Les travailleurs de la Société nationale des télécommunications du
Sénégal (Sonatel), jubilent depuis samedi. L'abrogation programmée du
décret de Me Wade, instituant la surtaxe des appels internationaux
entrants vient de couronner pour eux, plusieurs mois de lutte. Mme
Diallo Ndèye Founé Niang, Secrétaire générale de la section Télécom du
Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications
témoigne : «Nous avons accueilli la nouvelle avec beaucoup de joie.
C'est une épine qu'on nous a enlevée du pied. Le Président n'a pas été
décevant. On s'est battu ensemble contre ce décret. Il nous avait promis
de l’abroger, puis il nous a reçus à deux reprises. Et aujourd'hui,
c'est une agréable nouvelle et nous le remercions pour avoir respecté
ses engagements vis-à-vis des travailleurs». Pour la syndicaliste, il
n'y a aucun doute, cette décision occasionnera surtout «une diminution
sur les tarifs». Et ironie du sort, bien que l'ex-président de la
République ait institué cette surtaxe pour engranger le maximum de
recettes, c'est le gouvernement de son successeur qui bénéficiera de
l'essentiel des retombées de cette surtaxe appliquée à partir d'octobre
2011. Car, le gouvernement de Me Abdoulaye Wade «n'a pu encaisser que
1,9 milliards de francs Cfa», fait savoir Mme Diallo. «C'est Macky Sall
qui va encaisser les 30 milliards de la surtaxe et les 40 milliards de
dividendes de l'Etat. Ce qui lui permettra de souffler un peu», explique
la Secrétaire générale de la section télécoms du Syndicat national des
travailleurs des postes et télécommunications.
Pour limiter la perte de recettes, l'impôt sur les sociétés sera porté de 25 à 30%
Aussi, faut-il dire que d'ici quelques mois, la suppression de
cette taxe influera positivement sur les recettes de l'Etat. Mais pour
le budget 2012, c'est une somme importante qui est soustraite de ce
budget, avec l'abrogation du décret. Et la solution que l’Etat a retenue
avec les opérateurs, c'est de «rehausser l'impôt sur les sociétés qui
était à 25%, à 30%». Toutes les sociétés du secteur des télécoms vont
donc, sous peu, être astreint à cette nouvelle règle. Et s'appuyant sur
les expériences du passé, Mme Diallo Ndèye Founé Niang souligne que la
situation ne reviendra pas très rapidement à la normale. «C'est dans 6 à
7 mois que nous allons retrouver nos partenaires», a-t-elle dit pour
montrer l'ampleur des dégâts causés par le régime libéral. Et si l'Etat a
décidé de n'abroger le décret que le 15 mai prochain, c'est parce
qu’«il y a des
dispositions techniques à prendre», indique-t-elle.