Google Groups no longer supports new Usenet posts or subscriptions. Historical content remains viewable.
Dismiss

COBAYES HUMAINS au service de la France (LB 2006)

0 views
Skip to first unread message

Johan Viroux

unread,
Oct 18, 2006, 2:46:44 AM10/18/06
to

France / Il y a quarante ans, le tir d'Aldebaran, LB 01/07/06

Nom de code: Aldebaran. Puissance : 28 kilotonnes, soit deux fois la bombe
d'Hiroshima. Lieu de tir: le lagon de Mururoa. La Polynésie célèbre ce
week-end le quarantième anni­versaire du premier essai nucléaire français
effectué dans cette région, le 2 juillet 1966.

Au total, jusqu'à ce que le président Jacques Chirac décide en 1996 de les
interrompre défi­nitivement, la France a procédé à 193 essais nucléaires
dans le Pacifique, dont 46 tirs atmos­phériques - les essais devenant
souterrains à partir de 1974.

Selon le rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée de Polynésie sur
ces essais, rendu public en février, Aldebaran aurait été un "véritable
acci­dent de tir". Il aurait exposé les populations de l'archipel des
Gambiers, à l'est de Mururoa, à une radiation 1700 fois supé­rieure à celle
du nuage de Tcher­nobyl. Des documents officiels secrets de l'époque ayant
récem­ment fait l'objet de fuites ont ré­vélé que l'évacuation préventive
des habitants des Gambiers avant Aldebaran avait été ex­clue "pour des
motifs politiques et psychologiques" et que les chif­fres réels de la
radioactivité qu'ils avaient subie avaient été minimisés, "de façon à ne pas
perdre la confiance de la popula­tion". Le ministre de la Défense avait,
lui, été informé par télex confidentiel d'un taux de "ra­dioactivité non
négligeable".

Les autorités polynésiennes dénoncent le mythe des "essais propres", montent
en épingle la nocivité de ces essais (et singu­lièrement des tirs
atmosphéri­ques de la période 1966-1974) et réclament l'indemnisation des

victimes et la divulgation par Paris de tous les rapports et documents
classés secret-défense relatifs à ces expérimentations et à leur impact
sanitaire.

"Des cobayes humains"

Le ministère de la Défense ré­fute en bloc ces accusations. Il publiera cet
automne "un ouvrage sur l'ensemble des essais français dans le Pacifique et
leurs conséquences radiologiques". Les enquêtes épidémiologiques sont
néanmoins déjà alarmantes. La Polynésie affi­che un des taux les plus élevés
au monde de cancer de la thyroïde. Jeudi encore, une étude scientifique
réalisée par un ponte de la médecine nucléaire française a attesté que les
alté­rations chromosomiques des glo­bules blancs étudiées chez ces cancéreux
"ne pouvaient être le fait du hasard" et étaient bel et bien dues aux
rayonnements io­nisants produits par ces essais. Du reste, c'est de plus en
plus souvent l'avis de la justice. Des dizaines de demandes de pension
d'invalidité introduites par d'anciens militaires se disant victimes des
essaie ont déjà été acceptées par les tribunaux. La Défense a fait appel de
ces juge­ments. Le dossier va bientôt dé­boucher sur des procès au civil et
au pénal. En effet, des plain­tes pour homicide involontaire, en cours
d'instruction, ont été déposées par des Polynésiens se dénommant eux-mêmes
"des cobayes humains".


0 new messages