Histoire du racisme (1) (Pierre Salmon)
SALMON Pierre, Le racisme devant l'histoire, Labor-Nathan, 1973
(1/ OK) (p.18) Le terme 'barbaros' signifie à l'orgine 'non grec', (p.19)
mais après les guerres médiques, les Grecs se considérant comme supérieurs
aux autres peuples, il prend le sens péjoratif que nous lui connaissons.
Au Ve siècle avant notre ère, pour Euripide, il est juste que les Barbares
obéissent aux Grecs comme les esclaves aux hommes libres (12) - thèse qui
est reprise au IVe siècle par Démosthène C3) et par Aristote (u). Pour
Isocrate, entre Grec et Barbare, il n'y a pas moins de différence qu'entre
l'homme et l'animal (15).
Cependant, les Grecs estiment que le genre humain est un et que les
différences entre les peuples sont accidentelles (16). « Pour un homme bien
né, écrit Démocrite, à la fin du Ve siècle avant J.-C., le monde entier est
la patrie (17). » A la même époque, le sophiste athénien Anti-phon déclare :
« Le fait est que, par nature, nous sommes tous et en tout de naissance
identique, Grecs et Barbares ; et il est permis de constater que les choses
qui sont nécessaires de nécessité naturelle sont (communes) à tous les
hommes . Aucun de nous n'a été distingué à l'origine comme Barbare ou comme
Grec : tous nous respirons l'air par la bouche et par les narines.
(12)EURIPIDE, Iphigénie à Aulis, 1400-1401.
(13)DEMOSTHENE, Troisième Olynthienne, 24.
(14)ARISTOTE, Politique, 1, 1, 5.
(15)ISOCRATE, XV, 293.
(16)Clr O. REVERDIN, Crise spirituelle et évasion, dans En
tretiens sur l'Antiquité Classique, t. VIII, Grecs et Barbares (Ge
nève, 1961), p. 89.
(17)DEMOCRITE, fragment 247 (Diels).
(p.22) Mais il faut se garder d'oublier que la société grecque repose sur l'
esclavage. Aristote cherche à le justifier (.).
(p.25) (.) les Romains considèrent comme Barbares ceux qui n'appartiennent
pas au monde culturel gréco-romain. Certains auteurs latins insistent sur la
sauvagerie des peuples barbares de Gaule et de Germanie ; ils manifestent
parfois une attitude intolérante en soulignant les différences des modes de
vie entre Romains et barbares.
Par ailleurs, le mépris de la loi romaine et la xénophobie des Juifs
provoquent dans l'Empire de vilentes réactions antisémites. Tacite, dans ses
'Histoires', attaque els principes religieux et les mours des juifs : « (.).
(p.26) Ceux qui adoptent leur religion suivent la même pratique, et les
premiers principes qu'on leur inculque sont le mépris des dieux, le
reniement de leur patrie et l'idée que parents, enfants, frères et sours
sont des choses sans valeur... Les pratiques des Juifs sont bizarres et
sordides (ludaeorum mos absurdus sordidusque) (33). »
Le mode de vie des Juifs, basé sur un monothéisme absolu et l'observance de
la Loi, tend à les isoler du milieu romain. On constate parfois chez les
Romains des poussées d'antisémitisme virulent et chez les Juifs des
manifestations de nationalisme xénophobe.
(2-)
(p.28) Au IXe siècle, les Juifs, assurés de l'appui des autorités
musulmanes, se transforment de persécutés en persécuteurs : ils obtiennent
que les chrétiens d'Espagne soient placés devant l'alternative du choix
entre la mort et la conversion au judaïsme ou à l'Islam (40).
Dans les autres Etats chrétiens de l'Europe du haut moyen âge, l'Eglise
catholique cherche à enrayer l'extension du judaïsme : elle se préoccupe
surtout des Juifs titulaires de fonctions publiques qui pourraient exercer
des pressions pour obtenir la conversion de chrétiens à la religion juive.
C'est pourquoi le 5e concile de Paris (614 ou 615) impose le baptême aux
Juifs qui occupent des fonctions publiques ainsi qu'aux membres de leurs
familles. De nombreuses lois sont également édictées pour empêcher les
Juifs d'amener au judaïsme les esclaves et les serviteurs se trouvant sous
leur domination.
(p.29) (.) en dehors de l'Espagne, la cohatiation demeure étoite, durant le
haut moyen âge, entre uifs et chrétiens.
Tout change au début du XIe siècle. Des rumeurs concernant la responsabilité
des uifs (p.33) dans la destruction de l'Eglise du Saint-Sépulcre à
Jérusalem par les Musulmans en 1009 circulent en Occident. La persécution
éclate en France où les autorités civiles et religieuses décident
d'expulser les Juifs de leurs cités. A Rouen, Orléans et Limoges, la foule
déchaînée se charge elle-même de faire justice! «Voués à la haine
universelle, ils furent donc les uns expulsés, les autres passés au fil de
l'épée ou bien noyés dans les fleuves ou tués d'autres manières encore,
sans parler de ceux qui se donnèrent eux-mêmes la mort. Les évêques
interdirent aux chrétiens d'entretenir aucun rapport avec eux, sauf s'ils
acceptaient le baptême et promettaient de répudier toutes les mours et
coutumes juives : en effet, beaucoup se convertirent, nous dit Raoul
Glaber, mais bien plus par peur de la mort que par l'attrait de la vie
éternelle. Car, souvent ils acceptèrent le baptême pour la forme uniquement
et retournèrent assez vite, une fois la tourmente passée, à leur ancienne
foi (42). » Cette persécution devait connaître d'atroces prolongements en
Rhénanie, principalement à Mayence.
Dès le milieu du XIe siècle, le concile de Coyaza (1050), dans le diocèse
d'Oviedo, interdit aux chrétiens d'Espagne d'habiter les mêmes maisons que
les Juifs. Cette ségrégation imposée dans les lieux d'habitation est une
lointaine préfiguration du ghetto.
(p.34) Les Croisades amenèrent la déterioration rpogressive de la condition
des Juifs. Durant l'été 1096, on massacre des Juifs dans toute l'Euroe .
Pour eux, le choix est clair : la bâtême ou la mort ! Et beaucoup préfèrent
la mort ! (.)
Au XIIIe siècle, le Concile de Latran (1215) impose aux Juifs une
discrimination vestimentaire par le pot d'un signe distinctif. En France, en
Italie et en Espagne, tout Juif est cnraint sous eine de fortes amendes ou
de châtiments corporels de coudre sur son vêtement la rouelle (marque de
forme circulaire et généralement de (p.35) couleur jaune). En Allemagne et
en Pologne, tout Juif est contraint de porter un couvre-chef spécial, le
chapeau pointu. Dans toute l'Europe, la condition des Juifs devient
semblable à celle des serfs. « Les meubles mêmes du Juif sont au baron »,
dit un adage de l'époque. En 1235, un comte de Bourgogne sur le point de
mourir n'hésite pas à distribuer à ses sujets les biens de ses Juifs (45).
La papauté s'efforce de faire respecter la vie et les biens des Juifs. Dans
sa bulle du 17 janvier 1208, le pape Innocent III déclare : « Dieu a fait
Caïn un errant et un fugitif sur terre, mais l'a marqué, faisant trembler sa
tête, afin qu'il ne soit pas tué. Ainsi les Juifs, contre lesquels crie le
sang de Jésus-Christ, bien qu'ils ne doivent pas être tués, afin que le
peuple chrétien n'oublie pas la loi divine, doivent rester des errants sur
terre, jusqu'à ce que leur face soit couverte de honte, et qu'ils cherchent
le nom de Jésus-Christ, le Seigneur... (46). »
(45)Cfr B. BLUMENKRANZ, op. cit., p. 387.
(46) MIGNE, P.L, 215, 1291, n° 190. (Traduction de L.
POLIAKOV, op. cit., t. I, p. 262) - Cfr aussi le préambule qui
précède la bulle de protection Sicut Judeis du pape Innocent III :
« Bien que l'infidélité des Juifs soit infiniment condamnable,
néanmoins, ils ne doivent pas être trop persécutés par les
fidèles. Car le
psalmiste a dit : Ne les tue pas de peur que mon peuple ne
l'oublie ; autrement dit, il ne faut pas détruire complètement
les Juifs, pour que les Chrétiens ne risquent pas d'oublier la Loi, que (ces
Juifs) inintelligents portent dans leurs livres
intelligents... »
Texte cité par L. POLIAKOV, Histoire de l'antisémitisme, t. Il, De
Mahomet aux Marranes (Paris, 1966), p. 306.
(p.37) En 1320, les paysans du nord de la France - les « Pastoureaux » -
partent en « Croisade » dans le sud du pays pour y exterminer les
communautés juives. Entre 1347 et 1350, on accuse les Juifs d'avoir
provoqué la peste noire en empoisonnant les eaux et on les massacre par
milliers. En 1394, les Juifs sont définitivement expulsés de France.
L'antisémitisme chrétien se cristallise en Occident à partir de la deuxième
moitié du XIVe siècle. La réputation d'usuriers faite aux Juifs accroît
encore leur impopularité. Toute la fin du moyen âge est remplie de
massacres, de conversions forcées et d'expulsions de Juifs. Parqués dans des
ghettos, dont les portes sont fermées le soir à clé, en marge de la société,
traités en êtres inférieurs, soumis à la capitation, les Juifs sont
persécutés dans toute l'Europe. Comme l'écrit Erasme, au début du XVIe
siècle, « s'il est d'un bon chrétien de détester les Juifs, alors nous
sommes tous de bons chrétiens » (50). Et Luther, en 1542, en publiant
Contre les Juifs et leurs mensonges, témoigne du même état d'esprit.
A la fin du XIVe siècle, des massacres de Juifs sont perpétrés dans la
plupart des villes de l'Espagne. (.)
(p.39) Le préjugé de race et de couleur s'accroît considérablement avec la
découverte de l'Amérique et celle de la route maritime des Indes par !e
Pacifique.
(p.40) Une bulle du pape Nicolas V, en 1455, autorise 'les Portugais à
réduire en esclavage les sarrasins, aïens et auters enemis du christ et au
sud des cas Bogador et Nen, y compris les côtes de Guinée, sous réserve bien
entendu de convertir les captifs au christianisme. » n voit que le facteur
religieux continue à être un des caractères essentiels du racisme européen.
« Les Espagnols donnaient pour excuse des mauvais raitements infligés aux
originaires d'Amérique et des Antilles le fait que ces derniers n'étaient
pas des descendants d'Adam et Eve. »
Espagnols et Potugais exterminaient dès lors sans scrupules les Indiens qui
refusaient de se convertir. (.)
(p.49) Urbain VIII (P. 1623-1644), un siècle plus tard, s'élève contre les
mauvais traitements infligés aux Indiens d'Amérique et condamne à nouveau
l'esclavage et le travail forcé.
Alexandre VII (P. 1655-1667), dans son Instruction à l'usage des vicaires
apostoliques en partance pour les royaumes chinois de Tonkin et de
Cochinchine délivrée en 1659, recommande aux missionnaires catholiques de
se consacrer à leurs fonctions religieuses et de ne pas s'occuper des
affaires politiques et de l'administration civile. Par ailleurs, le pontife
prescrit le respect des usages du pays : « Ne mettez aucun zèle, n'avancez
aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs
coutumes et leurs mours, à moins qu'ils ne soient évidemment contraires à la
religion et à la mroale. (.)
(p.56) Comme l'a démontré le professeur Toynbee, les protestants
anglo-saxons, qui rennent la tête du mouvement colonisateur à partir du
XVIIe siècle et dont la religion est directement inspirée par l'Ancien
Testament, s'identifient avec Israël, le 'peuple élu', et exterminent
impitoyablement les indigènes américains et australiens.
(.61) En 1715, Emmanuel Kant, dans son Mémoire sur les différentes races
humaines, pense que le mélange des races provoque la diminution graduelle
des qualités de l'espèce humaine. Il attaque également le néfaste « esprit
judaïque ».
(p.64) Voltaire, dans son 'Traité de métaphysique » (1734) se montre
partisan de la supériorité des Européens, « hommes, écrit-il, qui me
paraissent supérieurs aux nègres, comme ces nègres le sont aux singes et
comme les singes le sont aux huîtres . »
Cet homme, qui n'a pas hésité à prendre des parts dans une entreprise
nantaise de traite des Noirs - placement très rémunérateur à l'époque -
dénonce, néanmoins, dans 'Candide' (1759), les abus de l'esclavage chez les
colons hollandais de Surinam : (.).
(p.66) Voltaire se révèle violemment antisémite dans son 'Dictionnaire
philosophique'. L'article « Juif » est, avec ses trente pages, le plus long
du Dictionnaire. « Sa première partie (rédigée vers 1745) s'achève ainsi :
... vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint
depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition
et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui
les enrichissent ; suit la fameuse recommandation qui dans un tel contexte
produit l'effet d'une clause de style : // ne faut pourtant pas les brûler
(83). »
La correspondance de Voltaire confirme ses positions racistes. Relevons ce
passage suggestif d'une lettre de Voltaire au chevalier de Lisle datée du
15 décembre 1773 : « ... Mais que ces déprépucés d'Israël, qui vendent de
vieilles culottes aux sauvages, se disent de la tribu de Nephtali ou
d'Issachar, cela est fort peu important ; ils n'en sont pas moins les plus
grands gueux qui aient jamais souillé la face du globe (84). »>
(83)Cité par L. POLIAKOV, op. cit., t. III, pp. 105-106.
Cité par L. POLIAKOV, op. cit., t. III, pp. 106-107. - Profitons de
l'occasion pour rappeler que Voltaire estime que la hiérarchie des classes
sociales est bienfaisante et qu'il faut se garder de développer
l'enseignement des classes populaires : « II me paraît
essentiel qu'il y ait des gueux ignorants... Ce n'est pas le manouvre
qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, c'est l'habitant
des villes... Quand la populace se mêle de raisonner, tout est
perdu... Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas
qu'il soit instruit. » (Lettre de Voltaire à Damilaville datée
du 1er avril 1766).
(p.75) L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert revendique l'égalité de tous
ls hommes, l'abolition de l'esclavage, de la tyrannie arbitraire du pouvoir
judiciaire et de toute forme de contrainte. Il faut toutefois remarquer que
ces revendications s'identifient avec les intérêts de la bourgeoisie. D'où
leur caractère limité et parfois contradictoire. (.)
Ainsi, certains des leurs 200 collaborateurs ne professent pas toujours l'
esprit de tolérance de Diderot et conservent souvent une atttude raciste
envers les Noirs.
LES DOCTRINAIRES DU RACISME
(p.96) Le philosophe J.G. Fichte glorifie la race germanique, quintessence
de la race blanche :; en estimant que saint Jean doute des origines juives
de jésus, il crée le mythe d'un « Christ aryen ».
Le grand philosophe allemand, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, considère les
races de couleur comme inférieures et non évolutives ; il prône la
supériorité des Germains sur les Slaves et les Latins ; (.). Il attaque les
Juifs avec férocité : (.).
Vers 1845, Christian Lassen oppose les Aryens spérieurs aux sémites
inférieurs. « L'ethnocentrisme européen (p.97) qui dès le Siècle des des
lumières avait faussé l'anthropologie naissante, s'exalte prodigieusement à
l'ère du romantisme et des nationalismes : il oriente la pensée des
savants, et préside à la gestation de leurs hypothèses et de leurs
classifications. C'est dans cette ambiance que s'élabore une tri-partition
mystique : l'Aryen, ou le vrai homme, se définit aussi bien par rapport au
frère Sem, le Juif mi-homme, mi-démon, que par rapport au frère Cham, le
Noir mi-bête, mi-homme (2). »
Le culte de la race germanique fait également son apparition en Allemagne
au début du XIXe siècle. Ernst Moritz Arndt célèbre la race germanique -
peuple élu de la Nouvelle Alliance - et la met en garde contre le mélange
des sangs. Friedrich Ludwig Jahn se fait également le chantre du culte de la
race germanique.
En 1850, Robert Knox, docteur en médecine, publie à Londres The Races of
Men. Il estime que la race, c'est-à-dire la descendance héréditaire, marque
l'homme. « Que la race décide de tout dans les affaires humaines,
déclare-t-il, est simplement un fait, le fait le plus remarquable, le plus
général, que la philosophie ait jamais annoncé. La race est tout : (...).
(2) L. POLIAKOV, Histoire de l'antisémitisme, t. III, ftp. 330-331.
(p.105) En France, Pierre-Joseph Proudhon, dans Césarisme et christianisme,
attaque les Juifs avec violence : « Le Juif est par tempérament
antiproducteur, ni agriculteur, ni industriel, pas même vraiment commerçant.
C'est un entremetteur, toujours frauduleux et parasite, qui opère, en
affaires comme en philosophie, par la fabrication, la contrefaçon, le
maquignonnage. Il ne sait que la hausse et la baisse, les risques de
transport, les incertitudes de la récolte, les hasards de l'offre et la
demande. (.)
(p.106) Karl Marx, dans 'La question juive', cherche à cerner le fond
profane du judaïsme : « (.) Le Juif s'est émancipé à la manière juive, non
seulement en se rendant maître du marché financier, mais parce que, grâce à
lui et par lui, l'argent est devenu une puissance mondiale, (.). »
(p.108) Richard Wagner oriente le racisme aryenne vers le nationalisme. Son
antisémitisme devient délirant : « Je tiens la race juive, (.) pour l'ennemi
né de l'humanité et de tout ce qui est noble ; (.) ».
(p.109) Frédéric Nietzsche prône la volonté de puissance qui aboutira au
mythe du surhomme ! Déjà Guillaume II, désireux de mettre la main sur les
marchés d'Extrême-Orient, lance le mythe du « péril jaune ».
En France, les colonialistes proclament ouvertement leur mépris à l'égard
des peuples de ' couleur. « Je vous défie, dit Jules Ferry à la tribune de
la Chambre en 1885, de soutenir jusqu'au bout votre thèse qui repose sur
l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Messieurs, il
faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races
supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (17). »
(p.180) La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée en 1948
par l'Assemblée Générale des Nations Unies, stipule que « chacun peut se
prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées dans la
présente déclaration sans distinction aucune, notamment de race, de
couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute
autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou
de toute autre situation ».