié/cet essai de jeunesse/François Coulon". Mais ce n'est pas ce qui lui vaut de figurer en ce rayon. D'aspect extérieur assez commun, même si le titre rouge n'est pas une habitude chez le bibliopole Vanier, la qualité assez inattendue de son papier arrêtera le bibliophile. En effet, alors que le tirage et le papier ne sont pas spécifiés, l'exemplaire en ma possession, dans un parfait état, fut imprimé sur beau Japon (impérial ?), utilisé généralement comme grand papier. Est-ce un grand papier, non justifié, ou Coulon l'utilisa-t-il comme papier courant de son édition qui, dès lors, ne devait pas en comporter de grands ? Il faudrait trouver un autre exemplaire, pour comparer et conclure.
Edouard DUCOTE (1870-1929)
- Le Septenaire de notre Amour, Librairie de l'Art Indépendant, Paris, 1895. On connaît surtout Edouard Ducoté comme directeur de l'Ermitage, successeur d'Henri Mazel à ce poste, et ami d'André Gide auquel il ouvrira très-larges les portes de sa revue - en quelque sorte : annonciatrice de ce qu'allait être la nrf. Il fut aussi poète et conteur, ce qui, en cette fin-de-siècle, n'était guère différent. Le Septenaire de notre Amour est la troisième publication de l'auteur, après une plaquette imprimée à compte d'auteur, Le sermon sur la montagne (Imprimerie de E. Dangu, Rouen, 1894), et La Première Etape, recueil de vers, paru chez Lemerre en 1895. Ducoté a quitté l'éditeur des parnassiens pour rejoindre une maison d'édition symboliste et occultiste : La Librairie de l'Art Indépendant. Le volume y gagne en beauté puisque, outre son tirage limité (300 ex.), il est tiré sur "papier Ingres rose pâle". Il est enrichi d'un envoi : "à Madame la baronne Mulot avec les remerciements de M. Ducoté".
Eugène FIGUIERE (1882-1944)
- Poèmes de Mai, coll. "Les petits livres du chevet", Eugène Figuière Editeur, Paris, s.d. (1919). Figuière, qui fut un bon camarade et un bon commerçant et un homme avec, occasionnellement, du flair, savait qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Donc, il s'auto-édita souvent, permettant à l'homme de lettres de percer sous l'homme d'affaires. Après avoir lancé, avant-guerre, la collection des "petits bréviaires", il inaugura avec ses Poèmes de Mai, cette nouvelle collection, qui ne connut pas le même succès. Etaient annoncés à paraître - et certains parurent - des ouvrages de Rosny aîné, Han Ryner, Georges Polti, André de Lorde, Alexandre Mercereau, Eugène Figuière bien sûr, Gustave Kahn, etc. C'est à ce dernier que notre exemplaire, tout à fait commun, doit l'honneur de figurer dans cette "petite bibliothèque symboliste" ; car il lui appartint, comme le prouve le texte de l'envoi : "à Gustave Kahn / avec l'hommage / de mon admiration / E. Figuière". Mais le poète des Palais nomades ne devait guère apprécier la poésie figuiérienne, puisqu'il ne prit pas la peine d'en découper les pages pour le lire. Appréciait-il alors l'éditeur ? Un élément de réponse, peut-être : il ne me semble pas que sa Soirée au Quartier Latin parut finalement, comme annoncée, à l'enseigne du figuier...
Paul FORT (1872-1960)
- Plusieurs Choses, Librairie de l'Art Indépendant, Paris, s.d. (1893). C'est l'une des toutes premières publications du poète qui n'a pas encore trouvé la formule des "Ballades Françaises". Non paginée, cette petite plaquette recueille en effet des poèmes en prose, en vers réguliers et libres, dédiés à Remy de Gourmont, Henri de Régnier, Alfred Vallette, Emile Bernard, Paul-Armand et Charles-Henry Hirsch, Rachilde, Charles Morice, Jules Renard. L'édition originale se compose de :
200 EXEMPLAIRES NUMEROTES DONT SIX SUR PAPIER FORT ET TROIS SUR SIMILI-JAPON CHAMOIS
L'exemplaire présenté ici porte le N°62 et contient sur la page de justification du tirage un envoi de Paul Fort "à Monsieur/ Hugues Leroux/ en hommage".
- Ballades Françaises, Préface de PIERRE LOUYS, Mercure de France, Paris, 1897. C'est le premier volume d'une longue série de recueils qui porteront désormais le surtitre générique de "Ballades Françaises". L'édition originale comprend :
Cinq exemplaires sur japon impérial, numérotés de 1 à 5 et dix-huit exemplaires sur hollande numérotés de 6 à 23.
(La marque de Paul Fort, pour la justification du tirage de ses volumes parus aux éditions du Mercure de France)
Notre exemplaire est un exemplaire du premier tirage. Sa couverture est assez abimée, mais il comporte, sur la page de titre, un amusant envoi à Ernest La Jeunesse, qui lui ajoute un petit quelque chose...
André-Ferdinand HEROLD (1865-1940)
- Au hasard des chemins - Poèmes -, Mercure de France, Paris, 1900. C'est le cinquième recueil de cet ami de Pierre Louÿs que l'on connaît surtout pour ses traductions de la littérature indienne, et qui fut également un auteur, assez prolifique, de théâtre. L'édition originale ne comprend qu'un grand papier :
Dix exemplaires sur papier de Hollande numérotés de 1 à 10
(La marque d'André-Ferdinand Herold, pour la justification du tirage de ses volumes parus aux éditions du Mercure de France)
Ici, le volume est un exemplaire du tirage courant. Il contient un envoi, sur sa page de garde, à Jean Lorrain.
Charles-Henry HIRSCH (1870-1948)
- Légendes naïves, Edmond Girard, Editeur, Paris, 1894. Rare recueil poétique de ce romancier symboliste qui fut un des piliers du Mercure de France dont il tint la rubrique des "Revues".
(Edmond Girard, l'éditeur des Essais d'art libre et des Portraits du prochain siècle)
L'édition originale est limitée à 300 exemplaires et détaillée comme suit :
Il a été tiré de cette édition : 3 japon impérial (hors commerce). 10 hollande Van Gelder .......................... 9 fr. 12 japon français blanc .......................... 6 fr. 275 papier fort teinté .............................. 3 fr. Les 25 exemplaires de luxe sont numérotés et signés par l'auteur.
L'exemplaire exposé est un des 275 papier fort teinté.
Francis JAMMES (1868-1938)
- Champêtreries et Méditations, coll. "Champs" sous la direction littéraire de Henri Pourrat, Horizons de France, Paris, 1930. L'exemplaire est courant. Le livre présente une belle aération, des marges intéressantes qui en rendent la lecture très-agréable. Ce n'est toutefois pas la raison qui le fait figurer ici. Mais bien plutôt l'envoi à Jean Royère, et surtout l'usage du crayon de couleur courant chez Jammes pour ce genre d'exercice. Appliquait-il un code couleur ? on aimerait bien le savoir...
Jean LAHOR (1840-1909)
- L'Illusion, Alphonse Lemerre Editeur, Paris, 1897. Sans doute le recueil le plus connu de Jean Lahor, pseudonyme du docteur Henri Cazalis, ami de Mallarmé et poète lui-même. Beaucoup des textes qui composent le volume puisent leur inspiration dans la mythologie et l'orient. Portrait de l'auteur en frontispice. Il a été tiré de cet ouvrage :
10 exemplaires sur papier de Hollande. 15 exemplaires sur papier de Chine.
Tous ces exemplaires sont numérotés et paraphés par l'Editeur.
Le nôtre appartient au tirage courant, mais se vit adorné d'un envoi au symboliste André Ferdinand Herold : "Au poète Ferdinand Herold / cordial hommage /Jean Lahor".
Georges MAUREVERT (1869-1964)
- La Bague de Plomb, coll. "Simonis Empis illustrée", Simonis Empis Editeur, Paris, 1901. J'aime bien la prose de Georges Maurevert, dont L'art, le boulevard et la vie mériterait d'être réédité. C'est une raison suffisante pour faire apparaître ici son recueil de nouvelles, richement illustré par Georges Auriol, Couturier, Georges-Edward, Granié, H.-G. Ibels, Kupka, Léandre, Métivet, Alfred Muller, Georges Redon, Rochegrosse, Steinlen, Jehan Testevuide, Edgar Walter, Weiluc, D.-O. Widhopff. L'exemplaire porte le n°1,166 et la couverture est de Steinlen. Raphaël Viau, rédacteur à la Libre parole, fut un antisémite notoire.
Henri MAZEL (1864-1947)
- En Cortège, Bibliothèque artistique et littéraire (éditions de "la Plume"), Paris, 1895. Rare recueil de contes du premier directeur de l'Ermitage (1891-1895), plus connu des spécialistes pour ses drames idéalistes, et des historiens, pour son volume de souvenirs : Aux beaux temps du Symbolisme. D'après le catalogue général des éditions de "La Plume", le tirage se détaille comme suit : 10 exemplaires sur japon à 20 fr. et 400 exemplaires vélin à 3 fr.
L'exemplaire présenté ici est l'un des 10 sur japon impérial, numéroté 9 à la main et comportant le paraphe de l'auteur. Une lettre de Mazel est jointe au volume, mais leur réunion semble fortuite. Elle est adressée à un "cher ami", éditeur ou directeur de revue, et datée du 8 février 1936. (Toute information sur l'identité du destinataire est la bienvenue).
- La Frise du Temple, Bibliothèque artistique et littéraire (éditions de "la Plume"), Paris, 1895. Autre rare recueil de poèmes en prose de l'auteur. Il est spécifié qu'
Il a été tiré de cette édition 10 exemplaires numérotés sur japon impérial.
Le catalogue général des éditions de "La Plume" nous donne plus d'informations sur le tirage :
- Henri Mazel : La Frise du Temple, poèmes en prose, 10 ex. japon à 10 fr. et 350 ex. à 3 fr.
L'exemplaire (l'un des 350) comporte un envoi sur la page de titre à Joseph Rozès de Brousse, poète toulousain et majoral du Félibrige.
Adrien MITHOUARD (1864-1919)
- Récital mystique, Alphonse Lemerre Editeur, Paris, 1893. Le deuxième recueil du futur fondateur et directeur de L'Occident. Placé sous le parrainage polycéphale de Hugo, Saint-Luc, Richter, Verlaine, Laforgue. L'exemplaire dont il n'a pas été tiré de grand papier est imprimé sur un beau papier vélin. Il provient de la bibliothèque de Gabriel Vicaire, l'une des deux faces d'Adoré Floupette, à qui il fut adressé et qui y apposa son ex-libris.
Edmond PILON (1874-1945)
- Les Poèmes de mes Soirs, Léon Vanier, Libraire-Editeur, Paris, 1896. C'est le premier recueil de ce collaborateur de l'Ermitage, de la Plume, puis du Mercure de France, du Divan, etc., admirateur des symbolistes et accompagnateur des naturistes, qu'il refuse, dans ses articles de critique, d'opposer. Le tirage de l'édition originale n'est pas précisé. L'exemplaire contient un envoi à Henri Mazel sur la page de garde :
Georges PIOCH (1873-1953)
- Le Jour qu'on aime, Mercure de France, Paris, 1898. C'est le troisième recueil de l'auteur. Georges Pioch ne fut pas à proprement parler symboliste, même si le mouvement l'influença. Ses poèmes témoignent d'un messianisme politique, plutôt rare chez les poètes de la première génération. Anarchiste et dreyfusard, il soutiendra Zola puis s'engagera dans le socialisme et le communisme dont il sera exclu au début des années 1920. La couverture est insolée et comporte des rousseurs mais l'exemplaire mérite de figurer ici pour le bel envoi à l'ami Louis Lumet. L'édition originale se compose de :
Douze exemplaires sur papier de Hollande numérotés de 1 à 12.
Notre exemplaire appartient au tirage de tête (n°173).
Georges POLTI (1868-19??)
- LES CUIRS DE BOEUF, un miracle en XII vitraux outre un prologue invectif, avec une couverture illustrée de P. Paquet, Mercure de France, Paris, 1898. Elles sont plutôt rares, aux éditions du Mercure de France, les couvertures illustrées; aussi méritait-elle d'être signalée. On oublie que le théoricien des 36 situations dramatiques (1895), maintes fois augmenté et réédité, fut également l'auteur d'un drame étonnant, simultanéiste avant la lettre, et qui mérite d'être rangé parmi les tentatives dramatiques les plus audacieuses du symbolisme, entre La Dame à la Faulx de Saint-Pol-Roux et Les Miroirs de Paul-Napoléon Roinard. L'édition originale se compose de :
Sept exemplaires sur papier de Hollande et un exemplaire sur Japon écru.
L'exemplaire exposé, du tirage courant, comporte, sur la page de garde, un long et intéressant envoi à de Max, l'acteur préféré des poètes symbolistes, à qui Saint-Pol-Roux pensa pour le rôle de Magnus.
Paul-Napoléon ROINARD (1856-1930)
- LA MORT DU RÊVE, Mercure de France, Paris, 1902. Sur Roinard et ce recueil on pourra consulter le billet que je leur consacrai ici. Mon exemplaire porte la mention : deuxième édition, peut-être fictive. Il est orné d'un envoi à Pierre Rognard, sur lequel je ne sais rien.
- LES MIROIRS, Edition de LA PHALANGE, Paris, 1908. C'est le grand-oeuvre dramatique de Roinard, qui connut la même infortune que La Dame à la Faulx. Comme pour cette dernière, les artistes et écrivains d'avant-garde se mobilisèrent afin que la pièce fût enfin représentée. Comme pour la tragédie du Magnifique, sans succès. L'édition originale (400 exemplaires) est composée comme suit :
9 Exemplaires grand luxe, papier Whatman, six hors-texte et des culs-de-lampe dessinés par l'auteur, d'après ses maquettes du décor; lettres ornées par LENOIR. Dorures et argentures à la main, mise au point, teintage et réduction, par André DOUHAIN; numérotés de 1 à 9.
16 Exemplaires de luxe, papier hollande Van Gelder; numérotés de 10 à 25.
25 Exemplaires de luxe, papier hollande d'Arches; numérotés de 26 à 50.
350 Exemplaires papier vergé; numérotés de 51 à 400.
L'exemplaire présenté ici est l'un des 350. Il comporte un envoi un autographe à Madame Satre Buisson et est numéroté 293 de la main de Roinard lui-même.
Jean ROYERE (1871-1956)
- SOEUR DE NARCISSE NUE, Editions de LA PHALANGE, Paris, 1907. J'aime beaucoup la poésie de Jean Royère, qu'il voulut "obscure comme un lys". C'est du néo-symbolisme de haute tenue. Son oeuvre critique et sa théorie du musicisme restent à redécouvrir.
Soeur de Narcisse nue est le troisième recueil du poète qui fut achevé d'imprimer par la Librairie Bonvalot-Jouve le 17 novembre 1907. Le tirage exact n'est pas précisé ; il ne fut tiré qu'un seul grand papier : 50 exemplaires sur papier de Hollande numérotés de 1 à 50 (prix de l'exemplaire sur Hollande : 10 francs).
L'exemplaire est du tirage courant. L'envoi à Pierre Charles, quinze ans après la parution du recueil, et surtout l'ex-libris gravé de Pierre Cheymol, beau poète surréaliste, auteur notamment d'indispensables Aventures de la poésie, lui valent de figurer dans cette exposition.
- Ô QUÊTEUSE, VOICI !, Simon Kra, Paris, 1928. Le recueil présenté ici est le septième recueil du poète. L'édition originale se décompose comme suit :
IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE 5 EXEMPLAIRES SUR PAPIER IMPERIAL DU JAPON, NUMEROTES DE 1 A 5; 20 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE VAN GEL- DER ZONEN, NUMEROTES DE 6 A 25 ET 500 EXEMP- PLAIRES SUR VELIN, NUMEROTES DE 26 A 525. LE TOUT CONSTITUANT L'EDITION ORIGINALE
Petite curiosité, l'exemplaire exposé n'est pas numéroté alors qu'il s'agit d'un deuxième papier (hollande van gelder zonen). Sans doute un des exemplaires d'auteur réalisés avec le papier restant. Un envoi à Albert Thibaudet, pilier critique de la NRF, agrémente la page de titre.
Voici tiré d'un autre exemplaire du recueil, sur Vélin (n°124), un envoi qui mérite de figurer ici à cause de son destinataire : l'étrange poète Louis de Gonzague Frick.
- DENISE - POEMES, avec des bois dessinés et gravés par Jean-Paul Dubray, Marcel Seheur Editeur, Paris, 1931. Denise était la petite-fille du poète. J'ai un faible particulier pour ce recueil, qui est d'une belle facture, alors le voici.
Cet ouvrage, constituant l'édition unique et défini- tive, a été strictement limité à 175 exemplaires, dont 25 sur Japon et 150 sur vélin d'Arches, et réservé aux seuls souscripteurs.
L'exemplaire exposé est naturellement Hors Commerce. Il comporte un envoi, sur page de garde, au poète et essayiste Jean-Desthieux, proche du milieu anarchiste. Un ex-libris, probablement celui du destinataire, est contre-collé sur la 2e de couverture.
- FRONTONS (première série) - Baudelaire, Verlaine, Renan, Mallarmé, Signoret, Gasquet, Nau, Ghil, DE Faramond, Gide, Jammes, Valéry, Cantacuzène, Apollinaire, Larbaud, Godoy, collection "Masques et Idées", Marcel Seheur Editeur, Paris, 1932. L'ouvrage a été tiré à 1750 exemplaires, sans grand papier annoncé. Celui présenté ici porte le n°844 ; il provient de la bibliothèque de Michel Décaudin et est agrémenté d'un envoi de Royère à Eugène Montfort, qui fut de l'aventure naturiste aux côtés de Saint-Georges de Bouhélier, que l'on connaît surtout pour avoir été le créateur et directeur de la revue Les Marges, et pour avoir dirigé le très-intéressant Vingt-cinq ans de littérature française en deux volumes (Librairie de France, Paris, 1920).
HAN RYNER (1861-1938)
- LES CHANTS DU DIVORCE, Paul Ollendorff, Editeur, Paris, 1892. Recueil de poèmes signé Henri Ner. Les Chants du divorce furent imprimés à compte d’auteur — E. Gouhier-Delouche, Nogent-le-Rotrou, 1892 —, mais parurent chez Ollendorff qui accepta d’y mettre sa firme. Le recueil contient une préface « Le symbolisme social » où le poète affirme : le symbole doit, par l’inférieur évoquer le supérieur… Devenu Han Ryner l’auteur se rendra compte qu'il n'était pas apte à la versification ni au vers libre et qu'il ne pourrait se révéler poète que dans la prose... Il faut parfois du temps pour apprendre à se connaître ! Il acceptera une nouvelle édition (Bibliothèque de La Plume, 1900) avec en préalable force explications destinées à montrer que la nature de son esprit était celle d’un prosateur. Ce qu’il confirma jusqu’à être élu Prince des Conteurs… (notice de notre ami Daniel Lérault).
L'exemplaire exposé appartient aux "Amis de Han Ryner" qui nous font le plaisir de nous permettre de l'ajouter à notre virtuelle & idéale bibliothèque. Plaisir d'autant plus grand qu'il est enrichi d'un rare et bel envoi à un poète, bel et rare aussi, connu désormais des amis de Saint-Pol-Roux (cf. ici) et de Ryner (cf. là, là, là et là) tout à la fois.
collection "Amis de Han Ryner"
SAINT-POL-ROUX (1861-1940)
- EPILOGUE DES SAISONS HUMAINES, Mercure de France, Paris, 1893. C'est la première publication de Saint-Pol-Roux sous son pseudonyme définitif, et la première aux éditions du Mercure. Elle fut suivie la même année de deux autres volumes. Toutes trois furent imprimées à compte d'auteur.
(La marque des premières éditions du Mercure de France, dessinée par Léon Bloy)
L'Epilogue avait d'abord paru dans cinq livraisons des Entretiens politiques et littéraires. Tirée à petit nombre (195 exemplaires), l'édition originale se décompose comme suit :
5 exemplaires sur Japon impérial à 10 fr. 10 exemplaires sur Hollande à 6 fr. 30 exemplaires sur papier de luxe (colombier) à 4 fr. 150 exemplaires sur papier ordinaire.
L'exemplaire exposé est un des 150. Il ne présente aucune particularité en dehors de son bel état.
- L'âme noire du prieur blanc, naïve légende, Mercure de France, Paris, 1893. Elle fut imprimée dans la foulée de la précédente. Son tirage, limité à 320 exemplaires, est détaillé :
5 exemplaires sur Japon impérial à 20 fr. 15 exemplaires sur Hollande à 15 fr. 300 exemplaires sur papier de luxe (colombier) à 5 fr.
L'exemplaire exposé est un des 300.
Charles VILDRAC (1882-1971)
- POEMES 1905, Editions du Beffroi, Lille, 1906. C'est le premier ouvrage de l'auteur, dont plusieurs poèmes préfigurent l'aventure cristolienne. IL A ETE FAIT DE CET OUVRAGE UN TIRAGE SPECIAL DE LUXE COMPRENANT 10 Exemplaires sur papier de Hollande numérotés à la presse de 1 à 10 PRIX : 10 FRANCS
L'exemplaire proposé ici, de tirage courant, comporte un envoi au poète Francis Eon : "en témoignage de confraternelle sympathie/Charles Vildrac", qui a collé sur le 1er contre-plat son ex-libris, réalisé par Jeanne, son épouse.
Il est, en outre, truffé d'une carte postale représentant le marché de Fontenay-Le-Comte, adressé, par Jeanne à Francis, avec citation de trois vers de Vildrac. Non affranchie, elle dut être "remise en mains propres".
- IMAGES ET MIRAGES, "L'ABBAYE" Groupe Fraternel d'Artistes, Paris, 1908. Un des rares ouvrages composés sur les presses de Lucien Linard à L'Abbaye. Il méritait à ce titre de figurer ici d'autant que pour ne rien gâter il comporte un envoi : "à Victor Michel en toute amitié, Charles Vildrac". Ce Victor Michel est-il l'imprimeur parisien ?
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