Marianne Eshet (Admical) : «Le mécénat se construit dans la durée»

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Nov 29, 2008, 5:39:56 AM11/29/08
to infos : administration, production et politique culturelle
La déléguée générale de l'Admical, un réseau de 180 entreprises
mécènes, estime que les aides ne se tarissent pas mais sont plus
ciblées.

LE FIGARO. - Votre réseau fédère 180 entreprises mécènes. Comment se
comportent-elles face à la crise ?

Marianne ESHET. - Il est difficile de dresser des généralités, car on
manque de visibilité sur l'ampleur de la crise. Ce que j'observe,
toutefois, c'est que les mécènes historiques, dont font partie les
grandes banques, ne changent pas fondamentalement d'optique. Certes,
ces dernières n'augmenteront pas leur budget mécénat en 2009, mais
elles ne reviendront pas complètement en arrière. Pour elles, c'est
désormais une démarche stratégique que de participer au financement
d'actions culturelles. Plusieurs ont lancé une fondation, qui joue un
rôle de stabilisateur de la crise. Car les fonds sont engagés pour
cinq ans, et on ne peut pas les supprimer comme cela. Il reste que
certaines entreprises plus récentes dans le mécénat vont freiner la
partie « sponsoring », pour laquelle on attend un retour commercial
immédiat.

Qu'apporte le mécénat culturel à une entreprise ?


Elle y gagne en termes d’image : cela la positionne dans « le beau »,
lui permet d’agir d’une autre manière et de prôner d’autres valeurs.
La culture est aussi un puissant facteur de management interne, et les
salariés sont très demandeurs de mécénat. Par ailleurs, la culture
permet aux entreprises de se construire dans la durée : si elles ne se
retirent pas massivement du mécénat actuellement, c’est aussi parce
qu’elles veulent montrer qu’elles ont confiance dans l’avenir. On voit
de plus en plus d’entreprises de taille moyenne qui s’investissent
dans un festival ou dans la réfection d’une église. C’est une manière
de signifier qu’elles croient encore à l’économie locale et qu’elles
veulent prendre une part de responsabilité dans la vie du territoire.

Comment voyez-vous l'avenir du mécénat culturel ?


Pour l’instant, la part des actions culturelles représente environ un
tiers du total. C’est une proportion qui a crû ces deux dernières
années, même si le mécénat culturel coûte en général plus cher que
celui qui est orienté vers la solidarité ou l’environnement. Ce qui
émerge, c’est une participation sous forme de mécénat de compétences :
on subventionne et on soutient une action en prêtant des salariés ou
du matériel. J’observe également une tendance à mélanger la culture et
la solidarité. La culture oui, mais pas la plus élitiste, celle au
contraire qui s’adresse au plus grand nombre.
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